Superbe exemple de rebond isostatique en Finlande // Superb example of isostatic rebound in Finland

Ces derniers temps, avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, on a beaucoup parlé de rebond isostatique à propos de l’Islande. Le rebond isostatique est un phénomène pendant lequel la perte de masse des glaciers en train de fondre provoque un soulèvement du substrat rocheux. Selon certains volcanologues, le phénomène pourrait favoriser la poussée du magma qui sommeille sous la surface de la Terre et déclencher des éruptions plus fréquentes. Pour le moment aucune éruption n’est venue étayer cette théorie et nous ne possédons pas suffisamment de recul pour tirer des conclusions.

Un bel exemple de rebond isostatique est en train de se produire en Finlande où de nouvelles terres émergent lentement de la mer Baltique, le long de la côte occidentale du pays. Ce phénomène est particulièrement visible dans l’archipel de Kvarken, près de Vaasa, où le sol s’élève d’environ huit millimètres par an. Les îles s’agrandissent et fusionnent progressivement, les baies peu profondes se transforment en lacs et des fonds marins deviennent des terres émergées. Certes, cette transformation est trop lente pour être perceptible lors d’un court séjour, mais elle est suffisamment rapide pour modifier le paysage à l’échelle d’une vie humaine.

Crédit photo: Finland Tourism

L’explication de ce soulèvement des terres remonte à la dernière période glaciaire. Une vaste calotte de glace recouvrait autrefois cette partie de l’Europe du Nord, exerçant une pression considérable avec une épaisseur de glace atteignant près de trois kilomètres sur la croûte terrestre. Lorsque la glace a commencé à fondre, il y a environ 18 000 ans, cette pression a disparu. Le sol situé sous la glace a alors commencé à se soulever, un peu comme un matelas comprimé qui reprend lentement sa forme initiale. Dans cette région de Finlande, ce processus est toujours en cours.
Dans la région de la Haute Côte (Höga Kusten) et de Kvarken, le sol se soulève depuis des millénaires. L’UNESCO considère cette zone comme l’un des meilleurs endroits au monde pour comprendre le phénomène de soulèvement glacio-isostatique.
À Kvarken, le rythme actuel se soulèvement est d’environ huit millimètres par an. Chaque année, près d’un kilomètre carré de nouvelles terres émerge, et le littoral, aux eaux très peu profondes, continue d’évoluer. À ce rythme, la carte de la région présentera un aspect sensiblement différent pour les générations futures.
Ce mouvement entraîne une conséquence encore plus surprenante. Kvarken constitue déjà la partie la plus étroite du Golfe de Botnie. Si ce soulèvement géologique se poursuivait indéfiniment au rythme actuel, la Finlande et la Suède finiraient par être reliées par la terre ferme ! L’évaluation initiale de l’UNESCO estimait que cela pourrait se produire dans environ 2 500 ans.

Les articles de presse ne le disent pas, mais on ne peut exclure qu’avec le réchauffement climatique et l’élévation du niveau mondial des océans, cette montée des eaux compense le soulèvement des terres provoqué par le rebond isostatique !
Source : Yahoo Actualités.

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Recently, amidst global warming and melting glaciers, there has been much discussion regarding isostatic rebound in Iceland. Isostatic rebound is a phenomenon in which the loss of mass from melting glaciers causes the underlying bedrock to rise. According to some volcanologists, this process could facilitate the ascent of magma slumbering beneath the Earth’s surface and trigger more frequent eruptions. So far, no eruption has substantiated this theory, but we lack sufficient long-term data to draw definitive conclusions.

A prime example of isostatic rebound is currently taking place in Finland where new land is slowly emerging from the Baltic Sea along the country’s western coast. The phenomenon is particularly visible in the Kvarken Archipelago near Vaasa, where the land rises by around eight millimeters every year. Islands gradually grow and join together, shallow bays become lakes, and stretches of seabed become dry land. Of course, the change is slow enough to escape notice on a short visit, but it is fast enough to alter the landscape within a human lifetime.

The explanation for the rising land begins with the last Ice Age. A vast ice sheet once covered this part of northern Europe, with the weight of almost three kilometers of ice pushing down on the Earth’s crust. When the ice began to melt around 18,000 years ago, that pressure disappeared. The land underneath the ice started to rebound, rather like a compressed mattress slowly returning to its original shape. In this part of Finland, it has not finished yet.

Across the High Coast and Kvarken region, the land has been rising for thousands of years. UNESCO considers the area one of the world’s best places to understand glacio-isostatic uplift.

In Kvarken, the current rate is about eight millimeters every year. Roughly one square kilometer of new land emerges annually and the extremely shallow coastline continues to change. At that rate, the map of the region will look noticeably different to future generations.

There is an even stranger consequence of all this movement. Kvarken is already the narrowest stretch of the Gulf of Bothnia. If geological uplift continued indefinitely at today’s rate, Finland and Sweden would eventually become connected by land ! UNESCO’s original evaluation estimated that could happen in approximately 2,500 years. However, we could add that with global warming global sea level is risinf the the ligher sea level might offset the land rise caused by the isostatic rebound !

Source : Yaloo News.

Des nouvelles inquiétantes pour l’Arctique // Worrying news for the Arctic

drapeau-francaisLa presse française ne n’est pas fait l’écho d’une information qui présente une réelle importance dans le cadre de la protection de l’Arctique et de son environnement.

A l’issue du dernier Sommet de l’Arctique qui réunissait le Président Obama et les dirigeants des pays nordiques, le Président finlandais Sauli Niinistö a déclaré qu’il n’organiserait pas de sommet de l’Arctique dans le cadre de sa présidence du Conseil de l’Arctique. Selon lui, la situation internationale ne le permet pas alors et un tel événement a besoin d’une situation mondiale plus pacifique.
Dans son allocution d’ouverture du Sommet, le 13 mai 2016, le président finlandais a fait référence à une situation sécuritaire de plus en plus tendue en Europe du Nord. «La période est trouble à bien des égards. Les menaces de sécurité abondent. La situation est devenue plus tendue, même dans la région de la mer Baltique et en Europe du Nord. Il est nécessaire de renforcer la sécurité et la stabilité, ce qui suppose un dialogue approprié avec la Russie pour renforcer la transparence et réduire les risques.»
Une déclaration commune à l’issue du sommet souligne que «les États-Unis et les pays nordiques s’inquiètent de la présence militaire grandissante de la Russie dans la région de la mer Baltique, son arrogance nucléaire, ses manœuvres militaires non déclarées, et les actions provocatrices des avions russes et des navires de guerre.»
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAt the end of the latest summit between President Obama and Nordic Leaders, Finland President Sauli Niinisto has decided to abandon plans for an Arctic summit as part of its chairmanship period. He said the international situation was not appropriate and that such an event would require a more peaceful global situation.

In his opening remarks at the U.S.-Nordic Summit on May 13th 2016, the Finnish President referred to an increasingly tense security situation in Northern Europe. « Times are turbulent in many respects. Security threats abound. The situation has become more tense even in the Baltic Sea region and Northern Europe. Strengthening security and stability there is called for, and this includes appropriate dialogue with Russia to enhance transparency and reduce risk. »

A joint statement from the summit underlines that « the United States and the Nordic countries are concerned by Russia’s growing military presence in the Baltic Sea region, its nuclear posturing, its undeclared exercises, and the provocative actions taken by Russian aircraft and naval vessels. »

Source: Alaska Dispatch News.

En route pour un 21ème siècle de chaleur? // On the way to a warm 21st century?

drapeau francaisCette semaine, deux titres de l’Alaska Dispatch News, le journal le plus lu en Alaska, ont attiré mon attention : « 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour une grande partie de l’Alaska » et « 2014 la deuxième année la plus chaude dans l’histoire de la Finlande ».

Beaucoup de gens me diront que cela ne paraît guère possible dans une région du monde où les températures sont capables de plonger à -40°C, voire moins.  Je leur ferai remarquer que ce ne sont pas les relevés ponctuels qu’il faut prendre en compte pour apprécier l’évolution du climat, mais les données globales telles qu’elles ont été fournies tout au long de l’année.

En Alaska, 2014 a été l’année la plus chaude de tous les temps pour un grand nombre de localités situées à l’ouest d’une ligne allant d’Anchorage à Barrow, à commencer par la capitale Anchorage. Dans l’intérieur et le sud-est de l’Etat, les stations météo ont relevé des températures parmi les plus élevées de leur histoire.

Certains climatologues font toutefois remarquer que l’Alaska couvre une superficie de 1 717 854 km² et que certaines régions ne sont pas couvertes par les stations météo ; il est donc impossible d’en connaître les variations de température. Malgré cela, il ne fait aucun doute que la température globale de l’Alaska en 2014 fait partie des plus chaudes jamais relevées et rejoint les années 1926,1940 et 1993.

De nos jours, afin de mieux couvrir l’Alaska, l’Institut Géophysique Universitaire et le National Weather Service ont divisé l’Etat en 13 régions climatiquement homogènes. Avec cette nouvelle méthode, 2014 arrive en deuxième position après 1940. De son côté, la National Oceanic and Atmospheric Administration a indiqué que 2014 était, selon ses calculs, l’année la plus chaude de tous les temps.

En Finlande, le Finnish Meteorological Institute indique que 2014 arrive en deuxième position après 1938 dans le classement des années les plus chaudes, avec 0,15°C de moins que cette dernière. Le classement complet est le suivant : 1938, 2014, 1989, 2011 et 2000. Les météorologues finlandais font remarquer que les mois les plus chauds ont été février, mars, juillet et août 2014, ainsi que début décembre. Le pays a connu une période de chaleur de 50 jours, soit 14 jours de plus que la normale, avec une pointe à 32,8°C le 4 août à Pori, dans l’ouest. La journée la plus froide a été observée dans le nord, à Kevojärvi, avec -40,7°C.

Le réchauffement climatique n’est peut-être pas lié aux volcans – même si certaines éruptions volcaniques majeures peuvent l’atténuer ponctuellement – mais il nous concerne tous. Mes déplacements à travers la planète m’ont permis d’observer des changements alarmants en particulier dans l’univers glaciaire. C’est pour cela qu’à mon modeste niveau je tire la sonnette d’alarme. Comme l’a écrit Saint Exupéry en faisant écho à un vieux proverbe amérindien: « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

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drapeau anglaisThis week, two headlines of the Alaska Dispatch News, the most widely read newspaper in Alaska, caught my attention: « 2014 was warmest year on record for much of Alaska » and « 2014 the second hottest year in Finnish history. »
Many people will tell me that this hardly seems possible in a region where temperatures can dip to -40 ° C or less. I will answer them that one-time readings should not be taken into account to value climate change, but the overall data that were provided throughout the year.
In Alaska, 2014 was the warmest year of all time for a large number of communities to the west of a line from Anchorage to Barrow, starting with Anchorage, the capital. In the interior and the southeast of the State, the weather stations have recorded temperatures among the highest in their history.
Some climatologists, however, notice that Alaska covers an area of 1,717,854 km² and certain areas are not equipped with weather stations; so it is impossible to know their temperature changes. Despite this, there is no doubt that the global temperature of Alaska in 2014 was one of the hottest ever recorded together with the years 1926.1940 and 1993.
Nowadays, to better cover Alaska,  the Geophysics Institute and the National Weather Service have divided the State into 13 climatically homogeneous regions. With this new method, 2014 ranks second after 1940. For its part, the National Oceanic and Atmospheric Administration reports that 2014 was, according to its calculations, the warmest year of all time.

In Finland, the Finnish Meteorological Institute says that in 2014 ranked second after 1938 in the list of the warmest years, with 0.15 ° C less than its predecessor. The complete ranking is as follows: 1938, 2014, 1989, 2011 and 2000. The Finnish meteorologists point out that the warmest months were February, March, July and August 2014 and early December. The country experienced a heat of 50 days, 14 days longer than normal, with a peak of 32.8 ° C on August 4th in Pori, western Finland. The coldest day was observed in the north, at Kevojärvi, with -40.7 ° C.

Global warming may not be linked to volcanoes, even though major volcanic eruptions may sometimes alleviate the phenomenon, but we should all feel concerned. My journeys across the planet allowed me to observe dramatic changes, mostly in the universe of glaciers. This is the reason why, at my modest level, I alert people to the emergency of the situation. As Saint Exupéry put it, copying an old Indian proverb:   « We do not inherit the earth from our ancestors, we borrow it from our children. »

…et, pendant ce temps, les glaciers fondent, en Alaska…

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…ou au Canada!

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(Photos: C.  Grandpey)