Eruption islandaise : 5ème fracture ! // Icelandic eruption // 5th fissure !

J’attendais la confirmation officielle de ce que j’avais discerné sur les webcams: une 5ème fracture avec de nouvelles bouches éruptives s’est ouverte sur le site de l’éruption. Cette fracture se trouve dans la même zone que les quatre précédentes. L’ouverture de nouvelles fractures n’est pas impossible. C’est la raison pour laquelle les touristes ne doivent pas entrer dans la zone de danger. L’ouverture de la nouvelle fracture n’a pas changé le comportement des précédentes. Il ne fait aucun doute que les cinq fissures appartiennent au même système et qu’elles sont alimentées par le dyke d’origine. Les scientifiques islandais pensent que chaque bouche possède son propre conduit d’alimentation avec des racines dans la partie continue du dyke. En fait, plus que de 5 fractures, on devrait plutôt parler d’une fracture éruptive de 100 mètres de longueur.

Source: Iceland Monitor.

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I was waiting for the official confirmation of what I had discerned on the webcams : A new fissure with new eruptive vents has opened at the eruption site. The fissure is in the same area as the previous four. The opening of more fissures could occur. This is the reason why visitors should not get into the danger zone.

The opening of the new fissure did not change the behaviour of the previous ones.

There is little doubt that the five fissures belong to the same system and their lava is supplied by the original dyke. Icelandic scientists think each vent is an independent channel with roots in a continuous part of the dyke. One should rather speak of a 100-meteer-long fissure erupting.

Source: Iceland Monitor.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : l’éruption continue

L’éruption du Piton de La Fournaise continue. On observe toujours deux bouches éruptives, une principale et une secondaire de plus faible activité légèrement en aval. La hauteur des fontaines de lave émises par la bouche principale fluctue entre 20 et 60 mètres suivant les périodes d’activité. L’intensité du tremor volcanique est très fluctuante. L’OVPF explique que ces fluctuations sont liées soit au comportement du cône en cours d’édification (construction, effondrement), soit à des libérations ponctuelles de poches de gaz piégées dans les conduits d’alimentation.

La lave se dirige vers le Grand-Brûlé mais le front de coulée ne progresse que très lentement. La première coulée qui se situait aux alentours de 1500 mètres d’altitude n’a progressé que d’une centaine de mètres dans les Grandes pentes. Elle a été rejointe par un second bras de lave. Cette lave se trouve à proximité du cratère Bonnet, en contrebas du GR2, au niveau du Nez coupé du Tremblet. L’OVPF indique que l’intensité de l’éruption est relativement stable, avec un faible débit. Il est donc fort peu probable qu’elle atteigne la RN2 dans le Grand-Brûlé.

L’éruption reste confinée (sans couvre-feu !!) à l’intérieur de l’Enclos. IL n’y a donc aucun risque pour la population.

Source : OVPF.

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The eruption of Piton de La Fournaise continues. There are still two eruptive vents, a main one and a secondary one of lower activity slightly downslope. The height of the lava fountains emitted by the main vent fluctuates between 20 and 60 metres depending on the period of activity. The intensity of the volcanic tremor fluctuates too. These fluctuations are linked to the behaviour of the cone which is being bult, but also to the punctual release of gas pockets that were trapped in the conduits of the supply system.

Lava is travelling towards the Grand-Brûlé but the flow front is progressing only very slowly. The first flow, which was around 1,500 metres above sea level, only progressed a hundred metres in the Grandes Pentes. It was joined by a second branch of lava. This lava is located near the Bonnet Crater, below the GR2, at the level of the Nez Coupé du Tremblet. OVPF indicates that the intensity of the eruption is relatively stable, with a low lava output. It is therefore highly unlikely that it will reach the RN2 in the Grand-Brûlé.

The eruption remains confined (no curfew !!) inside the Enclos. There is therefore no risk to the population.

Source: OVPF.

Les coulées de lave le 12 avril 2021 (Source : OVPF)

Réchauffement climatique et avalanches meurtrières en Suisse // Global warming and deadly avalanches in Switzerland

Plusieurs études ont montré que le réchauffement climatique accroît les risques d’avalanche. On observe de plus en plus de longues périodes sèches, froides et sans précipitations alternant avec des chutes de neige brèves mais abondantes. Les périodes sèches favorisent la formation de couches fragiles à la surface du manteau neigeux. Ces couches fragiles sont ensuite recouvertes par une nouvelle neige. Les conditions sont alors réunies pour un déclenchement d’avalanches de plaques. Les études montrent que 90% des accidents mortels sont causés par ce type se situation nivale. Très souvent, c’est le skieur qui déclenche l’avalanche qui va l’ensevelir.
De plus, avec la hausse en altitude de la limite pluie/neige, on observe une augmentation de la densité des couches supérieures du manteau neigeux par humidification. Cela signifie que les contraintes exercées sur les couches fragiles en dessous sont plus fortes et peuvent provoquer leur rupture.

Ces nouvelles conditions du manteau neigeux liées au réchauffement climatique expliquent en grande partie le bilan très lourd des avalanches en Suisse pendant l’hiver 2020-2021. 27 skieurs avaient perdu la vie le 31 mars 2021, date des dernières statistiques. C’est 50% de plus que la moyenne pendant cette la période hivernale. 296 personnes ont été surprises par des avalanches, soit une hausse de 67%. La moyenne était de 177 au cours des 20 dernières années.

Parmi toutes les avalanches, 215 ont été déclenchées par des skieurs ou des randonneurs, contre 113 au cours des 20 dernières années.  Au cours de cette même période, 18 skieurs avaient péri dans des avalanches. Au cours du seul hiver 2020-2021, 11 randonneurs a ski et 6 pratiquants du hors piste ont perdu la vie. L’accident le plus meurtrier a eu lieu dans la région de Verbier où 7 personnes – dont une championne olympique française de snowboard – ont été emportées à jamais par des avalanches.

Source : WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF.

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Several studies have shown that global warming increases the risk of avalanches. Long dry, cold and precipitation-free periods are increasingly observed, alternating with brief but heavy snowfalls. Dry periods favour the formation of fragile layers on the surface of the snowpack. These fragile layers are then covered with new snow. The conditions are then ripe for the triggering of plate avalanches. Studies show that 90% of fatal accidents are caused by this type of snow situation. Very often, the skier triggers the avalanche who will bury him.

In addition, with the increase in altitude of the rain / snow limit, one can observe an increase in the density of the upper layers of the snowpack by humidification. This means that the stresses exerted on the fragile layers below are greater and can cause them to break.

These new snowpack conditions linked to global warming largely explain the very heavy toll of avalanches in Switzerland during the winter of 2020-2021. 27 skiers had been killed on March 31st, 2021, the date of the latest statistics. This is 50% more than the average during this winter period. 296 people were surprised by avalanches, an increase of 67%. The average was 177 over the past 20 years.

Of all the avalanches, 215 were triggered by skiers or hikers, up from 113 in the past 20 years. During this same period, 18 skiers were killed in avalanches. During the winter of 2020-2021 alone, 11 ski tourers and 6 free-riders lost their lives. The deadliest accident took place in the Verbier region where 7 people – including a French Olympic snowboard champion – were swept away by avalanches forever.

Source: WSL Institute for Snow and Avalanche Research.

Photo: C. Grandpey

Solidarité caraïbe

Un article paru sur le site Martinique la 1ère montre que toute la Caraïbe se sent concernée par ce qui se passe à St Vincent-et-les-Grenadines avec l’éruption de La Soufrière. Toutes les îles sont prêtes à aider leur voisine en difficulté.

Il est vrai que la plupart des composantes de l’arc antillais sont sous la menace d’une éruption. On l’a vu avec celle de la Montagne Pelée et ses quelque 28 000 victimes en 1902, ou celle de Soufriere Hills à Montserrat en 1995. Plusieurs autres édifices volcaniques sur terre ou au fond de l’océan peuvent se réveiller à tout moment.

A l’occasion de l’éruption en cours sur la Soufrière de St Vincent, il est prévu d’accueillir à  la Barbade, à Sainte-Lucie et à Antigua 20 000 personnes réfugiées, sur  110 000 habitants de St Vincent. La  Martinique ne fait pas partie des hébergeurs potentiels, même si l’île dispose d’infrastructures performantes pour affronter une crise majeure.

La raison, c’est que la Martinique ne fait plus tout à fait partie de la Caraïbe, ce qui n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps. L’article explique que l’île est certes un membre associé de la Caricom, mais elle n’y occupe plus une position centrale. Les relations avec les îles voisines de la Caraïbe sont irrégulières et épisodiques. Désormais, la Martinique est davantage tournée vers la France et l’Europe.

En revanche, les relations personnelles, comme les échanges sportifs et culturels restent bien présents. Si besoin est, la Martinique saura se mobiliser pour aider Saint Vincent à se sortir de ce mauvais pas. De plus, en fonction des vents, la Martinique n’est pas à l’abri de l’arrivée de cendres volcaniques ou d’un tsunami provoqué par de violents séismes. La distance entre la Martinique et Saint-Vincent n’est que de 177 kilomètres.

L’auteur de l’article explique que la solidarité des Martiniquais sera d’autant plus facile qu’il existe des relations anciennes très fortes avec Saint-Vincent. L’île a été l’un des refuges de des nèg mawon martiniquais lorsque l’esclavage a été interdit dans les possessions de la Grande-Bretagne, quinze ans avant celles de la France.

Auparavant, Saint-Vincent a été une plaque tournante de la rébellion des captifs africains échappés des bateaux négriers ou des plantations, alliés aux natifs de l’île, les Kalinagos – improprement appelés Caraïbes par les colons français. Ces opprimés n’ont pas cessé de guerroyer contre les colons et leurs milices. Des captifs évadés se sont établis dans l’île, s’y sont mariés et ont donné naissance à un peuple nouveau, les Garifunas, déportés plus tard en Amérique centrale par les Anglais.

Les souvenirs de cette époque montrent que les relations entre Martinique et Saint-Vincent ont de solides racines. La solidarité géographique et culturelle de Martinique vers Saint-Vincent ne sera pas donc un vain mot.

St Vincent sous la cendre de La Soufrière (Source : UWI)