Les tunnels de lave : la solution à la vie sur Mars ? // Lava tubes : the solution to life on Mars ?

Aujourd’hui, les hommes – du moins certains d’entre eux – rêvent d’une vie sur la planète Mars, mais les défis à relever sont si nombreux que ce rêve est actuellement impossible. Le rayonnement cosmique fait partie des obstacles à surmonter. Contrairement à la Terre, Mars n’est pas entourée d’un champ magnétique ni d’une atmosphère empêchant le rayonnement cosmique d’atteindre sa surface. En raison de cette absence d’atmosphère protectrice, la survie de la matière organique est extrêmement difficile. Selon les estimations transmises par le robot Curiosity, le risque de développer diverses formes de cancer chez les futurs astronautes augmenterait de 5 %, même si la NASA fixe le seuil maximal acceptable à 3 %.
Sous la surface de la Planète Rouge, la situation pourrait être bien différente. Les tunnels de lave pourraient être LA solution pour protéger les astronautes du rayonnement cosmique. Ils pourraient également être la clé de la découverte de vie extraterrestre. C’est pourquoi des études ont été menées sur Terre où l’on trouve de tunnels très longs, comme à Hawaï ou aux îles Canaries.

Tunnel de lave à Lanzarote (Photo: C. Grandpey)

Une nouvelle étude explique que ces tunnels volcaniques, déjà considérés comme des abris parfaits pour les futurs astronautes, pourraient également être le meilleur endroit pour rechercher des biosignatures sur Mars. Après avoir examiné scrupuleusement les vastes tunnels sous Lanzarote, aux îles Canaries, les scientifiques étudient où et comment nous pourrions découvrir des signes de vie sous la surface de la Planète Rouge.
Les tunnels de lave se forment lors des éruptions volcaniques, lorsque la surface d’une coulée de lave durcit tandis que la roche en fusion continue de s’écouler en dessous. Une fois l’éruption terminée, la lave laisse derrière elle de longs tubes caverneux.
Des chercheurs ont récemment pénétré dans les anciens tunnels de lave de Lanzarote pour étudier leur composition minérale et y rechercher la vie. Leurs découvertes, publiées dans Communications Earth & Environment, pourraient remodeler notre recherche de vie sur Mars. En effet, l’équipe scientifique a découvert que ces tunnels offrent un environnement stable, idéal pour préserver les minéraux et l’activité microbienne. Ils ont découvert des colonies de bactéries prospères à l’intérieur, ainsi que des sulfates de calcium et de sodium qui témoignent de la présence d’une vie microbienne depuis un certain temps.

Un avantage essentiel des tunnels de lave est qu’ils pourraient fournir une protection naturelle contre les températures extrêmes et protéger des rayonnements cosmiques mortels. Par ailleurs, les tunnels de lave martiens contiennent probablement des minéraux riches en sulfates, que certaines bactéries utilisent comme source de nourriture. Cela les rend non seulement protecteurs, mais aussi potentiellement habitables.
Les résultats de cette nouvelle étude montrent que les futures missions devraient se concentrer non seulement sur la surface, mais aussi sur ces anciens tunnels de lave, où la vie a pu exister autrefois… et pourrait encore exister.
Source : Futura Sciences.

 

S’agissant de l’emplacement des tunnels sur Mars, une étude récente présentée lors de la 55e Conférence sur les sciences lunaires et planétaires a examiné où, comment et pourquoi les tunnels et grottes de lave pourraient contribuer à la survie des futurs astronautes martiens.
Cette étude pourrait permettre aux scientifiques et aux ingénieurs de mieux gérer les risques pour les futurs astronautes martiens et déterminer les mesures à prendre pour y parvenir.
Les auteurs de l’étude ont examiné plusieurs sites martiens présentant des grottes et des tunnels de lave propices à de futures implantations, notamment Arsia Mons, l’un des trois volcans composant Tharsis Montes.

Caverne dans le sol martien (Source : NASA)

L’étude mentionne également plusieurs autres sites martiens où des grottes ou des lucarnes ont été observées.
Une étude de 2007 a analysé sept lucarnes observées sur des images orbitales et les a interprétées comme les entrées de grottes de lave. Cette étude indique que le diamètre de ces grottes de lave pourrait être compris entre 100 et 250 mètres. Cela signifie que ces grottes pourraient servir à la création des premières colonies permanentes. L’étude indique que ces grottes « permettront de se protéger efficacement contre une exposition à de fortes radiations. Un inconvénient majeur résidera dans la nécessité d’organiser l’approvisionnement en glace d’eau pour fournir aux astronautes les ressources en eau et les matières premières nécessaires à l’extraction de l’oxygène et de l’hydrogène, indispensables aux moteurs des fusées.»
Source : phys.org.

———————————————–

Today, men (at least some of them) are dreaming of a life on Mars, but so many challenges need to be overcome that this dream is currently impossible. Cosmic radiation is one of them. Unlike Earth, Mars is not surrounded by a magnetic field or atmosphere that prevents cosmic radiation from hitting its surface. Because id this lack of protective atmosphere, harmful radiation easily reaches the surface, making it extremely difficult for organic matter to survive up there. Because of this, the risk of developing various forms of cancer for future astronauts would increase by 5%, according to estimates from the Curiosity rover. However, NASA sets the maximum acceptable threshold at 3%.

But below ground, the story could be very different. Lava tubes on the Red Planet could be one solution to protect astronauts from cosmic radiation. They could also be the key to discovering alien life. This is why studies have been made using lava tubes on Earth. Some of them are very long, like in Hawaii or on the Canary Islands. A new study suggests that these deep volcanic tunnels, already considered ideal shelters for future astronauts, might also be the best place to look for biosignatures on Mars. Inspired by places like the vast tunnels beneath Lanzarote in the Canary Islands, scientists are rethinking where and how we might uncover signs of life beneath the Red Planet’s surface.

Lava tubes form during volcanic eruptions when the surface of a lava flow hardens while the molten rock underneath keeps flowing. Once the eruption ends, the lava drains away, leaving behind long, cavernous tubes.

Researchers recently entered the ancient lava tubes on Lanzarote to study their mineral makeup and to look for life. What they found, published in Communications Earth & Environment, could reshape how we search for life on Mars.

The team discovered that these tunnels offer a stable environment perfect for preserving both minerals and microbial activity. They found colonies of bacteria thriving inside, as well as calcium and sodium sulfates that show that microbial life had been present for quite some time.

An essential advantage of the lava tubes is that they could provide natural insulation from extreme temperatures and shield life from deadly cosmic radiation.

Even more promising: Martian lava tubes likely contain minerals rich in sulfates, which some bacteria use as a food source. That makes them not just protective, but potentially habitable.

It’s highly likely that Martian lava tubes closely resemble those found on Earth, especially in terms of mineral composition, including sulfate-rich materials that certain bacteria rely on to survive.

The findings of the new study strongly suggest that future missions should shift their focus from the surface down into these ancient lava tunnels, where life may have once existed… or still might.

Source : Futura Sciences.

As far as the location of tunnels on Mars is concerned, a recent study presented at the 55th Lunar and Planetary Science Conference investigated where, how, and why lava tubes and lava caves could aid future Mars astronauts regarding their survival.

This study holds the potential to help scientists and engineers help mitigate risks for future Mars astronauts and what steps that need to be taken to make that a reality.

The authors of the study examined several locations across Mars that have been found to possess lava caves and lava tubes suitable for future first-time settlements, including Arsia Mons, which is one of three extinct volcanoes that comprise Tharsis Montes. The study mentions several other locations across Mars where pits or skylights have been observed,

It is here that a 2007 study discussed seven alleged skylights observed from orbital images that were later interpreted to be entrances to lava caves. This recent study mentions that the diameters of these lava caves could be between 100 and 250 meters wide. As a consequence, these caves could be used to create the first permanent settlements. One couls read in the study that the caves « will allow you to reliably protect yourself from powerful radiation exposure. And a certain drawback will be the need to organize the delivery of water ice to provide the settlers with water resources and raw materials for extracting the much-needed oxygen and hydrogen fuel for rocket engines. »

Source : phys.org.

Les deltas de lave du Kilauea (Hawaï) // Kilauea’s lava deltas (Hawaii)

Dans mon résumé de l’activité volcanique dans le monde le 22 août 2025, j’ai signalé la présence d’une large fissure dans le delta de lave du Kīlauea à Puna (Hawaï). Le delta a été façonné par l’éruption de 2018. Ce pourrait être un signe d’effondrement imminent de cette plateforme. J’ai ajouté que le delta de lave de Kapoho démontre l’instabilité du terrain nouvellement créé par une éruption sur la Grande Île.
Dans un nouvel épisode de la série « Volcano Watch », l’USGS / HVO donne plus d’informations sur les deltas de lave à Hawaï. L’éruption du Kīlauea de 2018 a transformé le district de Puna, où l’arrivée de la lave sur le littoral a formé un delta de 3,5 kilomètres carrés. Même si l’éruption est terminée, le secteur est toujours soumis à des changements soudains et dynamiques, comme le prouvent les dernières fissures découvertes près de Pohoiki.

 

Il existe,de nombreux points communs entre le delta de lave de 2018 et celui, plus ancien qui s’est formé lors de l’éruption du Kilauea en 1960, avec la destruction de Kapoho.
Le delta de lave de 1960 s’est formé dans un environnement côtier semblable à celui de 2018. Lors des deux éruptions, des coulées de lave ont recouvert une plateforme marine peu épaisse avant de se déverser dans les eaux océaniques plus profondes. Les deux deltas de lave sont pleinement exposés à la puissance de l’océan Pacifique, car aucune autre île ni aucun récif corallien ne les protège.

 En raison de l’activité volcanique régulière, 90 % du littoral du Kilauea a moins de 1 000 ans et est dépourvu de récif corallien digne de ce nom. La cartographie par imagerie aérienne montre que le littoral du delta de 1960 s’est érodé vers l’intérieur et a perdu 60 mètres ou plus à de nombreux endroits. La majeure partie de ce recul s’est produite au cours des premières décennies suivant l’éruption, puis le rythme a ralenti. À aucun endroit, le littoral n’a reculé au-delà de son niveau d’origine. Aucun effondrement majeur n’a jamais été signalé le long du delta de lave de 1960. C’est donc l’érosion qui est la cause du recul de la plateforme littorale.
La plupart des deltas de lave sont constitués d’une surface solide reposant sur des débris sous-marins meubles, les hyaloclastites, qui se forment lorsque des fragments de lave en fusion entrent en contact avec l’eau.

 Photos: C. Grandpey

Ce matériau est sujet à l’affaissement en raison du compactage des sédiments au fil du temps et de l’érosion du littoral. En effet, les débris meubles sont emportés sous l’eau par les courants littoraux, ce qui déstabilise la lave solide située au-dessus.

Le delta de lave de 2018 en est probablement aux premiers stades de ce processus. La plage de la baie de Pohoiki est constituée de lave qui s’est fragmentée en 2018 lorsqu’elle a pénétré dans l’océan et a été transportée le long de la côte jusqu’à la baie par les courants littoraux.
Les fissures récemment repérées dans le delta témoignent de l’instabilité de la lave solide le long du littoral, à mesure que les débris hyaloclastites se compactent et s’érodent. Les effondrements de cette lave sont probablement beaucoup plus modestes que ceux des deltas de lave actifs. Bien que ces effondrements dus à l’érosion soient relativement limités, il serait très dangereux de se trouver sur le delta au moment où une petite partie s’effondre dans l’océan.
Ces fissures mettent en évidence la nature changeante et les dangers du littoral le long du delta de lave de 2018. Le HVO précise que les instabilités le long du littoral de 2018 ne constituent pas un signe de regain d’activité volcanique dans la région.
Source : USGS / HVO.

—————————————————

In my summary of volcanic activity around the world on 22 August 2025, I warned that a large crack had been discovered in the 2018 Kīlauea volcano lava delta in Puna. (Hawaii). It might indicate a sign of imminent collapse. I added the lava delta in Kapoho demonstrates the instability of the newly created land.

In a new episode of the series « Volcano Watch’, the USGS / HVO gives more information about the lava deltas in Hawaii. The 2018 Kīlauea eruption transformed the lower Puna District where 3.5 square kilometers of new land were added in a large lava delta. The area is still subject to sudden, dynamic changes, as evidenced by recent observations of new ground cracks near Pohoiki.

There are many common points between the 2018 lava delta and the older lava delta that was formed during the 1960 eruption of Kilauea which destroyed Kapoho.

The 1960 lava delta was emplaced in a similar coastal environment to the 2018 lava delta, as both eruptions saw lava flows inundate a shallow marine platform before extending into deeper ocean waters. Both lava deltas are exposed to the full force of the Pacific Ocean as no other islands or nearshore coral reefs protect them.

Because of regular volcanic activity, 90% of the coastline along Kīlauea is less than 1,000 years old and lacks a significant fringing reef. Mapping using aerial imagery shows the coastline along the 1960 delta eroded landward 60 meters or more in many places. Most of this retreat occurred in the first few decades after the eruption, with the rate slowing thereafter. In no place has the coastline receded past where it sat before the eruption. No major collapse has ever been reported along the 1960 lava delta, so the erosion is likely more gradual.

Most lava deltas consist of a solid surface atop loose submarine debris known as hyaloclastite, which forms when molten lava fragments hit the water. This material is prone to subsidence because of compaction of the sediments with time and erosion on the coastline because the loose debris is washed away underwater by longshore currents, destabilizing the solid lava above.

The 2018 lava delta is likely in the early stages of the same processes. The beach at Pohoiki Bay is built from lava that fragmented in 2018 when it entered the ocean and was transported along the coast to the bay.

Recently spotted cracks in the delta demonstrate the instability of solid lava along the coastal edge as the hyaloclastite sand debris compacts and erodes away. Collapses of this lava are likely to be much smaller than collapses of active lava deltas. Though these erosional collapses are relatively small, it would be very dangerous to stand on the delta’s coastline if a small section of lava slumps into the ocean.

These growing cracks highlight the changing and hazardous nature of the coastline along the 2018 lava delta. HVO specifies that any signs of instability along the 2018 coastline do not represent an indication of renewed volcanic activity in the area.

Source : USGS / HVO.

La Villa des Papyrus (Herculanum) : un excellent documentaire sur France 5

Depuis 2015, j’ai écrit sur ce blog plusieurs notes dédiées aux rouleaux de papyrus découverts à Herculanum dans la Villa des Papyrus ayant probablement appartenu à Pison, beau-père de Jules César. Elle a été ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79.

Herculanum et la Villa des Papyrus (Photos: C. Grandpey)

La villa contenait une bibliothèque de 1 838 rouleaux de papyrus qui, quoique carbonisés par les boues brûlantes, ont été préservés à l’abri de l’air. On sait aujourd’hui que de nombreux papyrus appartiennent au domaine de la philosophie grecque avec des textes épicuriens.

Les rouleaux de papyrus sont conservés à la Bibliothèque nationale de Naples. Particulièrement fragiles, certains ont pu être déroulés avec plus ou moins de réussite.

Source: Bibliothèque Nationale de Naples

En 2014, une équipe internationale de chercheurs a réussi à déchiffrer quelques mots de certains papyrus sans les dérouler ou les fragiliser davantage. Ils ont pour cela utilisé la tomographie X à contraste de phase, une technique d’imagerie utilisant des rayons X.

En 2023 un étudiant de l’université de Nebraska-Lincoln, Luke Farritor, est parvenu à déchiffrer pour la première fois un mot entier issu d’un des papyrus. Grâce aux travaux du chercheur Brent Seales, à la tomographie X déjà employée précédemment et au développement d’une intelligence artificielle, est apparu le mot πορφύραc (porphyras) qui signifie pourpre, une couleur liée à la richesse vestimentaire à l’époque romaine.

Le mot grec πορφύραc, qui signifie « pourpre », fait partie des caractères et des nombreuses lignes de texte déchiffrés par les lauréats du Vesuvius Challenge.

Début 2024, trois jeunes chercheurs internationaux lauréats du Vesuvius Challenge ont réussi à déchiffrer environ 5 % de l’un des rouleaux extraits de la Villa des Papyrus. Le texte semble aborder des « plaisirs de la vie » et correspond donc à la philosophie épicurienne. Le « Vesuvius Challenge » avait été lancé l’année précédente par Brent Seales et Nat Friedman, fondateur de la plateforme GitHub. Le prix de 700 000 dollars était destiné aux chercheurs capables de déchiffrer au moins 85 % de quatre passages de 140 caractères dans l’image déroulée numériquement proposée par les organisateurs.

C’est ce travail de fourmi, ainsi que l’histoire de la Villa des Papyrus que raconte un excellent documentaire proposé par France 5 dans le cadre de l’émission Science Grand Format. Intitulé « Herculanum, les papyrus décodés », le documentaire explique le défi que s’est fixé le professeur Brent Seales, spécialiste en informatique.

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-science/7458158-herculanum-les-papyrus-decodes.html

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Le niveau d’alerte du Lewotobi Laki-laki (Florès Est / Indonésie) a été relevé à IV (Awas) le 6 septembre 2025, en raison d’une hausse de la sismicité, d’un tremor continu et de déformations indiquant une remontée de magma à faible profondeur.
La sismicité comprenait des épisodes de tremor continus et une forte augmentation des séismes volcaniques profonds et peu profonds. Le 6 septembre, les relevés sismiques ont montré un tremor ininterrompu, probablement dû à une migration du magma vers la surface.
Aucune éruption n’a été observée les jours précédents, ce qui fait redouter une possible obstruction du conduit éruptif, avec le risque de pressurisation interne et d’activité explosive soudaine.
Les données inclinométriques des flancs supérieurs du volcan ont montré une inflation progressive au cours de la semaine écoulée, ce qui indique une probable intrusion magmatique. Cette inflation était plus marquée à faible profondeur, signe d’un possible événement éruptif imminent.
Suite à la hausse du niveau d’alerte, un rayon d’exclusion de 6 km a été mis en place autour du sommet, avec une zone d’exclusion sectorielle de 7 km au sud-ouest au nord-est.
Source : CVGHM.

 

Vue du Lewotobi le 25 août 2025 (Crédit photo : CVGHM)

++++++++++

L’Épisode 32 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé le 2 septembre 2025 après plus de 13 heures de fontaines de lave. Une nouvelle inflation de la zone sommitale a commencé immédiatement à la fin de l’épisode. Les modèles laissent penser que l’Épisode 33 débutera entre le 17 et le 23 septembre 2025.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 32

++++++++++

Une éruption a été observée surl’île Ioto (Iwo-jima) [Japon] le 1er septembre 2025 au niveau d’une bouche sous-marine au large de la côte ouest de l’île. Un panache éruptif s’est élevé à environ 1 km au-dessus de la surface de l’eau, dont la couleur a changé. L’éruption s’est poursuivie au moins jusqu’au lendemain. Une image webcam a montré une éruption surtseyenne avec projection de matériaux sombres à la surface de l’eau, ainsi qu’un panache de vapeur et de gaz. Les garde-côtes japonais avaient déjà signalé des bulles autour des bouches éruptives le 14 août. La sismicité et l’inflation avaient augmenté le 30 août. La dernière éruption sur cette île a eu lieu en février 2025.
Source : JMA.

Crédit photo: JMA

++++++++++

L’activité éruptive avec émissions de cendres se poursuit sur le Kanlaon (Philippines). Le réseau sismique enregistre généralement 0 à 7 séismes volcaniques par jour et les émissions quotidiennes de SO2 varient de 762 à 1 922 tonnes. Les émissions de gaz et de vapeur montent jusqu’à 75 à 700 mètres au-dessus du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester à l’écart de la zone de danger permanent d’un rayon de 4 km autour du volcan.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: Phivolcs

++++++++++

Les émissions de gaz et de vapeur se poursuivent sur le Poás (Costa Rica). Les émissions de gaz au niveau de la Boca A approchent les 800 °C. On observe toujours de l’incandescence dans le Boca A pendant la nuit. Le niveau du lac de la Boca C continue de monter et se rapproche de la lèvres de la Boca A. De petites éruptions ont été enregistrées le 3 septembre 2025. Elles se sont accompagnées d’une augmentation des émissions de SO2 jusqu’à environ 1 500 tonnes par jour, avant de diminuer à 600 tonnes. Une éruption mineure a été enregistrée le 7 septembre et a duré environ sept minutes. Les émissions de SO2 ont diminué de 600 tonnes par jour à 100 t/j entre le 6 et le 9 septembre. Un événement sismique survenu le 9 septembre a été probablement causé par la rupture de la paroi entre la Boca A et la Boca C, avec inondation de la Boca A, soit par l’interaction de l’eau avec les températures élevées. Des événements éruptifs se sont produits plusieurs heures plus tard : une puissante explosion a éjecté des cendres et des matériaux à 300 m au-dessus du bord du cratère, générant un panache de cendres, de vapeur et de gaz qui s’est élevé à 500 m de hauteur. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Jaune.
Source : OVSICORI.

 Source: OVSICORI

++++++++++

Une activité éruptive intense est toujours observée sur le complexe de dômes du Santiaguito (Guatemala), avec une extrusion de lave continue au niveau du dôme de Caliente. Des explosions quotidiennes, à un rythme de 1 à 3 événements par heure, génèrent des panaches de gaz et de cendres qui s’élèvent jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs dévalent principalement les flancs ouest et sud-ouest. Les matériaux générés par ces effondrements produisent occasionnellement de courtes coulées pyroclastiques. Une incandescence est visible sur le dôme Caliente pendant la nuit. Des lahars sont observés lors des fortes pluies. Des retombées de cendres ont été signalées dans les zones sous le vent.
Source : INSIVUMEH.

Crédit photo: Conred

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about volcanic activity in the world:

The alert level for Mount Lewotobi Laki-laki (East Flores / Indonesia) was raised to IV (Awas) on September 6, 2025, due to increased seismicity, continuous tremor, and deformation indicating shallow magma ascent.

The seismicity included continuous tremor and a sharp rise in deep and shallow volcanic earthquakes. On September 6, seismic readings showed uninterrupted tremor, interpreted as magma migration from deeper zones toward the surface.

No eruption was observed in the preceding days, suggesting a possible obstruction within the conduit, increasing the likelihood of internal pressurization and sudden explosive activity.

Tiltmeter data from the volcano’s upper flanks recorded gradual inflation over the past week, indicating a likely magma intrusion.This inflation was most prominent at shallow depths, suggesting imminent eruptive potential.

In response to the elevated alert level, a 6 km exclusion radius was enforced around the summit, with an extended 7 km sectoral exclusion zone from the southwest to the northeast.

Source : CVGHM.

++++++++++

Episode 32 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended on September 2 2025 after more than 13 hours of lava fountaining. Inflation of the summit area started immediately at the end of the episode. Models suggest Episode 33 will start between September 17 and 23 2025.

Source : HVO.

++++++++++

An eruption at Ioto (Iwo-jima) [Japan] was observed on 1 September2025 from a submarine vent off the W coast of the island. An eruption plume rose about 1 km above the surface of the water whose colour chnaged. The eruption continued at least through the next day. A webcam image showed a Surtseyan ejection of dark material above the water’s surface as well as a white steam-and-gas plume. The Japan Coast Guard had reported bubbling water around the vents on 14 August. Both seismicity and inflation had increased on 30 August. The last eruption occurred in February 2025.

Source : JMA.

++++++++++

Eruptive acticity with ash emissions continue at Kanlaon (Philippines). The seismic network usually records 0-7 daily volcanic earthquakes and daily SO2 emissions range from 762 to 1,922 tonnes per day. Gas-and-steam emissions rise 75-700 m above the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

+++++++++++

Gas and steam emissions continue at Poás (Costa Rica). Gas emissions at Boca A continue to be hot, approaching 800 degrees Celsius. Incandescence at Boca A continues to be visible at night. The lake over Boca C continues to rise and is approaching the rim of Boca A. Small eruptive events were recorded on 3 September 2025. They corresponded with increased SO2 emissions of around 1,500 tonnes per day that later decreased to 600 tonnes. A minor eruptive event was recorded on 7 September and lasted about seven minutes. SO2emissions decreased from 600 tons per day to 100 t/d during 6-9 September.
A seismic event on 9 September was either associated with the rupture of the wall separating Boca A and Boca C, causing water to flood Boca A, or from the interaction of water and high temperatures. Eruptive events occurred several hours later when an energetic explosion ejected ash and materials 300 m above the crater rim and generated an ash, steam, and gas plume that rose 500 m above the crater. The Volcanic Alert Level remains at 2 and the Aviation Color Code is kept at Yellow.

Source : OVSICORI.

++++++++++

Hgh levels of ongoing eruptive activity are still observed at the Santiaguito dome complex (Guatemala) with continuing lava extrusion at the Caliente dome. Daily explosions, at a rate of 1-3 events per hour, generate gas-and-ash plumes that rise as high as 1 km above the summit. Block avalanches descend mainly the W and SW flanks. The collapsed material occasionally produce short pyroclastic flows. Incandescence is visible at Caliente dome during dark hours. Lahars are observed during heavy rainfall periods. Ashfall has been reported in downwind areas.

Source : INSIVUMEH.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.