Turrialba (Costa Rica): Vers une évolution phréatomagmatique? // Toward a phreatomagmatic phase?

drapeau francaisLes derniers échantillons de lave recueillis par les scientifiques du RSN (Costa Rica’s Seismological Network) tendent à prouver que de la lave juvénile a été émise par le Turrialba, ce qui pourrait indiquer que le volcan est entré dans une phase plus active. Cependant, d’autres chercheurs disent qu’il est encore trop tôt pour faire une telle affirmation.
Lors d’une visite sur le terrain vendredi dernier, les scientifiques du RSN ont découvert près du cratère ce qu’ils croient être de gros blocs de lave juvénile en phase de refroidissement. Ils pensent que ces blocs ont été éjectés lors de l’éruption du 7 avril à 02h07, quand la webcam a montré des matériaux incandescents et des panaches de cendre qui montaient jusqu’à deux kilomètres dans le ciel.
Jusqu’à présent, les scientifiques n’ont vu que des photos des échantillons de lave. Un géochimiste a déclaré: « Certes, ces fragments peuvent être de la lave juvénile, mais ils peuvent également être quelque chose d’autre. Ils peuvent avoir subi un processus de refroidissement chimique en profondeur et atteint la surface sous forme de roche solide.
Une autre possibilité est qu’un ancien morceau de lave refroidi à l’intérieur du volcan ait été arraché au cours de la dernière explosion, qu’il ait fondu et qu’il se soit refroidi de nouveau. Dans ces deux cas, les fragments ne seraient pas considérés comme de la lave juvénile ».
Que les échantillons soient de la lave juvénile ou non, les scientifiques de l’OVSICORI pensent que l’éruption du 7 avril a marqué une étape importante dans l’activité volcanique du Turrialba. Au cours des visites sur le terrain après l’éruption, ils ont utilisé une caméra thermique et ils ont remarqué que certaines roches éjectées lors de l’éruption étaient encore anormalement chaudes. Cela pourrait signifier le magma à l’intérieur du Turrialba est stocké beaucoup plus près du cratère qu’on le supposait initialement. Depuis 2010, le RSN et l’OVSICORI estiment que le magma se trouve à environ trois kilomètres sous la surface de la terre. A présent, les roches très chaudes observées avec la caméra thermique laissent supposer qu’il est peut-être à moins d’un kilomètre de profondeur.

Si les roches recueillies par le RSN sont effectivement de la lave juvénile, cela indiquerait le Turrialba est passé à une phase d’activité plus sérieuse. Le volcan se trouve dans une phase d’éruption phréatique depuis 2010. La présence de lave fraîche signifierait qu’il est désormais dans une phase phréatomagmatique. Si c’est le cas, les éruptions deviendront plus fréquentes et plus violentes. Il faudra que les autorités envisagent de prendre de nouvelles mesures de protection envers les populations vivant à proximité du volcan.
Source: The Tico Times.

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drapeau anglaisThe latest samples of lava collected by University of Costa Rica’s National Seismological Network (RSN) scientists tend to prove that juvenile lava was ejected by Turrialba, which may indicate that the volcano has moved into a more active phase. However, other researchers say it’s too soon to tell.

During a field inspection Friday morning, RSN scientists found what they believe to be large blocks of fresh, cooled lava near the crater of the volcano. They think that the lava was ejected during the eruption that occurred on April 7th at 2:07 a.m., when the volcano was observed ejecting incandescent material and ash two kilometres into the sky.

So far, the scientists have only seen photos of the lava samples. Said a geochemist: “While these fragments could be fresh lava, they could also be something else.” They may have undergone a chemical cooling process underground, and reached the surface as solid rock.

Another possibility is that a chunk of old cooled magma inside the volcano was dislodged during the last explosion, melted down and re-cooled. In both of these cases, the fragments would not be considered as juvenile.

Regardless of whether or not the fragments are juvenile lava, OVSICORI said that the April 7 eruption marked a significant step forward in volcanic activity at Turrialba. During field inspections more than a day after the eruption, scientists used a thermal imaging camera to study the volcano and noticed that some of the rocks ejected during the eruption were unusually hot. This might mean the magma inside Turrialba could be much closer to the crater than scientists originally thought. Since 2010, both RSN and OVSICORI have estimated the magma to be around three kilometres below the earth’s surface. But the hot rocks reveal that it may be closer to one kilometre below the surface.

If the rocks recovered by RSN are juvenile lava, this would indicate the volcano has passed on to a more serious phase of activity. Turrialba has been in a phreatic eruption phase since 2010. The presence of fresh lava would mean it is in a phreatomagmatic phase. If this is the case, eruptions will become more frequent and violent, and will require the country to begin considering taking more protective measures toward the populations living close to the volcano.

Source: The Tico Times.

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Les émissions de cendre du Turrialba le 5 avril 2015 vues par la webcam de l’OVSICORI.

Etats Unis: Le Parti Républicain et le réchauffement climatique // The GOP and climate change

drapeau francaisAux Etats-Unis, le Parti Républicain est connu depuis longtemps pour ses doutes quant à la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique. L’intérêt des États-Unis est de cautionner la poursuite du rétrécissement de la calotte glaciaire arctique afin de pouvoir exploiter les ressources naturelles (pétrole et gaz naturel) qui se cachent en dessous.
Le Wisconsin est l’un des Etats dirigés par le Parti Républicain et qui émet des réserves sur la contribution humaine au changement climatique.
Mike Huebsch, récemment nommé par le Gouverneur Scott Walker à la Commission de la Fonction Publique, a dit qu’il pensait que les activités humaines pouvaient avoir un impact sur le changement climatique, mais il pensait aussi que cela « n’était rien à côté de l’impact de la progression naturelle de notre planète » Il ajoutait : « L’élimination de pratiquement toutes les voitures serait compensée par une seule éruption volcanique. Il faut prendre en compte les facteurs multiples qui entrent dans le changement climatique ».
Les scientifiques ont eux aussi depuis longtemps étudié cette question et ont conclu que les émissions générées par l’activité humaine – en particulier la combustion des combustibles fossiles – dépassent de très loin les volcans quand il s’agit du réchauffement de la planète. Selon l’US Geological Survey (USGS), les activités humaines génèrent environ 35 gigatonnes de gaz à effet de serre chaque année, tandis qu’ensemble tous les volcans du monde génèrent entre 0,13 et 0,44 gigatonnes par an. Cela signifie que l’influence humaine sur la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est de 80 à 270 fois supérieure à celle des volcans.
Mike Huebsch s’est également demandé si le Wisconsin devait vraiment maintenir le projet d’énergie renouvelable qui oblige actuellement cet Etat à tirer 10 pour cent de son énergie de sources renouvelables.
L’administration du Wisconsin s’est toujours montrée hostile à des initiatives visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle a signé le protocole « Pas de taxe climatique »  du groupe Americans For Prosperity (AFP), et elle vient de participer à un procès intenté contre l’Agence de Protection de l’Environnement afin de bloquer de nouvelles réglementations sur les émissions de gaz à effet de serre provenant des centrales électriques.
On peut raisonnablement penser que la nomination à la Commission de la Fonction Publique de quelqu’un qui affirme que les volcans sont à l’origine du changement climatique fait partie des arguments qui seront avancés par le futur candidat républicain à la présidence des Etats-Unis en 2016.

Source: The Huffington Post.

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drapeau anglaisThe American Republican Party has long been known for its doubts about the responsibility of human activities in climate change. The interest of the United States is to see the shrinking of the Arctic icecap in order to be able to tap the natural resources (oil and natural gas) that are hidden beneath it.

Wisconsin is one of those states led by the Republican Party and which supports this scepticism of human contribution to climate change.

Mike Huebsch, recently appointed by Governor Scott Walker to the Public Service Commission, said he believed that humans can have an impact to climate change, but he did not think it was “not anywhere near the level of impact of just the natural progression of our planet….The elimination of essentially every automobile would be offset by one volcano exploding. You have to recognize the multiple factors that go into climate change. »

Scientists have studied this issue fairly extensively, and concluded that emissions generated by human activity – specifically, the burning of fossil fuels – far surpass volcanoes when it comes to warming the planet. According to the U.S. Geological Survey (USGS), human activities generate about 35 gigatons of greenhouse gases per year while all the world’s volcanoes combined spew something in the range of 0.13 to 0.44 gigatons per year. That means the human influence on the amount of greenhouse gases in the atmosphere is 80 to 270 times greater than that of volcanoes.

Mike Huebsch also questioned whether the state needs its renewable energy project which currently requires the state to draw 10 percent of its power from renewable sources.

The Wisconsin State administration has been generally hostile to action on cutting emissions. It has signed the American for Prosperity « No Climate Tax » pledge, and the administration has just joined a lawsuit against the Environmental Protection Agency to block new regulations on greenhouse gas emissions from power plants.

Critics say the appointment of someone who thinks volcanoes are causing climate change to the Public Service Commission is just another part of the likely 2016 presidential contender’s assault on environmental regulations.

Source: The Huffington Post.

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Pas sûr que  le Popocatepetl soit responsable à lui seul du nuage de pollution qui plane au-dessus de Mexico.

(Crédit photo:  Wikipedia)

Il y a 200 ans, le Tambora explosait… // 200 years ago, Tambora exploded…

drapeau francaisL’Homme aime beaucoup célébrer les anniversaires des événements naturels. Je fais partie de ceux qui attirent l’attention du public sur ces dates symboliques car c’est une façon de rappeler que la Nature a un pouvoir de destruction colossal. Notre mémoire a trop souvent tendance à oublier les événements du passé de sorte que nous sommes souvent pris au dépourvu quand des cataclysmes se produisent. Je conclus en général mes conférences en exprimant ma crainte de voir se réveiller  un jour un super volcan comme le Yellowstone ou le Tambora. J’insiste sur le fait que notre civilisation moderne basée – entre autres – sur le transport aérien, l’Internet et les communications par satellite sortirait durement affaiblie d’un tel cataclysme.

On parle souvent des éruptions du Krakatau, de la Montagne Pelée ou du Mont St Helens, mais celle Tambora (sur l’île de Sumbawa en Indonésie) leur donne des dimensions lilliputiennes car l’événement a affecté la planète toute entière. Une telle éruption est heureusement très rare et c’est bien là le problème. Au 21ème siècle, nous n’avons aucun point de repère sur les dégâts que les super volcans sont susceptibles de causer et il nous est donc très difficile de nous y préparer. Il est également très difficile de motiver des populations à affronter un événement qu’elles n’ont jamais connu ou dont elles n’ont que vaguement entendu parler. Nous ne connaissons les effets de l’éruption du Tambora qu’à travers les analyses de dépôts de matériaux qu’ont pu effectuer les géologues ou les carottes de glace polaire analysées par les glaciologues.

Le volcan est entré en éruption les 10 et 11 avril 1815 – il y a donc tout juste 200 ans, avec une explosion qui a décapité son sommet, lui faisant perdre 1500 mètres de hauteur. Elle a probablement tué (directement et indirectement) quelque 60 000 personnes dans ce qui est aujourd’hui l’Indonésie et transformé l’été en hiver dans tout l’hémisphère nord. Les gaz riches en SO2 émis par le volcan ont généré des aérosols sulfatés dans l’atmosphère, bloquant la lumière du soleil et entraînant « une année sans été », avec son cortège de récoltes ruinées et donc de famines dans toute l’Europe et dans la partie orientale du continent nord-américain. Les scientifiques pensent que la température globale a baissé de plus de 1°C dans l’hémisphère nord. On estime à 150 – 170 kilomètres cubes le volume de matériaux émis pendant l’éruption. Ces chiffres sont à comparer avec l’éruption du Mont St Helens aux Etats-Unis en 1980 (1 km3 de matériaux émis), ou celle du Pinatubo en 1991 aux Philippines (5 km3 de matériaux émis).

A noter que l’éruption du Tambora a influencé des peintres comme l’Anglais Turner qui fit apparaître sur ses toiles les somptueux couchers de soleil. Lord Byron écrivit le poème Darkness qui fait en référence à cet événement.

Des études récentes effectuées par les scientifiques ont indiqué qu’il y a 74 000 ans l’éruption du volcan Toba (Ile de Sumatra, Indonésie) avait peut-être été encore plus violente que celle du Tambora, avec des nuages de cendre qui se sont répandus sur 3000 kilomètres, jusque sur la chaîne de l’Himalaya. L’éruption a laissé derrière elle un cratère de 100 kilomètres sur soixante occupé aujourd’hui par le Lac Toba.

Quel sera la prochain super volcan à entrer en éruption ? Nul ne le sait. On a vu la panique déclenchée dans le trafic aérien par l’éruption de l’Eyjafjallajökull (Islande) en 2010. Elle paraîtra ridicule à côté des désordres globaux que causera le réveil du Yellowstone…ou d’un autre.

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drapeau anglaisMan loves celebrating the anniversaries of natural events. I am one of those who attract public attention to these symbolic dates because they are a reminder that Nature has a tremendous destructive power. Our memory too often tends to forget the events of the past so that we are often caught off guard when disasters do occur. I usually conclude my conferences by expressing my fear of the eruption some day of a super volcano such as Yellowstone or Tambora. I insist on the fact that our modern civilization based – among others – on air travel, the Internet and satellite communications would be severely weakened by such a cataclysm.
We often speak of the eruptions of Krakatoa, the Montagne Pelée or Mount St Helens, but Tambora (on the island of Sumbawa in Indonesia) gives them Lilliputian dimensions because the event affected the entire planet. This kind of eruption is fortunately very rare and that is the problem. In the 21st century, we have no reference to the damage that super volcanoes are likely to cause, so it is very difficult to prepare ourselves. It is also very difficult to motivate people to confront an event they have never witnessed or they only have vaguely heard of. We only know the effects of the Tambora eruption through the analysis of deposits carried out by geologists or the polar ice cores analyzed by glaciologists.
The volcano began erupting on 10 and 11 April 1815 – 200 years ago, with an explosion that decapitated the top, causing it to lose 1,500 meters in height. It probably killed (directly and indirectly) approximately 60,000 people in what is now Indonesia and turned summer into winter across the northern hemisphere. SO2 rich gases emitted by the volcano generated sulphate aerosols in the atmosphere, blocking sunlight and causing a « year without a summer, » with its ruined crops and ensuing famines throughout Europe and the eastern part of the North American continent. Scientists believe that the global temperature dropped by more than 1 ° C in the northern hemisphere. An estimated volume of 150 to 170 cubic kilometers of materials was emitted during the eruption. These figures should be compared with the eruption of Mount St Helens in the US in 1980 (1 km3 of emitted materials), or that of Mount Pinatubo in the Philippines in 1991 (5 km3 of materials).
It is interesting to note that the eruption of Tambora influenced painters like Turner who showed th gorgeous sunsets on his canvases. Lord Byron wrote the poem Darkness that refers to this event.
Recent studies by scientists indicated that the eruption of Toba (Sumatra Island, Indonesia) 74,000 years ago may have been even more violent than that of Tambora, with ash clouds that spread over 3000 km, as far as the Himalayas. The eruption has left a crater 100 by 60 kilometers now occupied by Lake Toba.
What will be the next super volcano to erupt? No one knows. We saw the panic triggered in air traffic by the eruption of Eyjafjallajökull (Iceland) in 2010. It will look ridiculous compared to the mess caused by the eruption of Yellowstone … or another.

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Caldeira sommitale du Tambora  (Crédit photo:  NASA)

Histoires de systèmes d’alerte en Alaska et au Chili // Stories of warning systems in Alaska and Chile

drapeau francaisDans une note écrite le 20 février 2015, j’indiquais que l’Augustine était probablement la plus grande menace de tsunami pour la ville d’Homer située à 100 km du volcan, et pour la partie sud de la Péninsule du Kenai. La dernière éruption de l’Augustine en 2006 a généré un panache de cendre et émis suffisamment de lave pour rehausser encore davantage le sommet du volcan. Ce sommet domine des pentes abruptes et c’est lui qui, en s’effondrant, pourrait déclencher un tsunami. En 1883 – avant que la ville d’Homer soit construite – une éruption a fait glisser le versant nord de l’Augustine dans Cook Inlet et généré une vague de 9 mètres de hauteur qui a fini sa course dans le village de Nanwalek. Les scientifiques ont par ailleurs trouvé des preuves d’effondrements similaires remontant à des milliers d’années.

C’est la raison pour laquelle des sirènes ont été installées à Homer et dans les quelques villages qui pourraient être exposés à un tsunami. Pendant plusieurs jours, les médias ont annoncé que le mercredi 25 mars aurait lieu un test du système d’alerte aux tsunamis sur les régions côtières de l’Alaska. Comme dans beaucoup d’endroits dans le monde, les gens sont habitués à entendre ici un test des sirènes une fois par mois, le mercredi à 13 heures. Cependant, le 25 mars, l’essai était censé être un peu différent. Les sirènes devaient hurler plus tôt et soi-disant « avec plus de réalisme » dans le cadre de la Semaine de Prévention des Tsunamis.
Les sirènes retentirent à 10h25 du matin, relayées par tous les haut-parleurs qui se trouvent dans les zones basses, le long du littoral d’Homer. On entendit une voix annoncer: « Une alerte au tsunami a été émise pour ce secteur. Ecoutez votre station de radio locale pour plus de détails ». Le message a été répété trois fois. Il n’a jamais été précisé qu’il s’agissait d’un test.
Sept minutes après les sirènes, un animateur a interrompu en direct les programmes de radio et indiqué aux auditeurs que les sirènes « signalaient des tests » et qu’il n’y avait « pas de danger pour le moment. »
Deux minutes s’écoulèrent avant qu’une voix à peine audible venue des haut-parleurs annonce à Homer que le test était « conforme ».
Beaucoup de gens à Homer ne sont pas certains que le test ait été effectué avec suffisamment de sérieux et ait eu un impact sur la population dans son ensemble. Beaucoup de personnes ont fait remarquer que les tsunamis ne sont pas des plaisanteries et que le test de prévention aurait dû être mieux géré par toutes les parties concernées. Ces personnes espèrent que des leçons ont été tirées et que les gens qui entendront les sirènes à l’avenir ne penseront pas qu’il s’agit toujours de tests. Il ne faudrait jamais oublier que le tsunami qui a accompagné le séisme de 1964 en Alaska a tué 115 habitants dans cet Etat et a fait disparaître le rivage de plusieurs localités.
Au niveau local, il y a eu au moins un raté, quand une alerte au tsunami destinée aux Aléoutiennes a retenti à Homer en 2011. Selon le journal local Homer News, « des centaines de personnes qui se trouvaient sur la jetée d’Homer (le Spit) et dans les zones basses de la ville ont quitté les lieux ». La police a sillonné la ville pour prévenir la population que l’alerte était une erreur.

Le danger occasionné par un tsunami augmente avec la proximité de sa source par rapport à la côte. S’il se déclenche à des centaines de kilomètres, on aura le temps de prendre rapidement des mesures d’évacuation, à condition que la population ait été bien préparée à une telle éventualité. En 1964, le tsunami a démarré près de la côte. L’épicentre du séisme qui l’a provoqué a été localisé à seulement 90 km à l’ouest de Valdez et 120 km à l’est d’Anchorage, à une profondeur de 25 km. Il y a eu 131 morts (115 en Alaska, 16 dans l’Oregon et la Californie). Le nombre de victimes a été extrêmement faible pour un séisme de cette ampleur (M 9,2) en raison de la faible densité de population, le moment de la journée, le fait que c’était un jour férié (le Vendredi Saint), et le type de matériau (principalement le bois) utilisé pour construire de nombreux bâtiments. Aujourd’hui serait bien différent.
D’après un article paru dans l’Alaska Dispatch News.

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De la même manière, les habitants de la ville chilienne de Pucon ont déclaré avoir ressenti une grande confusion quand les sirènes de la ville ont retenti dimanche dernier. La ville est située à proximité du Villarrica et le maire a ordonné aux pompiers d’actionner les sirènes pour que les gens comprennent que le volcan représente « une menace persistante ». Dans le même temps, le niveau d’alerte volcanique n’avait pas changé.
On pouvait voir des nuages de cendre s’élever du cratère pendant le week-end. Quand les sirènes de la ville ont hurlé dimanche après-midi, de nombreux habitants ont pensé que c’était un signal d’évacuer la ville.
Des commentaires ont été affichés sur Facebook accusant le maire d’avoir « causé une peur inutile» parmi les 22 000 habitants de la ville. En effet, le protocole officiel dit que les sirènes doivent être actionnées pour évacuer les gens, et pas comme mesure préventive.
Source: BBC News.

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drapeau anglaisIn a note written on February 20th 2015, I indicated that the most serious tsunami threat for Homer and the southern flank of the Kenai Peninsula in Alaska might be Augustine Volcano, 110 km to the west. Augustine last erupted in 2006, sending up an ash cloud and emitting enough lava to build a new summit. It’s this summit enhancement on steep slopes that makes the volcano vulnerable to collapse. In 1883 – before Homer’s founding – an eruption caused its north side to slide into Cook Inlet, sending a 9-metre wave into the village of Nanwalek. Scientists have found evidence of similar collapses going back thousands of years.

This is the reason why sirens have been set up in Homer and the few villages that might be exposed to a tsunami. For several days various news media reported that on Wednesday, March 25th, there would be a test of the tsunami warning system in coastal Alaska. Like in many places of the world, people are accustomed to sirens once a month here, on Wednesdays at 1 p.m., always with the key word “test.” However, the March 25th test was supposed to be a little different. The sirens were to hoot at an earlier time and supposedly “with more realism” as part of Tsunami Preparedness Week.

The sirens sounded at 10:25 in the morning, echoing from the multiple speakers in Homer’s low-lying areas. A voice said: “A tsunami warning has been issued for this area. Tune to a local radio station for details.” The message was repeated three times. There was no mention of a test.

Seven minutes after the sirens, a live announcer interrupted the radio programmes to tell listeners that the sirens were “just testing warnings” and there was “no danger present at the moment.”

Two more minutes passed before a barely audible voice came over the tsunami speakers to say the test was “complete”.

Many people in Homer were not sure the test was serious enough and had any effect on the population at large. Many said tsunamis are no joke, and that a preparedness test could have been better managed by all involved. They hope that lessons were learned and that people hearing sirens in the future won’t assume they’re always tests. They should never forget that the tsunami accompanying Alaska’s 1964 earthquake killed 115 Alaskans and wiped out the entire waterfronts of several communities.

Locally, there was at least one false alarm from the system, when a tsunami warning meant for the Aleutians sounded in Homer in 2011. According to the Homer News, “hundreds of people on the Homer Spit and in low-lying areas evacuated.” Police fanned out around town to alert people that the warning was in error.

The danger of a tsunami increases with the proximity of its source to the coast. Should it start hundreds of kilometres away, there will be time to take rapid evacuation measures, provided the population has been well prepared to such an event.  In 1964, the tsunami was triggered close to the coast. The epicentre of the earthquake that caused it was only 90 km west of Valdez and 120 km east of Anchorage, at a depth of 25 km. The number of deaths totalled 131; 115 in Alaska and 16 in Oregon and California. The death toll was extremely low for a quake of this magnitude (M 9.2) due to low population density, the time of day and the fact that it was a holiday, and the type of material (mostly wood) used to construct many buildings. Today would be different.

After an article in the Alaska Dispatch News.

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In the same way, residents of the Chilean town of Pucon said they felt confused when the town’s sirens went off on Sunday. The town is located near the Villarrica volcano and the mayor of the town ordered firefighters to ring the sirens to alert people « to the continued threat ». Meantime, the volcanic alert level had not changed.

Ash could be seen rising from the crater during the weekend, so when the town’s sirens rang on Sunday afternoon, many residents said they thought it was a signal to evacuate the town.

Comments were posted on Facebook criticising the mayor for « spreading fear » among the town’s 22,000 residents. Indeed, the official protocol says that the sirens ring to evacuate people, not as a preventive measure.

Source: BBC News.

Augustine-flancs

Les flancs pentus de l’Augustine contribueraient au déclenchement d’un tsunami.

Evacuation-blog

En théorie, tout est prêt pour l’évacuation des populations menacées.

(Photos:  C.  Grandpey)