Les lacunes de la surveillance volcanique aux Etats-Unis // The gaps in volcano monitoring in the U.S.

drapeau-francaisLa dernière éruption du Bogoslof en Alaska a montré les difficultés rencontrées par les volcanologues américains pour surveiller les volcans éloignés et mal équipés. Malheureusement, le Bogoslof n’est pas une exception aux États-Unis. Selon l’USGS, il existe au moins 169 volcans actifs dans le pays et 55 sont censés constituer une menace élevée ou très élevée pour les populations. Environ un tiers de ces volcans potentiellement actifs sont entrés en éruption, certains d’entre eux à plusieurs reprises, au cours des deux derniers siècles Le Kilauea, le Mont St. Helens, et Yellowstone sont tous les trois parfaitement équipés. Mais beaucoup de volcans de la Chaîne des Cascades n’ont qu’un ou deux instruments pour les surveiller. La situation du Pacifique Nord-Ouest, qui couvre des zones à forte population à proximité de volcans actifs, est préoccupante en matière de sécurité publique.
Globalement, près de la moitié des volcans actifs des États-Unis ne disposent pas de sismomètres dignes de ce nom. Certains sites sont équipés de sismomètres, mais les appareils ont été choisis parce qu’ils coûtent moins cher et consomment moins d’énergie ; ils sont donc inaptes à enregistrer de manière fiable la sismicité au moment d’une éruption.
L’arrivée du GPS a certes permis de combler certaines lacunes. Quand le magma s’accumule à la surface de la Terre, les déformations du sol peuvent être mesurées depuis l’espace. Cependant, selon un professeur de géophysique à l’Université de Stanford, le problème est que «il n’y a rien là-haut qui soit conçu pour effectuer cette tâche, et les passages du satellite ne sont pas assez fréquents pour effectuer un très bon travail.»
Ce manque d’instruments pour surveiller efficacement les volcans américains est la raison pour laquelle trois sénateurs ont présenté un projet de loi visant à améliorer la situation. Selon le sénateur d’Hawaï: «Depuis 34 ans, nous vivons directement sous la menace de l’activité volcanique dans notre vie quotidienne avec l’éruption du Kilauea. En 2014, nous avons eu des évacuations et des dégâts aux infrastructures et aux habitations. »
Le HVO, sur la Grande Ile d’Hawaï, surveille les volcans depuis 1912, soit près de quatre décennies avant que Hawaii soit devenu un Etat. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des meilleurs observatoires au monde. Pourtant, il y a peu de coordination entre les meilleurs observatoires aux États-Unis. Comme je l’ai écrit précédemment, le projet de loi prévoit la création d’un bureau de surveillance des volcans qui offrira une «connaissance de la situation de tous les volcans actifs des États-Unis et de leurs territoires».
Avec davantage de données, il y aura une meilleure possibilité d’identifier les signes avant-coureurs d’une éruption. Les volcanologues pourront analyser ces paramètres et peut-être prévoir l’activité volcanique de la même façon que l’on prévoit des phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans.
Source: The Atlantic.com.

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drapeau-anglaisThe recent eruption of Bogoslof Volcano in Alaska showed how difficult it can be for USGS experts to monitor distant and poorly equipped volcanoes. Unfortunately, Bogoslof is not an exception in the U.S. According to USGS, there are at least 169 active volcanoes in the United States, 55 of which are believed to pose a high or very high threat to people. About one-third of these potentially active volcanoes have erupted, some of them repeatedly, within the past two centuries  Kilauea, Mt. St. Helens, and Yellowstone all have extensive monitoring. But many volcanoes in the Cascades have only a couple of sensors. The Pacific Northwest, which includes high-population areas in close proximity to active volcanoes, is of particular concern for public safety.

Globally speaking, almost half of the active volcanoes in the U.S. don’t have adequate seismometers. And even at the sites that do have seismometers, many instruments – selected because they are cheaper and consume less power – are unable to take a complete record of seismicity around an eruption.

GPS helps fill in some of the gaps. As magma accumulates at the Earth’s surface, ground deformation can be measured from space. However, according to a professor of geophysics at Stanford University, the trouble is that “there is nothing up there that is designed to do that, and the orbital repeat times aren’t frequent enough to do a really good job.”

The lack of instruments to monitor efficiently US volcanoes is the reason why three U.S. senators have reintroducing legislation aimed at improving the country’s volcano monitoring efforts. Said the Hawaii senator: “For the past 34 years, we have experienced first-hand the threat of volcanic activity to our daily lives with the ongoing eruption at Kilauea. As recently as 2014, we had evacuations and damage to critical infrastructure and residences.”

The Hawaiian Volcano Observatory, on Hawaii’s Big Island, has been monitoring volcanoes since 1912, nearly four decades before Hawaii became a state. Today it’s considered one of the world’s leading observatories. Yet there’s little coordination between even the best observatories in the United States. The Senate bill calls for the creation of a Volcano Watch Office that will provide continuous “situational awareness of all active volcanoes in the U.S. and its territories.”

More data would mean a better opportunity to identify eruption warning signs. It might eventually be possible to analyse and forecast volcanic activity the way we can predict severe weather like hurricanes.

Source: The Atlantic.com.

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Le St Helens, Yellowstone et le Kilauea sont parmi les volcans les mieux surveillés aux Etats Unis. (Photos: C. Grandpey)

 

Essaim sismique sur le Kilauea (Hawaii) // Seismic swarm on Kilauea Volcano (Hawaii)

drapeau-francaisUn essaim sismique a été enregistré dans la matinée du 5 mars 2017 dans la partie supérieure de l’East Rift Zone du Kilauea. L’événement a commencé juste avant 6 heures (heure locale) avec une séquence de 31 secousses sur une période d’environ 42 minutes. Les huit événements les plus significatifs avaient des magnitudes allant de M 1,7 à M 3,9, à des profondeurs comprises entre 1,5 et 3 km. Au moins six des séismes ont été ressentis sur la Grande Ile d’Hawaï, principalement dans les districts de Ka’u et de Puna. Cependant, les magnitudes étaient trop faibles pour provoquer des dégâts.
Les séismes sont restés concentrés à environ 5 – 6 km au sud-est du sommet du Kilauea dans une zone située entre les cratères Hi’iaka et Ko’oko’olau le long la Chaîne des Cratères.
Les scientifiques du HVO pensent que cette activité sismique est probablement liée au réservoir magmatique sous le sommet du Kilauea. La dernière sismicité n’a pas provoqué de changements significatifs dans le déroulement de l’éruption. Aucune déformation ou fracturation n’a été observée dans la zone affectée par les séismes.
Source: USGS / HVO

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drapeau-anglaisAn earthquake swarm was reported in the morning of March 5th 2017 along the upper East Rift Zone of Kilauea volcano. The event started just before 6 a.m.(local time) with a sequence of 31 earthquakes over a period of about 42 minutes. The eight largest events had magnitudes ranging from M 1.7 to M 3.9 and depths of about 1,5 – 3 km beneath the surface. At least six of the earthquakes were felt on the Island of Hawaii, primarily in the Ka‘u and Puna Districts. However, at that intensity, damage to buildings or structures is not expected.

The earthquakes were concentrated about 5 – 6 km southeast of Kilauea’s summit in an area between Hi‘iaka and Ko’oko’olau Craters on the Chain of Craters Road.

HVO scientists suggest a source that may be related to the ongoing pressurized magma storage system beneath the Kilauea summit area. The earthquakes caused no significant changes in Kilauea’s ongoing eruption. No changes in deformation or ground surface cracks were observed in the area.

Source : USGS / HVO

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Bilan de l’éruption // An assessment of the eruption

drapeau-francaisL’éruption du Piton de la Fournaise a duré 28 jours, entre le 31 janvier et le 27 février 2017. Le volcan a émis moins de 10 millions de mètres cubes de lave en surface (entre 3 et 8 millios de m3 selon les méthodes d’estimation utilisées). Du fait du faible débit, les coulées ont peu évolué au cours des deux dernières semaines d’éruption. Leur écoulement s’est fait essentiellement en tunnels.

Les déformations associées à la migration du magma vers le site éruptif se sont concentrées sur les parties sud et est du volcan et n’ont pas excédé 30 centimètres. Il est intéressant de noter que depuis l’arrêt de l’éruption le 27 février, l’inflation du cône terminal se poursuit de manière continue. On a enregistré environ 1 cm d’élongation de la partie sommitale en un mois.

Les concentrations en CO2 dans le sol au niveau du Gîte du volcan restent élevées et la sismicité profonde (à environ 20 km sous le niveau de la mer) sous le flanc ouest du volcan a est en hausse depuis le 17 février.

Ces paramètres révèlent une pressurisation en profondeur et une remontée de fluides des zones profondes vers les zones de stockage plus superficielles (environ 2 km de profondeur) sous les cratères sommitaux.

Source : OVPF.

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drapeau-anglaisThe eruption of Piton de la Fournaise lasted 28 days between 31 January and 27 February 2017. The volcano emitted less than 10 million cubic meters of surface lava (between 3 and 8 million cubic meters according to the methods). Due to the low effusion rate, the flows have little changed during the last two weeks of the eruption. Lava travelled mainly in tunnels.
The deformations associated with magma migration toward the eruptive site were concentrated on the southern and eastern parts of the volcano and did not exceed 30 centimeters. It is interesting to note that since the end of the eruption on 27 February, the inflation of the summit cone has been continuing, with approximately 1 cm of elongation recorded in one month.
CO2 concentrations in the soil at the Gîte remain high and deep seismicity (about 20 km below sea level) under the western flank of the volcano has been on the rise since 17 February.
These parameters reveal in-depth pressurization and an upward movement of fluids from deeper to shallow storage areas (about 2 km deep) below the summit craters.
Source: OVPF.

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Emplacement des coulées (Source: OVPF)

Etna (Sicile / Italie): Eruption en phase terminale // The eruption is coming to an end

drapeau-francaisOn observe encore ce matin une activité résiduelle au niveau du Cratère SE où l’épisode strombolien a connu ses derniers soubresauts hier en fin de soirée. Des nuages de gaz et de vapeur et de poussière s’échappent de la bouche active mais on n’observe plus de projections. Il semble bien que l’Etna soit en train de se rendormir…jusqu’à la prochaine fois !

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drapeau-anglaisThere is still this morning some residual activity at the SE Crater where the strombolian episode experienced its last jolts late last night. Gas, vapour and dust clouds are coming out of the active vent but no more projections are observed. It seems that Etna is falling asleep … until next time!

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L’Etna ce matin (Webcam Radio Studio 7)

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Nouvelle règlementation d’accès au sommet de l’Etna

La dernière éruption sommitale de l’Etna ne présentait aucun danger pour les zones habitées, mais elle a permis la mise en place des procédures de sécurité décidées l’an dernier par la Protection Civile et la communauté de communes de l’Etna. Ces mesures n’avaient encore jamais été appliquées car l’activité volcanique est restée relativement faible ces derniers temps.

Depuis l’hiver dernier, le système de sécurité ne dépend plus des ordonnances préfectorales, ni des messages d’alerte en provenance de Rome, mais de la surveillance confiée à des unités locales de la Protection Civile, alors que la tâche d’interdire l’accès au volcan est dévolue aux maires des onze municipalités dont dépend la «zone jaune», à savoir le triangle de la zone sommitale entre la Torre del Filosofo, les Pizzi Deneri et la Valle del Bove. Les localités du versant sud, de leur côté, ont conclu un protocole d’accord pour coordonner les activités de Protection Civile en cas de risque volcanique. L’idée derrière cette réorganisation est de faire cohabiter avec une certaine souplesse sécurité et excursions touristiques, ce qui permettra d’éviter les longues périodes d’interdiction totale d’accès au sommet de l’Etna connues au cours des dernières années.
Ainsi, dans la soirée du 27 février, la Protection Civile régionale a décrété le niveau d’alerte « Jaune », sur une échelle qui va du vert au rouge en passant par l’orange. À son tour, le maire de Nicolosi a fixé le niveau d’accès autorisé sur le versant sud à 2500 mètres d’altitude – la gare d’arrivée du téléphérique – avec obligation d’accompagnement des guides pour les personnes désireuses de se rendre au pied des cratères. Hier, quelques professionnels et amateurs ont respecté cette nouvelle mesure, avec diffusion de leurs vidéos de la coulée de lave sur le web.

Source : La Sicilia.