Nouvelle technique de prévision volcanique // New technique of volcanic prediction

Un groupe de chercheurs de l’Institut des Sciences de la Terre (ISTerre) en France affirme être premier à pouvoir prévoir avec succès le comportement d’un volcan en utilisant l’assimilation de données, la même technique utilisée dans les prévisions météorologiques. L’assimilation de données est l’ensemble de techniques qui permettent de combiner un modèle et des observations ou données. D’un côté, le modèle est généralement représenté sous forme d’équations mathématiques ; c’est la phase de modélisation, d’un phénomène physique, biologique, chimique, ou autre, qui consiste à représenter ce phénomène à l’aide d’équations mathématiques. De l’autre, on a les données représentant une source d’information expérimentale ou observationnelle. Le but de la combinaison du modèle et des données est généralement de reconstituer l’état de l’écoulement d’un fluide géophysique, par exemple un océan, ou l’atmosphère.

Les résultats de l’étude de l’ISTerre ont été publiés dans la revue Frontiers in Earth Science.
L’objectif des scientifiques est de prévoir les éruptions des volcans actifs proches des zones habitées afin que les gens puissent évacuer rapidement et en toute sécurité. Selon un chercheur: « Viendra le jour où les prévisions volcaniques quotidiennes ou même horaires seront possibles, tout comme n’importe quel autre bulletin météo ».
Pour ce faire, l’équipe scientifique utilise des systèmes GPS et radar par satellite qui mesurent les mouvement du sol au cours de la phase d’inflation d’un volcan. En combinant ces données avec des équations mathématiques à l’aide de l’assimilation de données, les chercheurs savent qu’ils peuvent formuler des prévisions précises en temps réel.
Les outils analysent la surpression du magma, paramètre essentiel dans la prévision des éruptions volcaniques. De nombreux volcans sont situés au-dessus des chambres magmatiques. La roche fondue à l’intérieur de la chambre subit une forte pression, qui peut fracturer la roche de l’encaissant au fil du temps. Si le magma trouve son chemin vers la surface, cela aboutit à une éruption volcanique.
Au cours des tests de simulation, les chercheurs ont correctement prédit l’excès de pression conduisant à une éruption volcanique, ainsi que la forme de la chambre magmatique profonde. Selon les chercheurs, ces chambres se situent généralement à des kilomètres sous la surface de la Terre et il est pratiquement impossible de les étudier avec les méthodes existantes.
L’équipe scientifique a également commencé à tester sa méthode sur des volcans actifs, comme le Grímsvötn en Islande et l’Okmok en Alaska.
Les technologies satellitaires et les systèmes GPS ont déjà été utilisés mais les recherches ont porté sur la surveillance des volcans plutôt que sur la prévision des comportements futurs.
Source: CNN Tech.

NDLR : Avec tout le respect que j’ai pour la recherche scientifique, j’ai toujours émis des doutes sur l’utilisation de sciences exactes comme la modélisation, la simulation ou l’assimilation de données en volcanologie. Certes, elles aident à comprendre certains phénomènes. La modélisation de coulées pyroclastiques, par exemple, permet de comprendre leur déroulement. Pour le reste, on sait combien le comportement d’un volcan peut être imprévisible (Le Piton de la Fournaise en a été un bel exemple ces derniers mois !) et donc peu compatible avec des sciences exactes. Ainsi, les études du gonflement et du dégonflement du volcan de Yellowstone n’ont abouti à rien de vraiment satisfaisant au niveau de la prévision éruptive. S’agissant de la mise en oeuvre de l’étude, je ne comprends pas trop pourquoi les scientifiques ont choisi le Grimsvötn et l’Okmok qui ne font pas partie des volcans les plus actifs de la planète ; de plus, ils ne sont pas vraiment situés à proximité des zones habitées mentionnées dans l’article.

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A group of researchers from the Institut des Sciences de la Terre (ISTerre) in France claims it is the first to successfully predict the behaviour of a volcano using data assimilation, the same technique used in weather forecasting. In data assimilation, one prepares the grid data as the best possible estimate of the true initial state of a considered system by merging various measurements irregularly distributed in space and time, with a prior knowledge of the state given by a numerical model. Because it may improve forecasting or modeling and increase physical understanding of considered systems, data assimilation now plays a very important role in studies of atmospheric and oceanic problems.

The results of the study have been published in the journal Frontiers in Earth Science.

The aim is to make eruptions of active volcanoes close to cities more predictable, so people can evacuate quickly and safely. Said a researcher: « We foresee a future when daily or even hourly volcanic forecasts will be possible, just like any other weather bulletin. »

The team’s method uses GPS and radar satellite systems that measure the movement of the ground as a volcano inflates. By integrating this data with mathematical equations using data assimilation, researchers say they can give accurate real-time predictions.

The tools analyze magma overpressure, a key way to predict volcanic eruptions. Many volcanoes are located on top of magma chambers. The chamber’s molten rock undergoes great pressure, which can fracture the rock around it over time. If the magma finds its way to the surface, it results in a volcanic eruption.

During simulation tests, the researchers correctly predicted the excess pressure that drove a volcanic eruption and the shape of the deepest underground magma chamber. According to the researchers, these chambers are usually miles below the Earth’s surface and almost impossible to study with existing methods.

The team also started testing its method on real volcanoes, such as the Grímsvötn Volcano in Iceland and the Okmok Volcano in Alaska.

Geoscientists have previously used satellite and GPS technologies, but their research focused on monitoring volcanoes rather than predicting future behaviour.

Source: CNN Tech.

Editor’s note: With all due respect to scientific research, I have always expressed doubts about the use of exact sciences such as modeling, simulation or data assimilation in volcanology. Certainly, they help to understand certain phenomena. The modeling of pyroclastic flows, for example, makes it possible to understand their progress. For the rest, we know how the behaviour of a volcano can be unpredictable (Piton de la Fournaise has been a good example in recent months!). Regarding the implementation of the study, I do not understand why scientists have chosen Grimsvötn and Okmok which are not among the most active volcanoes on the planet; moreover, they are not really located near the inhabited areas mentioned in the article.

Lac dans le cratère du Cône E, à l’intérieur de la caldeira de l’Okmok (Crédit photo: AVO).

Accès au Stromboli // Access to Stromboli Volcano

Une nouvelle ordonnance promulguée par le maire de Lipari vient de redéfinir les modalités d’accès au Stromboli. Selon l’ordonnance, la réglementation d’accès se justifie  car il existe toujours un risque d’explosion majeure non prévisible sur le volcan.

En conséquence, l’accès au Stromboli reste libre jusqu ‘à 400 mètres d’altitude.

Au-dessus de 400 mètres, les excursions doivent obligatoirement être effectuées avec l’accompagnement de guides alpins ou volcanologiques autorisés, avec des groupes ne dépassant pas 20 personnes.

Entre le 1er juin et le 30 septembre, les excursions devront se faire entre 17 heures et 7 heures, avec un séjour maximum de 75 minutes au-dessus de 750 mètres d’altitude.

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A new ordinance promulgated by the Mayor of Lipari has just redefined the conditions of access to Stromboli. According to the ordinance, the access regulations are justified because there is  all the time a risk of major unpredictable explosions on the volcano.
As a result, access to Stromboli remains free up to 400 metres above sea level.
Above 400 metres a.s.l., excursions must be carried out with the accompaniment of authorized Alpine or volcanological guides, with groups not exceeding 20 people.
Between June 1st and September 30th, excursions must be between 5 pm and 7 am, with a maximum stay of 75 minutes above 750 metres a.s.l.

Il est bien loin le temps où l’on pouvait bivouaquer librement dans des petits nids de pierre le long de la Sciara del Fuoco! Désolé, mais je n’ai plus envie de gâcher des souvenirs extraordinaires avec les conditions d’accès actuelles. (Photo: C. Grandpey)

 

I do regret the time when I could spend the night in nice little stone nests along the Sciara del Fuoco. Sorry, but I do not want to spoil wonderful memories with the current access conditions. (C. Grandpey)

Piton de la Fournaise : Situation le 21 juillet 2017 // Situation on July 21st 2017

L’éruption se poursuit. L’intensité du tremor est en augmentation depuis 24 heures. Cette hausse est essentiellement due à la fermeture du cône en aval de la fracture éruptive qui augmente la pression sur ses parois. Les dernières observations montrent que le cône continue son édification et se referme. Trois bouches actives sont visibles à l’intérieur. De nombreux tunnels de lave se sont formés en aval du cône. Des cassures au sein de ces tunnels laissent s’échapper de nombreuses coulées latérales de faible intensité.

Source : OVPF.

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The eruption continues. The intensity of the tremor has been increasing over the past 24 hours. This increase is mainly due to the closure of the cone downslope of the eruptive fracture, which increases the pressure on its walls. The last observations show that the cone is still being built and is closing. Three active vents can be seen inside the cone. Numerous lava tubes have been formed downslope of the cone. Collapses along these tunnels allow many small lateral flows to come out of them.
Source: OVPF.

Crédit photo: Christian Holveck

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion): Situation stable

L’éruption débutée le 14 juillet se poursuit et semble avoir trouvé sa vitesse de croisière. En effet, l’intensité du tremor est relativement stable depuis plus de 72 heures et pratiquement équivalente à celle observée le deuxième jour d’éruption.

Source : OVPF.

Voici une nouvelle photo prise le 20 juillet. Elle confirme que la coulée qui s’échappe du cône volcanique reste bien alimentée.

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The eruption that started on July 14th continues and seems to have found its cruising speed. Indeed, the tremor intensity has been relatively stable for more than 72 hours and practically equivalent to that observed on the second day of the eruption.
Source: OVPF.
Here is a new photo taken on July 20th. It confirms that that lava flow coming out of the volcanic cone is still well fed.

Crédit photo: Christian Holveck