Effets du réchauffement climatique

La radio française France Info (https://www.francetvinfo.fr/) a mis en ligne plusieurs articles montrant les effets du réchauffement climatique.

Avec la hausse des températures, forêts, déserts, paysages et même le cycle de l’eau risquent de subir une « transformation majeure » au cours du prochain siècle. C’est la conclusion d’une étude publiée le 31 août dans la revue Science. L’étude s’appuie sur des fossiles et des relevés de température remontant à 21 000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire, lorsque la température planétaire a augmenté de 4 à 7 degrés. Les experts ont souligné que leurs prévisions étaient prudentes, car ce réchauffement lointain a été causé par des variations naturelles et sur une période beaucoup plus longue. Certains changements se manifestent déjà dans le sud-ouest des Etats-Unis, où des incendies sans précédent détruisent des dizaines de milliers d’hectares de forêts. Selon l’étude, dans les 100 à 150 prochaines années, ces changements vont probablement s’étendre aux savanes et aux déserts, bouleversant les écosystèmes et menaçant la faune et la flore, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. Selon les scientifiques, si les émissions de gaz à effet de serre sont plafonnées aux objectifs fixés par l’Accord de Paris de 2015, « la probabilité d’une modification à grande échelle de la végétation est inférieure à 45% ». En revanche, si les engagements pris ne sont pas respectés, cette probabilité est « supérieure à 60% ». Un tel bouleversement n’affectera pas seulement les forêts, mais aussi l’eau potable et le cycle même de l’eau.

Selon une autre étude parue dans la revue Science le 30 août 2018, le réchauffement climatique a un impact direct sur les cultures, mais aussi sur leurs ravageurs. La hausse des températures pourrait stimuler la croissance des insectes et leur appétit, y compris celui des nuisibles qui dévorent par exemple le maïs, le riz et le blé. Des chercheurs de l’Université de l’Etat de Washington en concluent que la production agricole mondiale pourrait voir son rendement réduit. Les insectes ont tous en commun de manger plus quand il fait plus chaud. Dans les régions tempérées, la hausse des températures va en outre permettre aux insectes de se reproduire plus vite. Les chercheurs ont évalué la perte agricole supplémentaire en simulant l’impact d’une hausse de température de 2°C sur le métabolisme des insectes et en calculant l’appétit supplémentaire ainsi engendré. Leur calcul ne prend pas toutefois pas en compte l’éventualité d’une utilisation plus importante de pesticides pour prévenir ces ravages. Selon leurs estimations, Etats-Unis, France et Chine subiraient les plus fortes pertes. Pour la France, ils estiment que la perte actuelle due aux insectes représente 6,6% de la production pour le maïs, et que cette perte passerait à l’avenir à l’équivalent de 9,4%. Une espèce invasive devrait particulièrement en profiter : le puceron russe du blé. Ce puceron vert d’un ou deux millimètres a colonisé les Etats-Unis dans les années 1980 et s’attaque au blé et à l’orge.

En France, un tiers de la production annuelle d’huîtres et la totalité des moules ont été tuées, cet été, dans l’étang de Thau (Hérault) par la malaïgue (« mauvaise eau » en occitan) qui se caractérise par une coloration blanche des eaux. Le phénomène ne s’était pas manifesté sur l’étang depuis 2006. La propagation d’algues, lié au réchauffement climatique, engendre une chute de la teneur en oxygène de l’eau, ce qui décime les huîtres. Les moules succombent pour leur part aux fortes températures de l’eau (plus de 29°C enregistrés sur huit jours cet été dans l’étang). Les pertes sont estimées à près de six millions d’euros.

A côté de ces effets négatifs du réchauffement climatique, il est une conséquence qui fait sourire les viticulteurs. Plus l’année est chaude, plus la date des vendanges est précoce. Et l’année 2018 n’échappe pas à la tendance observée depuis plusieurs dizaines d’années : les vendanges ont commencé très tôt cette année dans certains vignobles, comme en Alsace et en Champagne. Cette évolution de la date du lancement de la récolte viticole est directement liée au changement climatique, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique et solidaire, pour qui « une évolution conduisant à une avancée de la date des vendanges est un marqueur efficace du réchauffement climatique, et de la réaction de la végétation ». En moyenne, les vendanges ont lieu 15 jours plus tôt qu’il y a 40 ans. Cet avancement a un impact très concret sur la production vinicole car il se traduit par une hausse du taux de sucre dans les baies de raisin, donc par une hausse du degré d’alcool. Cette hausse est de l’ordre d’un degré tous les dix ans dans les vignobles du sud du pays, et d’environ 0,5 ou 0,7 degré dans ceux du Nord.

Photo: C. Grandpey

Moulages de troncs d’arbres // Lava trees

drapeau francaisComme je l’ai indiqué dans ma dernière note à propos du Kilauea, la coulée de lave Kahauale’a 2 brûle les arbres en lisière de forêt au nord du Pu’uO’o. Cela signifie que, très bientôt, de nouveaux moules de troncs seront visibles dans la région. Il est facile de comprendre comment ces moules se forment. Lorsque la lave pahoehoe très fluide et très chaude (environ 1000 ° C) entre en contact avec un arbre, elle l’entoure et après un certain temps l’arbre finit par brûler. Tout ce qui reste de l’arbre consumé est une structure qui ressemble à une cheminée qui commence sous terre puis remonte à la surface, avec lave durcie qui s’est accumulée autour de l’ouverture. Ces moulages de troncs d’arbres par la lave sont les témoins d’une forêt qui existait autrefois.
S’il vous arrive d’aller à Hawaï, il est intéressant de visiter le Lava Tree State Park qui se trouve à côté de la route entre Pahoa et Pohoiki (Highway 132), à 4 km au sud-est de Pahoa.
Hawaï n’est pas le seul endroit où des « lava trees » peuvent être observés. Aux États-Unis, la Lava Cast Forest au cœur de l’Orégon (Highway 97 – Sortie 153) est un autre endroit où de nombreux arbres ont été vaincus par la lave il y a quelque 6000 ans. Certains de ces trous sont verticaux, tandis que d’autres sont à l’horizontale quand la lave a renversé et brûlé les arbres autrefois verticaux.
On rencontre d’autres moulages de troncs d’arbres sur l’Etna. Je me souviens du jour où mon ami Pippo Scarpinati m’a montré certains d’entre eux sur le versant nord du volcan alors que nous roulions en VTT avec mon fils le long de la Forestale …

 

drapeau anglaisAs I put it in my last post about Kilauea, the Kahauale’a 2 lava flow is burning trees at the edge of the forest to the north of Pu’uO’o. This means that very soon, new lava tree molds casts will be seen in the area. It is easy to understand how these molds are formed. When the very fluid and very hot (about 1000°C) pahoehoe lava encounters a tree, it moves around it and after some time the tree ends up combusting. All that remains is a formation that looks like a chimney that begins underground, then rises to the surface, with hardened lava piled around the opening.

These lava tree molds preserve the evidence of the forest that once was.

If you happen to go to Hawaii, just visit the Lava Tree State Park which lies off Pahoa-Pohoiki Road (Highway 132), 4 kilometres southeast of Pahoa.

Hawaii is not the only place where similar lava trees are to be seen. In the Unites States, the Lava Cast Forest in Central Oregon (Highway 97- Exit 153) is another place where many trees were defeated by lava some 6,000 years ago. Some of the holes are vertical, while others are horizontal, marking where lava pushed over and burned up once-standing trees.

Lava trees can also be seen on Mount Etna. I can remember my friend Pippo Scarpinati showing be some of them on the northern flank of the volcano while we were riding with my son along the Forestale…

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Arbres moulés par la lave à Hawaii  (Photos:  C. Grandpey)