Hawaii (Maui) : pas de nouveaux observatoires sur l’Haleakala // No new observatories on Haleakala

Sur l’archipel hawaiien, le nom de l’île de Maui est lié à la légende d’un guerrier qui attrapa le Soleil avec un filet pour ralentir sa course et permettre aux pêcheurs de cuire leurs poissons.

La légende commence à la création du monde quand le Soleil, qui pense être le seul à travailler dans l’univers, décide de se lever plus tard et de se coucher plus tôt. L’obscurité est si longue que la Terre en souffre cruellement. Il n’y a pas assez de chaleur pour chauffer les fours en pierre et pas assez de lumière pour préparer les repas.

Le jeune guerrier Maui voit les lèvres de sa fiancée Hina s’enflammer à force de manger cru. Il décide alors d’affronter le soleil et de le vaincre. Pour ce faire, il se met à tresser un filet de lianes, d’algues et d’écorces dont la pièce maîtresse est un long cheveu de Hina. Après une longue attente nocturne, il voit apparaître les premiers rayons du Soleil. Maui jette son filet et retient l’astre prisonnier. Le soleil se débat avec fureur, mais le filet tient bon. Alors, le soleil commence à chauffer si fort que la mer se met à bouillonner et la terre à se craqueler, tous les liens du filet brûlent. Rien ne résiste aux flammes, sauf le cheveu de Hina, la fiancée de Maui. Le soleil a beau sauter, chauffer, enfler…, il est saisi par le cou et il étouffe. Il perd peu à peu de son éclat et s’arrête enfin, épuisé, vaincu. Maui fait alors promettre au Soleil que les poissons et les légumes seront cuits avant la nuit. Le Soleil accepte. Maui le délivre et le Soleil bondit dans le ciel. C’est depuis ce jour qu’il se lève si tôt et se couche si tard. Parfois, quand on regarde le soleil se coucher à l’horizon, on aperçoit comme un mince filet vert : c’est le cheveu de la fiancée de Maui qui est suspendu là afin que le Soleil n’oublie jamais sa promesse…

L’île de Maui est dominée par la masse imposante de l’Haleakala (3055 m), un volcan qui, selon la Smithsonian Institution, a pu entrer en éruption entre les voyages d’exploration de La Pérouse en 1786 et de Vancouver en 1793, mais l’incertitude entoure la date de cette éruption qui a aussi pu se produire vers 1750.

Selon les Hawaïens de souche sur l’île de Maui, « l’Haleakala est plus qu’une simple montagne ; le sommet est considéré comme wao akua, ou « royaume des dieux », et continue d’être un lieu de profonde spiritualité pour les autochtones hawaïens qui peuvent s’engager dans certaines de ces pratiques traditionnelles. » Le sommet est donc un lieu sacré utilisé pour les cérémonies religieuses, la prière et pour entrer en contact avec les ancêtres.

C’est la raison pour laquelle les autorités locales de Maui viennent de voter contre une proposition militaire américaine visant à construire six nouveaux télescopes au sommet de l’Haleakala. Le but des télescopes était de suivre des objets dans l’espace.
Le refus de construire les télescopes a également été motivé par une pollution causée par un déversement de carburant en 2023, lorsqu’une pompe qui alimentait un groupe électrogène ne s’est pas arrêtée lors d’un orage.
Le ciel clair et l’air sec au sommet de Haleakala créent des conditions idéales pour observer l’espace, tout comme le sommet du Mauna Kea sur la Grande Ile qui héberge une douzaine de télescopes. On peut déjà voir sur l’Haleakala plusieurs observatoires de l’Université d’Hawaii, ainsi que le Maui Space Surveillance Complex.

Des manifestants ont tenté de bloquer la construction d’un nouvel observatoire sur l’Haleakala en 2017, mais la construction a continué et le télescope Daniel K. Inouye a publié ses premières images du soleil en 2020.
Une proposition de construction du Thirty Meter Telescope (TMT) sur le Mauna Kea a déclenché des manifestations très agressives en 2019. Le projet TMT est actuellement suspendu pendant que ses initiateurs recherchent un financement par la National Science Foundation. Source : médias d’information hawaïens.

 Photos : C. Grandpey

—————————————————————-

On the Hawaiian archipelago, the name of the island of Maui is linked to the legend of the warrior who caught the Sun with a net to slow its course and allow the fishermen to cook their fish.

The legend begins at the creation of the world when the Sun, who thinks he is the only one working in the universe, decides to rise later and set earlier. The darkness is so long that the Earth suffers cruelly from it. There is not enough heat to heat the stone ovens and not enough light to prepare meals.
A young warrior, Maui, sees the lips of his fiancée Hina burst into flames from eating raw food. He then decides to face the Sun and defeat it. To do this, he begins to weave a net of lianas, algae and bark, the centerpiece of which is a long hair of Hina. After a long nocturnal wait, he sees the first rays of the Sun appear. Maui throws his net and holds the star prisoner. The Sun struggles furiously, but the net holds firm. Then the sun begins to heat up so much that the sea begins to boil and the earth begins to crack, all the links of the net burn. Nothing resists the flames, except the hair of Hina, Maui’s bride. The Sun may jump, heat up, swell… but it is grabbed by the neck and suffocates. It gradually loses its shine and finally stops, exhausted, defeated. Maui then makes the Sun promise that the fish and vegetables will be cooked before nightfall. The Sun accepts. Maui delivers him and the Sun leaps into the sky. It’s since that day that he gets up so early and goes to bed so late. Sometimes, when we watch the Sun go down on the horizon, we can see a thin green net: it is the hair of Maui’s bride which hangs there so that the Sun never forgets its promise…

The island of Maui is dominated by the mass of Haleakala (3055 m), a volcano which, according to the Smithsonian Institution, may have erupted between the exploring voyages of La Perouse in 1786 and Vancouver in 1793, but uncertainty surrounds the date of this event, which could have occurred in about 1750.

According to native Hawaiians in Maui, “Haleakala is more than just a mountain; the summit is considered wao akua, or ‘realm of the gods,’ and continues to be a place of deep spirituality for Native Hawaiians to engage in some of these traditional practices,” The summit is a sacred place used for religious ceremony, prayer and connecting to ancestors. This is the reason why local officials on Maui have just voted to oppose a U.S. military proposal to build six new telescopes on the summit of Haleakala. The aim of the telescopes was to track objects in space.

What also prompted the refusal to build the telescopes was a fuel spill that occurred in 2023 when a pump that supplies fuel to a backup generator failed to shut off during a lightning storm.

The clear skies and dry air at Haleakala’s peak make for some of the world’s best conditions for viewing space, similar to the summit of Mauna Kea on the Big Island which hosts about a dozen telescopes. Haleakala already hosts multiple University of Hawaii observatories and an existing collection of Space Force telescopes called the Maui Space Surveillance Complex. Protesters tried to block the construction of a new observatory on Haleakala in 2017 but building went ahead and the Daniel K. Inouye Solar Telescope released its first images in 2020.

A proposal to build the Thirty Meter Telescope on Mauna Kea triggered massive protests in 2019. The TMT project is currently paused while planners seek National Science Foundation funding.

Source : Hawaiian news media.

Menace de la lave à Hawaii : l’éruption de 2014 // Lava threat in Hawaii : the 2014 eruption

Dans le dernier épisode de la série ‘Volcano Watch’, le HVO nous rappelle qu’au cours des dernières années, la plupart des éruptions du Kilauea se sont produites dans des régions reculées et les coulées de lave n’ont pas vraiment menacé les zones habitées. Cependant, faisant exception à la règle, l’éruption de 2018 dans la Lower East Rift Zone a détruit des centaines de structures, sans toutefois tuer personne.

Avant 2018, lors de l’éruption de Pu’uO’o, qui a duré 35 ans, des coulées de lave ont provoqué des dégâts dans les Royal Gardens, à Kalapana et à Pahoa. Avant l’éruption du Pu’uO’o, il y a eu également des éruptions au niveau du village de Kapoho en 1960 et dans la Lower East Rift Zone du Kīlauea en 1955. Toutefois, les dégâts causés par ces éruptions n’ont pas eu l’ampleur de ceux provoqués par les événements de 2018.

Il y a dix ans, en 2014, un nouvel épisode éruptif s’est produit sur le flanc nord-est du Pu’uO’o. Il a été officieusement baptisé Épisode 61e, mais plus communément Coulée du 27 juin en référence à la date de début de cette éruption.

Au cours des premiers jours de l’éruption, quatre fissures ont émis des coulées avançant en chenaux, avant que l’éruption se concentre au niveau de la bouche la plus en aval, où un lac surélevé (perched pond) a commencé à se former. Le 10 juillet, la pression exercée par ce lac a entraîné le déplacement de la bouche éruptive vers la fissure en amont et la disparition du lac de lave. Le déplacement de la bouche éruptive a généré une coulée rapide qui parcourait parfois plusieurs centaines de mètres par jour.

Le 18 août, la lave est entrée dans une profonde fracture souterraine qui l’a dirigée vers le nord-est. Après environ une semaine, la lave a émergé de la fracture. La coulée ainsi produite a parcouru environ 5 km en tunnels jusqu’à environ 1,2 km de la subdivision des Kaʻohe Homesteads. La lave a émergé de ces tunnels début septembre.

Le front de coulée a avancé lentement et régulièrement au cours des premières semaines de septembre. Puis, de fin septembre à début octobre, l’avancée de la coulée de lave a commencé à fluctuer. Vers la fin du mois d’octobre, une nouvelle coulée de lave en chenal a traversé Cemetery Road à Pahoa. La lave a ensuite traversé le cimetière japonais de la localité, puis une propriété privée. Elle a détruit une structure, avant de s’arrêter à seulement 155 m de la Pahoa Village Road.

Le 14 novembre 2014, une importante émission de lave a été observée à environ 6,5 km en amont du front de coulée. La lave a rapidement progressé en bordure nord-ouest de la coulée précédente, pour finalement se diriger vers la Place du Marché de Pahoa et la Highway 130. Le front de coulée s’est arrêté le 30 décembre après s’être approché à moins de 530 m du marché. C’est la plus longue distance parcourue par la lave, mais de nombreuses sorties de lave en amont ont continué à menacer Pahoa jusqu’au début de l’année 2015. L’activité de la coulée du 27 juin a ensuite diminué et est restée encore active à environ 8 km du Pu’uO’o.

Cet épisode éruptif s’est poursuivi jusqu’au début de juin 2016, moment où l’inflation du Pu’u’ō’ō a culminé et s’est accompagnée de l’ouverture de deux nouvelles bouches sur les flancs nord-est et sud-est du cône le 24 mai.

Source : USGS/HVO.

Vue de la Coulée du 27 juin le 5 novembre 2014. Le front de coulée se trouve à environ 170 mètres des premières maisons de Pahoa, en bas à droite de la photo (Source : HVO)

—————————————-

In the latest episode of the series ‘Volcano Watch’, HVO reminds us that over the past few years, most eruptions of Kilauea volcano have happened in remote regions and lava flows have not directly threatened communities. However, the 2018 lower East Rift Zone eruption destroyed hundreds of structures, without killing anybody.

Before 2018, during the 35-year eruption of Pu’uO’o, lava flows caused destruction in Royal Gardens, Kalapana, and in Pahoa. Before Pu’uO’o, there were also eruptions in Kapoho Village in 1960 and on Kīlauea’s lower East Rift Zone in 1955.

Ten years ago, in 2014, a new eruptive episode occurred on the northeast flank of the Pu’uO’o cone. It was informally named episode 61e, but more commonly referred to as the June 27 flow in reference to the start date of that eruption.

In the first few days, four fissures produced channelized flows before the eruption focused at the lowest elevation vent, where a perched pond began to form. On July 10th, pressure from the perched pond triggered the eruptive vent to shift to the next highest fissure and abandon the perched pond. The change in eruptive vent produced a fast-moving flow that traveled up to several hundred meters per day.

On August 18th, the lava entered into a deep ground crack that directed the flow further to the northeast. After about a week the lava overflowed from the crack. The flow traveled roughly 5 km underground in these cracks to within about 1.2 km of Kaʻohe Homesteads subdivision where the lava exited the final crack in early September.

The flow front advanced slow and steadily during the first few weeks of September. Then from late September to early October, the lava flow’s advance began to fluctuate. Towards the end of October, a breakout surged through a narrow drainage and crossed Cemetery Road in Pahoa. The flow continued through the Pahoa Japanese Cemetery, through private property, and destroyed one structure, stalling only 155 m from Pahoa Village Road.

A large breakout on November 14th occurred roughly 6.5 km upslope of the flow front, and rapidly advanced along the northwest margin of the previous flow, ultimately headed towards Pahoa Marketplace and Highway 130. The flow front again stalled on December 30 after advancing to within 530 m of the marketplace. That was the furthest the lava flow advanced, but numerous breakouts just upslope continued to threaten Pahoa until early 2015.

The June 27th flow then retreated upslope and stayed within about 8 km of Pu’uO’o. This episode continued until early June 2016, when inflation at Puʻuʻōʻō culminated in two new eruptive vents on the northeast and southeast flanks of the cone on May 24th.

Source : USGS / HVO.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le  monde :

L’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande) qui a débuté le 29 mai 2024 se poursuit au niveau du seul cratère actif sur la fracture éruptive. L’activité a semblé marquer le pas au cours des dernières heures. Après la déflation observée depuis le début de l’éruption dans le secteur de Svartsengi, le Met Office indique qu’un soulèvement du sol semble avoir à nouveau débuté. Il est difficile de prédire combien de temps durera encore cette éruption.

L’événement marquant de ces derniers jours a été l’envahissement de la Grindavikurvegur par un débordement de lave. Le Blue lagoon est resté fermé pendant plusieurs jours
Source : Met Office.

La lave recouvre la Grindavikurvegur ((Crédit photo: Protection Civile)

++++++++++

L’éruption a commencé sur le Kilauea Hawaii) vers 0 h 30 (heure locale) le 3 juin 2024, probablement à environ 1 ou 2 km au sud de la caldeira du Kilauea est maintenat terminée et aucune activité éruptive n’est actuellement observée sur le volcan. Les émissions de gaz volcaniques sur le site de l’éruption ont considérablement diminué et se rapprochent de la normale. La sismicité dans la région sommitale reste élevée, tandis que le tremor a retrouvé son niveau normal. Le soulèvement du sol se poursuit. Bien que l’éruption soit terminée, de nouveaux épisodes de sismicité et de déformation du sol pourraient déboucher sur de nouveaux épisodes éruptifs dans le secteur de la dernière éruption ou ailleurs dans la région sommitale.

Source : HVO.

Vue de l’éruption du 3 juin 2024 (Crédit photo: HVO)

++++++++++

L’éruption de l’Ibu (Halmahera / Indonésie) se poursuit avec de volumineux panaches de cendres et de vapeur. Le niveau d’alerte reste à 4 (le niveau le plus élevé sur une échelle de quatre niveaux) et le public est prié de rester à 4 km du cratère actif.

 Panaches de cendres sur le volcan Ibu (Crédit photo: VSI)

°°°°°°°°°°

Toujours en Indonésie, l’activité éruptive au niveau du cratère Laki-laki du Lewotobi s’est intensifiée en mai-juin avec des panaches de cendres et de vapeur s’élevant de 100 à 900 m au-dessus du sommet. Le nombre de séismes volcaniques ainsi que les signaux indiquant des événements éruptifs et des avalanches ont considérablement augmenté. L’incandescence au sommet était visible sur une image de la webcam le 5 juin, et on pouvait voir une activité strombolienne le 9 juin. Le 10 juin, le niveau d’alerte a été porté à 3 et le public a été invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km autour du cratère Laki-laki, à 4 km au NNE et à 5 km sur les flancs NE. L’activité strombolienne s’est poursuivie le 10 juin et plusieurs émissions de cendres sont montées jusqu’à 600m-1 000 m au-dessus du sommet.

Source : PVMBG.

++++++++++

Des pluies intenses le 6 juin 2024 ont mobilisé les cendres déposées lors de l’éruption du Kanlaon (Philippines) le 3 juin, et déclenché des lahars sur le flanc S. des coulées de boue ont impacté plusiers localités. Un bulletin spécial a été émis le 8 juin en raison de niveaux élevés de SO2. Lors d’une visite sur le terrain, le Phivolcs a constaté que les émissions de SO2 étaient en moyenne de 4 397 tonnes par jour, ce qui est le niveau le plus élevé enregistré jusqu’à présent cette année et la deuxième mesure la plus élevée pour le Kanlaon. Ces émissions ont toujours été élevées en 2024, atteignant en moyenne 1 458 tonnes par jour. La sismicité d’origine volcanique s’est maintenue à des niveaux supérieurs à la normale, avec une moyenne de 33 événements par jour. Selon un article de presse du 12 juin, au moins 1 237 familles, soit 4 190 habitants dans cinq barangays, étaient toujours dans des centres d’hébergement provisoires ; beaucoup de personnes souffrent de problèmes de santé dus à une exposition au dioxyde de soufre et aux cendres. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public de rester en dehors de la zone de danger permanente de 4 km de rayon autour du volcan.

Vue de l’éruption du Kanlaon le 3 juin 2024 (Source: réseaux sociaux)

°°°°°°°°°°

Toujours aux Philippines, le PHIVOLCS a indiqué dans un rapport spécial que les émissions de SO2 restent élevées sur le Taal ; elles atteignaient en moyenne 11 072 tonnes par jour le 6 juin 2024. Chaque jour, les émissions de vapeur et de gaz s’élèvent jusqu’à 1,9 à 2,4 km au-dessus du Main Crater. Les 7 et 8 juin, il y a eu cinq épisodes significatifs de tremor volcanique. Un événement phréatique de deux minutes a également été enregistré. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) et le PHIVOLCS rappelle au public que l’ensemble de Volcano Island est une zone de danger permanent (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ». .
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption on the Reykjanes Peninsula (Iceland) that began on May 29th, 2024 continues at the only active crater on the eruptive fissure. It looks as if activity has been declining during the past hours. After the deflation observed in the Svartsengi area since the start of the eruption, the Met Office indicates that ground uplift may have started again. It is difficult to predict how long this eruption will last.

The most significant event of recent days was the invasion of the Grindavikurvegur by a lava overflow. The Blue Lagoon remained closed for several days

Source : Met Office.

++++++++++

The eruption that began at Kilauea (Hawaii) around 12:30 a.m. (local time) on June 3rd, 2024 is now over and the volcano is not erupting. Volcanic gas emissions at the eruption site have decreased significantly and are approaching background levels. Seismicity in the summit region remains elevated, while the tremor has dropped to background levels. Ground inflation at the summit continues. Although the eruption has ended, renewed pulses of seismicity and deformation could result in new eruptive episodes within the area or elsewhere within the summit region.
Source: HVO.

++++++++++

The eruption at Ibu (Halmahera / Indonesia) continues with voluminous ash and steam plumes. The alert level remains at 4 (the highest level on a four-level scale) and the public is asked to stay 4 km away from the active crater.

°°°°°°°°°°

Still in Indonesia, eruptive activity at Lewotobi’s Laki-laki crater increased during in May-June with ash-and-steam plumes rising 100-900 m above the summit. The number of volcanic earthquakes as well as earthquake signals indicating eruptive events and avalanches significantly increased. Incandescence at the summit was visible in a 5 June webcam image, and Strombolian activity was periodically visible on 9 June. On 10 June the alert level was raised to 3 and the public was asked to stay outside the 3-km exclusion zone around Laki-laki crater, 4 km to the NNE, and 5 km on the NE flanks. Strombolian activity continued on 10 June and several ash emissions rose 600-1,000 m above the summit.
Source : PVMBG.

++++++++++

Intense rain on 6 June 2024 mobilized ash deposited during the 3 June eruption at Kanlaon (Philippines) causing lahars to descend the S flank and impact local communities.
A special notice was issued on 8 June due to elevated SO2 levels. During a field survey SO2 emissions averaged 4,397 tonnes per day, which was the highest level recorded so far this year and the second highest measurement for Kanlaon. These emissions were elevated in 2024, averaging 1,458 tonnes per day. The rate of volcanic earthquakes persisted at above-background levels with an average of 33 events per day. At least 1,237 families or 4,190 residents of five barangays remained in evacuation shelters according to a 12 June news article; many had health problems from exposure to sulfur dioxide gas and ash. The alert level remains at 2 (on a scale of 0-5) and PHIVOLCS reminded the public to remain outside the 4-km-radius Permanent Danger Zone.

°°°°°°°°°°

Still in the Philippines, PHIVOLCS has indicated in a special report that SO2 emissions are elevated at Taal, averaging 11,072 tonnes per day on 6 June 2024. Daily steam-and-gas emissions are rising 1.9-2.4 km above the rim of Main Crater. During 7-8 June there were five significant periods of volcanic tremor. A two-minute phreatic event was also recorded. The alert level remains at 1 (on a scale of 0-5), and PHIVOLCS reminds the public that the entire Taal Volcano Island is a Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : PHIVOLCS.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ». .

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

RSS feed

Quick reminder: I am sometimes asked how it is possible to receive and read my posts when they are published. Just go to the top of the right column of my blog where you can see the RSS feed. It will allow you to automatically receive updates from the blog.
You can also click on “Suivre Claude Grandpey: Volcans et Glaciers”.

Kilauea (Hawaii) : plus d’informations sur l’éruption du 3 juin 2024 // More information on the June 3rd eruption

Dans un nouvel épisode de la série « Volcano Watch », l’Observatoire des volcans hawaïens (HVO) explique le processus éruptif qui a conduit à la brève éruption du Kilauea le 3 juin 2024. Le Kīlauea a commencé à entrer en éruption à partir de fissures au sud-ouest de Kaluapele (la caldeira sommitale) juste après minuit le 3 juin et l’éruption a cessé neuf heures plus tard, même si les coulées de lave ont continué à se propager lentement pendant plusieurs heures.
Avant la brève éruption, le HVO avait enregistré pendant plusieurs semaines une hausse de l’activité sismique dans la zone sommitale. Cette hausse de la sismicité était liée aux mouvements du magma sous terre.
Le système d’alimentation du Kilauea comporte trois chambres principales : le réservoir sous l’Halema’uma’u, le réservoir sous la caldeira sud et le réservoir sous Keanakāko’i. Dans les semaines qui ont précédé la dernière éruption, il y a eu trois périodes d’activité distinctes. Du 27 avril au 3 mai, du 6 au 9 mai et du 17 au 18 mai. Deux essaims sismiques distincts se sont produits dans la caldeira sud et dans l’Upper East Rift Zone, comme on peut le vois sur les cartes ci-dessous.

 

Cartes montrant le comportement des deux groupes d’essaims sismiques sur le Kilauea au cours des quatre périodes d’activité. Le nombre d’événements dans le groupe de la caldeira sud augmente tandis que celui du groupe de l’Upper East Rift Zone diminue entre la première et la quatrième période. (Source: HVO)

Au cours de ces essaims, les emplacements des séismes ont souvent basculé entre le groupe de la caldeira sud et le groupe de l’Upper east Rift Zone, car le niveau de pression du magma fluctuait au sein des différentes régions de stockage. La déformation du sol a également augmenté au cours des essaims sismiques, indiquant une hausse du magma en accumulation sous la surface.
Bien que les séismes se soient produits en groupes distincts, ils pouvaient s’expliquer par une réaction aux contraintes créées par les chambres magmatiques situées à proximité. Pour cette raison, plusieurs scénarios étaient possibles. D’une part, l’accumulation de magma pouvait s’arrêter, sans aucune éruption. Une autre possibilité était que l’accumulation de magma se poursuive avec une éruption dans la caldeira sommitale, ou bien le magma pouvait migrer vers le sud-ouest en provoquant une intrusion ou une éruption. Comme on a pu le constater, le magma a migré vers le sud-ouest où s’est produite l’éruption.
Juste après midi le 2 juin, la sismicité a de nouveau augmenté sous la caldeira sud avant de s’intensifier rapidement. Le HVO a alors décidé de relever le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne. pour le Kīlauea à 17h30.
Pendant 12 heures, des événements sismiques allant jusqu’à M4.1 ont secoué la région sommitale jusqu’à 0 h 30 le matin du 3 juin. C’est à ce moment qu’une fissure s’est ouverte à environ 2 km au sud-ouest de la caldeira. L’éruption s’est produite à proximité de fractures qui s’étaient ouvertes lors de l’intrusion de la fin janvier.

Crédit photo: HVO

Les éruptions dans cette zone – en 1971 et 1974 – ont été brèves, il n’est donc pas surprenant que la dernière éruption fissurale ait cessé neuf heures après son début. Elle s’est produite dans une zone retirée du Parc national des volcans d’Hawaii, sans causer de dégâts à des infrastructures.

C’est la première éruption dans cette zone du Kilauea depuis 50 ans, et de la première en dehors de la caldeira sommitale depuis 2018.

——————————————————

In a new ‘Volcano Watch’ episode, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains the eruptive process that led to the the brief eruption at Kilauea Volcano on June 3rd, 2024.

Kīlauea began erupting from fissures southwest of Kaluapele (the summit caldera) just after midnight on June 3rd and the eruption ceased just nine hours later, though lava flows continued to slowly spread for several more hours.

Prior to the brief eruption, HVO had recorded increased seismic activity in the summit area for weeks. It was linked to magma movements underground

The magma plumbing system at Kilauea is divided into three main chambers: the Halemaʻumaʻu reservoir, the south caldera reservoir, and the Keanakākoʻi reservoir. In the weeks leading up to the last eruption, there were three distinct periods of activity. From April 27th to May 3rd, May 6th to 9th and May 17th–18th. Two distinct clusters of earthquakes occurred in the south caldera and the upper East Rift Zone.

During these swarms, earthquake locations often switched between the south caldera cluster and the upper East Rift Zone cluster as magma pressure levels fluctuated within the different storage regions. Rates of ground deformation also increased during the seismic swarms, indicating an increased amount of magma was accumulating beneath the surface.

Although the earthquakes occurred in distinct clusters, they could have happened in response to the stresses created by magma chambers located nearby. For this reason, there were several possibilities scenarios. First, magma accumulation could stop, and no eruption would occur. Magma accumulation could continue with an eruption in Kaluapele or magma could migrate to the southwest with either an intrusion or eruption. As we now know, magma migrated to the southwest and it erupted.

Just after noon on June 2nd, earthquakes increased again beneath the south caldera region and intensified quickly, prompting HVO to raise the alert level and aviation color code for Kīlauea at 5:30 p.m.

For 12 hours, earthquakes of up to M4.1 shook the summit region until 12:30 a.m. June 3rd in the morning, when a fissure opened about 2 km southwest of the caldera. The eruption happened in the vicinity of ground cracks that formed in the late January intrusion.

Past eruptions in this area – in 1971 and 1974 – have been brief, so it was no surprise when the fissure stopped erupting nine hours after the eruption began. Fortunately, the short-lived eruption occurred within a closed area of Hawaʻi Volcanoes National Park; it did no damage to infrastructure. This was the first eruption in this area of Kilauea in 50 years, and the first eruption outside the summit caldera since 2018.