Semeru: les lacunes de la prévision et de la prévention éruptives // The shortcomings of eruptive prediction and prevention

Au lendemain de l’éruption meurtrière du Semeru (39 morts et 12 disparus, et des dizaines d’autres gravement brûlés), on se rend compte une fois de plus à quel point la prévision volcanique est faible, surtout sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique.
L’éruption du Semeru s’est produite sans prévenir. Elle soulève des questions et des doutes au sein de la population sur l’efficacité du système indonésien d’alerte aux catastrophes et sur les dangers de la reconstruction sur les pentes fertiles mais dangereuses d’un volcan.
Les autorités ont déclaré que des messages d’alerte avaient été envoyés aux administrateurs locaux, mais elles ont reconnu qu’ils n’avaient pas donné lieu à un ordre d’évacuation, « en partie parce que l’activité du volcan est difficile à prévoir. »
Les messages recommandant des évacuation sont normalement relayés par l’agence nationale de gestion des catastrophes, comme ce fut le cas en 2017 lorsqu’elle a ordonné à 100 000 personnes vivant près du mont Agung à Bali de quitter immédiatement la zone de danger. C’était une bonne mesure de prévention, même si aucune éruption majeure n’a eu lieu.
Curah Kobokan est l’un des villages détruits par la dernière éruption du Semeru. En javanais, ce nom signifie « bol en train de déverser », en référence à la rivière qui passe à proximité. Autrefois source de vie, la rivière est devenue source de malheur pour ce village. Lorsque le Semeru est entré en éruption, le cours d’eau a véhiculé d’épaisses coulées de boue et de cendres à haute température qui se sont déversées directement dans Curah Kobokan, transformant le village en un champ de cendres grises qui a englouti les lignes électriques, tandis que seuls les toits des maisons dépassaient de la fange.
Les villageois disent que l’air est devenu « brûlant et noir » en quelques secondes. Les gens ont crié et se sont enfuis; certains se sont réfugiés dans une maison de prière, d’autres se sont blottis dans une canalisation en béton. Sur les huit villageois interrogés, aucun n’a déclaré avoir été prévenu d’une éruption imminente. Ils ont tous ajouté que si les gens avaient été prévenus, ils seraient partis. Au lieu de cela, en quelques minutes, la coulée pyroclastique les a tués.
La dévastation causée par le Semeru peut être attribuée à un ensemble de facteurs, mais personne ne se sent responsable. Cela me rappelle la dernière grande éruption du volcan Fuego (Guatemala) et ses centaines de morts. À la suite de l’événement, l’INSIVUMEH et le CONRED se sont mutuellement attribués la responsabilité du désastre.
Le directeur de l’agence géologique indonésienne a déclaré que des messages avaient été envoyés aux autorités locales pour les avertir du risque de coulée pyroclastique et que la rivière près de Curah Kobokan était marquée en rouge sur la carte.
L’agence de gestion des catastrophes de Java Est a déclaré que les mises e garde avaient été transmises aux agences locales, mais qu’il n’y avait pas eu d’ordre spécifique d’évacuation.
Les scientifiques expliquent que la nature de l’éruption – un effondrement du dôme de lave peut-être déclenché par des facteurs externes tels que de fortes pluies – était difficile à prévoir. Un chercheur explique que les éruptions déclenchées par les effondrements de dômes de lave représentent environ 6 % de l’ensemble des éruptions volcaniques.
Un autre facteur causal de la tragédie est la réalité de la vie sur les pentes du Semeru, où au fil des décennies, les villageois se sont habituées à l’activité volcanique, y compris les émissions de gaz et de vapeur au sommet du volcan.
Alors que les autorités évaluent les dégâts (100 000 maisons ont été endommagées ou détruites), il semble y avoir une prise de conscience du danger de vivre si près du volcan. Le président indonésien a déclaré qu’au moins 2 000 maisons devraient être déplacées.
Avec 142 volcans potentiellement actifs, l’Indonésie a la plus forte densité de population vivant à proximité de l’un d’eux. 8,6 millions de gens habitent à moins de 10 km d’un volcan. Lorsque des coulées pyroclastiques se déclenchent, il n’y a pas le temps de fuir. Si de véritables mesures de prévention ne sont pas mises en place, la vraie question sera de savoir quel volcan indonésien sera le prochain tueur…
Source : d’après un article paru dans Yahoo News.

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In the wake of the deadly Semeru eruption (39 dead and 12 missing, with tens of others severely burnt) one realises once again how low volcanic prediction is, above all on the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire.

The Semeru eruption occurred with no warning and it raises questions and doubts among the population about the effectiveness of Indonesia’s disaster warning system, and the dangers of rebuilding on the volcano’s fertile but precarious slopes.

Officials said some messages were sent to local administrators but acknowledged they did not result in an evacuation order, « in part because the volcano’s activity is hard to predict. »

Warnings to evacuate are normally relayed by the national disaster mitigation agency, such as in 2017 when it ordered 100,000 people living near Bali’s Mt Agung to immediately leave the danger zone It was the right prevention measure, although no major eruption occurred.

One of the villages affected by Mt Semeru’s last eruption was Curah Kobokan which, in Javanese, means « pouring bowl », a reference to the river that snakes by it. Once a source of life, the river also became the community’s downfall. When Semeru erupted, the river carried thick and hot flows of lava and ash directly into Curah Kobokan, turning the village into a field of gray ash piled as high as the powerlines, a few roofs jutting out of the newly formed disaster landscape.

Villagers say the air grew blazing hot and pitch black in seconds. People screamed and fled in panic, some taking refuge in a prayer house, others huddled in a concrete drain. Out of eight residents interviewed, not one said they received warning of an impending eruption. They added that if there had been a warning, people would have evacuated. Instead in a matter of minutes, la pyroclastic flow killed a lot of people.

The devastation wreaked by Semeru can be ascribed to a deadly confluence of factors, for which no one wants to take the blame. This reminds me of the last major eruption of Fuego volcano (Guatemala) which killed hundreds of people. Following the event, INSIVUMEH and CONRED accursed each other of the disaster.

The head of Indonesia’s geological agency says messages were sent to local officials warning of hot ash clouds and that the river near Curah Kobokan was marked red on the map.

The East Java disaster mitigation agency says the warnings were passed on to local resilience officers but there were no specific orders to evacuate.

Experts say the nature of the eruption, a collapse of the lava dome possibly triggered by external factors such as heavy rain, was also difficult to predict. A researcher explains that eruptions triggered by lava dome collapses account for about 6% of all volcanic eruptions.

Another causal factor for the tragedy is the reality of life on Semeru’s slopes, where over the decades communities have become inured to volcanic activity, including the summit letting off steam.

As disaster officials survey the devastation (100,000 homes were damaged or destroyed), there is growing talk about the danger of living so close to the mountain. The Indonesian President said that at least 2,000 homes should be moved.

With 142 volcanoes, Indonesia has the largest population living in close range to a volcano, including 8.6 million within 10km. When pyroclastic flows are triggered, there is no time to run. If no new prevention measures are taken, the real question will be to knowwhich Indonesian volcano will be the next killer…

Source: after an article published in Yahoo News.

Photos : C. Grandpey

 

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

L’éruption du Cumbre Vieja continue sur l’île de La Palma. Le volcan reste actif, malgré une certaine baisse de la sisimcité. On observe toujours des coulées de lave qui continuent à détruire des bâtiments.

Vous trouverez une description de l’éruption dans les différentes notes publiées quotidiennement sur ce blog.

Capture écran webcam

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En Islande la crue glaciaire – jokulhlaup en islandais – du Grimsvötn (glacier Vatnajökull) a eu lieu le 5 décembre, avec toutefois un débit plus faible que prévu. Par précaution, l’alerte aérienne du volcan est passée à l’Orange, mais rien n’indique le la crue glaciaire sera suivie d’une éruption. Aucune sismicité significative n’a été enregistrée.
Source : Iceland Monitor.

Source : IMO

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Les opérations de recherche pour retrouver d’éventuels survivants continuent dans les villages engloutis sous la cendre du Semeru (Indonésie). Le bilan actuel fait état de 39 morts et 12 disparus. Près de 3 700 personnes ont été évacuées de la zone affectée par les coulées pyroclastiques. Le gouvernement indonésien envisage de reloger les populations vivant dans des zones jugées dangereuses. Cela signifie qu’environ 2 000 maisons sont concernées.
Source : Médias d’information indonésiens.

Photo: C. Grandpey

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L’éruption du Kilauea (Hawaii) a redémarré dans la soirée du 6 décembre 2021, après une pause de 3 jours, à partir de la bouche située dans la partie ouest du cratère de l’Halema’uma’u. La lave a fait sa réapparition et a recouvert l’ancienne surface du lac de lave. Cette pause d’activité était la quatrième, mais aussi la plus longue depuis le début de l’éruption le 29 septembre. Aucune des pauses précédentes n’avait duré plus de 24 heures avant la reprise de l’activité éruptive.

Source: HVO.

Image thermique de la lave dans l’Halema’uma’u (HVO)

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Après une longue période de calme, le Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna (Sicile) a repris du service avec une nouvelle phase d’activité strombolienne accompagnée de panaches de cendre. L’amplitude du tremor reste stable, à des valeurs moyennes. Aucune déformation significative n’a été observée.

Source: INGV.

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GeoHazards indique que des émissions de vapeur s’élèvaient à une hauteur d’environ 250 m au-dessus du lac Voui (Ambae / Vanuatu) début décembre. Une image fixe tirée d’une vidéo prise depuis un avion montre de l’eau couleur marron autour d’ un cône actif qui envoie des tephra à quelques mètres au-dessus de la surface du lac. Le niveau d’alerte reste à 1 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors d’un rayon de 2 km autour des bouches actives de 2017-2018 du lac Voui et à l’écart des ravines où persiste un risque de lahars lors de fortes pluies.

Activité éruptive dans le lac Voui (Source: GeoHazards)

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L’activité du Sangay (Equateur) se caractérise par une hausse de la sismicité, des explosions et des émissions de cendres, et une nouvelle coulée de lave sur le flanc nord. Les panaches de cendres s’élèvent à 7-10 km au-dessus du sommet
Source : Instituto Geofisico.

Panache du Sangay (Source: Wikipedia)

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L’AVO a détecté un certain changement dans le schéma de déformation d’Okmok (Aléoutiennes / Alaska) dans la caldeira du volcan entre septembre et novembre 2021.
Le modèle de déformation consiste en une inflation presque continue qui est généralement considérée comme étant liée à l’injection de magma entre 2 et 4 km sous le plancher de la caldeira.
Cependant, la déformation est depuis revenue aux niveaux de fond et il n’y a eu aucun changement significatif dans l’activité sismique au cours de la période. Les images satellites n’ont montré aucun changement de surface.
Okmok a éclaté pour la dernière fois en juillet-août 2008. Cette éruption a entraîné la construction d’un nouveau cône (Ahmanilix) dans la caldeira.
Il n’y a pas de zones peuplées à proximité du volcan.
Source : AVO.

Vue de l’Okmok en juin 2020 (Crédit photo : AVO)

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The eruption of Cumbre Vieja continues on the island of La Palma. The volcano remains active, despite a certain decrease in sisimcity. There are still lava flows that continue to destroy buildings.
You will find a description of the eruption in the various posts published daily on this blog.

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In Iceland, the glacial outburst flood – jokulhlaup in Icelandic – of Grimsvötn (Vatnajökull) was observed on December 5th , but with a lower flow than expected. As a precaution, the volcano’s aviation color code was raised to Orange, but there is no indication that the glacial flood will be followed by an eruption. No significant seismicity was recorded.
Source: Iceland Monitor.

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Rescue operations to find any survivors continue in villages submerged in the ash from Mt Semeru (Indonesia). The current toll is 34 dead and 22 missing. Almost 3,700 people were evacuated from the area affected by the pyroclastic flows. The Indonesian government plans to relocate people living in areas deemed dangerous. This means that around 2,000 homes are affected.
Source: Indonesian news media.

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The eruption of Kilauea (Hawaii) resumed on the evening of December 6th, 2021, after a 3-day pause, from the vent in the western part of Halema’uma’u Crater. Lava reappeared and covered the ancient surface of the lava lake. The break from activity was the fourth, but also the longest since the eruption began on September 29th. None of the previous pauses had lasted more than 24 hours before the resumption of eruptive activity.
Source: HVO.

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After a long period of calm, Mt Etna‘s Southeast Crater (CSE) in Sicily became active again with a new phase of Strombolian activity accompanied by ash plumes. The amplitude of the tremor remains stable, at medium values. No significant deformation has been observed.
Source: INGV.

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GeoHazards indicates that steam emissions are rising an average of 250 m from Lake Voui (Ambae / Vanuatu) in early December. A still image of video taken from a plane showed brown water surrounding an active and growing cone that was ejecting tephra a few meters above the lake’s surface. The Alert Level remains at 1 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay outside a 2-km radius around the 2017-2018 active vents in Lake Voui and away from drainages during heavy rains, with a risk of lahars.

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Activity at Sangay (Ecuador) is characterized by increased seismicity, explosions and ash emissions, and a new lava flow on the northern flank. The ash plumes rise 7-10 km above the summit

Source: Instituto Geofisico.

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AVO has detected some change in the deformation pattern of Okmok (Aleutians / Alaska) within the volcano’s caldera between September and November 2021.

The deformation pattern consists of near-continuous inflation which is generally thought to be related to magma injection between 2 – 4 km below the caldera floor.

However, the deformation has since returned to background levels and there have been no significant changes in seismic activity during period. Satellite images have shown no surface changes.

Okmok last erupted in July – August 2008. This eruption resulted in the construction of a new cone (Ahmanilix) within the caldera.

There are no populated areas close to the volcano.

Source: AVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption du Semeru (Indonésie): le bilan s’alourdit // Semeru eruption : the death toll increases

11 heures : Le bilan de l’éruption du Semeru s’alourdit; il est passé à 34 morts le 7 décembre 2021, selon l’agence nationale de gestion des catastrophes. 34 personnes sont mortes et 17 autres sont portées disparues. Près de 3 700 personnes ont été évacuées de la zone affectée par les coulées pyroclastiques.
L’opération de sauvetage est à la fois difficile et dangereuse. Il y a eu encore trois petites éruptions le 7 décembre, avec des panaches de cendres d’une hauteur d’environ un kilomètre. La tâche des sauveteurs est rendue plus difficile par l’instabilité des cendres volcaniques qui sont froides en surface mais encore très chaudes en profondeur.
Le gouvernement indonésien envisage de reloger les populations vivant dans des zones jugées dangereuses. Cela signifie qu’environ 2 000 maisons sont concernées.
Source : Médias d’information indonésiens.

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11:00 am : The death toll of the Mt Semeru eruption rose to 34 on December 7th, according to the national disaster agency. 34 people died and 17 are missing. Almost 3,700 persons have been evacuated from the affected area.

The rescue operation is both difficult and dangerous.There were three small eruptions on December 7th each spewing ash around a kilometre into the sky. The task for rescuers was made more difficult by the instability of the volcanic debris which are cold outside but still very hot inside.

The Indonesuian governement is thinking of relocating the opeople living in areas believed to be dangerous. This means around 2,000 houses are concerned.

Source: Indonesian news media.

Photo: C. Grandpey

Dernières nouvelles du Semeru (Indonésie) // Latest news of the Semeru eruption (Indonesia)

8 heures :Aucune nouvelle coulée pyroclastique ni lahar n’ont été observés depuis l’éruption meurtrière du Semeru le 5 décembre. Le dernier bilan fait état de 14 morts*. Les sauveteurs sont toujours à la recherche de neuf habitants du village de Curah Kobokan, mais leurs efforts ont été temporairement suspendus dimanche après-midi par crainte de nouvelles avalanches de matériaux en raison de fortes pluies. Samedi, un torrent de boue avait détruit le pont principal reliant Lumajang et Malang, ainsi qu’un pont plus petit.
Les sauveteurs doivent être très prudents car le dôme sommital du Semeru pourrait encore s’effondrer et provoquer une nouvelle coulée pyroclastique. Selon les volcanologues locaux, ce sont les fortes pluies des derniers jours qui ont contribué au déclenchement des coulées pyroclastiques et des lahars meurtriers.
Comme je l’ai écrit précédemment, plus de 1 300 villageois se sont rassemblés dans des hébergements temporaires après l’éruption, mais beaucoup d’autres n’ont pas tenu compte des mises en garde officielles et ont choisi de rester chez eux, affirmant qu’ils devaient s’occuper de leur bétail et protéger leurs biens.
Le président indonésien a chargé ses ministres, les responsables militaires et la structure en charge de la gestion des catastrophes de coordonner les secours et l’aide humanitaire. Le gouvernement s’est engagé à déplacer les villageois les plus durement touchés vers des endroits plus sûrs au cours des six prochains mois et à fournir 500 000 roupies (34,50 $) de compensation par mois à chaque famille en attendant la construction de nouvelles maisons.
Une cellule psychologique a été mise en place auprès des enfants touchés par l’éruption, tandis que des centaines de colis contenant du riz, des couvertures, des vêtements et d’autres produits de première nécessité ont été envoyés dans la région.

* Selon certaines sources le 6 décembre au matin, il y aurait 15 morts et 27 disparus. Près de 3000 maisons et 38 écoles auraient été endommagées.
Source : Médias d’information locaux et internationaux.

Comme d’habitude après de telles catastrophes, certains journaux ou magazines envoient leurs photographes-reporters dans la région pour prendre des « photos extraordinaires » de l’événement. Ce genre de curiosité morbide ou de voyeurisme ne fait pas partie de ma philosophie. Comme pour l’éruption du Cumbre Vieja, je ne publierai pas de photos des villages détruits.

Les 14 morts du Semeru s’ajoutent à la cinquantaine de randonneurs surpris par une explosion soudaine du Mt Ontake (Japon) et à la trentaine de touristes tués par une colère subite de White Island (Nouvelle Zélande), sans oublier les 400 victimes officiellement recensées lors de la dernière éruption du Fuego (Guatemala). Elle avait vu l’INSIVUMEH et la CONRED se rejeter brillamment la responsabilité du désastre…. On le sait: la prévision éruptive sur les volcans gris fait encore partie du rêve.

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17 heures : Selon les médias indonésiens, le Semeru a encore vomi de la cendre le 6 décembre, entravant la recherche de survivants. Des images aériennes montrent l’étendue du désastre causé par l’éruption du week-end. On peut voir des rues entières recouvertes de cendre et de boue qui ont également englouti de nombreuses maisons et des véhicules, y compris des camions.
Les cendres et la boue ont pollué les cours d’eau autour du Semeru, les transformant en torrents de boue gris foncé. La pluie est prévue dans la région, ce qui pourrait entraver encore davantage les opérations de secours et augmenter le risque de lahars.
La tâche des sauveteurs est devenue plus difficile car les matériaux volcaniques ont commencé à durcir. Les secouristes disent qu’il est très probable que des corps qui n’ont pas été retrouvés soient enterrés sous la couche de boue. Les autorités ont demandé aux habitants de ne pas s’approcher à moins de cinq kilomètres du cratère du Semeru car l’air est très pollué et pourrait affecter les personnes vulnérables. Les cendres du Semeru se sont répandues jusqu’à quatre kilomètres de distance après l’éruption.
Le bureau d’une entreprise d’extraction de sable dans le village de Kampung Renteng a été totalement englouti sous la cendre, avec 15 personnes dont on a plus de nouvelles. Un seul ouvrier a été secouru; il est maintenant à l’hôpital et souffre de brûlures.
Selon plusieurs agences de presse, le nombre de morts est passé à 22 et 27 personnes sont toujours portées disparues.
Le Semeru est l’un des volcans les plus dangereux d’Indonésie. La dernière éruption majeure a eu lieu en décembre 2020. Elle a obligé des milliers de personnes à fuir et détruit plusieurs villages. .
Source : The Jakarta Post.

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8:00 am : No new pyroclastic flows nor lahars have been observed sinc the deadly eruption of December 5th that killed 14 villagers at the latest toll*. Rescuers are still searching for nine residents of Curah Kobokan village but their efforts were temporary suspended on Sunday afternoon because of fears that hot ash and debris could tumble down from the crater due to heavy rains. On Saturday, a torrent of mud destroyed the main bridge connecting Lumajang and the neighboring district of Malang, as well as a smaller bridge.

Rescuers need to be very cautious as Mt SEmeru’s summit dome could still further collapse, causing another pyroclastic flow. According to local volcanologists, the heavy rains of the past days contributed to triggering the deadly pyroclastic flows and lahars.

As I put it before, more than 1,300 villagers crowded into emergency shelters after the eruption, but many others defied official warnings and chose to remain in their homes, saying they had to tend to their livestock and protect their property.

The Indonesian President has instructed his Cabinet ministers and disaster and military officials to coordinate the response. The government pledged to relocate residents from hardest-hit villages to safer places in the next six months and to provide 500,000 rupiah ($34.50) per month in compensation for each family while waiting for new houses.

A trauma healing team to work with children affected by the eruption has been dispatched, while hundreds of aid packages including rice, blankets and clothes and other basic necessities have been sent to the area.

* According to some sources on December 6th, 15 villagers died and 27 are reported missing. Nearly 3 000 houses and 38 schools were damaged.

Source: Local and international news media.

As usual after such disasters, some newspapers or magazines send their photographers to the area to take « staggering photos » of the event. This kind of morbid curiosity or voyeurism is not part of my philosophy. As for the Cumbre Vieja eruption, I will not release photos of the destroyed villages.

The 14 dead are added to the fifty or so hikers surprised by a sudden explosion of Mt Ontake (Japan) and to the thirty or so tourists killed by a sudden eruption of White Iceland (New Zealand), not to mention the 400 officially recorded victims. during the last eruption of Fuego (Guatemala). INSIVUMEH and CONRED brilliantly rejected rach other the responsibility for the disaster …. Eruptive prediction on grey volcanoes is still a dream.

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5:00 pm : According to Indonesian news media, Mount Semeru spewed more ash on December 6th, hampering the search for survivors. Aerial images show the extent of the devastation caused by the the weekend eruption. One can see entire streets filled with grey volcanic ash and mud, which had swallowed many homes and vehicles, including whole trucks.
The ash and mud have polluted the waterways around Mt. Semeru, turning them into streams of dark grey sludge. Rain is forecast for the area, which could further hinder rescue work and increase the risk of lahars.
The rescuers’ task is made more difficult as the volcanic debris have started to harden. They say it is very likely bodies that have not been found are buried under the hot mudflow. Officials have advised locals not to travel within five kilometers of Semeru’s crater, as the nearby air is highly polluted and could affect vulnerable groups. Ash from Semeru travelled up to four kilometers away after the eruption.

A sand mine company’s office in Kampung Renteng village was buried, trapping 15 people and there is no news from them. Only one operator was rescued, he is now at the hospital with burns.

According to several news agencies, the death toll has risen to 22 and 27 persons are still missing.

Mt Semeru’s is one of Indonesia’s most dangerous volcanoes. The last major eruption was in December 2020. It forced thousands to flee and wrecked villages. .
Source: The Jakarta Post.

Photo: C. Grandpey