Fracture du Grand Téton (Wyoming): Pas de quoi s’inquiéter… // Grand Teton fissure (Wyoming): Nothing to worry about

Une fracture d’une trentaine de mètres de longueur s’est ouverte sur une paroi rocheuse du parc national du Grand Teton dans le Wyoming. Pour des raisons de sécurité, les autorités ont fermé aux touristes certains secteurs du parc comme Hidden Falls et Inspiration Point. Les rangers sont en train d’évaluer les risques de la zone.
Cependant, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. L’USGS explique que la fracture qui s’est ouverte dans la paroi rocheuse est un événement fréquent. La fracture n’est nullement liée au super volcan de Yellowstone qui se trouve à proximité du Grand Teton. De telles fractures en zone montagneuse escarpée se produisent fréquemment et peuvent provoquer des éboulements, ce qui entraîné la fermeture de la zone instable.
Source: National Park Service, USGS.

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A 30-metre crack at Grand Teton National Park in Wyoming has prompted officials to close certain areas to tourists. Hidden Falls and Inspiration Point are now closed to tourists due to a possible safety hazard and park rangers are initiating a risk assessment.

However, there is nothing to worry about. USGS explains that the crack in the rock face is a common hazard. It is a fracture in a steep cliff face that is by no means related to Yellowstone supervolcano which lies a few kilometres away. Cracks in cliffs in steep mountainous terrain, like the Teton Range, are very common and can lead to rockfalls, which is why the immediate area around the unstable area has been closed.

Source: National Park Service, USGS.

Hidden Falls dans le Grand Teton National Park qui est un excellent endroit pour voir des élans.

Photos: C. Grandpey

Hawaii : Une bombe volcanique s’abat sur un bateau pour touristes // A lava bomb hurls onto a tour boat

Comme je l’ai déjà écrit, la lave en provenance de la Fracture n° 8 pénètre dans l’océan sur un front de 6 km. Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que des explosions se produisent le long de ce front. L’une de ces explosions a projeté des bombes incandescentes sur le toit d’un bateau pour touristes le 16 juillet 2018. Au moins 23 personnes ont été blessées ; dix d’entre elles ont été soignées pour des blessures superficielles. Quatre autres ont été conduites par ambulance à l’hôpital de Hilo une fois que le le bateau a été amarré dans le port de Wailoa. Une femme d’une vingtaine d’années était dans un état grave avec ue fracture du fémur. Trois autres touristes étaient dans un état stable à l’hôpital avec des blessures qui n’ont pas été précisées. Le reste des passagers a subi des brûlures et des blessures superficielles sans gravité.

Ces personnes étaient à bord d’un bateau de la compagnie Lava Ocean Tours qui conduit les touristes devant les coulées, avec la lave qui plonge dans l’océan.

La bombe a perforé le toit du bateau, laissant un trou béant. Le propriétaire de la compagnie, qui pilotait l’embarcation, explique qu’il n’avait encore jamais vu une explosion projeter des matériaux jusque sur son bateau. Le groupe de touristes était sur le site de l’explosion depuis une vingtaine de minutes et le bateau faisait des allers et retours à environ 500 mètres de la côte. Le pilote du bateau n’ayant pas observé d’explosions majeures, il s’est approché à environ 250 mètres des coulées lave. C’est à ce moment que s’est produite une très violente explosion. Il n’y avait eu aucun signe annonciateur. A noter qu’une deuxième explosion, encore plus puissante, s’est produite quelques minutes plus tard.
L’USGS et la Protection Civile déconseillent constamment de s’approcher de la lave qui pénètre dans l’océan car l’interaction entre l’eau et cette lave peut créer des nuages ​​d’acide et de fines particules de verre volcanique. Malgré le danger, plusieurs compagnies organisent de telles excursions. La Garde côtière américaine a mis en place en mai 2018 une zone de sécurité en mer là où la lave entre dans l’océan. Il est interdit aux embarcations de s’approcher à moins de 300 mètres des points d’entrée. Toutefois, la Garde côtière permet aux pilotes expérimentés de demander une licence spéciale pour s’approcher à 50 mètres des points où la lave entre dans la mer. Reste à savoir quelles mesures seront prises après cet accident.
Source: Différents médias d’information.

Voici une vidéo comportant différents témoignages à propos de cet accident: https://youtu.be/jNm_7zECVeI

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As I put it before, lava from Fissure 8 is entering the ocean over a 6-km-wide front. In its latest updates, HVO indicated that explosions were occurring along this front. One of these explosions sent red hot material crashing through the roof of a sightseeing boat on July 16th, 2018. At least 23 people in total were injured, 10 of whom were treated for superficial injuries at the harbour. Four were taken to Hilo Medical Center via ambulance once the boat docked back in Wailoa Harbor in Hilo. A woman in her 20s was in serious condition with a broken thigh bone. Three others were in stable condition at a hospital with unspecified injuries. The rest of the passengers suffered burns, scrapes and other superficial injuries. They were aboard a Lava Ocean Tours boat  that takes visitors to see lava plunging into the ocean. The lava punctured the boat’s roof, leaving a gaping hole. The owner and captain of the vessel that was hit said he never saw the explosion that rained molten rocks down on top of his boat. He and his tour group had been in the area for about 20 minutes making passes of the ocean entry about 500 metres offshore. As he did not observe any major explosions, he navigated his vessel closer, to about 250 metres away from the lava. This was the moment when, all of a sudden, everything around the boat exploded. There were no warning signs. Another stronger explosion occurred a few minutes later.

USGS and Civil Defense constantly warn of the danger of getting close to lava entering the ocean, saying the interaction can create clouds of acid and fine glass. Despite the hazards, several companies operate such tours. The U.S. Coast Guard in May instituted a safety zone where lava flows into the ocean off the Big Island. It prohibits vessels from getting closer than 300 metres from ocean-entry points. The agency allows experienced boat operators to apply for a special license to get up to 50 metres from where lava sizzles into the sea. New measures will probably be taken after this accident.

Source : Different news media.

Here is a video with several witnesses about the accident: https://youtu.be/jNm_7zECVeI

La lave peut entrer paisiblement dans la mer…

…mais le mariage de la lave et de l’eau peut être beaucoup plus brutal

(Photos: C. Grandpey)

 

Eruption du Kilauea (Hawaii): les « Warm Ponds » n’existent plus // The « Warm Ponds » are a thing of the past

Les autorités viennent de confirmer que l’école Kua O Ka La sur la Highway 137 et les «Warm Ponds», destination touristique bien connue dans Ahalanui Beach Park ont été détruites par la lave. La progression de la lave a’a est estimée à 45 mètres par heure. Cette destruction survient après celle de trois nouvelles maisons dans les Leilani Estates, événement qui ne s’était pas reproduit depuis le début la première semaine de juin. Le panache de gaz dans le secteur d’Ahalanui est volumineux et la Protection Civile a de mandé à ses équipes d’être très prudentes.
Toute la lave qui s’écoule vers l’océan est « mise par la Fracture n°8 où le début ne varie guère. Les projections observées précédemment sur la Fracture n° 22 ont maintenant cessé.
Voici une nouvelle vidéo de l’USGS qui montre l’éruption entre sa source et l’entrée dans l’océan:
https://youtu.be/561tQeBoIC8

Source: USGS, Protection civile.

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Authorities have confirmed that the Kua O Ka La School on Highway 137 and the “Warm Ponds” in Ahalanui Beach Park have been destroyed by lava. This destruction comes after the three Leilani Estates homes which were the first taken by the eruption in the subdivision since the first week of June.

The progress of the a‘a lava at the flow front is estimated at 45 metres per hour. The laze plume at Ahalanui is voluminous and Civil Defense advised its staff to be very careful.

All the lava currently being produced is from Fissure 8 where the emitted volume has not fluctuated much. The weak spattering noted previously at Fissure 22 has stopped.

Here is another USGS video that shows the eruption between its source at Fissure 8 and the lava front in the ocean:

https://youtu.be/561tQeBoIC8

Source : USGS, Civil Defense.

Vue aérienne de Kapoho Crater. Une partie du chenal de lave a été obstruée en amont du cratère, ce qui a entraîné un refoulement et des débordements de lave vers l’ouest et le sud du cratère. Cela a provoqué les destructions mentionnées ci-dessus (Crédit photo : USGS).

Les « Warm Ponds », un site touristique très populaire (Photo: C. Grandpey)

 

Les sargasses envahissent les Antilles // Sargassas invade the West Indies

Quand on lit les textes liés à la « découverte » de l’Amérique par Christophe Colomb, il est souvent fait référence à la Mer des Sargasses, une zone de l’Océan Atlantique nord. Elle s’étend à peu près de 70 à 40 degrés ouest, et de 25 à 35 degrés nord. Elle a une largeur de 1 100 km, et une longueur d’environ 3 200 km environ. Elle tient son nom des algues qui ont la particularité d’y flotter et de s’accumuler à la surface de la mer.

Conséquence probable du réchauffement climatique, une invasion de sargasses est en train d’empoisonner les Antilles, en particulier la Martinique et surtout la Guadeloupe, et cela fait 7 ans que ça dure.

J’étais à la Martinique au mois d’avril et la situation frisait la catastrophe. Les plages de l’Atlantique – Robert, François, Vauclin, Marin, Sainte-Anne – sont actuellement totalement polluées par les sargasses qui affluent en quantités de plus en plus importantes. La situation a pris une ampleur jamais observée auparavant, contrairement à ceux qui disent « on a toujours connu ça. » On a certes connu ça, mais jamais dans de telles proportions.

Les conséquences sont multiples et affectent plusieurs domaines. Les nuisances sont un problème pour les populations résidant sur les littoraux. L’hydrogène sulfuré (H2S) dégagé par les algues en décomposition attaque les peintures des maisons, ainsi que le matériel électronique et électrique. Plus grave, il y a des conséquences sanitaires. L’employée d’un restaurant où je déjeunais à la Pointe Faula au Vauclin était en congé de maladie car elle souffrait de vertiges. D’autres affections incluent des troubles respiratoires, des irritations oculaires, ainsi que des céphalées pouvant entraîner des pertes de connaissance.
En dehors de ces risques sanitaires qui touchent les populations locales, les conséquences sur le tourisme ne sont pas à négliger,de même que pour toutes les activités liées au tourisme (restauration en bord de mer, sports en mer, etc..). Par ailleurs, les conséquences sur la flore et la faune marine sont à prendre en compte. Si la masse d’algues est trop importante, elle étouffe toute vie marine car elle empêche le soleil d’entrer, et provoque des déserts marins. Elle pourrait donc affecter durablement la pêche en Martinique qui souffre déjà du problème de la pollution au chlordécone, un insecticide, utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe et qui a empoisonné pour des siècles les écosystèmes antillais.

Une cause très probable de cet afflux de sargasses est l’augmentation de la température de l’Océan Atlantique. On évoque également une modification du Gulf Stream qui provoquerait une dispersion de la Mer des Sargasses plus au sud. Un autre facteur a été avancé par les biologistes marins: la masse de plastique dans la zone de la Mer des Sargasses. Normalement, les sargasses se développent et se reproduisent en face du Mexique, Avec les courants marins, elles se déplacent ensuite vers la Mer des Sargasses. Avec l’augmentation des déchets plastiques dans cette zone, on peut se demander si les algues qui ont besoin d’un support pour se reproduire ne trouvent pas sur place, en pleine mer, grâce au plastique, le moyen de proliférer. D’autres chercheurs pensent que les algues proviennent de Guyane et non de la Mer des Sargasses et seraient liées à l’augmentation de la pollution qui créerait des conditions favorables à leur prolifération ;

S’agissant des remèdes à ce problème environnemental, on pourrait développer une filière des Sargasses qui existe déjà à la Barbade et consiste à transformer les algues en engrais végétal de très bonne qualité. En attendant, un filet anti-sargasses est actuellement testé dans la baie du Robert. Il a été déployé sur 700 mètres mais doit, à terme, être étendu sur 1200 mètres. Ce dispositif, s’il fonctionne, doit permettre de protéger les habitants de Pontaléry au Robert. Le filet est composé d’un grillage en plastique, disposé sur des poteaux en pleine mer. Il est lesté par un câble de plomb et maintenu par des flotteurs. Ce n’est qu’une mesure ponctuelle et qui semble dérisoire face à l’ampleur du problème. L’odeur pestilentielle demeure, les habitants sont mécontents et les touristes fuient…

Nicolas Hulot s’est rendu aux Antilles les 10 et 11 juin derniers. Il a admis que cette «invasion est une calamité supplémentaire dont les Antilles se seraient bien passé » . Il a ajouté qu’en métropole, « on n’avait probablement pas pris toute la mesure. »  Le ministre a indiqué que, face à ce phénomène, « il fallait gérer les urgences sanitaires, économiques, mais aussi préparer l’avenir… » La situation est d’autant plus urgente que la façade caraïbe de la Martinique commence à voir des bancs de sargasses s’échouer sur ses côtes… (voir la carte ci-dessous).

Source : Presse antillaise.

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When one reads the texts related to the « discovery » of America by Christopher Columbus, they often refer to the Sargasso Sea, an area of ​​the North Atlantic Ocean. It is about 70 to 40 degrees west and 25 to 35 degrees north. It has a width of 1,100 km, and a length of about 3,200 km. It takes its name from the algae that float there and accumulate on the surface of the sea.
As a result of global warming, an invasion of Sargassum is poisoning the West Indies, especially martinique and above all Guadeloupe. The probem has lasted for more than seven years.
I was in Martinique in April and the situation was disastrous. The beaches of the Atlantic – Robert, Francois, Vauclin, Marin, Sainte-Anne – are currently completely polluted by Sargassum invading them in larger and larger quantities. The situation has reached a scale never seen before, contrary to those who say « we have always known that. » We have certainly known that, but never in such proportions.
The consequences are multiple and affect several areas. Nuisance is a problem for people living on the coasts. Hydrogen sulfide (H2S) released by decaying algae attacks homes’ paints, as well as electronic and electrical equipment. More serious, there are health consequences. The employee of a restaurant where I had lunch at Pointe Faula in Vauclin was on sick leave because she suffered from vertigo. Other conditions include breathing problems, eye irritations, and headaches that can lead to unconsciousness.
Apart from these health risks that affect the local population, the consequences for tourism are not to be neglected, as for all activities related to tourism (restaurants by the sea, sports at sea, etc. ..). In addition, the consequences on marine flora and fauna must be taken into account. If the mass of algae is too large, it stifles all marine life because it prevents the sun from entering, and causes marine deserts. It could therefore have a lasting effect on fishing in Martinique, which is already greatly affected by the problem of pollution with chlordecone, an insecticide used for over twenty years in banana plantations in Martinique and Guadeloupe, which has poisoned Antillean ecosystems for centuries.
A very probable cause of this influx of Sargassum is the increase of temperature of the Atlantic Ocean. There is also talk of a modification of the Gulf Stream which would cause a dispersion of the Sargasso Sea further south. Another factor has been advanced by marine biologists: the plastic mass in the Sargasso Sea area. Normally, Sargassum grow and reproduce in front of Mexico; with the sea currents, they then move to the Sargasso Sea. With the increase in plastic waste in this area, one may wonder if algae that need support to reproduce can not find, on the open sea, thanks to plastic, the means to proliferate. Other researchers believe that the algae come from Guyana and not from the Sargasso Sea and are linked to the increase in pollution that would create favorable conditions for their proliferation;
As far as the remedies for this environmental problem are concerned, one could develop a Sargasso sector that already exists in Barbados and consists in transforming seaweed into vegetable fertilizer of very good quality. In the meantime, an anti-Sargassum net is being tested in Robert’s Bay. It has been deployed over 700 metres but might eventually be extended over 1200 metres. The net, if it poves efficient, will protect the inhabitants from Pontaléry to Robert. The net consists of a plastic mesh, placed on posts in open sea. It is weighted by a lead cable and maintained by floats. This is only a one-off measure and seems derisory in the face of the scale of the problem. The stench remains, the inhabitants are unhappy and the tourists are fleeing …
Nicolas Hulot visited the West Indies on June 10th and 11th. He admitted that this « invasion was an additional calamity that the West Indies would have done well ». He added that in the metropolis, « we probably had not taken the full measure. The minister said that, faced with this phenomenon, « it was necessary to manage the health and economic emergencies, but also to prepare the future … » The situation is all the more worrying as the Carribean part of the island is now affected by the sargassum as well… (see map below).
Source: Caribbean Press.

Le site web France-Antilles a publié une carte montrant les côtes impactées à différents niveaux par les bancs de sargasses:

Les sargasses envahissent le littoral. C’est leur décomposition à terre qui pose problème:

 (Photos: C. Grandpey)