Le risque éruptif à Auckland (Nouvelle Zélande) // The eruptive risk in Auckland (New Zealand)

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, Auckland est construite sur un site volcanique potentiellement actif, avec plus de 50 cônes et bouches disséminés autour de la ville.
Dans plusieurs études publiées ce mois-ci, une équipe de chercheurs de Determining Volcanic Risk in Auckland (Evaluation du Risque Volcanique à Auckland) a constaté que la ville avait une histoire éruptive « complexe et épisodique ». L’éruption la plus ancienne, celle de Pupuke, remonte à environ 200 000 ans, alors que la plus récente, celle de Rangitoto, s’est produite il y a seulement 500 ans. Le temps écoulé entre les éruptions est très irrégulier et imprévisible. Il convient de noter que plus de la moitié des éruptions d’Auckland ont eu lieu au cours des 60 000 dernières années. Les chercheurs ont indiqué que le nombre d’éruptions a montré une certaine hausse avec, malgré tout, des périodes de repos allant jusqu’à 10 000 ans.
Certaines des éruptions passées se sont produites après de courtes périodes de temps d’un point de vue géologique. Par exemple, il peut y avoir de six à dix volcans en éruption en seulement 4000 ans. D’autre part, le site volcanique d’Auckland a également connu des périodes de repos de 10 000 ans au cours des 60 000 dernières années.
Les recherches ont montré que le site volcanique d’Auckland a une activité « imprévisible » et que la population doit être préparée dans l’éventualité d’une nouvelle activité éruptive. (NDLR : À un moment où nous ne sommes pas en mesure de prévoir des éruptions à court terme, il serait stupide de dire que nous pouvons les prévoir dans le long terme!)
La région d’Auckland est le site volcanique le plus densément peuplé dans le monde. Chacun des volcans qui s’y trouvent est entré en éruption au moins une fois depuis que le Pupuke s’est manifesté il y a environ 200 000 ans.
En avril, des chercheurs de l’Université de Canterbury ont déclaré que « une éruption volcanique pourrait mettre Auckland à genoux, paralyser les réseaux de transport et déplacer près d’un tiers de la population ». En mars, le GNS Science a publié un rapport indiquant que la prochaine éruption de la région se produirait probablement sur un volcan qui n’existe pas encore.
Source: Manawatu Evening Standard.

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As I put it in several previous notes, Auckland is built on a potentially active volcanic field, with more than 50 vents dotted around the city.

In studies published this month, a team of researchers from Determining Volcanic Risk in Auckland found that the city has had a complex and episodic eruption history. The oldest eruption, Pupuke, was about 200,000 years ago, while the most recent, Rangitoto, was only 500 years ago. However, the time in between eruptions was inconsistent and unpredictable. It should be noted that more than half of Auckland’s eruptions have been in the past 60,000 years. The researchers said that indicated the rate of eruptions has been increasing, although there had also been quiet periods of up to 10,000 years.

Some of the past eruptions occurred after what was, geologically speaking, a short period of time. For example, there can be six to 10 volcanoes erupting within a 4000-year timeframe. On the other hand, the Auckland volcanic field has also gone quiet for up to 10,000 years in the last 60,000 years.

The research showed that Auckland’s volcanic field was « unpredictable” and that the population needs to be prepared. (Editor’s note: At a time when we are not able to predict eruptions in the short-term, it would be stupid to say we are able to predict them in the long term!)

Auckland’s volcanic field is the most densely populated field of its type in the world.

Each of its volcanoes has erupted at least once since Pupuke blew about 200,000 years ago.

In April, researchers from the University of Canterbury said “a volcanic eruption could bring Auckland to its knees, crippling transport networks and displacing almost one-third of its population.” In March, GNS Science released a report saying the region’s next eruption would likely come from a volcano that doesn’t exist yet.

Source: Manawatu Evening Standard.

Carte montrant les éruptions sur le site volcanique d’Auckland. Elles vont de la plus ancienne (en bleu) à la plus récente (en rouge). Source: GNS Science.

Photo: C. Grandpey

 

Nouvelles de points chauds // News of hotspots

Kilauea (Hawaii):
L’éruption du Kilauea continue au sommet et au niveau du Pu’uO’o sur l’East Rift Zone. Le niveau du lac de lave à l’intérieur du cratère Halema’uma’u se trouve actuellement à environ 25 mètres sous la lèvre de Overlook Crater. La coulée de lave 61g continue d’entrer dans l’océan à Kamokuna. Plusieurs grandes fractures se sont ouvertes dans le delta de lave, parallèlement au littoral et s’étirent sur toute la largeur du delta. Ces fractures annoncent un probable effondrement du delta. Des explosions se produiront au moment de l’effondrement. Les visiteurs devront être très prudents car des matériaux très chauds peuvent être éjectés jusqu’à l’intérieur des terres pendant ce type d’événement.
Des coulées de surface sont actives au-dessus du pali, ainsi que de petites coulées éphémères sur la plaine côtière à environ 2 km en amont de la route en terre battue. Ces coulées ne constituent pas une menace pour les zones habitées.
Source: HVO.

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion):
L’éruption qui a débuté le 14 juillet se poursuit. Le tremor éruptif connaît certaines fluctuations, mais il a globalement retrouvé son niveau du 18 au 20 juillet. On observe 3 bouches actives à l’intérieur du cône sur le site de l’éruption. La coulée lave qui s’en échappe mesure environ 2,8 km de long et environ 0,6 km de large. Comme sur le Kilauea à Hawaï, la lave ne constitue pas une menace pour les zones habitées.

Source : OVPF.

A noter que le 26 juillet marque le premier anniversaire de l’arrivée de la coulée de lave 61g dans l’océan. L’histoire a commencé à la fin du mois de mai 2016, lorsqu’une nouvelle bouche s’est ouverte sur le flanc du Pu’u O’O. Cette nouvelle phase éruptive a été baptisée « épisode 61g » car il s’agissait du septième élément du 61ème épisode de l’éruption Pu’u O’Oo qui a débuté en 1983. La coulée 61g a avancé sur le flanc sud du Kilauea et en deux mois, elle a atteint la côte. Peu de temps après 1 heure du matin le 26 juillet 2016, la lave est entrée dans l’Océan Pacifique sur le site de Kamokuna.

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Kilauea (Hawaii):

Kilauea Volcano continues to erupt at its summit and from the Pu’uO’o vent on the East Rift Zone. The lake level within Halema’uma’u Crater is currently roughly 25 metres below the Overlook crater rim. The 61g lava flow continues to enter the ocean at Kamokuna. Several large cracks have developed in the lava delta, running parallel to the coastline and spanning the width of the delta. These cracks increase the likelihood of a large delta collapse. Explosions will probably occur at the moment of the collapse. Visitors will have to be very careful as material can be ejected far inland during this kind of event.
Surface flows are active above the pali, with minor breakouts on the coastal plain about 2 km upslope from the gravel emergency route. These flows pose no threat to nearby communities.

Source: HVO.  

It should be noted that July 26th marks the one-year anniversary of the 61g lava flow reaching the sea. The story began in late May 2016, when a new vent opened on the flank of the Pu‘u’O‘o cone. This new phase was called “episode 61g,” as it was the seventh subevent of the 61st episode of the Pu‘u ‘O‘o eruption, which began in 1983. The 61g flow gradually advanced down the south flank of Kilauea, and, within two months, reached the coast. Just after 1 a.m. July 26th, 2016, lava entered the ocean on the site of Kamokuna.

 
Piton de la Fournaise (Reunion Island):

The eruption that started on July 14th continues. The intensity of the eruptive tremor is going through some fluctuations but it has globally retrieved its level of July 18th-20th. There are 3 active vents within the eruptive cone. The lava flow is about 2.8 km long and about 0.6 km wide. Like on Kilauea in Hawaii, it poses no threat to nearby communities.

Source: OVPF.

Hawaii: Delta de lave fracturé de Kamokuna (Crédit photo: HVO)

Piton de la Fournaise: Tremor éruptif le 24 juillet 2017

(Source: OVPF)

Piton de la Fournaise: Coulée de lave le 24 juillet 2017.

(Crédit photo: Christian Holveck)

Le plus haut volcan du monde (suite) // The highest volcano in the world (continued)

Une foule de 3 000 personnes s’est rassemblée dimanche après-midi à Portland (Oregon) sur le parvis de l’OMSI pour assister à l’éruption d’un volcan de 10,2 mètres de hauteur dans le cadre de la tentative de battre le record du monde Guinness du plus grand volcan réalisé avec du bicarbonate de soude et du vinaigre. Un liquide rougeâtre a giclé au sommet de la structure recouverte d’une bâche (voir photo ci-dessous).
Il faudra plusieurs mois pour avoir la confirmation du record mais les autorités du musée sont «confiantes à 100%» que la tentative de dimanche a bien établi un nouveau record du monde. Le record précédent pour un tel volcan était de 8,40 mètres de hauteur avec une éruption de 1,20 mètres, établi par l’École Elmfield Rudolf Steiner au Royaume-Uni en 2015.
Le volcan de OMSI aura battu le record précédent avec une structure autonome qui atteignait 10,20 mètres de hauteur et une éruption qui atteignait environ 1,80-2,40 mètres. L’OMSI ne saura pas avant 2 ou 3 mois si le record du monde est validé par Guinness.
Un employé de l’OMSI a filmé l’éruption depuis le toit du musée pour que Guinness puisse se avoir une bonne idée de l’éruption.
L’événement de dimanche faisait partie de l’ouverture au public d’une exposition sur Pompéi. (voir ma note précédente à ce sujet).
Source: The Oregonian.

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A crowd of 3,000 people gathered on Sunday afternoon around the OMSI Front Plaza as the science museum’s 10.2-metre-high volcano erupted in an attempt to break a Guinness World Record for the largest baking soda and vinegar volcano. A reddish liquid sprayed from the top of the tarp-covered structure.

Though it will take months to confirm it, the museum authorities are « 100 percent confident » that Sunday’s attempt indeed set a new world record. The previous record for a vinegar-baking soda volcano was 8.4 metres tall with a 1.20-metre eruption, set by the Elmfield Rudolf Steiner School in the United Kingdom in 2015.

OMSI’s baking soda-vinegar volcano appears to have beaten the previous record handily, with a freestanding structure that reached 10.20 metres and an eruption that hit around 1.80-2.40 metres beyond that. OMSI will not know for sure that they have set the Guinness World Record for at least 2-3 months.

An OMSI employee recorded the eruption from the museum’s rooftop so Guinness would be able to confirm how high the eruption went.

Sunday’s event was part of a celebration of this summer’s opening of « Pompeii: The exhibition.”

Source: The Oregonian.

Crédit photo: OMSI

Lusi, encore et encore ! // Lusi, again and again !

De nombreux articles dans la presse internationale nous rappellent ces jours-ci que l’éruption de Lusi, le volcan de boue la plus destructeur au monde, est né près de la ville de Sidoarjo, sur l’île de Java (Indonésie) il y a plus de 11 ans. L’éruption continue au moment où j’écris ces lignes. Le volcan de boue est apparu le 29 mai 2006 et, au plus fort de l’éruption, il vomissait 180 000 mètres cubes de boue chaque jour, enterrant des villages entiers sous parfois 40 mètres de fange. C’est le pire événement de ce type dans l’histoire. L’éruption a causé la mort de 13 personnes et détruit les maisons de 60 000 autres. Bien que la boue coule encore plus d’une décennie plus tard, les scientifiques ne sont toujours pas d’accord sur la cause de la catastrophe. La question est de savoir si l’éruption de Lusi est due à un séisme enregistré plusieurs jours auparavant à Yogjakarta, ou si une erreur technique s’est produite lors du forage d’un puits d’exploration de gaz à proximité du site de l’éruption.

La NASA a mis en ligne des images satellites de la zone affectée avant et après l’éruption de Lusi.

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There are quite a lot of articles in the newspapers these days to remind us that the eruption of Lusi, the world’s most destructive mud volcano, was born near the town of Sidoarjo, on the island of Java, Indonesia, just over 11 years ago. To this day it has not stopped erupting. The mud volcano started on May 29th, 2006, and at its peak disgorged 180,000 cubic metres of mud every day, burying villages in mud up to 40 metres thick. The worst event of its kind in recorded history, the eruption took 13 lives and destroyed the homes of 60,000 people. Although the mud is still flowing more than a decade later, scientists are not yet agreed on its cause. The debate is whether the eruption of Lusi was due to an earthquake several days previously, or down to a catastrophic failure of a gas exploration well that was being drilled nearby at the time.

NASA has released satellite photos of the affected area before and after the eruption of Lusi.

Les couleurs sont bien sûr fausses, mais elles permettent de discerner parfaitement la zone recouverte par la boue de Lusi (Source: NASA)