Crèmes solaires dans les glaciers arctiques // Sunscreens in Arctic glaciers

Dans une note rédigée le 4 juillet 2018, jour de la Fête Nationale aux États-Unis, j’expliquais que le gouverneur de l’État d’Hawaii avait signé une loi interdisant la vente d’écrans solaires contenant deux produits chimiques susceptibles de nuire aux récifs coralliens. Cette décision faisait d’Hawaii le premier État américain à interdire l’oxybenzone et l’octinoxate. La loi devait prendre effet en 2021. Le Gouverneur a également déclaré que l’Etat devrait poursuivre ses efforts pour protéger les coraux, en luttant en particulier contre les espèces invasives, la pollution due aux eaux de ruissellement, et le changement climatique.
Les écrans solaires contenant de l’oxybenzone et de l’octinoxate ne seraient tolérés que pour les personnes en possession d’une ordonnance médicale. Les autres devraient acheter des écrans solaires sans ces produits chimiques ou venir à Hawaii avec leur propre crème solaire. Les scientifiques ont découvert que les deux substances peuvent être toxiques pour les récifs coralliens qui constituent une partie vitale de l’écosystème océanique et attirent les touristes.
Lorsque l’idée de l’interdiction a été émise, la Hawaii Medical Association s’est inquiétée de l’impact sur la santé publique de l’interdiction de certains types de crème solaire. Cela irait à l’encontre de plusieurs décennies de politique publique mettant en garde sur le cancer de la peau et les risques d’une exposition prolongée au soleil.

En janvier 2024, plusieurs articles parus dans la presse américaine informent le public que des scientifiques ont récemment découvert des contaminants préoccupants sur les glaciers arctiques. Dans une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment, des chercheurs expliquent avoir trouvé des « traces » de crème solaire dans des échantillons prélevés sur cinq glaciers de la péninsule arctique de Brøggerhalvøya. Comme il n’y a pas de soleil dans l’Arctique pendant l’hiver, la présence de produits chimiques contenus dans les crèmes protectrices, notamment la benzophénone-3, a nécessité des recherches plus approfondies. Les résultats des analyses montrent que la présence de tels contaminants dans les zones reculées de l’Arctique peut être attribuée au transport atmosphérique sur de longues distances. Les masses d’air contaminées en provenance d’Eurasie atteignent plus facilement l’Arctique vers la fin de l’hiver.
De nombreux types de crème solaire contiennent des composants qui nuisent à notre écosystème. Parmi eux, la benzophénone-3, également connue sous le nom d’oxybenzone, a accéléré le déclin des récifs coralliens, déjà mis à rude épreuve en raison de la hausse des températures. Selon la NOAA, les récifs coralliens sont considérés comme les « forêts tropicales de la mer », car 25 % des poissons dépendent de structures vivantes pour leur survie. De la même façon, des milliards d’êtres humains dépendent de la mer pour se nourrir.
Alors que les scientifiques essayent de comprendre comment l’air a transporté les produits chimiques jusqu’au pôle Nord, la dernière étude est un nouvel exemple de l’interconnexion à la fois belle et fragile de nos écosystèmes.
Pour éviter la diffusion de crèmes solaires nocives pour l’environnement, il est recommandé d’utiliser des crèmes solaires écologiques qui ne contiennent pas de produits chimiques toxiques. Certains décideurs politiques ont compris le message et pris des mesures pour résoudre ce problème. Après Hawaii, l’Union Européenne a restreint la vente d’écrans solaires contenant de la benzophénone-3.
Source : Médias d’information internationaux.

Photo: C. Grandpey

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In a post written on July 4th, 2018, Independence Day in the United States, I explained that the Governor of the State of Hawaii had signed legislation that would ban the sale of sunscreens containing two chemicals thought to harm coral reefs. The move made Hawaii the first U.S. state to enact a ban on oxybenzone and octinoxate. The legislation was expected to take effect in 2021.

The Governor said the State would need to continue other efforts to protect coral, including fighting invasive species, pollution from land runoff and climate change.

Sunscreen containing oxybenzone and octinoxate would only be available to those with a prescription from a physician. Others would have to buy sunscreens without these chemicals or bring their own sunscreen with them to Hawaii. Scientists had found that the two substances can be toxic to coral reefs, which are a vital part of the ocean ecosystem and a popular draw for tourists.

When the idea of the ban was put forward, the Hawaii Medical Association raised concerns over the public health impact of banning certain types of sun lotion on the islands. The ban would go against several decades of public policy and public health concerns about skin cancer and sun exposures.

In January 2024, several articles released in the American press inform the public that scientists recently discovered surprising and concerning contaminants on Arctic glaciers. In a study published in the journal Science of the Total Environment, researchers explain that they found “traces” of sunscreen in the snow after collecting samples from five glaciers across the Brøggerhalvøya peninsula. Because the sun does not shine in the Arctic during the winter, the presence of the chemicals from the protective creams, including Benzophenone-3, required further digging. The results of the analyses show that the presence of emerging contaminants in remote areas can be attributed to the role of long-range atmospheric transport. Contaminated air masses from Eurasia reach the Arctic more easily near the end of winter.

Many types of sunscreen contain ingredients that harm our ecosystem. Among them, Benzophenone-3, also known as oxybenzone, has accelerated the decline of coral reefs, which were already under stress because of rising global temperatures. According to NOAA, coral reefs have been described as the “rainforests of the sea,” as 25% of ocean fish rely on the living structures for survival. At the same time, billions of humans depend on the sea for food.

While scientists are still investigating exactly how the air carried the chemicals to the North Pole, the latest study is another example of the beautiful yet fragile interconnectedness of our ecosystem.

In order to avoid the dissemination of sunsreens that are noxious to the environment, people had better use eco-friendly sunscreens that don’t contain toxic chemicals, and some policymakers have been taking action on the issue. Following Hawaii, the European Union has restricted the sale of sunblockers containing Benzophenone-3.

Source : International news media.

Photos: C. Grandpey

Les ours polaires et le réchauffement climatique (suite) // Polar bears and global warming (continued)

J’ai écrit plusieurs notes sur les difficultés rencontrées par les ours polaires à cause du réchauffement climatique et la réduction de la glace de mer dans l’Arctique. Certains d’entre eux risquent la famine avec la fonte de la banquise, car ils sont incapables d’adapter leur régime alimentaire à la vie sur terre. Les ours polaires se nourrissent normalement de phoques annelés qu’ils capturent sur la banquise au large. À mesure que la glace disparaît dans un monde qui se réchauffe, de nombreux ours passent de plus en plus de temps sur le rivage où ils mangent des œufs d’oiseaux (d’oies polaires, par exemple), des baies et de l’herbe. Avec moins de nourriture, les plantigrades perdent rapidement du poids, avec au final le risque de mort.

L’ours polaire est devenu un emblème de la menace que fait de plus en plus peser le réchauffement climatique dans l’Arctique, mais l’impact de la hausse des températures sur cette espèce est complexe.
Le nombre d’ours a chuté jusque dans les années 1980, principalement à cause d’une mauvaise gestion de la chasse. Par la suite, grâce à une meilleure protection juridique, le nombre d’ours polaires a augmenté. Il reste environ 26 000 plantigrades dans le monde, dont la majorité au Canada. Des populations se trouvent également aux États-Unis, en Russie, au Groenland et en Norvège. Les ours polaires font partie des animaux menacés d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

La hausse des températures est aujourd’hui considérée comme la plus grande menace pour les ours polaires. Les animaux utilisent la glace de mer comme plate-forme pour chasser le phoque annelé, qui offre de fortes concentrations de graisse, principalement à la fin du printemps et au début de l’été. Le problème, c’est que pendant les mois les plus chauds, de nombreuses régions de l’Arctique sont désormais libres de glace, dont sans plates-formes pour les ours. .
Une étude a été réalisée dans l’ouest du Manitoba, au Canada. Dans cette région, la période sans glace a augmenté de trois semaines entre 1979 et 2015. Pour comprendre comment les ours polaires font face à la disparition de la glace, les chercheurs ont suivi les activités de 20 animaux pendant les mois d’été sur une période de trois ans. En plus des échantillons de sang et de la prise de poids des ours, les chercheurs ont équipé les plantigrades de colliers avec caméra vidéo et un GPS. Cela a permis d’enregistrer les déplacements des animaux, leurs activités et leur alimentation.
Pendant les mois d’été sans glace, les ours adoptent différentes stratégies pour survivre. Ainsi, certains passent leur temps à se reposer tout en conservant leur énergie. La majorité essaye de chercher de la végétation ou des baies ou nage pour voir s’ils pourront trouver de la nourriture. Ces animaux sont de bons nageurs et ont été repérés jusqu’à 100 km au large ; ils peuvent nager à des vitesses d’environ 10 km par heure..Les deux stratégies utilisées par les ours pendant l’été se sont soldées par des échecs, 19 des 20 plantigrades qui ont participé à l’étude ont perdu de la masse corporelle, jusqu’à 11 % dans certains cas. En moyenne, ils ont perdu un kilo par jour.

Contrairement à ce que pensent certains, les ours polaires ne sont pas des grizzlis avec un pelage blanc. Ils sont très différents de leurs homologues. Deux des trois ours qui se sont mis à l’eau et ont nagé ont trouvé des carcasses d’animaux morts mais ils n’ont passé que peu de temps à manger, car ils étaient trop fatigués par leurs efforts dans l’eau. Cela montre que ces ours ne peuvent pas manger et nager en même temps.
Alors que des recherches antérieures ont souligné les défis que posera le climat aux ours polaires au cours des décennies à venir, la nouvelle étude soulève d’importantes questions sur la capacité d’adaptation de l’espèce.
Certains chercheurs affirment que les impacts du réchauffement climatique sur les ours polaires diffèrent selon les endroits [NDLR : C’est ce que m’avait confirmé Rémi Marion, spécialiste français de l’ours polaire, il y a quelques années]. Il est probable que les ours polaires seront absents des zones où la glace de mer disparaîtra dans les prochaines années, mais il est difficile de dire exactement quand et où. D’autres régions bénéficieront également de conditions favorables pour les ours dans plusieurs décennies. En revanche, l’ouest du Manitoba, où l’étude a été réalisée, est un endroit où les conditions seront probablement très difficiles pour les ours à court terme, si la glace de mer continue de disparaître comme prévu.
Source  : Nature Communications via Yahoo Actualités.

Ours polaires dans le Manitoba pendant l’été (Photos: C. Grandpey)

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I have written several posts about the difficulties caused by global warming and the reduction of sea ice in the Arctic for polar bears. Some of them face starvation as the Arctic sea ice melts because they are unable to adapt their diets to living on land. Polar bears normally feed on ringed seals that they catch on ice floes offshore. But as the ice disappears in a warming world, many bears are spending greater amounts of time on shore, eating bird’s eggs (polar geese’ eggs, for instance), berries and grass. With less fodd, the animals rapidly lose weight on land, increasing the risk of death.

The polar bear has become the poster child for the growing threat of global warming in the Arctic, but the reality of the impact on this species is complicated.

The number of bears plummeted up to the 1980s. This was mainly due to unsustainable hunting.

With greater legal protection, polar bear numbers have risen. There are about 26,000 polar bears left in the world, with the majority in Canada. Populations are also found in the US, Russia, Greenland and Norway. Polar bears are listed as vulnerable to extinction by the International Union for Conservation of Nature (IUCN).

Increasing global temperatures are now seen as the biggest threat to polar bears. The animals use the sea ice as a platform to hunt ringed seals, which have high concentrations of fat, mostly in late spring and early summer. However, during the warmer months many parts of the Arctic are now increasingly ice-free.

A study was carried out in western Manitoba. In that region, the ice-free period has increased by three weeks between 1979 and 2015. To understand how the animals survive as the ice disappears, researchers followed the activities of 20 polar bears during the summer months over a three-year period. As well as taking blood samples, and weighing the bears, the animals were fitted with GPS-equipped video camera collars. This allowed the scientists to record the animals movements, their activities and what they ate.

In the ice-free summer months, the bears adopted different strategies to survive, with some essentially resting and conserving their energy. The majority tried to forage for vegetation or berries or swam to see if they could find food. These animals are strong swimmers and have been spotted up to 100 km offshore, they can swim at speeds of around 10 km per hour. Both approaches failed, with 19 of the 20 bears in the study losing body mass, by up to 11% in some cases. On average they lost one kilogramme per day.

Contrary to what some people think, polar bears are not grizzly bears wearing white coats. They are very different. Two of the three bears that took to the water found carcasses of dead animals but spent only a short time eating, as they were too tired from their exertions. It shows that these bears can’t eat and swim at the same time.

While previous research has outlined the challenges that climate poses over the decades to come, the new study raises important questions about the species’ ability to adapt.

Other researchers say the impacts of global warming on polar bears differ, depending on location. It is likely polar bears will disappear from areas where sea ice will be lost in future, but it is difficult to say just when and where. Some areas will have good conditions for bears also many decades from now. Western Manitoba where the study was performed is one where conditions may be very difficult for bears within a short time, if sea ice continues to disappear as predicted.

Source : Nature Communications via Yahoo News.

Incendies zombies dans l’Arctique // Zombie wildfires in the Arctic

Dans une note publiée le 21 mai 2020, j’expliquais que les incendies observés dans l’Arctique pendant l’été 2019 avaient survécu à l’hiver sous la forme de « feux zombies ». Ces incendies ont repris en mai, alors que la neige était encore en train de fondre. Les incendies dans l’Arctique contribuent à la fonte du permafrost et envoient d’importantes quantités de carbone dans l’atmosphère, aggravant ainsi le réchauffement climatique, lui-même responsable de ces incendies.
Pour la plupart des gens, les incendies de forêt se résument à des flammes gigantesques qui dévorent les arbres et la végétation qui les entoure. Les incendies zombies, en revanche, ne s’enflamment pas mais brûlent plus lentement ; ils ont tendance à pénétrer profondément dans le sol et à se propager latéralement.Au final, ces incendies quasiment invisibles sont moins accessibles et nécessitent d’être déterrés et arrosés à grande eau. Les feux zombies produisent aussi plus de fumée en raison de leur température de combustion plus basse. Les particules ultrafines contenues dans la fumée sont particulièrement nocives pour les systèmes respiratoire et cardiovasculaire et peuvent être transportées très loin par le vent.

Les incendies qui couvent dans le sous-sol peuvent durer des mois, voire des années. On a constaté qu’ils « hivernent » pendant la saison froide pour réapparaître pendant la saison chaude et sèche. Au cours de la saison des incendies 2019-2020 en Sibérie, les incendies zombies ont été accusés d’avoir repris l’année suivante.
Certains incendies zombies peuvent devenir si vastes qu’ils libèrent des panaches de fumée affectant de vastes régions géographiques. En 1997, des incendies de tourbe en Indonésie ont généré des panaches de fumée qui sont devenus une menace pour toute l’Asie du Sud-Est et certaines parties de l’Australie, avec à la clé une augmentation des émissions de carbone. Ils ont été déclenchés par les activités de culture sur brûlis et amplifiés par les conditions de sécheresse lors d’un puissant épisode El Niño.
Comme indiqué plus haut, les incendies zombies sont plus difficiles à maîtriser et à éteindre pour les pompiers, ils demandent donc plus de ressources pendant de plus longues périodes. Les pompiers de l’Alberta, au Canada, où les tourbières riches en carbone sont courantes, ont été confrontés à des incendies zombies de plusieurs mètres de profondeur en 2023. Les incendies de tourbe peuvent rendre le sol instable et l’utilisation d’équipement lourd pour parcourir les zones d’incendie peut être dangereuse.

Sur tous les incendies de tourbe arctique recensés au cours des 40 dernières années, 70% se sont produits pendant les huit dernières années. 30 % de cette superficie a brûlé pendant la seule année 2020, ce qui montre l’accélération du phénomène.
Source : Yaloo Actualités.

 

Image satellite montrant le réveil d’un incendie qui avait couvé dans le sous-sol arctique pendant tout l’hiver (Source : Copernicus)

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In a post published on May 21st, 2020, I explained that Arctic fires observed in the summer of 2019 survived the winter in the form of « zombie fires ». These fires started again in May, while the snow was still melting. Arctic fires are contributing to the melting of permafrost and sending large amounts of carbon into the atmosphere, thereby exacerbating global warming, which is itself responsible for these fires.

Most people picture wildfires as catastrophic flames consuming trees and grasses. Ground fires, on the other hand, do not flame but burn more slowly and have the tendency to spread deep into the ground and spread laterally. The result is that ground-smoldering fires are not only less visible, but they are also less accessible and require digging up and dousing with lots of water. These smoldering fires also produce more smoke because of their lower temperature of combustion. Ultra-fine particles in smoke are particularly harmful to the respiratory and cardiovascular systems and can be carried far and wide by winds. Smoldering ground fires can burn for months and sometimes years. They have been shown to “overwinter,” persisting through the cold season to reemerge in the warm, dry season. During the 2019-2020 fire season in Siberia, zombie fires were blamed for rekindling fires the following year.

Some of these ground fires can become so massive that they release smoke plumes that cover vast geographical regions. In 1997, peat fires in Indonesia sent dangerous levels of smoke across Southeast Asia and parts of Australia and increased carbon emissions. They were ignited by slash-and-burn activities and amplified by drought conditions during a severe El Niño event.

Soil fires that spread underground are harder for firefighters to tame and extinguish, thus demanding more resources for longer periods of time. Firefighters in Alberta, Canada, where carbon-rich peatlands are common, have been dealing with fires smoldering to depths of several meters underground in 2023. Because peat fires can make the ground unstable, using heavy equipment to excavate the fire areas also becomes risky.

About 70% of recorded area of Arctic peat affected by burning over the past 40 years occurred in the last eight years, and 30% of it was in 2020 alone, showing the acceleration.

Source : Yaloo News.

La fonte de l’Arctique et ses conséquences (suite) // The melting of the Arctic and its consequences (continued)

La COP28 de Dubaï s’est soldée par un échec, malgré les applaudissements de ses participants. La promesse – non contraignante – d’abandonner progressivement les énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique n’est que de la poudre aux yeux.

Pendant que la COP 28 pataugeait dans son hypocrisie, une nouvelle étude nous rappelait l’urgence de réduire les émissions et, a fortiori, les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Cette étude publiée le 12 décembre 2023 par la NOAA, souligne que l’année 2023 a été la sixième plus chaude depuis 1900 dans l’Arctique, mais surtout qu’entre juillet et septembre, la chaleur a localement atteint des niveaux historiques avec une température moyenne de 6,4°C. Il va sans dire que la calotte glaciaire du Groenland a continué à diminuer.

Cette évolution a des conséquences qui vont bien au-delà du pôle Nord. Le GIEC tire la sonnette d’alarme car la fonte des deux calottes glaciaires, Groenland et Antarctique, contribue pour 20% à 25% à l’élévation du niveau des océans. Les autres causes sont la dilatation thermique de l’eau et la fonte des glaciers de montagnes. Par ailleurs, en raison de ce réchauffement, le rapport attire l’attention du public sur les conséquences de l’été 2023 anormalement sec dans le nord du continent américain. Cela a favorisé les incendies dévastateurs au Canada, et une année particulièrement humide en Alaska et en Scandinavie, avec inondations et tempêtes.

Suite à la hausse vertigineuse des températures dans l’Arctique, le pôle Nord subit le phénomène “d’amplification Arctique”. Cette région du globe se réchauffe deux à quatre fois plus vite que le reste du monde. Avec la réduction de la surface recouverte pas la glace de mer, cette zone devient moins blanche et donc plus sombre. Perdant de son albédo, elle absorbe de plus en plus d’énergie et de chaleur.

Une autre conséquence du réchauffement de l’Arctique est le dégel du permafrost – ou pergélisol – notamment en Sibérie. On estime que ce sol normalement gelé en permanence pourrait dégeler dans sa totalité vers 2040. Il est facile d’imaginer les conséquences quand on sait que ces tourbières stockent près de 40 milliards de tonnes de carbone, autrement dit le double de ce qui est stocké dans les forêts européennes. Si ce carbone s’échappe dans l’atmosphère, cela accélérera encore le réchauffement climatique sur toute la planète.

Il est donc urgent d’agir et, si possible, passer outre les recommandations beaucoup trop modestes de la COP 28.

Source : NOAA, GIEC, médias d’information.

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COP28 in Dubai ended in failure, despite the applause of its participants. The promise – non-binding – to gradually abandon fossil fuels, the main culprits of global warming, is just window dressing.
While COP 28 was wallowing in hypocrisy, a new study reminded us of the urgency of reducing the emissions and, a fortiori, the concentrations of greenhouse gases in the atmosphere.
This study published on December 12th, 2023 by NOAA, highlights that the year 2023 was the sixth warmest since 1900 in the Arctic, but above all that between July and September, the heat locally reached historic levels with a temperature average of 6.4°C. Needless to say, the Greenland ice sheet has continued to shrink.
This development has consequences that go well beyond the North Pole. The IPCC is sounding the alarm because the melting of the two ice caps, Groenland and Antarctica, contributes 20% to 25% to the rise in ocean levels. Other causes are the thermal expansion of water and the melting of mountain glaciers. Furthermore, due to this warming, the report draws public attention to the consequences of the abnormally dry summer of 2023 in the north of the American continent. This favored devastating fires in Canada, and a particularly wet year in Alsaka and Scandinavia, with floods and storms.
Following the dizzying rise in temperatures in the Arctic, the North Pole is experiencing the phenomenon of “Arctic amplification”. Indeed, this region of the globe is warming two to four times faster than the rest of the world. With the reduction in the surface covered by sea ice, this area becomes less white and therefore darker. Losing its albedo, it absorbs more and more energy and heat.
Another consequence of Arctic warming is the thawing of permafrost, particularly in Siberia. It is estimated that this permanently frozen ground could thaw in its entirety around 2040. It is easy to imagine the consequences when we know that these peatlands store nearly 40 billion tonnes of carbon, in other words double what is stored in European forests. If this carbon escapes into the atmosphere, it will further accelerate global warming across the planet.
It is therefore urgent to act and, if possible, to override the far too modest recommendations of COP 28.
Source: NOAA, IPCC, news media.

La fonte de la glace de mer ouvre la porte à la poursuite de l’exploitation du pétrole (Photo: C. Grandpey)