La surveillance du Mauna Loa (Hawaii / Etats Unis)

drapeau-francaisLa surveillance du Mauna Loa a été renforcée ces temps derniers car plusieurs paramètres tendent à montrer que la chambre magmatique est en phase de remplissage, avec le risque d’une éruption à plus ou moins long terme.

En septembre 2015, l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) a fait passer le niveau d’alerte de « Normal » à « Vigilance » en raison d’un accroissement de l’activité sous la caldeira sommitale et le long de la SouthWest Rift Zone (SWRZ), zone de fractures sur le versant SO du volcan. Cela signifie que un ou plusieurs paramètres de surveillance ont enregistré une activité au-dessus de la normale. En même temps qu’une hausse de l’activité sismique, les capteurs GPS et l’interférométrie radar à bord des satellites (InSAR) ont enregistré un gonflement du sol, ce qui indiquait que le magma se déplaçait à faible profondeur sous le volcan.
Depuis la mi-2014, lorsque l’activité du Mauna Loa a commencé à augmenter, on a observé une évolution dans l’emplacement de la sismicité et la déformation de l’édifice. Ainsi, la sismicité a montré un déclin au niveau de la caldeira sommitale et une hausse parallèle dans la partie supérieure de la SWRZ. De son côté, l’inflation sous la caldeira a ralenti de manière significative, en même temps qu’elle reprenait dans la SWRZ.
Le Kilauea et le Mauna Loa ont montré aux scientifiques du HVO qu’il est important d’utiliser tous les moyens essentiels de surveillance mis à leur disposition (géophysiques, géologiques, géochimiques) pour comprendre les processus qui se déroulent en profondeur et qui font évoluer l’activité volcanique.
À cette fin, le réseau sismique du HVO a été considérablement élargi et renforcé pour faire face aux conditions hostiles en haute altitude sur le Mauna Loa. Les capteurs GPS et autres systèmes satellitaires donnent en permanence des informations sur la déformation de la surface du sol. De plus, des caméras infrarouge (thermiques) récemment installées contrôlent elles aussi 24 heures sur 24 les moindres variations de la surface du sol.
Un autre paramètre clé actuellement en amélioration est la géochimie des gaz. Au cours des deux prochains mois, le HVO prévoit de mettre en place un site supplémentaire de surveillance continue des gaz sur la SWRZ, non loin du site où l’on observe actuellement une hausse de l’activité sismique et un épisode d’inflation du volcan.
En ce qui concerne la géochimie des gaz, il y a une coopération étroite avec l’Observatoire du Mauna Loa (MLO) situé sur le flanc nord du volcan à 3380 mètres d’altitude. Il y a quelques années, les scientifiques du MLO ont remarqué que, en plus du suivi du CO2 atmosphérique, ils étaient, sous certaines conditions de vent, capables de mesurer les émissions de CO2 du volcan.
La population de la Grande Ile d’Hawaii est en hausse constante et de plus en plus de gens et d’infrastructures sont donc potentiellement exposés à des éruptions du Mauna Loa. Une localité comme Ocean View serait aux premières loges si une éruption se déclenchait dans la SWRZ avec, en prime, un risque de coupure de la Highway 11 par les coulées de lave. Une amélioration des connaissances et une meilleure surveillance du Mauna Loa permettront d’atteindre un meilleur niveau de sécurité en cas d’éruption.
Source: USGS / HVO.

————————————

drapeau-anglaisMauna Loa is under closer control as several parameters tend to show that the magma chamber is refilling, with the risk of an eruption in the shorter or longer term.

In September 2015, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) raised the alert level from “normal” to “advisory” because of increased activity beneath the summit caldera and upper Southwest Rift Zone (SWRZ). This means that one or more monitoring parameters are recording activity significantly above background levels. At the same time that earthquake rates increased, GPS instruments and satellite radar systems (InSAR) recorded ground swelling, which indicated that magma was moving into shallow levels beneath the volcano.

Since mid-2014, when Mauna Loa activity first began to increase, not only have the rates of earthquake and surface deformation waxed and waned, but the locations of earthquakes and inflation have shifted as well. Far fewer earthquakes have been occurring beneath the summit caldera, while rates of earthquakes in the upper SWRZ have increased. Concurrently, inflation beneath the caldera has slowed significantly, but picked up in the upper SWRZ.

One of the many valuable lessons that Kilauea and Mauna Loa have taught HVO scientists is that it is important to use all available volcano monitoring “keys” (geophysical, geological, and geochemical) to help unlock the subsurface processes that cause changing activity.

For that purpose, HVO’s seismic network has been considerably expanded and made more robust to survive the harsh high altitude Mauna Loa environment. Continuously-recording GPS instruments and other satellite-based systems produce frequent measurements of ground surface movement. Besdes, newly-installed visible and infrared (thermal) webcams track surface changes around the clock.

Another key currently under enhancement is gas geochemistry. Over the next couple of months HVO expects to add another continuous gas monitoring site on Mauna Loa’s SWRZ, not far from where the earthquakes and inflation are currently concentrated.

As far as volcanic gas geochemistry is concerned, there is a close cooperation with scientists from the Mauna Loa Observatory (MLO), located on the volcano’s north flank at 3380 metres a.s.l. Some years ago, MLO scientists noted that, in addition to being able to track the steady rise in background atmospheric CO2, they were, under certain wind conditions, able to measure CO2 emissions from the volcano.

As Hawaii Island’s population grows, more people and infrastructure are potentially in harm’s way now than during past eruptions of Mauna Loa. Ocean View would be in danger if an eruption occurred in the SWRZ and Highway 11 might bec ut by the lava flows. Increased knowledge, plus advancements in the volcano monitoring, can help communities be safer during future eruptions.

Source: USGS / HVO.

Mauna-Loa-blog-2

Vue de la caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Mauna Loa sismicité

Sismicité hebdomadaire du Mauna Loa (2010 – septembre 2015) et variations de la caldeira sommitale (Source: USGS)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Lac de lave visible depuis le Jaggar Museum !

drapeau-francaisSi vous avez raté hier l’éruption de l’Etna, pourquoi ne pas prendre l’avion et vous rendre à Hawaii ? Avec un peu de chance, vous verrez le lac de lave de l’Halema’uma’u depuis la terrasse du Jaggar Museum ! Son niveau se trouve en ce moment à 24 mètres sous la lèvre du pit crater et hier on pouvait voir la lave depuis la terrasse du musée. Malgré tout, vous avez intérêt à vous dépêcher car le spectacle est souvent éphémère et dépend des épisodes de gonflement et de dégonflement du Kilauea. Le lac a déjà baissé de plusieurs mètres au cours des dernières heures. Le HVO indique que les émissions de SO2 oscillent en moyenne entre 4500 et 6400 tonnes par jour, ce qui est normal pour un lac de lave comme celui-ci. Les données fournies par les capteurs GPS et par l’interférométrie radar (InSAR) montrent la poursuite de la tendance inflationniste du sommet du Kilauea et de la zone de rift sud-ouest.

Source : HVO.

————————————–

drapeau-anglaisIf you missed yesterday’s eruption of Mt Etna, you might take a plane and fly to Hawaii. With a bit of luck, you will see the Halema’uma’u  lava lake from the Jaggar Museum overlook! Its level is currently 24 metres below the rim of the pit crater and could be seen yesterday from the terrace. However, you’d better hurry up as the show could be ephemeral and depends on the inflation and deflation episodes on Kilauea volcano. The lava level already dropped several metres in the past hours. HVO indicates that SO2 emissions from the summit vent usually range from 4,500 to 6,400 tons per day, which is typical for active pond conditions. Data from GPS networks and interferometric satellite radar (InSAR) show continued long-term inflation of the summit and upper Southwest Rift Zone magma reservoirs.

Source: HVO.

H

Même de jour, on aperçoit la surface du lac de lave depuis le Jaggar Museum.

(Image webcam USGS / HVO du 18 mai 2016)

Kilauea (Hawaii / Etats Unis): Situation stable

drapeau-francaisL’activité éruptive continue au sommet du Kilauea et sur l’East Rift Zone, sans changement significatif depuis ma dernière note sur ce volcan. Sismicité et déformation se maintiennent à des niveaux normaux et on observe les épisodes habituels de gonflement et de dégonflement de l’édifice.
Le lac de lave dans l’Halema’uma’u reste bien actif. Son niveau se situe actuellement à une trentaine de mètres sous la lèvre du pit crater.
Les images des webcams du Pu’uO’o montrent une lueur persistante au niveau des sources d’activité observées depuis pas mal de temps dans le cratère et au niveau des lucarnes dans les tunnels de lave sur le flanc NE du cône. On observe toujours un petit lac de lave actif d’environ 25 mètres de diamètre dans la partie ouest du cratère.
De petites émissions de lave restent visibles au NE du Pu’O’o, sans avancée significative au cours du mois écoulé. Les plus éloignées se trouvent à 5,8 km du cratère. Plusieurs petites coulées brûlent la végétation le long de la bordure nord du champ de lave, à la limite de la forêt.
Source: HVO.

————————————

drapeau-anglaisEruptive activity continues at Kilauea volcano’s summit and on the East Rift Zone with no significant changes. Seismicity and deformation rates throughout the volcano are at background levels, with the usual inflation and deflation episodes.

The lava lake within Halema’uma’u remains active with its level currently about 30 metres below the crater floor.

Webcam images of Pu’uO’o show persistent glow at long-term sources within the crater, and from skylights in the lava tube on the NE flank of the cone. There is still a small active lava pond about 25 metres in diameter in the western portion of  the crater.

Scattered breakouts persist NE of Pu’O’o, with no significant advancement over the past month. The farthest active breakouts are 5.8 km from the vent. Several small breakouts are burning vegetation along the north margin of the flow, at the forest boundary.

Source: HVO.

Puuoo mai

Lac de lave dans la partie ouest du Pu’uO’o.

(Crédit photo: HVO)

La sismicité à Hawaii // Seismicity in Hawaii

drapeau-francaisSi vous allez à Hawaii, ne soyez pas surpris de sentir parfois la terre trembler. Chaque année, les habitants de la Grande Ile ressentent des dizaines de petits séismes qui font partie de leur vie quotidienne. Cependant, trois événements plus significatifs ont récemment été enregistrés sur l’archipel hawaiien, rappelant aux habitants des autres îles que, eux aussi, vivent avec le risque sismique.
Ainsi, le 28 mars dernier, un séisme de M 3.6 a secoué l’isthme reliant l’ouest et de l’est de Maui. Quatre jours plus tard, un événement de M 4.2, centré à environ 88 km à l’est de Hana, sur Maui, a été ressenti à travers tout l’État d’Hawaii. Trois jours plus tard, dans la matinée du 5 avril, une secousse de M 2.8, centrée à environ 5 km au large de Diamond Head, a fait vibrer des quartiers de Honolulu. Bien que ces trois événements aient présenté une faible magnitude, ils ont été suffisamment forts pour être ressentis par la population.
En règle générale, la localisation d’un séisme fournit les premiers indices quant à sa source. Les récentes secousses enregistrées à Maui et Oahu étaient toutes situées à des profondeurs comprises entre 18 et 36 km. A de telles profondeurs, et loin des centres d’activité volcanique comme le Kilauea ou le Mauna Loa sur l’île d’Hawaii, ce sont en général les mouvements de la lithosphère sous le poids des îles qui génèrent des forces se traduisant de temps à autre par des tremblements de terre. Les contraintes subies par la lithosphère recouvrent les temps géologiques, avec des séismes qui se produisent beaucoup moins fréquemment que ceux directement liés au volcanisme actif hawaiien. Les processus volcaniques, qui peuvent rapidement modifier les conditions au sein des volcans actifs, génèrent des milliers de séismes enregistrés chaque année par le HVO.
Lorsque des séismes relativement inhabituels se produisent à une semaine d’intervalle, on peut raisonnablement se demander s’il existe un lien entre eux. Cependant, nous manquons d’informations suffisamment détaillées et nous connaissons mal les conditions en profondeur sous l’archipel hawaiien pour savoir si un petit séisme sur une île peut en provoquer un autre sur une autre île.

L’historique sismique de la région et notre expérience des tremblements de terre sont  essentiels, en particulier lorsque des séismes se produisent dans des secteurs relativement inactifs comme Maui et Honolulu. D’une manière générale, les zones où se sont produits de puissants séismes dans le passé sont susceptibles de connaître de semblables événements dans l’avenir. Par exemple, en janvier 1938, un séisme de M 6,9 a eu lieu au NE de Maui. Parmi ses effets les plus significatifs sur l’île, on relève la fissuration d’un château d’eau et la rupture de canalisations. Des bâtiments ont été également endommagés à Maui, ainsi que sur les îles d’Oahu, de Kauai et Hawaii. Il est impossible de dire si le séisme de M 4.2 enregistré le 31 mars 2016, a été causé par la même faille qu’en 1938, mais on sait qu’un séisme de M 6,9 près de Maui entraînerait aujourd’hui beaucoup plus de pertes qu’autrefois.
Prédire avec précision l’emplacement, le jour, et l’amplitude d’un séisme reste impossible. Toutefois, les secousses mineures nous rappellent que des séismes destructeurs font partie de l’histoire d’Hawaii. Les autorités et la population devront donc être prêtes à réagir rapidement et efficacement en tout point de l’État le jour où un puissant séisme se produira.
Source: HVO.

————————————–

drapeau-anglaisIf you go and visit Hawaii, don’t be surprised if you feel the earth tremble. Each year, Big Island inhabitants feel dozens of small earthquakes which are part of their way of life. But three small earthquakes recently struck the whole State of Hawaii, reminding the residents that they, too, live with earthquakes.

On March 28th, an M 3.6 quake struck beneath the isthmus connecting West and East Maui. Four days later, an M 4.2 event, centered roughly 88 km east of Hana, Maui, was felt across the State. Three days later, on the morning of April 5th, an M 2.8 earthquake, centered about 5 km off Diamond Head, shook parts of Honolulu. While all three were considered small earthquakes, they were large enough to be felt by people.

Typically, an earthquake’s location provides the first clues as to its cause. The recent Maui and Oahu earthquakes were all located at depths between about 18 and 36 km. At such depths, and away from centers of volcanic activity, such as Kilauea or Mauna Loa on Hawai‘i Island, the flexing, or bending, of the Earth’s lithosphere due to the weight of the islands produces forces that result in occasional earthquakes. Lithospheric flexure occurs over geologic time, with associated earthquakes occurring much less frequently, compared to earthquakes more directly linked to active Hawaiian volcanism. Volcanic processes, which can rapidly change conditions within active volcanoes, generate many thousands of earthquakes recorded by HVO each year.

When relatively infrequent earthquakes occur within a week of one another, it’s reasonable to wonder whether they might be closely linked. However, we lack sufficiently detailed information and understanding of conditions at these depths beneath Hawaii to explain why one small earthquake would lead to another, islands apart.

Awareness of relevant earthquake history and experiences is essential, especially when earthquakes occur and are felt in relatively inactive regions like Maui and Honolulu. In general terms, areas where large earthquakes have occurred in the past are expected to continue to experience large earthquakes in the future. For instance, in January 1938, an M 6.9 earthquake occurred northeast of Maui. Among its extreme effects on Maui, there were cracked water catchment and broken water pipelines. Buildings were also damaged on Maui, as well as on Oahu, Kauai, and Hawaii. It’s not possible to say if the M 4.2 earthquake on March 31st, 2016, ruptured the same fault as in 1938, but an M 6.9 earthquake near Maui today would result in far greater losses now than then.

Predicting the precise location, time, and magnitude of a future earthquake is still not possible. Small earthquakes, however, remind us that damaging earthquakes are part of Hawaii’s history, and we must understand how to prepare and respond effectively across the entire State when a large earthquake strikes.

Source: HVO.

Hawaii earthquakes

Sur cette carte, les points rouges indiquent les 3 séismes enregistrés fin mars-début avril 2016, tandis que les points bleus montrent les séismes mineurs observés sur la Grande Ile entre le 28 mars et le 14 avril 2016 (Source: USGS / HVO)