Opération de secours risquée sur le Mayon (Philippines) // Risky rescue operation on Mt Mayon (Philippines)

Nous ne savons pas prévoir les éruptions, même à court terme, et encore moins sur les volcans actifs de la Ceinture de feu du Pacifique. Cela peut devenir un problème lorsqu’il s’agit de secourir des personnes sur l’un de ces volcans. Une telle situation est en cours sur le Mayon (Philippines) où les autorités veulent vérifier si l’épave d’un petit avion repéré près du cratère est celle d’un Cessna 340 disparu avec quatre personnes – deux pilotes philippins et deux passagers australiens – le week-end dernier. L’avion, qui était à destination de Manille, a décollé de la province d’Albay le 18 février 2023, mais n’a plus donné de nouvelles depuis. Les Australiens travaillaient pour une compagnie d’énergie géothermique.
Lors d’une recherche aérienne, les autorités ont repéré l’épave présumée à environ 350 mètres près du cratère du Mayon, sur le versant sud-ouest, mais il n’y avait aucun signe de vie. Des scientifiques et des enquêteurs veulent examiner l’épave pour déterminer s’il s’agit du Cessna et connaître le sort des quatre personnes qui se trouvaient à bord.
Une recherche au sol a été entravée par la pluie du week-end. Des dizaines de sauveteurs devaient escalader le Mayon (2462 m) – à condition que la météo le permette – le 20 février. Les équipes de recherche seraient en contact étroit avec les volcanologues et des responsables locaux, compte tenu de l’activité éruptive du Mayon, l’un des 24 volcans actifs du pays.
Le directeur du PHIVOLCS a déclaré qu’il s’agissait d’une opération très risquée. « C’est une course contre la montre et c’est une question de vie ou de mort, mais il y a aussi le risque de chutes de pierres et de lahar. » Les sauveteurs devaient entrer dans la zone de danger permanente de 6 km autour du volcan.
Le Mayon est actuellement en niveau d’alerte 2 sur 5, ce qui signifie que des séismes volcaniques, des émissions de vapeur et de gaz, des déformations du sol et des explosions de cendres et de vapeur ont été détectés sporadiquement. Le niveau d’alerte 5 signifie qu’une éruption volcanique majeure est en cours.
Source  : médias d’information philippins.

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We are not able to predict volcanic activity, even in the short term, all the less on active volcanoes of the Pacific Ring of Fire. It may become a problem when it comes to rescuing persons on one of thes volcanoes. Such a situation occurred on Mount Mayon (Philippines) where authorities wanted to verify whether the wreckage of a small plane spotted near the crater of the volcano was that of a Cessna 340 that went missing with four people – two Filipino pilots and two Australian passengers – on board over the past weekend. The plane, which was bound for Manila, took off from Albay province on February 18th, 2023, but has not been heard from since that time. The Australians were working for a geothermal power company.

During an aerial search, authorities spotted the suspected wreckage, scattered about 350 meters near the crater on the southwestern slope of Mayon but there was no indication of people. Experts and investigators wanted to examine the wreckage to determine if it was the missing Cessna plane and to determine the fate of the four people on board.

A ground search was hampered by rainy weather over the weekend and dozens of search and rescue personnelexpected to scale Mayon (2462 m) if the weather cleared on February 20th. The search teams would be closely monitored by volcano experts and local officials given the restiveness of Mayon, one of the country’s 24 active volcanoes.

The PHIVOLCS director said it was a very risky operation. “It’s a race against time and it’s a matter of life and death but there’s also the danger of rockfalls and volcanic lahar.” Rescuers would have to enter the 6-km permanent danger zone around the volcano.

Mount Mayon is currently under the second of five volcano alert levels, meaning volcanic earthquakes, steam and gas emissions, ground deformation and intermittent ash and steam blasts have been sporadically detected. Alert five means a major and deadly volcanic eruption is underway.

Source : Philippine news media.

Le cône parfait du Mayon cache un redoutable tueur (Photos: Wikipedia)

L’agitation de l’Askja (Islande) [suite] // Unrest at Askja Volcano (Iceland) [continued]

Dans une note publiée le 12 février 2023, j’indiquais que des images satellites de l’Askja montrent des trous dus à la fonte de la glace à la surface de l’Oskjuvatn ; ils sont plus grands que les années précédentes. Les scientifiques ont déclaré que les trous ne peuvent s’expliquer que par une augmentation de l’activité hydrothermale dans le lac.
Des scientifiques de l’Université d’Islande ont survolé l’Askja à bord d’un avion de la Garde côtière le 16 février et ont pu observer la fonte anormalement rapide de la glace sur Öskjuvatn. D’habitude, l’eau est gelée jusqu’en avril. Une image satellite du 13 février (voir ci-dessous) montre que la neige a fondu sur les pentes à l’est d’Öskjuvatn. La glace a également fondu sur la moitié du lac, qui couvre une superficie de 1 100 hectares.
Les scientifiques sont convaincus que la fonte de la glace est causée par la chaleur due à l’activité hydrothermale. Ils attendent maintenant les résultats des instruments qui étaient à bord de l’avion de la Garde côtière, tels que les données radar et de température. L’équipe scientifique a largué un appareil GPS, une balise et un thermomètre depuis l’avion dans l’Öskjuvatn. Comme je l’ai déjà écrit, la terre s’est élevée de 50 centimètres depuis août 2021 et une chambre magmatique s’est formée sous le volcan. Des chercheurs de l’Université de Cambridge pensent qu’il y a au moins dix kilomètres cubes de magma sous le volcan
Les volcanologues islandais ne s’attendent pas à une éruption à court terme, mais reconnaissent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils pensent qu’ils en verront les signes annonciateurs sur les sismomètres du MET Office quelques heures ou quelques jours avant qu’il se produise.
Les touristes ne visitent pas l’Askja à cette période de l’année. Il faudra intensifier la surveillance du volcan lorsque le printemps arrivera et les touristes aussi.
Source : Iceland Review.

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In a post published on February 12th, 2023, I indicated that a series of satellite images of Askja showed large thaw holes in the ice on Oskjuvatn, as compared to previous years. Scientists then said that the holes were big and could only be explained by increased geothermal heat in the water.

University of Iceland scientists flew a Coast Guard plane over Askja on February 16th and could observe the unusually quick melting of ice on Öskjuvatn. The water is normally frozen until April. A satellite image from February 13th (see below) shows that snow had melted on the slopes east of Öskjuvatn. Ice had also melted from half of the lake, which covers an area of 1,100 hectares.

Scientists are convinced that the melting is caused by geothermal heat. They are now waiting for the results from instruments on board the Coast Guard plane, such as radar and temperature data. The team also dropped a GPS device, a buoy, and a thermometer from the plane into Öskjuvatn lake. As I put it before, the land has risen by a total of 50 centimetres since August 2021, and a magma chamber has formed underneath. Researchers at Cambridge University assume that there are at least ten cubic kilometres of magma beneath the volcano

Icelanding volcanologists do not expect an eruption in the short term, but they don’t know for sure. They think they will see the signs of an eruption on the seismometers at the MET Office some hours or days before it happens.

Tourists are not visiting the Askja volcano at this time of year. It will be necessary to monitor conditions closely when spring comes and tourists arrive.

Source : Iceland Review.

 

Image satellite des zones de fonte dans l’Oskjuvatn le 13 février 2023 (Source : Iceland Review)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

Dans un bulletin émis le 7 février 2023 à 18h40, l’INGV indiquait qu’au vu des images du réseau de vidéosurveillance, l’activité effusive commencée le 27 novembre 2022 au pied du Cratère SE de l’Etna (Sicile) montrait des signes de déclin et n’était plus alimentée. L’arrêt officiel de l’éruption a été décrété le 14 février 2023 à 19h15, heure locale (18h15 UTC).

Aujourd’hui, le champ de lave dans le secteur de la Valle del Leone et sur la paroi ouest de la Valle del Bove, ne montre plus d’incandescence. L’éruption est bel et bien terminée.

Source : INGV.

Cette image de la webcam fait désormais partie des souvenirs

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La capture d’écran de la webcam ci-dessous montre l’activité actuelle dans le cratère de l’Halema’uma’u au sommet du Kilauea (Hawaii). L’émission de lave se poursuit en trois endroits du plancher du cratère. 1) Le lac dans la partie Est reste actif avec une superficie d’une dizaine d’hectares, avec une petite fontaine de lave active dans la partie sud du lac. 2) Le plus petit lac de lave dans la partie centrale du cratère possède également une petite fontaine active. Des chenaux partent de ce lac et la lave s’écoule vers le lac dans la partie E du cratère. 3) Le lac de lave à l’Ouest, là où se trouvait déjà un lac de lave en 2021-2022, reste actif.
Source : HVO.

A noter qu’un séisme de M 4,8 a secoué la Grande Ile dans la soirée du 14 février 2023. .
L’épicentre se trouvait à une douzaine de km au sud-est de Pāhala, au large de la côte de Ka’ū, à une profondeur d’environ 32 km.
La secousse n’a eu aucun impact apparent sur les volcans Mauna Loa ou Kilauea. Le séisme fait partie de l’essaim sismique sous la région de Pāhala, observé depuis 2019. Des séismes sont observés dans cette région ont été observés depuis les années 1960. Des répliques sont possibles.
Source : USGS, HVO.

 

Image webcam le 14 février 2023

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L’éruption du Sabancaya (Pérou) se poursuit sans changement significatif. Elle conserve un niveau modéré. On observe une cinquantaines d’explosions quotidiennes. Elles génèrent des panaches de cendre qui montent en moyenne à 1,8 km au-dessus du sommet du volcan.

Source : IGP.

Source: IGP

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L’activité éruptive se poursuit sur le Sakurajima (Japon) avec une incandescence nocturne au niveau du cratère. Trois événements éruptifs et deux explosions ont été enregistrés sur le cratère Minamidake. La première explosion s’est produite le 9 novembre 2022, avec un panache de cendres qui s’est élevé à 2 km au-dessus du cratère et de gros blocs qui ont été éjectés jusqu’à 600-900 m. La deuxième explosion a été enregistrée le 11 février 2023, avec un panache de cendres qui s’est élevé de 1,7 km et de gros blocs qui ont été éjectés à 600-900 m du cratère. Un panache de cendres généré par un événement éruptif a également été observé le 12 février.
Une petite éruption du Showa Crater le 8 février a produit un panache de cendres qui s’est élevé à 800 m au-dessus du cratère. Il s’agissait de la première éruption du Showa Crater depuis le 3 avril 2018.
Le niveau d’alerte du Sakurajima reste à 3 (sur une échelle de 5 niveaux), et il est demandé à la population de rester à 2 km du cratère.
Source : JMA.

Episode éruptif sur le Sakurajima (Crédit photo: JMA)

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L’éruption continue dan le cratère principal (cratère sud) du Karangetang (Indonésie). Les images de la webcam montrent trois coulées de lave incandescente de différentes longueurs le long des flancs S, SO et O du volcan. L’incandescence est particulièrement intense au sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester à 2,5 km du cratère principal, avec un prolongement à 3,5 km sur les versants S et SE.
Source : PVMBG.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour le Sheveluch, l’Ebeko et le Chikurachki. Il est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.
La croissance du dôme de lave se poursuit sur le Sheveluch, avec une forte activité fumerollienne et une incandescence au niveau du dôme de lave. Des explosions et des avalanches pyroclastiques accompagnent parfois cette activité.
Source : KVERT.

Incandescence sur le dôme de lave du Sheveluch (Crédit photo: KVERT)

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

J’ai dressé un bilan de l’année volcanique 2022. Vous le trouverez en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/bilan-dactivite-volcanique-2022/

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

In a bulletin issued on February 7th, 2023 at 6:40 p.m., INGV indicated that the images of the video surveillance network showed that the effusive activity that started on November 27th, 2022 at the foot of Mt Etna‘s SE Crater (Sicily) showed signs of decline and was no longer fed. The official end of the eruption was declated on February 14th, 2023 at 19:15 (local time).
Today, the lava field in the Valle del Leone area and on the western wall of Valle del Bove no longer shows incandescence. The eruption is definitely over.
Source: INGV.

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The screenshot of the webcam (see above) shows the current activity within Kilauea‘s Halema’uma’u Crater (Hawaii). The lava emission continues in three locations of the crater floor. 1) The eastern lake remains active with an area of about 10 hectares, with the small southern lava fountain still being active. 2) The smaller lava pond in the central portion of the crater floor also has an active small lava fountain. Channels from this lava pond flow to the eastern lake. 3) The western lake in the basin of the 2021–2022 lava lake remains active.

Source : HVO.

It should be noted that an M 4.8 earthquake shook the Big Island in the evening of February 14th, 2023. .

The epicenter was about 12 km southeast of Pāhala, off the Ka‘ū Coast, at a depth of about 32 km.

The earthquake had no apparent impact on either Mauna Loa or Kilauea volcanoes. It is part of the seismic swarm under the Pāhala area, which has been going on since 2019. Earthquakes in this region have been observed at least as far back as the 1960s. Aftershocks are possible.

Source : USGS, HVO.

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The eruption of Sabancaya (Peru) continues without significant changes. It maintains a moderate level. About fifty explosions are observed daily. They generate ash plumes that rise an average of 1.8 km above the summit of the volcano.
Source: IGP.

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Eruptive activity continues at Sakurajima (Japan) with nightly crater incandescence. Three eruptive events and two explosions were recorded at Minamidake Crater. The first explosion occurred on November 9th, 2022, with an ash plume that rose 2 km above the crater and large blocks that were ejected as far as 600-900 m. The second explosion was recorded on February 11th, 2023, with an ash plume that rose 1.7 km and large blocks that were ejected 600-900 m from the crater. An ash plume from an eruptive event was also observed on February 12th.
A very small eruption at Showa Crater on February 8th produced an ash plume that rose 800 m above the crater rim. This was the first eruption at Showa Crater since April 3rd 2018.

The Alert Level for Sakurajima remains at 3 (on a 5-level scale), and residents are asked to stay 2 km away from the crater.

Source : JMA.

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The eruption at Karangetang’s Main Crater (Indonesia) continues. Webcam images show three main incandescent lava flows of different lengths descending the S, SW, and W flanks. Incandescence was most intense at the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2.5 km away from Main Crater with an extension to 3.5 km on the S and SE flanks.

Source : PVMBG.

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In Kamchatka, the aviation color code remains Orange for Sheveluch, Ebeko and Chikurachki. It is kept at Yellow for Bezymianny.

A growth of the lava dome continues at Sheveluch, together with a strong fumarolic activit and an incandescence of the lava dome. Explosions and hot avalanches sometimes accompany this activity.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

You will find a report of volcanic activity in 2022 by clicking on this link :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/01/02/volcanic-activity-report-2022/

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Le dioxyde de soufre du Mauna Loa (Hawaii) // Mauna Loa’s sulphur dioxide (Hawaii)

Lorsque le Mauna Loa est entré en éruption en novembre 2022, l’une des principales préoccupations des scientifiques du HVO a été de savoir quelle direction prendrait la lave. Les gaz émis ont été un autre souci pour les scientifiques. Comme cela se passa au cours de toutes les éruptions, des tonnes de gaz ont été émises par les bouches actives pendant l’éruption du Mauna Loa.
En général, les gaz volcaniques émis lors des éruptions comprennent de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone (CO2) et du dioxyde de soufre (SO2). Les quantités de SO2 émis par un volcan sont un paramètre important car elles peuvent donner une idée du débit effusif et de la quantité de vog – brouillard volcanique – susceptible d’affecter les zones sous le vent. Les scientifiques du HVO mesurent les émissions de dioxyde de soufre à l’aide d’un spectromètre ultraviolet monté sur un véhicule qu’ils conduisent jusque sous le panache volcanique.
Sur le Kilauea, les alizés ont tendance à envoyer le panache du sommet dans une seule direction. C’est pourquoi un réseau permanent de spectromètres a été mis en place pour mesurer le SO2 sur le volcan, et il n’est pas nécessaire de beaucoup se déplacer dans un véhicule. Malgré tout, le déplacement avec un véhicule sur la Chain of Craters Road pour l’éruption du Pu’uO’o et sur la route 130 pour l’éruption dans la Lower East Rift Zone en 2018 a permis à l’Observatoire de mesurer le panache émis par les sites éruptifs du Kilauea et poussé par les alizés.
Le Mauna Loa culmine à une altitude beaucoup plus élevée que le Kilauea et connaît des régimes de vent différents. Les vents ont été très variables lors de la dernière éruption. Parfois, les mesures des panaches à haute altitude peuvent être effectuées relativement facilement en dirigeant un avion ou un hélicoptère sous le panache. S’agissant du Mauna Loa, le panache contenait non seulement de fortes concentrations de gaz, mais également des particules, comme les cheveux de Pelé, qui pourraient nuire à un avion volant en dessous.
Au cours de l’éruption de deux semaines du Mauna Loa, les vents ont emporté le panache dans de nombreuses directions, notamment vers la Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona et Captain Cook. Il a donc fallu que l’équipe scientifique parcoure environ 4 800 km ! En fin de compte, tous ces trajets ont porté leurs fruits car les scientifiques ont réussi à obtenir des mesures sur 10 jours. Cela a permis au HVO d’informer le public et aux prévisionnistes d’alerter sur la présence de vog pendant l’éruption.
Le traitement préliminaire des données montre que le Mauna Loa a émis plus de deux millions de tonnes de dioxyde de soufre entre le 28 novembre et le 12 décembre. Cela ne prend pas en compte un important volume de SO2 émis lors l’ouverture de la fissure dans la caldeira sommitale pendant la nuit entre le 27 et le 28 novembre, phénomène montré par les images satellitaires. La lumière ultraviolette est nécessaire pour effectuer ces mesures à partir d’un véhicule, ce qui signifie qu’elles ne peuvent être réalisées que pendant la journée.
On estime que les émissions quotidiennes de SO2 ont varié de 200 000 à 500 000 tonnes par jour au début de l’éruption et ont été légèrement supérieures à 100 000 t/j les jours suivants. Le 8 décembre, les émissions ont chuté de manière significative avec seulement 30 000 t/j. Environ 2 000 t/j étaient émises le 10 décembre et, le 12 décembre les émissions n’étaient pratiquement pas détectables, même au sol, près du cône de la Fissure 3.
Ces valeurs sont semblables à celles enregistrées lors de l’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea en 2018, qui a également émis du dioxyde de soufre à raison d’environ 200 000 t/j pendant une partie de l’éruption. Le total de SO2 émis par l’éruption de 2018 était environ cinq fois supérieur à celui émis pendant la dernière éruption du Mauna Loa, en partie à cause de la durée plus longue de l’éruption.
Les émissions de dioxyde de soufre pendant l’éruption du Mauna Loa en 1984 atteignaient environ 100 000 à 200 000 t/j, comme l’ont révélé les données satellitaires. Cependant, la technologie utilisée à l’époque n’était pas aussi performante que les spectromètres modernes et a probablement sous-estimé les émissions. En 1984, elles étaient vraisemblablement semblables à celles de 2022.
Source : USGS / HVO.

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When Mauna Loa erupted in November 2022, one of the main concerns for HVO scientists was the lava and to know where it would flow. Another concern was the gases. As with all other volcanic eruptions, many tonnes of volcanic gases were emitted from the active vents during the Mauna Loa eruption.

Volcanic gases emitted during eruptions include water vapor, carbon dioxide (CO2) and sulfur dioxide (SO2). SO2 emission rates are a key parameter to measure because they can be used as a proxy for lava effusion rate and they dictate how much vog, or volcanic smog, there is downwind. HVO scientists measure sulfur dioxide emission rates using a vehicle-mounted ultraviolet spectrometer, which they drive beneath the plume.

At Kilauea, the trade winds tend to blow the summit plume in a single direction. This why a permanent array of spectrometers has been set up to measure SO2 on the volcano, and there is no need to drive a lot. Driving on Chain of Craters Road for the Pu’uO’o eruption and on Highway 130 for the 2018 Lower East Rift Zone eruption were the Observatory’s common means of measuring the plume in the trade wind direction for the Kilauea eruptive sites.

Mauna Loa, however, is at a much higher altitude than Kilauea and experiences different wind patterns. Winds were very variable during the eruption. Sometimes measurements of high-altitude plumes can be made relatively easily by flying an airplane or a helicopter beneath the plume instead of driving. But the Mauna Loa plume had not only high concentrations of gases, but also contained particles, like Pele’s hair, which could adversely affect an aircraft flying under it.

Over the course of the two-week eruption, the winds took the plume in many directions, including over Saddle Road, Ocean View, Pāhala, Puna, Hilo, Kailua-Kona and Captain Cook. This meant that the gas team had to drive about 4,800 km ! Ultimately, all the driving paid off and the scientists succeeded in measuring emission rates on 10 days. This allowed HVO to report these emission rates to the public and to vog forecasters during the eruption.

Preliminary data processing suggests that Mauna Loa emitted more than two million tonnes of sulfur dioxide between November 28th and December 12th. This does nott include a large volume of SO2 that satellite images show was emitted with the initial fissure opening between Nov.ember 27th and 28th. Ultraviolet light is needed to make these driving measurements, which means they can only be conducted during daylight hours.

Daily SO2 emission rates are estimated to have ranged from 200,000 to 500,000 tonnes per day early in the eruption and were just over 100,000 t/d lin the following days. By December 8th, emissions dropped significantly to only about 30,000 t/d. Only about 2,000 t/d were emitted on December 10th, and by December 12th emissions were essentially not detectable, even on the ground near the Fissure 3 cone.

These emission rates are very similar to those measured during the 2018 Lower East Rift Zone eruption of Kilauea, which also emitted sulfur dioxide at a rate of nearly 200,000 t/d for a portion of the eruption. The total SO2 emitted by the 2018 eruption was roughly five times more than Mauna Loa’s total, owing in part to the longer eruption duration.

Sulfur dioxide emission rates reported for the 1984 eruption of Mauna Loa were roughly 100,000 to 200,000 t/d, as revealed by satellite data. However, the technology used at the time was not as sophisticated as our modern spectrometers and likely underestimated those emission rates. So Mauna Loa’s 1984 SO2 emissions were probably similar to those in 2022.

Source : USGS / HVO.

Panaches de gaz pendant l’éruption du Mauna Loa en 2022 (Photos: HVO)