Corée du Nord : Le Mont Paektu s’ouvre au tourisme // North Korea : Mt Paektu opens to tourism

Ces derniers mois, les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud se sont beaucoup améliorées. Il y a aussi moins de tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis. Un sommet a eu lieu entre Donald Trump et Kim Jong Un à Singapour le 12 juin 2018. Un autre signe de l’ouverture de la Corée du Nord au reste du monde est l’accès au Mont Paektu. Récemment, un petit groupe de touristes étrangers a été autorisé à visiter le volcan qui se trouve à cheval sur la frontière entre la Chine et la Corée du Nord.
En 946 après JC, le Mont Paektu a été le site d’une des plus grandes éruptions de l’histoire, avec un VEI de niveau 7. Considéré comme l’un des plus beaux sites naturels de la Corée du Nord, le volcan est toujours considéré comme actif, bien qu’il n’y ait pas eu de grandes éruptions ces dernières années. Il est vénéré dans le nord pour ses liens avec la famille régnante Kim et est considéré comme le foyer spirituel de la révolution coréenne. Les voyages à destination de la montagne sont très prisés par les Nord-Coréens qui la visitent avec leur école, ou d’autres groupes sociaux qui participent à des excursions pendant lesquelles se partagent l’endoctrinement et les loisirs. Le Mont Paektu est également apprécié des touristes chinois et de petits groupes de touristes étrangers qui peuvent séjourner dans des hôtels voisins avant de monter jusqu’au cratère pour admirer les eaux bleues du lac Chon, dans la caldeira du Paektu.
La zone autour de la montagne possède plusieurs « campings secrets » qui ont été réaménagés après avoir, dit-on, été utilisés par Kim Il Sung et ses guérilleros dans la lutte contre la domination japonaise avant 1945. C’est probablement la raison pour laquelle l’idée de permettre à des étrangers des excursions avec camping convenait assez bien aux autorités locales.
Sous la direction de Kim Jong Un, la Corée du Nord a donné la priorité au développement de son industrie touristique car elle représente une source de devises étrangères indispensable et c’est un secteur qui peut être étroitement contrôlé. Le pays entreprend actuellement d’importants projets d’infrastructures sur plusieurs sites, notamment à Samjiyon, la plus grande ville à proximité du Mont Paektu, dans la ville portuaire orientale de Wonsan, ainsi que dans la région du Mont Kumgang qui est restée ouverte aux touristes sud-coréens jusqu’en 2008, année où une femme sud-coréenne a été abattue pour avoir pénétré dans une zone interdite.
Un accroissement significatif du nombre de touristes étrangers suppose un assouplissement des sanctions internationales en vigueur pour inciter Kim Jong Un à abandonner son programme d’armes nucléaires. Les touristes américains ne sont pas autorisés à se rendre en Corée du Nord suite à l’interdiction de voyage imposée par le président Trump en réponse à la mort d’un étudiant américain décédé peu après sa libération. Il avait été accusé d’avoir tenté de voler une bannière de propagande. Globalement, on peut dire que la situation touristique s’améliore, mais reste relativement fragile.
Source: Presse de l’Etat du Kentucky.

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In recent months, the relationships between North and South Korea have much improved. There are fewer tensions as well between North Korea and the United states. A summit took place between US President Donald Trump and Kim Jong-un in Singapore on June 12th, 2018. Another sign of the opening of North Korea to the rest of the world is the access to Mount Paektu. Recently, a handful of foreign tourists have been allowed to visit the country’s biggest volcano that straddles the border that separates China and North Korea.

In 946 AD, Paektu was the site of one of the largest eruptions in history, with a VEI of 7. It is considered one of the most beautiful natural sites in North Korea and is still active, though there have not been any big eruptions in recent years. The volcano is revered in the North for its links to the ruling Kim family and is considered the spiritual home of the Korean revolution. Trips to the mountain are popular with North Koreans who visit with their schools, or other social groups on excursions that are part indoctrination and part recreation. It is also popular with Chinese tourists and smaller foreign tour groups who can stay in nearby hotels and drive right up to its crater to see the blue waters of Lake Chon in Paektu’s caldera.

The area around the mountain features several reconstructed « secret campsites » said to have been used by Kim Il Sung and his guerrillas in the fight against the Japanese colonial rulers before 1945 — a possible reason why the idea of allowing foreign camping excursions clicked with the local authorities

Under leader Kim Jong Un, North Korea has placed a high priority on developing its tourism industry as a source of much-needed foreign currency and as an industry that can be fairly closely controlled and monitored. It is currently carrying out massive infrastructure projects in several locations, including at Samjiyon, the largest city near Mount Paektu, and in the eastern port city of Wonsan and the adjacent Mount Kumgang area, which was open to South Korean tourists until around 2008, when a South Korean housewife was shot for wandering into a restricted area.

Any big expansion in the numbers of foreign tourists will require an easing of international sanctions in place to push Kim to abandon his nuclear weapons program. Tourists from the United States are blocked from coming to North Korea by a travel ban imposed by President Donald Trump in response to the death of an American college student who died shortly after his release from North Korean custody for allegedly trying to steal a propaganda banner.

Globally, the situation around tourism is improving but is still uncertain.

Source : Kentucky newspapers.

Vue du lac dans la caldeira sommitale du Mont Paektu (Crédit photo: Wikipedia)

 

Parc National des Volcans d’Hawaii : Réouverture partielle le 22 septembre 2018 // Hawaii Volcanoes National Park : Partial reopening on September 22nd, 2018

Le Parc National des Volcans d’Hawaï a fixé la date de réouverture au 22 septembre 2018 pour certains sites les plus intéressants. Un ralentissement de l’activité sismique a permis au personnel du Parc d’évaluer les dégâts et de rétablir l’alimentation en eau.
Il est probable que le Visitor Center du Kilauea, près de l’entrée du Parc, rouvrira ses portes. Le bâtiment est à nouveau alimenté en eau. Les autorités essaient également de trouver une plateforme d’observation depuis laquelle le public pourra voir les changements spectaculaires qui se sont produits dans le cratère de l’Halemaumau. Le Kilauea Iki ou Keanakakoi sont des sites possibles, mais aucune décision n’a encore été prise. [NDLR : Il faut juste espérer que cette plateforme d’observation ne jouera pas l’Arlésienne comme ce fut le cas sur le site de l’éruption dans le District de Puna !]
Des scientifiques de l’USGS ont donné des informations sur l’impact des événements d’effondrement au sommet du Kilauea. Ils ont entraîné l’affaissement de certaines parties de la lèvre et des parois internes de la caldeira. Avec plus de 400 mètres de profondeur, le cratère est quatre fois plus profond qu’avant le début de l’éruption. Son diamètre a plus que doublé. Certaines parties de la Crater Rim Drive, qui était fermée depuis 2008, se sont effondrées dans le cratère lors des explosions, tout comme une partie de l’ancien parking de l’Halemaumau Overlook.
Le Musée Jaggar ne rouvrira pas en septembre en raison des dégâts importants subis par le bâtiment. Le célèbre Thurston Lava Tube, qui est toujours en cours d’examen, ne rouvrira pas non plus. Une équipe de géologues évaluera la solidité des falaises sous la Volcano House. Si elles sont jugées suffisamment stables, le bâtiment pourra rouvrir lui aussi.
Parmi les autres signes positifs, on peut citer la nene, ou oie hawaïenne, qui semble avoir survécu à l’éruption. Des koae kea, oiseaux des tropiques à queue blanche, ont également été aperçus en train de voler dans le cratère.
Le Parc a souffert de l’activité sismique constante qui l’a secoué au cours des trois derniers mois. Il y a une épaisse couche de cendre volcanique sur les tables de pique-nique, des éboulements, des affaissements de terrain et des fractures sur la terrasse du Jaggar Museum, sur les sentiers de randonnée, les parkings et les routes, en particulier la Highway 11.
Il n’y a pas eu d’effondrement au sommet du Kilauea depuis le 2 août 2018. L’USGS a abaissé le niveau d’alerte mais a indiqué que les séismes accompagnés d’effondrements pourraient se produire de nouveau à tout moment.
La réouverture partielle du parc est une bonne nouvelle du point de vue économique. Selon les estimations, environ 2 millions de visiteurs du Parc National en 2017 ont dépensé 166 millions de dollars dans des localités proches du parc et ont permis d’employer 2 020 personnes dans la région.
Source: Presse hawaienne.

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The Hawai‘i Volcanoes National Park has set a reopening date of September 22nd, 2018, for some of its main attractions. A lull in earthquake activity has allowed parks staff to assess damages and repair water lines.

Most likely, the Kilauea Visitor Center near the park entrance will reopen. Park officials have restored non-potable water to the visitor center. They are also trying to find a viewing area where the public can see firsthand the dramatic changes that have occurred at Halemaumau Crater. Some possibilities include the Kilauea Iki overlook or Keanakakoi, but no decision has been made yet.

U.S. Geological Survey scientists have documented the impact of collapse events at the Kilauea summit. They have led to the slumping of parts of the rim and inside walls. At a depth of more than 400 metres, the crater is four times deeper than it was before the eruption began. Its diameter has more then doubled. Parts of Crater Rim Drive, which had been closed since 2008, actually fell into the crater during a collapse explosion events, as did a portion of the Halemaumau Overlook parking lot.

The Jaggar Museum and overlook will not be reopening in September due to extensive damage. Nor will the popular Thurston lava tube, which is still being evaluated. A team will also evaluate the cliffs beneath Volcano House and if they are stable, then visitors can return.

Other positive signs include the nene, or Hawaiian goose, population that seems to have survived the eruption. Koae kea, or white-tailed tropic birds, have also been seen flying at the crater.

The Park suffered from constant, seismic activity over the past three months which resulted in layers of volcanic ash over its picnic tables, as well as rockfalls, sinkholes and fractures on the Jaggar Museum’s deck and on hiking trails, parking lots and roads, including Highway 11.

There has no been a collapse event at the Kilauea summit since August 2nd, 2018. USGS has lowered the alert level of Kilauea, but said earthquakes and collapse events could recur at any time.

The Park’s partial reopening is welcome news from an economic point of view. It has been estimated that about 2 million visitors to the National Park in 2017 spent 166 million dollars in communities near the park and supported 2,020 jobs in the area.

Source: Hawaiian newspapers.

Suite aux effondrements, le cratère de l’Halema’uma’u est méconnaissable (Crédit photo: USGS / HVO)

Remerciements

De retour sur le continent, je tiens à remercier chaleureusement les organismes et personnes qui, par leur accueil, m’ont permis d’effectuer un séjour très agréable en Martinique :

  • La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM)
  • Madame le Maire de Morne-Rouge
  • Le Centre de Découverte des Sciences de la Terre (CDST) de Saint Pierre
  • Les techniciens qui ont assuré la mise en place de la structure de projection à Morne-Rouge
  • Maurice Henry, correspondant L.A.V.E . aux Antilles

J’ai personnellement eu grand plaisir à partager ma passion des volcans auprès de la population de cette île des Petites Antilles dominée par la Montagne Pelée. Le lahar qui avait angoissé les habitants du Prêcheur au mois de février a été le point de départ de ma première conférence à Morne-Rouge et m’a permis de confirmer que son origine n’était pas volcanique.

La deuxième conférence au CDST  s’appuyait sur l’actualité récente avec les éruptions du Fuego (Guatemala) et du Kilauea (Hawaii), exemples parfaits des volcans gris et des volcans rouges dont les manifestations présentent des conséquences très différentes sur le plan humain.

Pour terminer, je remercie mes amis du Lamentin de m’avoir convié à une soirée familiale ô combien sympathique.

 

Morne-Rouge, le CDST, sans oublier la Montagne Pelée et la ville de Saint-Pierre

(Photos: C. Grandpey)

Lombok (Indonésie) : Une tectonique complexe// Complex tectonics

Plusieurs puissants séismes ont secoué l’île indonésienne de Lombok au cours des dernières semaines. Un premier séisme d’une magnitude de M,6,4 a été enregistré le 29 juillet 2018 ; il a tué 13 personnes et en a blessé une centaine d’autres. Le séisme suivant – M 6,9 sur l’échelle de Richter le 5 août 2018 – a fait au moins 98 morts et des centaines de blessés. Des milliers de bâtiments ont été endommagés et les opérations de secours ont été compliquées par des pannes de courant, un manque de réception téléphonique dans certaines zones et des options d’évacuation limitées.
Les séismes sont fréquents en Indonésie car le pays est situé sur la Ceinture de Feu du Pacifique, bien connue pour son activité sismique et volcanique. La majorité des grands séismes se produisent sur ou près des limites entre les plaques tectoniques qui composent la surface de la Terre, et les exemples récents ne font pas exception. Cependant, il existe des conditions tectoniques particulières autour de l’île de Lombok.
Les derniers séismes ont été observés le long d’une zone assez spéciale où la plaque tectonique australienne commence à passer par-dessus la plaque où se trouve l’île de Lombok. Elle ne glisse pas en dessous de sa voisine – processus de subduction très fréquent – comme cela se produit plus au sud de Lombok. (voir carte ci-dessous)
Certains des séismes qui secouent l’Indonésie peuvent être très violents, comme le séisme de M 9,1 sur la côte ouest de Sumatra qui a déclenché le tsunami de 2004 dans l’Océan Indien. Ce séisme s’est produit le long de la zone de subduction Java-Sumatra, là où la plaque australienne plonge sous la plaque de la Sonde.
À l’est de Java, la zone de subduction se trouve « bloquée » par la croûte continentale australienne, beaucoup plus épaisse que la croûte océanique qui glisse sous Java et Sumatra. Comme la croûte continentale australienne ne parvient pas à passer sous la plaque de la Sonde, elle lui passe par-dessus. Ce processus est connu sous le nom de poussée d’arrière-arc.
Les données des récents séismes de Lombok suggèrent qu’ils sont liés à cette zone d’arrière-arc qui s’étend au nord des îles s’étendant de l’est de Java à l’île de Wetar, juste au nord du Timor. Historiquement, de puissants séismes se sont également produits le long de cette poussée d’arrière-arc près de Lombok, en particulier au 19ème siècle, mais aussi plus récemment.
Les épicentres des derniers tremblements de terre à Lombok ont été localisés dans le nord de l’île, sous terre, et à faible profondeur. Les séismes terrestres peuvent parfois provoquer des glissements de terrain sous-marins et un tsunami. Lorsque des séismes peu profonds rompent le plancher océanique, ils peuvent déclencher des tsunamis meurtriers.
La région autour de Lombok a une histoire de tsunamis. En 1992, un séisme de magnitude 7,9 s’est produit au nord de l’île de Flores ; il a provoqué un tsunami qui a englouti plus de 2 000 villages côtiers. Les séismes du 19ème siècle dans cette région ont également causé de puissants tsunamis qui ont tué de nombreuses personnes.
Malheureusement, on ne sait pas prévoir les séismes. Une compréhension des dangers et une éducation des populations sont donc essentielles pour se préparer aux événements futurs.
Source: The Conversation, USGS.

Le bilan du dernier séisme est de 131 morts (164 selon les dernières chiffres de la presse indonésienne), 1477 blessés et 156 000 personnes déplacées.

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Several large earthquakes have struck the Indonesian island of Lombok in the past weeks. A first quake with a magnitude of M 6.4 was recorded on July 29th, 2018, killing13 people and injuring a hundred more. The largest event – M 6.9 on the Richter scale on August 5th, 2018 – killed at least 98 people and injured hundreds. Thousands of buildings were damaged and rescue efforts were hampered by power outages, a lack of phone reception in some areas and limited evacuation options.

Earthquakes are frequent in Indonesia as the country is located on the Pacific Ring of Fire, well known for its seismic and volcanic activity. The majority of large earthquakes occur on or near Earth’s tectonic plate boundaries, and the recent examples are no exception. However, there are some special tectonic conditions around Lombok.

The recent earthquakes have occurred along a specific zone where the Australian tectonic plate is starting to move over the Indonesian island plate; it does not slide underneath it, as occurs further to the south of Lombok. (see map below)

Some of the earthquakes that shake Indonesia can be very powerful, such as the M 9.1 quake off the west coast of Sumatra that generated the 2004 Indian Ocean tsunami. This earthquake occurred along the Java-Sumatra subduction zone, where the Australian tectonic plate plunges underneath Indonesia’s Sunda plate.

To the east of Java, the subduction zone has become “jammed” by the Australian continental crust, which is much thicker than the oceanic crust that moves beneath Java and Sumatra. The Australian continental crust can’t be pushed under the Sunda plate, so instead it is starting to ride over the top of it. This process is known as back-arc thrusting.

The data from the recent Lombok earthquakes suggest they are associated with this back-arc zone which extends north of islands stretching from eastern Java to the island of Wetar, just north of Timor. Historically, large earthquakes have also occurred along this back-arc thrust near Lombok, particularly in the 19th century but also more recently.

Lombok’s recent earthquakes occurred in northern Lombok under land, and were quite shallow. Earthquakes on land can sometimes cause undersea landslides and generate a tsunami wave. But when shallow earthquakes rupture the sea floor, much larger and more dangerous tsunamis can occur.

The region around Lombok has a history of tsunamis. In 1992, an M 7.9 earthquake occurred just north of the island of Flores and generated a tsunami that swept away coastal villages, killing more than 2,000. 19th century earthquakes in this region also caused large tsunamis that killed many people.

Unfortunately, earthquakes cannot be predicted, so an understanding of the hazards and an education of the populations are vital to be prepared for future events.

Source: The Conversation, USGS.

According to the latest figures, 131 persons were killed (164 according to the latest figures in the Indonesian newspapers), 1477 injured and 156,000 displaced by the last earthquake.

Source: The Conversation