Le cratère du Pu’uO’o (Hawaii)

drapeau-francaisCeux qui ont eu la chance d’observer le Pu’uO’o ces dernières années auraient bien du mal à le reconnaître aujourd’hui car sa morphologie a été bouleversée au cours des derniers mois. Il ne reste presque plus rien du cône d’origine qui s’était formé en 1983 et pendant les années suivantes. Le cratère est presque rempli à ras bord de matériaux émis au cours des dernières phases d’activité
Les photos prises le 19 janvier 2016 par les géologues du HVO donnent une bonne idée de l’aspect actuel du Pu’uO’o. Dans la partie orientale, on peut voir la surface uniformément noire du lac de lave circulaire qui s’agitait en juillet 2014. Dans la partie occidentale du Pu’uO’o, il y a un pit crater circulaire d’une vingtaine de mètres de diamètre qui héberge un petit lac de lave actif. Aujourd’hui, la zone marron au premier plan de la photo, ainsi que les zones plus foncées de la lèvre du cratère à l’arrière-plan (avec instruments du HVO), sont les restes du cône d’origine.

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drapeau anglaisIt would be difficult for those who could observe Pu’uO’o in recent years to recognize the crater as its morphology has deeply changed in recent months. Very little of the original cone, formed in 1983 and the years that followed, remains visible on the surface The vent is nearly full to the rim with the materials emitted during the past months.
Recent photos (taken on January 19th) by HVO geologists give a good idea of the current aspect of the crater. In the eastern part, one can now see the black surface of the circular lava pond that was active in July 2014. In the western part of Pu’uO’o, there is the smaller, circular pit about 20 metres in diameter that contains a small, active lava pond. Today, the tan coloured area in the foreground of the photo, and the brown sections of the crater rim in the background (with HVO instruments), are the original portions of the cone.

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Le Pu’uO’o en 2016 (Crédit photo: HVO)

Puu 04Le Pu’uO’o en 2011 (Photo: C. Grandpey)

Les lacs de lave et leur comportement // Lava lakes and how they behave

drapeau-francaisCertains volcans ont le privilège d’héberger un lac de lave permanent: l’Erta Ale en Ethiopie, le Nyiragongo en République Démocratique du Congo, le Kilauea à Haiwaii, l’Erebus en Antarctique. Le Villarrica au Chili montre un lac de lave intermittent au fond de son cratère. Au Vanuatu, la lave est brassée par les gaz du Marum et du Benbow, mais il s’agit plus de chaudrons de lave bouillonnante que de véritables lacs de lave.
Les scientifiques se posent beaucoup de questions sur le fonctionnement des lacs de lave. La projection récente d’un documentaire sur le Nyiragongo a réanimé le débat et plusieurs hypothèses ont été avancées. Comme le faisait remarquer l’ami Robin Campion dans les commentaires, tous les lacs de lave ne présentent pas les mêmes caractéristiques. Ainsi, le comportement du lac de lave à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u à Hawaii est géré par les phénomènes de gonflement et de dégonflement auxquels est soumis le Kilauea. Un gonflement signale une montée de magma depuis les profondeurs, tandis que le dégonflement trahit un reflux de l’alimentation. On remarquera par ailleurs que la surface du lac de lave est animée d’un mouvement de convection avec, de temps en temps, de petites fontaines de lave lorsque les gaz ont envie de s’échapper à la surface.
A Hawaii a également été observé un phénomène intéressant baptisé « gas pistoning » par les scientifiques en poste au HVO. Ce « gas pistoning » fait référence aux fluctuations du niveau de la lave à l’intérieur d’une bouche ou d’un lac de lave, souvent de manière cyclique. Il est bien connu à Hawaii où il a été observé pour la première fois dans les années 1970 lors de l’éruption du Mauna Ulu. Il se caractérise par une montée relativement lente de la surface de la lave recouverte d’une croûte, suivie de la chute brutale de son niveau avec projection de lambeaux de lave sous l’effet des gaz.
Le site web du HVO montre une vidéo avec une série de trois épisodes de « gas pistons » dans la bouche ‘Drainhole’ du Pu’u o’o le 3 juin 2006. Cette bouche mesure environ 8 mètres de diamètre et se situe à l’intérieur d’une bouche plus grande d’environ 25 mètres de diamètre.
https://www.youtube.com/watch?v=3ll5p8pfI5Q

Quatre explications ont été fournies dans un rapport écrit en 2012 par les scientifiques hawaiiens pour expliquer le phénomène du « gas pistoning » (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-012-0667-0#/page-1) :
1) Les gaz sont piégés sous la surface croûtée de la lave ou sous une couche de lave visqueuse qui surmonte la colonne de lave plus fluide avant d’être libérés de façon épisodique.
2) Des bulles de gaz discrètes se forment épisodiquement et montent lentement dans la lave qui se trouve dans le conduit avant d’éclater à la surface
3) Une montée régulière des gaz réduit temporairement la densité globale de la colonne de lave et la fait s’élever dans le conduit. L’ensemble devient instable ; la surface de la lave chute et le système se remet en place pour un nouveau cycle.
4) La dernière théorie – celle privilégiée par Robin Campion dans son commentaire à propos du Nyiragongo – évoque la possibilité de la formation, puis de la chute, d’une couche d’écume de lave au sommet de la colonne, même si celle-ci est recouverte d’une croûte. Pour reprendre l’explication de Robin, « la rétention et l’accumulation progressive en profondeur d’une phase gazeuse libre formerait une sorte de mousse qui se ferait piéger dans les sinuosités du conduit. Cette étape correspondrait à la montée progressive du niveau de la lave […] Quand cette mousse atteint un volume critique, elle se libère de son « piège », remonte dans le conduit du fait de sa faible densité, et, quand elle arrive proche de la surface, elle dégaze en quelques dizaine de minutes (phase de fontaines intenses et de baisse de niveau) ».
Ce ne sont que des hypothèses qui demandent à être approfondies. D’ailleurs, le rapport fourni par les scientifiques hawaiiens en 2012 ne tirait pas de conclusion définitive de ces quatre hypothèses. Les observations avaient été faites essentiellement à partir des images fournies par les webcams du Pu’uO’o en 2006.

Comme je l’ai écrit dans les commentaires, s’agissant du Nyiragongo, le plus important reste la prévision et la prévention volcaniques. Comme le fait très justement remarquer le documentaire, la ville de Goma est sous la menace du volcan. Que ce soit en 1977 (probablement 600 morts) ou en 2002 (45 victimes), la lave s’est écoulée suite à un éventrement du volcan car les fractures qui parcourent ses flancs n’ont pas pu résister à la pression de la lave fluide qui a très vite atteint Goma. Les prochaines éruptions du Nyiragongo nous diront si des progrès ont été réalisés. Il faudrait aussi que la population prenne conscience de ce danger et que cessent les actes de vandalisme qui font disparaître des instruments de mesures extrêmement précieux.

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drapeau anglaisSome volcanoes host a permanent lava lake! Erta Ale in Ethiopia, Nyiragongo in the Democratic Republic of Congo, Kilauea in Haiwaii or Erebus in Antarctica. Villarrica in Chile shows an intermittent lava lake at the bottom of the crater. In Vanuatu, the lava is brewed by gases in Marum and Benbow, but they are more bubbling cauldrons that real lava lakes.
Scientists have asked many questions about the functioning of lava lakes. The recent screening of a documentary showing Nyiragongo revived the debate and several hypotheses have been advanced. As was noted by Robin Campion in the comments, all lava lakes do not have the same characteristics. Thus, the behaviour of the lava lake inside Halema’uma’u Crater in Hawaii is managed by the phenomena of inflation and deflation which affect Kilauea volcano. Inflation indicates magma rising from deep, while deflation betrays a reflux in the feeding system. We can also notice that the surface of the lava lake is animated by a convective movement with, at times, small lava fountains when gases escape to the surface.
In Hawaii, an interesting phenomenon called “gas pistoning” by HVO scientists was also observed. This “gas pistoning” refers to the level fluctuations of lava inside a vent or a lake, often cyclically. It is well known in Hawaii, where it was observed for the first time in the 1970s during the eruption of Mauna Ulu. It is characterized by a relatively slow rise of the lava surface covered with a crust, followed by the sudden collapse with lava ejections under the pressure of the gases.
The HVO’s website shows a video with a series of three episodes of “gas piston” in the Drainhole Vent within Pu’u o’o on June 3rd 2006. The vent is approximately 8 metres in diameter and is located within a larger vent about 25 metres in diameter.
https://www.youtube.com/watch?v=3ll5p8pfI5Q

Four explanations were provided in a report written in 2012 by Hawaiian about the “gas pistoning” phenomenon (http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00445-012-0667-0#/page-1 )
1) The gases atre trapped beneath the crusty surface of lava or a viscous layer at the top of the lava column or lake before being released episodically.
2) Discrete gas slugs form episodically and then rise slowly in the conduit before bursting through the surface
3) A steady streaming of gas temporarily reduces the bulk density of the lava column, causing ot to rise in the duct. The whole system becomes unstable; the lava surface falls and the system is reset for a new cycle.
4) The last theory – the one referred to by Robin Campion in his commentary – raises the possibility of the formation and collapse of a foam layer on top of the column, even if the latter is covered with a crust. To mention again Robin’s explanation, “the retention and deep progressive accumulation of a free gas phase would form a kind of foam that would be trapped in the windings of the conduit. This stage corresponds to the gradual rise in the level of the lava […] When the foam reaches a critical volume, it becomes free of its « trap », goes up in the conduit thanks to its low density, and when it comes near the surface, it degasses within ten minutes (intense lava fountaining and drop of the level).”
These are only hypotheses. The report provided by the Hawaiian scientists in 2012 did not draw definitive conclusions from these four assumptions. The observations were made mainly from images provided by the Pu’uO’o webcams in 2006.

As I put it in the comments, regarding Nyiragongo, what really matters is volcanic prediction and prevention. Indeed, Goma is under the threat of the volcano. Whether in 1977 (probably 600 deaths) or 2002 (45 victims), lava rushed into the town because the fractures along the sides of the volcano could not withstand the pressure of the fluid lava which quickly reached Goma. The next eruption of Nyiragongo will tell us whether progress has been made. The population should become aware of this danger and it would be great if acts of vandalism stopped, with the robbery of extremely valuable measuring instruments.

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Lac de lave dans le cratère du Pu’uO’o à Hawaii (Photos: C. Grandpey)

Koko Crater (Oahu / Hawaii)

drapeau-francaisAu cours de ses dernières vacances d’hiver à Hawaii, le Président Obama s’est rendu sur la côte sud-est de l’île d’Oahu où il a escaladé le Koko Crater, un ancien cône de tuf volcanique qui dresse ses 368 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur une avancée de terre baptisée Koko Head. Pour l’escalader, il y a deux solutions : une facile et une autre plus sportive et aussi plus originale. Comme Obama a effectué l’ascension en famille, je suppose qu’il a emprunté le sentier qui prend l’édifice en écharpe avec une pente modérée. L’autre sentier est beaucoup plus raide. C’est la solution que j’ai adoptée lors de mon dernier séjour à Hawaii. Pour accéder au sommet, on emprunte un escalier de 1048 marches façonnées à l’aide des traverses d’une ancienne voie de chemin de fer qui, au cours de la seconde guerre mondiale, permettait d’acheminer du ravitaillement dans un bunker militaire construit dans le cratère qui abrite de nos jours un jardin de cactées. Prévoir de quoi boire pour l’ascension car il n’y a pas d’ombre et pas de buvette au sommet ! Du point culminant, la vue est superbe sur l’île d’Oahu et sur le Pacifique. En contrebas, on peut admirer Hanauma Bay, spot de snorkeling très populaire à Hawaii et également fréquenté par le Président des Etats-Unis. Personnellement, je préfère certains autres sites sur les côtes ouest et sud-est de Big Island qui, de surcroît, sont gratuits, alors qu’il faut débourser quelques dollars pour admirer les coraux et les poissons tropicaux de Hanauma Bay.
Koko Crater, également connu sous le nom de Kohelepelepe (« petites lèvres » en hawaiien) tire son nom d’une légende hawaiienne. Kapo, l’une des sœurs de Pele, la déesse des volcans, avait un « vagin volant » magique dont elle pouvait disposer à volonté. Un jour, Kamapua’a, le féroce dieu-porc essaya de violer Pélé. Kapo vint à son secours. Elle détourna l’attention de Kamapua’a en envoyant son vagin volant vers Koko Head où il se transforma en cratère…

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drapeau-anglaisDuring his last winter vacation in Hawaii, President Obama went to the southeast coast of Oahu, where he climbed Koko Crater, an ancient volcanic tuff cone which rises 368 meters above sea level, on a cape called Koko Head. To climb it, there are two solutions: an easy one and another more sporty and also more original. As Obama made the ascent with his family, I suppose he chose the path that goes around the edifice, with a moderate slope. The other trail is much steeper. This is the solution I adopted during my last trip to Hawaii. To reach the summit, you walk up a staircase of 1048 steps made up with the sleepers of an old railway track that, during the Second World War, allowed to transport supplies to a military bunker built in crater that now houses a cactus garden. Don’t forget to bring water for the ascent as there is no shade and no refreshment at the top! From the summit, the view is great on the island of Oahu and the Pacific Ocean. Below, you can see Hanauma Bay, a very popular snorkeling spot in Hawaii, often visited by the President of the United States. Personally, I prefer some other sites on the western and southeast coast of Big Island, which are free, unlike Hanauma Bay where you have to pay a few dollars to admire corals and tropical fish.
Koko Crater, also known as the Kohelepelepe (« labia minor » in Hawaiian) takes its name from an Hawaiian legend. Kapo, one of the sisters of the volcano goddess Pele, had a magical « flying vagina » which she could send anywhere. One day, Kamapua’a, the fierce pig god, tried to rape Pele. Kapo came to her rescue. She distracted Kamapua’a by sending her flying vagina to Koko Head where it made the crater …

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Photos: C. Grandpey

Nouveaux séismes sur le Mauna Loa (Hawaii) // More earthquakes on Mauna Loa (Hawaii)

drapeau-francaisL’USGS a enregistré deux séismes lundi en début de matinée dans les environs du sommet du Mauna Loa.
Le premier événement, d’une magnitude de M 3,9, s’est produit à 01h52, à environ 6,6 km au nord-nord-est du sommet, à une profondeur de 12 km. Onze personnes, principalement dans la région de Captain Cook, ont déclaré avoir ressenti la secousse.
Le deuxième événement, d’une magnitude de M 3, a été enregistré à 04h01 à environ 6 km au sud-sud-ouest du sommet du Mauna Loa, à une profondeur de 2,4 km. Trois personnes ont déclaré avoir ressenti la secousse; deux se trouvaient à Captain Cook et une autre à Kailua-Kona.
Le HVO indique que depuis le 17 septembre 2015, lorsque le niveau d’alerte du Mauna Loa est passé de « Normal » à « Vigilance », on observe en permanence une forte sismicité et une déformation des flancs du volcan.
La semaine dernière, les séismes ont été enregistrés principalement dans la partie supérieure de la Rift Zone Sud-Ouest, à des profondeurs de moins de 5 km. L’événement de magnitude M 3 observé lundi a été localisé dans cette zone, tandis que le premier séisme s’est produit sur le versant nord du volcan.
Les mesures GPS continuent de montrer une déformation liée à l’inflation des réservoirs de magma sous le sommet et sous la partie supérieure de la Rift Zone Sud-Ouest.
Source: West Hawaii Today.

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drapeau-anglaisUSGS recorded two earthquakes early Monday in the vicinity of the Mauna Loa summit.
The first event with a magnitude of M 3.9, struck at 1:52 a.m. about 6.6 km north-northeast of Mauna Loa summit at a depth of 12 km. Eleven people, mainly in the Captain Cook area, reported feeling the earthquake.
The second event, with a magnitude of M 3, was recorded at 4:01 a.m. about 6 km south-southwest of the Mauna Loa summit, at a depth of 2.4 km. Three people reported feeling the earthquake; two were in Captain Cook and one was in Kailua-Kona.
HVO indicates that since September 17th 2015, when the Volcano Alert Level for Mauna Loa was raised from “normal” to “advisory,” elevated seismicity within the volcano and deformation across its flanks persist
In the past week, earthquakes have been occurring mostly beneath the volcano’s upper Southwest Rift Zone at depths less than 5 km. The M 3 event that struck Monday was located in this region, while the first earthquake was located on the north side of the volcano.
GPS measurements continue to show deformation related to inflation of a magma reservoir complex beneath the summit and upper Southwest Rift Zone.
Source : West Hawaii Today.

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Mokuʻāweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)