Coup de chaud en montagne

Le réchauffement climatique a encore frappé et ceux qui habitent les zones de montagne viennent de s’en apercevoir. L’épais manteau neigeux qui avait recouvert nos passifs en novembre avec plus de 120 à 130 cm dans les Alpes du nord, a fondu « comme neige au soleil » au cours du mois de décembre. Début janvier, les pistes de ski des stations du Massif Central faisaient peine à voir. Une fine couche a recouvert le sol le 4 janvier, mais ce ne sera probablement pas suffisant pour colmater la brèche. Le plus inquiétant, c’est que la fonte ultra rapide a eu lieu pendant la période de l’année habituellement la moins favorable à ce phénomène.

Le redoux a duré très longtemps, entre le 13 décembre 2021 et le 4 janvier 2022. Météo France précise que les trois dernières semaines sont les plus chaudes jamais enregistrées pour une fin d’année, tant en durée qu’en intensité.

La fonte amorcée à la mi décembre s’est accentuée entre le 27 et le 30 décembre 2021 avec l’arrivée d’un flux d’air subtropical accompagné de fortes pluies qui ont atteint des altitudes élevées, jusqu’à 3000 m. Du jamais vu à cette époque de l’année!.Il est bien évident que le manteau neigeux n’a pas supporté cette situation et s’est considérablement aminci.

Ce n’est pas tout. Une nouvelle vague de redoux due à la présence d’un anticyclone d’origine subsaharienne a fait bondir l’isotherme 0°C à 3700 – 3800 m pendant plusieurs jours. A 2500 m d’altitude, le thermomètre affichait +10°C. Sur les pistes, les gens skiaient dans de la soupe, comme en fin de saison au printemps.

La période de redoux est en train de prendre fin, mais elle va laisser des traces et devra rester dans les mémoires car c’est une preuve supplémentaire du réchauffement climatique.

Certains vont me faire remarquer que dans le même temps plusieurs régions des Etats Unis – District de Colombie, par exemple – connaissant un froid rigoureux avec des tempêtes de neige. Comme je l’ai indiqué précédemment, la situation est provoquée par les fluctuations du courant-jet (jet stream) qui entraîne des variations climatiques spectaculaires et une multiplication des événements extrêmes. Certaines régions du Proche-Orient viennent de connaître des déluges de pluie et de grêle auxquels elles ne sont pas habituées. L’impression que le climat sur Terre est en train de devenir fou est une preuve criante du changement climatique.

Les enneigeurs ne fonctionnent pas quand la température est trop élevée (Photo: C. Grandpey)

La vie sous l’Antarctique // Life underneath Antarctica

Lorsqu’on prononce le mot Antarctique, on pense en général à un désert de glace, même si on sait qu’il existe des formes de vie à la surface du continent avec les phoques et les manchots.
Une nouvelle étude publiée fin décembre 2021 dans la revue Current Biology nous apprend que des scientifiques ont découvert des formes de vie plus abondantes que prévu sous la banquise antarctique.
En utilisant la technique du forage à l’eau chaude, des scientifiques de l’Institut Alfred Wegener en Allemagne ont percé deux trous d’environ 200 mètres de profondeur dans la banquise antarctique. Au fond des forages, ils ont découvert sur le plancher océanique des fragments de vie appartenant à plus de 77 espèces. Certaines d’entre elles avaient déjà été observées en Antarctique, mais les fragments de plusieurs nouvelles espèces sont inconnus dans la région. Cette abondance d’êtres vivants dans ces conditions extrêmes est très surprenante et nous rappelle à quel point la vie marine en Antarctique est unique en son genre.La plupart de ces nombreuses espèces animales se nourrissent de phytoplancton, en sachant qu’aucune plante ou algue ne peut vivre dans cet environnement.
Les chercheurs expliquent que la chose la plus surprenante est la durée de vie sous l’Antarctique. La datation au Carbone 14 de fragments prélevés sur les fonds marins révèle un laps de temps allant de l’époque actuelle jusqu’à il y a 5 800 ans. Les chercheurs rappellent par ailleurs que les théories actuelles affirment que la vie devient moins abondante au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’eau libre. Effectivement, certains poissons et autres vers peuvent vivre dans ces environnements. Cependant, les organismes filtreurs comme ceux observés par les scientifiques allemands sont généralement les premiers à disparaître et encore plus lorsque l’on s’éloigne de l’eau et du soleil. Cela ne semble donc pas être le cas sous l’Antarctique.
Les scientifiques se désespèrent en constatant les effets du réchauffement climatique sur l’Antarctique. Cela signifie qu’ils auront de moins en moins de temps pour étudier ces formes de vie avant que leur environnement ne cesse d’exister.
Sources : Yahoo News, BGR.

Cette étude confirme les découvertes de vie que le biologiste marin français Laurent Ballesta (que je salue ici) avait faites lors d’une remarquable plongée sous la banquise antarctique en 2016. Dans le même temps, Vincent Munier (que le salue également) avait fait un très bon reportage en surface sur les moeurs des manchots La vidéo de cette expédition dirigée par le cinéaste Luc Jacquet et intitulée « Antarctica, sur les traces de l’empereur » est disponible aujourd’hui en DVD.

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When you mention the word Antarctica, you think about a frozen wasteland, although you’ve heard there is some life on the continent: seals,penguins…

In a new study published late December in the journal Current Biology, scientists have discovered more marine life than previously expected under the Antarctic ice shelf.

Using hot water, scientists from the Alfred Wegener Institute in Germany drilled two holes. The holes were roughly 200 meters deep in the Antarctic ice shelf. There they found fragments of life on the seabed which included over 77 species. Some of the species had already been discovered in Antarctica. However, there were fragments from several new species that they did not previously know about in the area. The discovery of so much life living in these extreme conditions comes as a complete surprise and reminds us how Antarctic marine life is so unique and special. Among the many animal types, most feed on phytoplankton, yet no plants or algae can live in this environment.

Researchers say that the most surprising thing is how long life has been underneath Antarctica. Carbon dating of dead fragments of these seafloor animals varied from current to 5,800 years, Despite living 3-9km from the nearest open water, an oasis of life may have existed continuously for nearly 6,000 years under the ice shelf. The researchers also note that current theories say life becomes less abundant as you move further from the open water. Indeed, some fish, worms, and other small mobile scavengers can live in these environments. However, filter feeding organisms like the ones found by scientists usually disappear first. Especially as you move farther from the water and sun. That does,not appear to be the case underneath Antarctica.

Unfortunately, scientists say the rapid rate of climate change our world is currently undergoing means we have less and less time to study these lifeforms before their environment ceases to exist.

Sources: Yahoo News, BGR.

La folie météorologique continue // The weather madness continues

Après le coup de chaud en Alaska et les températures anormalement élevées enregistrées à Kodiak le 26 décembre 2021, l’Etat a dû faire face à des pluies torrentielles suivies dans la foulée par une vague de froid qui a transformé l’eau en glace. Les autorités ont parlé d’un « Icemageddon ».
D’énormes plaques de glace ont envahi les routes et bloqué la circulation à Fairbanks, la deuxième plus grande ville d’Alaska, le 31 décembre. La région a connu une série de tempêtes hivernales sans précédent.
Quelques heures après que le thermomètre ait atteint 19,4 °C sur l’île de Kodiak, la température de décembre la plus élevée jamais enregistrée en Alaska, l’intérieur de l’État a vu 25 millimètres de pluie tomber en quelques heures, un déluge jamais vu depuis des décennies.
Ensuite, la température a de nouveau chuté, et tout a gelé d’un seul coup.
Les météorologues expliquent que la pluie très intense a été causée par le même système météorologique qui a fait grimper la température, avec de l’air chaud et humide en provenance d’Hawaï qui a envahi le Grand Nord où règnent des températures beaucoup plus basses. Ils ajoutent que « ce genre de phénomène – humidité extrêmement élevée dans un air extrêmement chaud – est exactement ce à quoi il faut s’attendre dans un contexte de réchauffement climatique
Les conditions météorologiques instables ont perturbé lle trafic aérien au départ de l’aéroport international Sea-Tac de Seattle, avec des centaines de vols annulés ou retardés.
En Californie, la neige et les pluies persistantes continuent également de poser problème. Des inondations ont entraîné des évacuations dans les secteurs autour de Los Angeles.
Dans le nord de l’Etat, la station touristique de Lake Tahoe – où des incendies de forêt il y a quelques mois ont fait fuir les habitants – a été ensevelie sous une neige abondante, laissant certaines personnes isolées.
Pendant ce temps, des incendies de forêt ravageaient la région de Boulder (Colorado) à cause de la sécheresse dans cet État.

Quand je vous dis que le climat est devenu fou….

Source : médias d’information américains.

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After the heatwave in Alaska and the unusually high temperatures recorded at Kodiak on December 26th, 2021, the State had to face torrential downpours with a cold spell that turned the water into ice. It left authorities warning of « Icemageddon ».

Huge sheets of ice blocked roads and choked traffic in Fairbanks, Alaska’s second largest city on December 31st. The region experienced an unprecedented series of winter storms.

Hours after thermometers on Kodiak Island in the south reached 19.4°C, the warmest December temperature ever recorded in Alaska, the interior of the State saw 25 millimeters of rain fall in just a few hours, a downpour unseen in decades.

Then when temperatures plummeted again, it all froze.

Meteorologists explain that the rainstorm was caused by the same weather system that brought the soaring temperatures, transporting warm, moist air from Hawaii to the frigid far north. They add that « this kind of thing – record high moisture content, record warm air – is exactly what we expect, of course, in our warming climate. »

Unsettled weather disrupted flights in an out of Sea-Tac International Airport in Seattle, with hundreds of flights cancelled or delayed this week.

In California, snow and persistent rain also continue to cause problems, with localized flooding forcing evacuations in areas around Los Angeles.

In the north of the state, the tourist resort of Lake Tahoe – where forest fires a few months ago caused residents to flee – has been buried in heavy snow, leaving some people cut off.

In the meantime, wildfires were ravaging places near Boulder (Colorado) because of the drought in this State.

The climate has really become crazy….

Source: US news media.

Photo: C. Grandpey

Le climat est devenu fou!

Alors que la planète s’apprête à réveillonner, un très violent incendie provoqué par des vents d’une extrême violence (plus de 150 km/h par endroits) a détruit le 30 décembre des centaines de maisons et d’entreprises dans la région de Boulder (Colorado), avec l’évacuation de quelque 30 000 personnes. Les pompiers ont parfois été contraints de se retirer, tellement le brasier faisait rage. C’est toujours la même rengaine: Du jamais vu!

Ces incendies ont dus à l’extrême sécheresse qui affectée cette partie des Etats Unis. La région n’a reçu qu’environ 4 centimètres de pluie depuis le mois d’août, Ce qui montre bien le dérèglement climatique c’est que la zone des incendies a également été placée en alerte de tempête hivernale avec d’importantes chutes de neige prévues lz nuit prochaine, ce qui devrait calmer le feu. Comme disent les Anglo-Saxons, « too late too bad ».

Source: US Forest Service