Une éruption enfin à la Réunion ? Ben non ! // An eruption at last on Reunion Island ? Not yet !

Depuis 4h47 le 1er janvier 2026, l’OVPF relève une crise sismique sur le Piton de la Fournaise, ce qui signifie que le magma se propage vers la surface. Par conséquent et en raison d’une éruption probable ou imminente, le préfet de La Réunion a activé l’alerte 1 et ordonné la fermeture de l’Enclos dès 6h le 1er janvier.

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Dans un nouveau bulletin, l’OVPF indique que la crise sismique débutée le 1er janvier 2026 aux alentours de 4h45 (heure locale) a fortement ralenti et peut être désormais considérée comme arrêtée. La sismicité avait été localisée sous le cratère Dolomieu, à des profondeurs comprises entre 1,6 et 2,3 km sous la surface.

Cette hausse de la sismicité s’est accompagnée de déformations rapides de faible ampleur au niveau de la zone sommitale du volcan. C’était la preuve d’une intrusion de magma en profondeur, mais qui n’a pas atteint la surface, probablement à cause d’une pression insuffisante à sa propagation.

La sismicité reste toutefois présente, ce qui montre que le réservoir magmatique reste sous pression.

L’OVPF ajoute q’à ce stade, pour les prochaines heures, aucune hypothèse n’est écartée :arrêt définitif de l’intrusion ? Reprise de l’intrusion ? Nouvelle intrusion ? Éruption ? Par le passé de telles intrusions ont parfois précédé de quelques jours l’injection finale de magma conduisant à l’éruption, comme cela a été observé récemment en septembre 2022 et décembre 2020.

Le volcan reste en Alerte 1 et l’Enclos reste donc fermé au public.

Schéma montrant le système d’alimentation magmatique du Piton de la Fournaise avec les principales phases de réactivations observées depuis mi-septembre 2025. Les étoiles en blanc représentent les localisations schématiques des séismes. (Source : OVPF)

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La nouvelle méthode « Jerk » (voir ma note du 28 décembre 2025), censée permettre d’accélérer l’alerte précoce des éruptions volcaniques n’a pas été d’une efficacité redoutable dans le cas présent. L’OVPF indique dans son dernier bulletin qu’ « un petit signal Jerk (transitoire à très basse fréquence observé dans les mouvements horizontaux du sol sur la station sismologique de Rivière de l’Est, à la fois en accélération et en inclinaison) a été émis (seulement 0,1 nm/s3), confirmant qu’une intrusion de magma avait bien eu lieu. » C’est bien, mais au final, la lave n’a pas percé la surface !

Une situation identique s’est produite le 5 décembre 2025, « associé à de faibles déformations et anomalies de gaz, un petit signal Jerk a été émis (seulement 0,1 nm/s3), confirmant qu’une intrusion de magma avait bien eu lieu. » Là encore, la pression semble avoir été insuffisante pour permettre la propagation du magma vers la surface.

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Since 4:47 AM on January 1, 2026, the OVPF has recorded a seismic crisis at Piton de la Fournaise, meaning that magma is rising towards the surface. Consequently, and due to a probable or imminent eruption, the Préfet of Réunion has activated alert level 1 and ordered the closure of the Enclos starting at 6:00 AM on January 1.

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In a new update, the OVPF indicates that the seismic crisis that began on January 1, 2026, at around 4:45 a.m. (local time) has slowed considerably and can now be considered over. The seismic activity was located beneath the Dolomieu crater, at depths between 1.6 and 2.3 km below the surface.
This increase in seismicity was accompanied by rapid, low-amplitude deformations in the summit area of ​​the volcano. This was evidence of a deep magma intrusion that did not reach the surface, probably due to insufficient pressure for propagation.
However, seismic activity is still observed, indicating that the magma reservoir remains under pressure.
The OVPF adds that, at this stage, for the coming hours, no hypothesis is being ruled out: definitive cessation of the intrusion? Resumption of the intrusion? New intrusion? Eruption? In the past, such intrusions have sometimes preceded the final magma injection leading to the eruption by a few days, as was observed recently in September 2022 and December 2020.

The volcano remains on Alert 1 and the Enclos therefore remains closed to the public.

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The new « Jerk » method (see my post of December 28, 2025), intended to accelerate early warning of volcanic eruptions, was not remarkably effective in this instance. The OVPF indicates in its latest bulletin that « a small Jerk signal (a very low-frequency transient observed in horizontal ground movements at the Rivière de l’Est seismological station, both in acceleration and inclination) was emitted (only 0.1 nm/s³), confirming that a magma intrusion had indeed occurred. » That’s all well and good, but ultimately, the lava didn’t break through the surface!
An identical situation occurred on December 5, 2025 : « Associated with slight deformations and gas anomalies, a small Jerk signal was emitted (only 0.1 nm/s³), confirming that a magma intrusion had indeed occurred. » « Here again, the pressure seems to have been insufficient to allow the magma to propagate towards the surface.

 

 

L’intelligence artificielle (IA) pour mieux comprendre le Popocatepetl (Mexique) // Artificial intelligence (AI) to better understand Popocatepetl (Mexico)

Des scientifiques de l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) ont créé le premier modèle tridimensionnel du Popocatépetl qui dresse ses 5426 m à 70 kilomètres au sud-est de Mexico, dans les États de Puebla et de Mexico.

Les chercheurs espèrent que leurs travaux permettront de mieux comprendre la structure interne du volcan avec l’existence possible de chambres magmatiques, et d’optimiser la surveillance du volcan et la prévention des catastrophes.

L’étude intitulée « Estructura de velocidades sísmicas del volcán Popocatépetl, México, a partir de campos difusivos », publiée dans la revue ScienceDirect, indique que ces travaux permettront de mieux anticiper les futures éruptions. Grâce à l’intelligence artificielle (IA), les chercheurs seront en mesure, à l’avenir, de construire des tomographies en quatre dimensions.
Depuis 1994, année de la première éruption du Popocatépetl en plus de 70 ans, diverses études géophysiques ont été menées afin de comprendre l’histoire éruptive, l’activité et les risques volcaniques de ce volcan. Cependant, les modèles précédents, basés sur la sismicité volcano-tectonique, se sont avérés insuffisants pour décrire les phénomènes dans certaines zones ou sur une grande profondeur, en raison de la distribution spatiale de l’activité sismique et des stations utilisées. La nouvelle étude propose le premier modèle 3D du Popocatépetl, et prend en compte l’ensemble du volcan.

Les responsables du projet ont utilisé 18 stations sismiques réparties sur le volcan. Huit d’entre elles ont été installées par leurs soins, les autres appartenaient déjà au CENAPRED. Les appareils effectuent au moins 100 mesures par seconde et ces données, qui représentent une immense quantité d’informations, sont traitées automatiquement grâce à l’intelligence artificielle. Auparavant, tout était analysé manuellement. Aujourd’hui, grâce à l’IA, les scientifiques peuvent traiter une année de données, provenant de toutes les stations, en trois heures seulement. L’étude menée sur 18 stations permet de détecter des structures internes interconnectées, susceptibles d’être des zones d’accumulation de magma, des conduits d’alimentation et des anomalies. Toutes ces structures sont identifiées grâce à la propagation des ondes sismiques dans le sous-sol ; ces ondes se propagent plus rapidement dans les roches dures et plus lentement dans les zones contenant du magma ou des matériaux tendres.

Modèle de la structure interne du Popocateptl après traitement des données par l’intelligence artificielle (Source : UNMA)

L’étude montre la présence d’un système magmatique en forme de champignon dans deux régions présentant une vitesse des ondes S (Vs) élevée. Ces régions sont situées respectivement entre 0 et 5 kilomètres d’altitude, et entre 4 et 7 kilomètres de profondeur, et sont reliées par un conduit étroit en forme de tube.
Selon l’étude, la région à Vs élevée la plus superficielle est directement liée à des structures volcaniques anciennes et récentes. Ce phénomène résulte du mélange de matériaux magmatiques et d’un processus intense de dégazage, qui accroît la viscosité et la cristallisation du magma.
La région à Vs élevée la plus profonde est interprétée comme un piégeage de matériaux magmatiques par la pression lithostatique exercée par le poids des roches et sédiments sus-jacents sur une formation rocheuse profonde. De plus, le modèle met en évidence des paléostructures volcaniques enfouies et des vestiges d’anciens effondrements volcaniques.
Source : EL PAÍS USA.

Il ne fait aucun doute que l’IA, par la rapidité avec laquelle elle est capable de traiter des volumes importants de données, va énormément aider les volcanologues dans leur étude des structures volcaniques. Malgré tout, il restera encore un long chemin avant de pouvoir prévoir avec plus de précision qu’aujourd’hui le déclenchement des éruptions volcaniques.

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Scientists from the National Autonomous University of Mexico (UNAM) have created the first tridimensional model of the Popocatépetl volcano in the pursuit of understanding its internal structure, resolving doubts as to the existence of magma chambers, and optimizing monitoring efforts as well as disaster prevention. The study Estructura de velocidades sísmicas del volcán Popocatépetl, México, a partir de campos difusivos (Structure of seismic velocities of the Popocatépetl volcano, Mexico, via diffusion fields), which was published in the journal ScienceDirect, states that the model will better allow for the anticipation of future eruptive episodes. Thamks to the use of use of artificial intelligence, the researchers will be able to construct tomographies in four dimensions in the future.

Since 1994, the year that Popocatépetl erupted for the first time in more than 70 years, various geophysics studies have been carried out in the hopes of understanding the eruptive history, activity and volcanic perils of the volcano. But previous models based on volcanic-tectonic seismicity have not been sufficient in describing patterns in certain areas or across a large range of depth, due to spatial distribution of seismic activity and stations that have been used. The new study proposes the first 3D velocity model of Popocatépetl volcano describing the whole edifice.

Project leaders utilized 18 seismic stations located across the volcano. They installed eight of them, and the rest belong to the National Center for Disaster Prevention. Teams register at least 100 measurements per second and that data, an immense quantity of information, is automatically processed using AI. Previously, everything was analyzed manually. Today, with AI, scientists can process a year’s worth of data, from all stations, in three hours.

The 18-station study allows for the detection of interconnected internal structures as possible regions of magma accumulation and ascending conduits and abnormalities. All are identified by seismic waves traveling through the subsoil, which are faster in hard rocks and slower in areas with magma or soft material.

The study suggests the presence of a mushroom-shaped magmatic system in two regions with high Vs (S-wave velocity) between zero and five kilometers above sea level, and four and seven kilometers below sea level, connected by a narrow tube-shaped conduit.

According to the study, the most shallow high Vs region is directly related to old and new volcanic structures, as a result of magmatic materials mixing with and being affected by an intense process of degasification, which increases magma’s viscosity and crystal content.

The deepest region of high Vs is interpreted as magmatic material trapped by lithostatic pressure exerted by the weight of overlying rocks and sediments on a deep rock formation. In addition, the model presents evidence of buried volcanic paleostructures and remnants of ancient volcanic collapses.

Source : EL PAÍS USA.

Belle activité éruptive sur l’Etna (Sicile) // Nice eruptive activity on Mount Etna (Sicily)

Dans son dernier bulletin diffusé vers 20h45 (heure locale) le 27 décembre 2025, l’INGV indique que ce même jour à 18h48, une série de fortes explosions a débuté au cratère Nord-Est de l’Etna, avec projection de matériaux pyroclastiques sur l’ensemble du cône et bien au-delà de sa base. Des explosions stromboliennes sporadiques se produisaient au moment de la publication du bulletin.
Parallèlement, l’activité s’est intensifiée au niveau de la bouche située sur le flanc supérieur de la Voragine. Elle est le siège d’une fontaine de lave continue de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La coulée de lave émise par une bouche à la base est de la Voragine continue d’être alimentée. Elle a parcouru environ 1,8 km vers l’est, en direction de la Valle del Bove.

L’amplitude moyenne du tremor éruptif s’est stabilisée, bien qu’à des valeurs élevées.

L’analyse des données de déformation du sol ne révèle aucun changement significatif.

Source : INGV.

Image webcam de l’Etna ce matin

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Après l’émission de volumineux panaches de cendres dans la matinée du 28 décembre, l’activité se situe ce soir au niveau de la bouche située sur le flanc supérieur de la Voragine. Elle est le siège d’une activité strombolienne continue avec des projections de plusieurs dizaines de mètres de hauteur. La coulée de lave mentionnée précédemment ne semble plus active et a cessé sa progression.

Panaches de cendres émis par le Cratère Nord-Est

Images webcam de l’activité sur le flanc de la Voragine le 28 décembre 2025

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In its latest bulletin, issued around 8:45 PM (local time) on December 27, 2025, the INGV reported that earlier that day, at 6:48 PM, a series of powerful explosions began at Mount Etna’s Northeast Crater, ejecting pyroclastic material over the entire cone and well beyond its base. Sporadic Strombolian explosions were occurring at the time the bulletin was published.
Concurrently, activity intensified at the vent on the upper flank of the Voragine. A continuous lava fountain, several tens of meters high, is erupting there. The lava flow from a vent at the eastern base of the Voragine continues to be well fed. It has traveled approximately 1.8 km eastward, toward the Valle del Bove.

The average amplitude of the eruptive tremor has stabilized, although at high levels. Analysis of ground deformation data reveals no significant changes.
Source: INGV.

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Following the emission of voluminous ash plumes on the morning of December 28, activity this evening is concentrated at the vent on the upper flank of the Voragine, with continous Strombolian activity and ejections reaching several tens of meters in height. The lava flow that had been mentioned previously is no longer active.

Nouvelle méthode d’alerte précoce des éruptions volcaniques // New early warning method for volcanic eruptions

En volcanologie, l’expérience m’a appris à me méfier des annonces tonitruantes qui, au final, font Pschitt ! et ne font pas avancer la science. C’est pourquoi je reçois avec la même prudence l’annonce par l’Institut Physique du Globe de Paris (IPGP) d’une nouvelle méthode – baptisée « Jerk » – qui permettrait d’accélérer l’alerte précoce des éruptions volcaniques.

Force est d’admettre qu’aujourd’hui nous ne savons pas prévoir les éruptions volcaniques les plus dangereuses, celles produites par les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. La plupart du temps, les populations sont évacuées après le déclenchement des éruptions. S’agissant des volcans effusifs comme le Kilauea, l’urgence est beaucoup moins grande car il suffit de se déplacer pour éviter les coulées de lave lorsqu’elles apparaissent. J’ai tendance à appeler le Kilauea ou le Piton de la Fournaise des volcans d’opérette avec des éruptions pour touristes.

La prévision éruptive ne prend son sens que si les scientifiques sont en mesure d’alerter les autorités et les populations. Dans une étude publiée dans le journal Nature Communications, des chercheurs et ingénieurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) et du GFZ Helmholtz Centre for Geosciences proposent une nouvelle méthode de détection, baptisée « Jerk » (en français «secousse » ou « saccade », même si ce terme peut avoir un sens plus péjoratif), capable d’identifier en temps réel des signaux précurseurs très précoces des éruptions volcaniques à partir d’un seul instrument sismologique.

L’IPGP nous explique que la méthode « Jerk » permet de détecter en temps réel des mouvements extrêmement subtils du sol liés aux injections de magma en profondeur. Ces signaux, appelés signaux Jerk, se manifestent sous la forme de transitoires à très basse fréquence observés dans les mouvements horizontaux du sol, à la fois en accélération et en inclinaison. Les auteurs montrent qu’ils sont probablement générés par les processus de fracturation dynamique de la roche précédant une éruption. D’une amplitude de l’ordre de quelques nanomètres par seconde cube (nm/s³), ces signaux peuvent être détectés à l’aide d’un seul sismomètre à très large bande, moyennant un traitement spécifique intégrant notamment la correction des marées terrestres.

En avril 2014, l’outil a été implémenté à l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise (OVPF) comme un module entièrement automatisé du système WebObs, en exploitant les données d’une station sismologique du réseau mondial Geoscope située à 8 km du sommet du volcan (Rivière de l’Est).

Dès le 20 juin 2014, une première alerte a été envoyée 1 heure et 2 minutes avant le début de l’éruption. Durant plus de 10 années, ce système de détection et d’analyse des signaux Jerk a fonctionné en continu 24h/24, permettant d’émettre des alertes automatiques pour 92 % des 24 éruptions qui se sont produites entre 2014 et 2023. Les délais d’alerte varient de quelques minutes à 8,5 heures avant que le magma n’atteigne la surface. La méthode a également été testée sur les données de 24 anciennes éruptions entre 1998 et 2010, montrant que l’alerte Jerk fonctionne de façon systématique. Le système a cependant fait quelques erreurs en émettant des alertes claires mais non suivies d’éruptions.

Toujours avec les populations à l’esprit, c’est le délai d’alerte qui me semble le plus important. Si l’alerte ne se déclenche que quelques minutes avant la sortie de la lave, il est évident qu’elle ne sert à rien.

Lors de la dernière crise sismique au Piton de la Fournaise le 5 décembre 2025, associée à de faibles déformations et anomalies de gaz, un petit signal Jerk a été émis (seulement 0,1 nm/s3), confirmant qu’une intrusion de magma avait bien eu lieu. Bien, mais fin décembre, le magma n’a toujours pas percé la surface ! Heureusement, aucune population n’a été évacuée et mise à l’abri dans des centres d’hébergement provisoires. Car c’est là que se trouve l’intérêt d’une prévision éruptive digne de ce nom : savoir prévoir une éruption et évacuer des populations dans des délais raisonnables.

Comme le rappelle l’IPGP, le Piton de la Fournaise est un volcan laboratoire très instrumenté et surveillé,mais c’est un volcan inoffensif d’un point de vue humain. Il est urgent de tester la méthode Jerk sur d’autres volcans plus dangereux et peu instrumentés, avec des populations à risque. L’Etna pourrait servir de tremplin vers les volcans philippins ou indonésiens.

Source : IPGP.

Le Piton de la Fournaise est un excellent volcan laboratoire (Photo: C. Grandpey)

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In volcanology, experience has taught me to be wary of sensational announcements that ultimately fizzle out and don’t help science to progress. That’s why I receive with the same caution the announcement by the Paris Institute of Earth Physics (IPGP) of a new method—dubbed « Jerk »—that is supposed to accelerate the early warning of volcanic eruptions.
Xwe are forced to admit today that we are not able to predict the most dangerous volcanic eruptions, those produced by the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire. Most of the time, populations are evacuated after eruptions begin. With effusive volcanoes like Kilauea, the urgency is much less significant because one just neeeds to move a few steps away to avoid the lava flows when they appear. I tend to call Kilauea or Piton de la Fournaise « opera-style volcanoes » with eruptions for tourists.
Eruptive prediction is only meaningful if scientists are able to alert authorities and the public. In a study published in the journal Nature Communications, researchers and engineers from the IPGP and the GFZ Helmholtz Centre for Geosciences propose a new detection method, called « Jerk », capable of identifying very early precursor signals of volcanic eruptions in real time using a single seismological instrument.
The IPGP explains that the « Jerk » method makes it possible to detect extremely subtle ground movements in real time, linked to deep magma injections. These signals, called Jerk signals, appear as very low-frequency transients observed in horizontal ground movements, both in acceleration and inclination. The authors show that these signals are likely generated by the dynamic fracturing processes of the rock preceding an eruption. With an amplitude on the order of a few nanometers per cubic second (nm/s³), these signals can be detected using a single very broadband seismometer, provided that specific processing is implemented, notably incorporating correction for Earth tides.
In April 2014, the tool was implemented at the Piton de la Fournaise Volcanological Observatory (OVPF) as a fully automated module of the WebObs system, using data from a seismological station of the Geoscope global network located 8 km from the summit of the volcano (Rivière de l’Est).
On June 20, 2014, an initial alert was sent 1 hour and 2 minutes before the start of the eruption. For over 10 years, this Jerk signal detection and analysis system operated continuously, 24/7, enabling automatic alerts for 92% of the 24 eruptions that occurred between 2014 and 2023. Alert times ranged from a few minutes to 8.5 hours before magma reached the surface. The method was also tested on data from 24 past eruptions between 1998 and 2010, demonstrating that the Jerk alert system works consistently. However, the system did make some errors, issuing clear alerts that were not followed by eruptions. Always keeping the population in mind, the alert time seems to me to be the most important factor. If the alert is triggered only a few minutes before the start of an eruption, it is clearly useless.
During the last seismic crisis at Piton de la Fournaise on December 5, 2025, associated with minor deformations and gas anomalies, a small jerk signal was emitted (only 0.1 nm/s³), confirming that a magma intrusion had indeed occurred. However, by the end of December, magma has still not pierced the surface! Fortunately, no population needs to be evacuated or sheltered in temporary accommodation centers. This is precisely where the value of a truly reliable eruption prediction lies: being able to predict an eruption and evacuate populations within a reasonable timeframe.
As the IPGP points out, Piton de la Fournaise is a highly instrumented and monitored laboratory volcano, but it is harmless from a human perspective. It is urgent to test the jerk method on other, more dangerous and less instrumented volcanoes with at-risk populations. Mount Etna could serve as a springboard to volcanoes in the Philippines or Indonesia.
Source: IPGP