La fonte du permafrost provoque une épidémie d’anthrax en Sibérie // Permafrost thawing causes an anthrax epidemic in Siberia

drapeau-francaisA cause du dégel du permafrost (voir mes notes précédentes à ce sujet), des bactéries prisonnières de la glace ont été libérées en Sibérie, provoquant un début d’épidémie d’anthrax, appelée communément maladie du charbon. Cette épidémie, la première depuis 1941, a entraîné la mort de près de 2.400 rennes et d’un enfant de 12 ans. 72 personnes, dont au moins 13 nomades qui vivent avec les rennes, ont été hospitalisées. La maladie, qui touche de nombreux mammifères, se transmet de l’animal à l’homme, mais pas d’un homme à un autre.

Le garçon décédé samedi faisait partie d’une famille d’éleveurs de rennes, très nombreux dans la région. Il a été atteint après avoir mangé de la viande infectée, victime d’une forme intestinale de la maladie, particulièrement violente.

La bactérie responsable de l’anthrax se serait réactivée à partir de la carcasse d’un renne mort dans l’épidémie d’il y a 75 ans. Prise dans la glace du permafrost, la chair de l’animal aurait dégelé avec la fonte de la surface du sol, ce qui a réveillé la bactérie et provoqué une épidémie parmi des troupeaux de rennes. Les scientifiques redoutent qu’avec la fonte du pergélisol (autre nom du permafrost), des vecteurs de maladies mortelles des 18ème et 19ème siècles réapparaissent, en particulier près des cimetières où les victimes de ces maladies ont été enterrées. Un cimetière proche de l’endroit où s’est déclarée cette nouvelle épidémie est sous surveillance car on pense qu’il a pu jouer un rôle.

Au moins 2349 animaux sont morts de l’anthrax en l’espace de 10 jours. Leurs carcasses ont été incinérées, pour éviter une plus large propagation. 4500 rennes ont aussi été vaccinés contre l’infection, et l’objectif est d’en immuniser 41000.

Source : The Siberian Times.

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drapeau-anglaisThe melting of the permafrost (see my previous posts on this topic) in Siberia released anthrax bacteria trapped in the ice, causing an outbreak of the epidemic. This outbreak, the first since 1941, resulted in the death of nearly 2,400 reindeer and a 12-year-old child. 72 people, including at least 13 nomads living with reindeer, were hospitalized. The disease, which affects many mammals, is transmitted from animals to humans, but not from one man to another.
The boy who died on Saturday was part of a family of reindeer herders. It fell ill after eating infected meat, the victim of a particularly violent intestinal form of the disease.
The bacteria responsible for anthrax is supposed to have been reactivated from the carcass of a reindeer that died during the epidemic 75 years ago. Caught in the ice of the permafrost, the flesh of the animal probably thawed with the melting of the surface, which gave a new life to the bacteria and caused an epidemic among herds of reindeer. Scientists fear that with the melting of the permafrost more vectors of fatal diseases of the 18th and 19th centuries reappear, especially near the cemeteries where the victims of the disease were buried. A cemetery near the place where the new epidemic has started is under surveillance because it is believed to have played a role.
At least 2,349 animals died of anthrax in the space of 10 days. Their carcasses were incinerated to prevent further spreading. 4,500 reindeer were also vaccinated against the infection, and the goal is to immunize 41,000.
Source: The Siberian Times.

Rennes 03

Rennes dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

Accélération de la fonte de la calotte glaciaire au Groenland // Ice sheet melting is accelerating in Greenland

drapeau-francaisLa calotte glaciaire du Groenland fond à un rythme record, en raison d’une météo inhabituellement chaude et des vagues de chaleur de ce début d’été. Une photo avec des couleurs réelles, prise par le satellite  Earth Observing-1 de la NASA le 15 juin 2016, montre la situation. Le site qui apparaît sur l’image se situe à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk. On peut voir un paysage découpé par les lacs et des rivières de fonte, en total contraste avec le paysage de blancheur photographié au même endroit en 2014.
En 2016, la fonte de la banquise a commencé tôt et a été rapide. Il y a eu trois accélérations de la fonte vers la mi-juin. En conséquence, le rythme de la fonte jusqu’à présent est plus rapide que pendant les trois dernières années, mais plus lent qu’en 2013 qui reste l’année record. Les zones côtières ont été généralement plus chaudes que la moyenne. Par exemple, la température à Nuuk a grimpé jusqu’à 24°C le 9 juin 2016 ; c’est la plus haute température jamais enregistrée en juin à cet endroit. La fonte de la glace que l’on peut voir sur la photo de 2016 a commencé relativement tôt, en avril, mais n’a pas été continue. Elle a fait une pause avant de recommencer en mai pour aboutir au paysage aquatique du mois de juin visible sur l’image.
La fonte de la glace de surface peut, par son ruissellement, contribuer directement à l’élévation du niveau de la mer. L’eau de fonte peut également se frayer un chemin à travers les crevasses et atteindre la base d’un glacier, ce qui accélère temporairement l’écoulement de la glace et contribue indirectement à l’élévation du niveau de la mer. En outre, l’accumulation d’eau de fonte peut « assombrir » la surface de la calotte glaciaire et provoquer encore davantage de fonte. Les périodes de fonte ne suivent pas toutes la même progression. Il n’y avait presque pas d’eau de fonte en surface à la mi-juin 2014 et 2015 ; ces années-là, les volumes d’eau de fonte ont atteint leur maximum à la mi-juillet.
La seconde image montre la même zone (à environ 500 km au nord-nord-est de Nuuk) le 10 juin 2014. Elle a été photographiée depuis le satellite Landsat 8. (La couverture nuageuse trop importante n’avait pas permis de réaliser un cliché en juin 2015). 2014 n’a pas été une année de fonte exceptionnelle. La période a été dans l’ensemble plus froide et plus humide et il se peut même que la photo fasse apparaître quelques chutes de neige récentes.
Il faudra voir comment la fonte à la surface de la banquise va se comporter en 2016. Il se peut que la fonte se poursuive en juillet, ou se stabilise. Jusqu’à présent, elle a été plus importante que la moyenne. Toutefois, les scientifiques doivent observer l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines qui seront cruciales car c’est l’époque où le soleil est au plus haut dans le ciel et où le pic de fonte se produit habituellement.
Source: NASA.

Une étude s’appuyant sur des données satellitaires et publiée récemment dans la revue Geophysical Research Letters  indique que la calotte glaciaire du Groenland a perdu un billion (1012) de tonnes de glace entre les années 2011 et 2014. Une grande partie de la perte provient de seulement cinq glaciers pour lesquels les scientifiques expriment les plus grandes craintes. Les climatologues surveillent attentivement la région car elle est susceptible de contribuer considérablement à l’élévation du niveau de la mer. On pense que la perte de glace du Groenland a déjà contribué jusqu’à 2,5 cm d’élévation du niveau de la mer au cours du dernier siècle et jusqu’à 10 pour cent de l’élévation du niveau de la mer pour l’ensemble de la planète depuis les années 1990.
La nouvelle étude s’attarde sur la perte de glace du Groenland entre 2011 et 2014 en utilisant les mesures du CryoSat-2, un satellite de recherche sur l’environnement lancé par l’Agence Spatiale Européenne en 2010. Elles reposent sur l’altimétrie qui mesure les variations d’altitude de la surface du Groenland au fil du temps en fonction des gains ou des pertes de glace.

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drapeau-anglaisThe Greenland Ice Sheet is melting at a record pace, thanks to some unusually warm weather and early season surges. A natural-colour image captured by NASA’s Earth Observing-1 satellite on June 15th 2016 shows the effects. The site recorded, about 500 km north-northeast of Nuuk, shows a landscape etched with dark blue melt ponds and streams – a sharp contrast to the mostly white conditions recorded in the same place in 2014.

In 2016, the transition started early and fast. The ice sheet saw three extreme spikes in melt by mid-June. As a result, the pace of melting so far is ahead of the past three seasons, but behind the record melt year of 2012. Coastal areas have been generally warmer than average. For instance, temperatures in Nuuk soared to 24°C on June 9th 2016, the highest June temperature ever recorded there. Melting shown in the 2016 NASA photo began relatively early in April but was not sustained. It started up again in May and grew into the watery June scene of the image.

Surface melt can directly contribute to sea level rise via runoff. It can also force its way through crevasses to the base of a glacier, temporarily speeding up ice flow and indirectly contributing to sea level rise. Also, ponding of meltwater can “darken” the ice sheet’s surface and lead to further melting. Not every melt season follows the same progression. Almost no lake water was present in mid-June in 2014 and 2015, then volumes of meltwater peaked each year by mid-July.

The second image shows the same area on June 10th 2014, as observed by the Landsat 8 satellite. (Clouds obscured the view from space in June 2015.) 2014 was not an exceptional melting year. The season was generally colder and wetter, and it’s possible that there is even some recent snowfall visible in the image.

It remains to be seen how surface melt in 2016 will progress. Melting could continue in July or level off. So far, melting has been above average. But scientists still need to see what will happen over the next few weeks, which are crucial as it is when the sun is strongest and the peak of melting usually occurs.

Source: NASA.

A satellite study, recently published in the journal Geophysical Research Letters, indicates that the Greenland ice sheet lost 1 trillion (1012) tons of ice between the years 2011 and 2014. A big portion of the loss came from just five glaciers about which scientists now have more cause to worry than ever. Climate scientists are keeping a close eye on the region because of its potentially huge contributions to future sea-level rise. Ice loss from Greenland may have contributed as much as 2.5 cm of sea-level rise in the last 100 years and up to 10 percent of all the sea-level rise since the 1990s.

The new study takes a detailed look at ice loss in Greenland between 2011 and 2014 using measurements from the CryoSat-2, an environmental research satellite launched by the European Space Agency in 2010. It relied on a type of measurement known as altimetry — which measures how the surface of Greenland’s altitude changed over time in response to ice gains or losses.

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Calotte glaciaire du Groenland le 15 juin 2016

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Calotte glaciaire du Groenland le 10 juin 2014.

(Crédit photo: NASA)

La fonte des glaciers menace le Pérou // Peru under the threat of its melting glaciers

drapeau francaisA cause du réchauffement climatique, la glace fond, modifiant les paysages et faisant apparaître bien des problèmes. Les célèbres neiges du Kilimandjaro ont perdu plus de 80 pour cent de leur surface depuis 1912. Dans certaines régions de l’Himalaya indien, les glaciers reculent si vite que les chercheurs pensent que la plupart des glaciers du centre et de l’est de la chaîne himalayenne pourraient avoir quasiment disparu en 2035. La banquise arctique s’est amincie de manière significative au cours du demi-siècle écoulé et son étendue a diminué d’environ 10 pour cent au cours des 30 dernières années. Les mesures à l’altimètre laser effectuées par la NASA montrent un rétrécissement des bordures de la calotte glaciaire du Groenland. Au printemps, la débâcle des rivières de l’hémisphère Nord se produit en moyenne neuf jours plus tôt qu’il y a 150 ans, et à l’automne l’embâcle intervient environ dix jours plus tard. Nous avons eu récemment un exemple de cela avec l’évacuation de la glace sur le Yukon et la Nenana en Alaska où la fonte du pergélisol a fait s’affaisser le sol de plus de 4 mètres dans certaines parties de l’Etat. De l’Arctique au Pérou, d’immenses champs de glace et de vastes étendues de glace de mer disparaissent à grande vitesse.
Selon les glaciologues, les plus hauts glaciers du monde, dans les Andes péruviennes, pourraient disparaître d’ici 40 ans. Le phénomène est susceptible d’entraîner des pénuries d’eau et des inondations catastrophiques qui menaceront les villes de ces montagnes.
Plus de 2500 glaciers ornent les sommets des Andes péruviennes. Environ 660 d’entre eux se trouvent dans la Cordillera Blanca. Les scientifiques font remarquer que le recul des glaciers menace le mode de vie de 2 millions de personnes vivant dans les vallées et dans les villes côtières qui dépendent de l’eau des glaciers. Au cours des 40 dernières années, les glaciers péruviens ont reculé d’au moins 34 pour cent.
Le changement climatique a fait apparaître un double problème: la pénurie d’eau et la menace des glaciers. En effet, l’avancée des glaciers déclenche des avalanches qui terminent leur course dans les lacs en aval, propulsant des vagues d’eau, de débris et de sédiments dans toute la vallée. Avec le changement climatique, avalanches et inondations glaciaires sont devenues plus fréquentes. La Laguna Pallqaqucha, un lac glaciaire (voir photos ci-dessous), atteint actuellement 34 fois son volume normal. Si la moraine qui le retient se rompt, 18 millions de mètres cubes d’eau et de débris inonderont  Huaraz, la capitale provinciale, et sa population de 120 000 habitants. On a recensé 10 à 14 lacs aussi dangereux dans toute la région. Il serait urgent d’y installer des systèmes d’alerte.
En dépit du fait que Huaraz a été inondée par le même lac en 1941 et qu’une avalanche a détruit la ville voisine de Yungay en 1970, faisant 23 000 victimes, des systèmes de surveillance n’ont pas été installés pour alerter les populations en cas de catastrophe imminente.
La capitale Lima et sa population de 10 millions d’habitants dépendent de la fonte des glaciers andins pour  leur alimentation en eau. Lima est l’une des capitales les plus sèches au monde, avec seulement neuf millimètres de pluie par an. Plus de 1,5 millions d’habitants ne sont pas reliés à un système d’eau potable et certains quartiers ne reçoivent qu’une heure d’eau chaque jour.  La baisse de l’approvisionnement en eau en provenance des montagnes conjuguée à une augmentation de la population ont fait naître de graves préoccupations pour l’alimentation en eau à Lima dans les années à  venir.
Afin de trouver une solution au problème de l’eau, le gouvernement péruvien a proposé la construction d’une série de barrages sur la rivière Maranon, la principale source de l’Amazone, dans le cadre d’un grand projet hydroélectrique. Il a également suggéré de détourner l’eau vers Lima via un tunnel sous les Andes. Mais à cause de l’importance du Maranon pour le bassin de l’Amazone, le projet a suscité de vives critiques de la part des groupes environnementaux.
Sources: ABC News et journaux péruviens.

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drapeau-anglaisBecause of global warming, the ice is melting, changing landscapes and causing problems. The famed snows of Kilimanjaro have melted more than 80 percent since 1912. Glaciers in some parts of the Indian Himalayas are retreating so fast that researchers believe that most central and eastern Himalayan glaciers could virtually disappear by 2035. Arctic sea ice has thinned significantly over the past half century, and its extent has declined by about 10 percent in the past 30 years. NASA’s repeated laser altimeter readings show the edges of Greenland’s ice sheet shrinking. Spring freshwater ice breakup in the Northern Hemisphere now occurs nine days earlier than it did 150 years ago, and autumn freeze-up ten days later. We recently had an example of this with the record breakup of the Yukon and Nenana rivers in Alaska. Thawing permafrost has caused the ground to subside more than 4 metres in parts of Alaska. From the Arctic to Peru, massive ice fields and sea ice are fast disappearing.

According to glaciologists, the world’s highest glaciers, in the Peruvian Andes, might disappear within 40 years. In the process, the phenomenon is likely to deliver water shortages and catastrophic floods to towns in these mountains.

More than 2,500 glaciers slice through the mountain peaks of Peru. Around 660 of them lie in the Cordillera Blanca. Scientists warn the glacial retreat threatens the livelihoods of 2 million people living in the valleys below and in the desert coastal cities that rely on the glaciers’ water. In the last 40 years the glaciers have retreated at least 34 per cent.

Actually, climate change brings two types of problems: water shortages and hanging glaciers. Indeed, these glaciers slide and produce avalanches into the lakes below and push out the water, carrying debris, sediment and everything down the valley. With climate change, glacial avalanches and floods have become more frequent. Laguna Pallqaqucha, a glacial lake (see photos below), is currently 34 times its normal volume. If it bursts, 18 million cubic metres of water and debris will flood the provincial capital Huaraz and its population of 120,000. There are 10 to 14 similar dangerous lakes across the region. Early warning systems are urgently needed.

Despite the city being flooded by the same lake in 1941 and an avalanche destroying the nearby town of Yungay in 1970 with 23,000 casualties, monitoring systems have not been installed to alert the region’s towns of pending disaster.

Peru’s capital Lima and its population of 10 million people rely on the Andean glacial melt for the city’s water. Lima is one of the driest capitals in the world, receiving just nine millimetres of rainfall a year. More than 1.5 million people in the city are not connected to water and some districts receive only an hour’s supply each day. Less water supply coming from the mountains, plus an increasing population, give quite severe concern about water in Lima in the future.

As a solution to the potential water crisis, the Peruvian government has proposed a series of dams on the Maranon River, the main source of the Amazon, as part of a large hydropower scheme and also the diversion of water to Lima via a tunnel under the Andes.

But because of the Maranon’s importance to the Amazon, the project has drawn strong criticism from environmental groups.

Sources : ABC News and Peruvian newspapers.

Palcacocha_1939

La Laguna Pallqaqucha en 1939.

Palcacocha_2002

La Laguna Pallqaqucha en 2002

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Pastoruri, l’un des glaciers de la Cordillera Blanca

(Crédit photos: Wikipedia)

Des iceberg perturbent la vie des manchots d’Adélie en Antarctique // Icebergs disturb the life of Adelie penguins in Antarctica

drapeau-francaisIl y a quelques jours, je regardais à la télévision le superbe film de Luc Jacquet La Marche de l’Empereur et j’avais en tête un article lu dans la presse au mois de février qui faisait état de la mort de quelque 150 000 manchots d’Adélie à cause de l’échouage d’un iceberg géant en Antarctique. Cet obstacle imprévu a obligé les manchots à de trop longs détours pédestres pour rejoindre l’eau libre où ils trouvent leur nourriture.

L’échouage s’est produit en 2010, dans la Baie du Commonwealth. Il s’agissait d’un immense bloc de glace de 95km de long par 20km de large connu sous le nom peu poétique de B09B. Selon les chercheurs néo-zélandais et australiens, l’avenir des colonies de manchots qui vivent sur cette portion de l’Antarctique est fortement menacé.

La Baie du Commonwealth sert de berceau à plusieurs espèces de manchots car ses côtes sont habituellement libres de glace, grâce aux vents catabatiques qui permettent la formation de zones d’eau libre entre la côte et la banquise. Dans ces eaux, les micro algues nourrissent le krill qui fait à son tour les délices des manchots vivant à deux ou trois kilomètres de la côte.

Toutefois, depuis 2010, tout a changé car l’iceberg géant est resté bloqué dans la baie et la zone de mer qui le sépare du continent s’est recouverte d’une glace épaisse. Les manchots doivent désormais parcourir plus de 60 kilomètres pour atteindre l’eau libre où ils trouvent leur nourriture. Or s’ils sont d’excellents nageurs, ces oiseaux sont de piètres marcheurs.

En 1913, l‘explorateur Sir Douglas Mawson avait dénombré plus de 200 000 manchots dans cette partie de l’Antarctique. Le chiffre semble être resté plus ou moins stable au cours du siècle, mais en décembre 2013 les chercheurs ont constaté un «déclin catastrophique» du nombre de manchots, avec des centaines d’œufs abandonnés et un sol jonché de carcasses de poussins.

En janvier 2014, des chercheurs français et américains ont fait le même constat sur une autre portion du territoire antarctique baignée par la mer de Ross et bloquée, cinq années durant, par deux autres icebergs géants. S’agissant de la Baie du Commonwealth, les chercheurs craignent que la population de manchots disparaisse dans les 20 ans si B09B ne se décide pas à quitter la zone.

Il semblerait que les icebergs géants se détachent de plus en plus fréquemment de la banquise antarctique sous l’effet du réchauffement climatique. Ces dernières semaines, un iceberg de 2550 km2 s’est détaché de la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique de l’Est. Selon un communiqué du CNRS, « ce phénomène vient s’ajouter aux autres observations faites autour de l’Antarctique où de plus en plus de plates-formes glaciaires se détachent du continent et s’entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d’icebergs et une augmentation de l’apport d’eau douce à l’Océan Austral. ». Le glacier Mertz s’écoule dans l’océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par an. Avant la séparation, sa langue de glace s’étendait en mer sur 160 km. Elle ne fait maintenant plus que 80 km. L’iceberg qui vient de se détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km ; son épaisseur moyenne est d’environ 400 mètres. Selon les observations par satellite, ce vêlage est dû à la collision avec le B09B, celui-là même qui est en train de causer la mort des manchots d’Adélie.

Outre l’effet désastreux sur les oiseaux, la position future des deux icebergs risque d’affecter la circulation océanique et l’équilibre des écosystèmes de cette région. En effet, c’est dans cette zone que prennent naissance en partie les eaux de fond denses et froides de l’Antarctique qui alimentent la circulation océanique mondiale.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisA few days ago, I was watching on TV Luc Jacquet’s great film March of the Penguins and I had in mind an article released in the press in February about the death of some 150 000 Adelie penguins because of the grounding of a giant iceberg in Antarctica. This unexpected obstacle forced the penguins to walk too long detours to reach the open water where they find their food.
The stranding occurred in 2010 in Commonwealth Bay. It was a huge 95-km-long and 20-km-wide ice block known as B09B. According to New Zealand and Australian researchers, the future of the penguins that live in this part of Antarctica is highly threatened.
Commonwealth Bay serves as a refuge for several species of penguins because the coast is usually ice-free, due to the katabatic winds that allow the formation of open water between the coast and the sea ice. In these waters, micro algae are feeding krill which, in turn, feed the penguins living two or three kilometres from the coast.
However, since 2010, everything has changed because the giant iceberg is stuck in the Bay and the sea area thet separates it from the continent is covered with thick ice. Penguins now have to travel more than 60 kilometres to reach the open water where they can find their food. If they are excellent swimmers, these birds make poor walkers.
In 1913, explorer Sir Douglas Mawson counted more than 200,000 penguins in this part of Antarctica. The figure seems to have remained more or less stable throughout the century, but in December 2013 the researchers found a « catastrophic decline » in the number of penguins, with hundreds of abandoned eggs and the ground strewn with chick carcasses.
In January 2014, French and US researchers made the same observation about another portion of the Antarctic territory bathed by the Ross Sea and blocked for five years by two other giant icebergs. Regarding Commonwealth Bay, researchers fear that the penguin population might disappear within 20 years if B09B remains stuck in the area.
It seems that giant icebergs are detaching more and more often from the Antarctic icefield under the effect of global warming. In recent weeks, a 2550-square-kilometre iceberg broke off from the ice tongue of the Mertz Glacier in East Antarctica. According to a statement from the CNRS, « this phenomenon comes in addition to other observations around Antarctica where more and more ice shelves break off from the continent and collide, resulting in increased production of icebergs and an increased influx of fresh water in the Southern Ocean. » The Mertz Glacier travels into the ocean at a rate of 10 to 12 billion tons of ice per year. Before the separation of the ice block, its tongue of ice was stretching over 160 km into the sea. It is now no more than 80 km long. The iceberg that has just come off is 78 km long and 33-39 km wide; its average thickness is about 400 metres. According to satellite observations, the calving is due to the collision with the B09B, the iceberg that is currently causing the death of Adelie penguins.

Besides the disastrous effect on birds, the future position of the two icebergs could affect ocean circulation and the balance of ecosystems in the region. It is in this area that partly originate the dense and cold bottom waters of Antarctica that drive the global ocean circulation.
Source: International press.

Penguins

Manchots d’Adélie (Crédit photo: Wikipedia)