Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) : Fermeture de la RN2 !

Voici le déroulement des événements depuis le 11 mars 2026 au matin.

11 mars 2026.

L’éruption au Piton de la Fournaise qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. Presque un mois après la sortie de la lave sur le flanc sud-sud-est du volcan, les coulées actives se concentrent sur le bras sud. Le 11 mars au matin, le front actif se trouvait à un peu plus de 1,1 km de la RN2, et montrait une accélération dans sa propagation sur les dernières 24h. L’OVPF explique que le front de coulée avance désormais de près de 30 mètres par heure, au lieu de 19 mètres auparavant. Il est toutefois impossible de prédire précisément si et quand la route pourrait être coupée.

 Crédit photo : OVPF

La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions. La vigilance est donc essentielle pour surveiller une éventuelle coupure. Voici une photo qu bras de lave qui menace la route:

Source: réseaux sociaux

Cette proximité de la lave de la RN2 attire forcément des foules de curieux, avec des difficultés inévitables de circulation. La préfecture a lancé un rappel aux bons usages. Police municipale et gendarmerie sont mobilisées pour veiller au respect des règles.

 Crédit photo : Honoré Dumont / Réunion la 1ère.

Source: OVPF, Réunion la 1ère

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Dernière minute : Ceux qui espéraient que la lave traverse la RN2 risquent d’être déçus. L’OVPF vient d’indiquer ce mercredi 11 mars 2026 dans l’après-midi que le front de coulée du bras sud, seul bras actif ces derniers jours, s’était figé à 975 m de la RN2, à 325 m d’altitude. Cette situation est due à une baisse rapide du trémor éruptif peu avant 9 heures. La conséquence a été immédiate : les débits de lave dans les tunnels ont eux aussi baissé, ne permettant plus d’alimenter les coulées actives dans les Grandes Pentes.

L’éventualité d’une coulée de lave traversant la RN2 était attendue par de nombreux Réunionnais, mais elle est désormais bien compromise. L’OVPF note que d’autres « petits bras de coulées sont toujours actifs », mais ils sont localisés plus haut, « 200 m en amont » du front désormais figé. Le suspense n’est plus du tout le même ! Au final, la fin de l’éruption pourrait bien remplacer l’envahissement de la Route des Laves par une coulée !

À noter qu’une nouvelle webcam a été installée. Elle permet de mieux voir les coulées sur les Grandes Pentes. Au vu de ces nouvelles images, l’activité éruptive semble encore relativement soutenue, même si le front de coulée le plus avancé s’est figé.

https://www.ipgp.fr/volcanoweb/reunion/Cameras/CameraHDLC.jpg?fbclid=IwY2xjawQee5xleHRuA2FlbQIxMABicmlkETA0NWJiVnQxSkFUUWt5eFd1c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHg-yv2OYJMhhE6R5bFRJruwrPL0L29skAu0L8Fky7TkQSdoTHWezqYHDulR5_aem_VCA8kW8XYSBLudgK0Lk91A

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12 mars 2026.

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit. Après la pause du 11 mars, le front de coulée actif a repris sa progression cette nuit. Ce matin (12 mars 2026) à 4h30 heure locale il se situait à environ 700m de la RN2. Les moyens techniques de l’OVPF ne permettent pas de dire si et quand la route pourrait être coupée. La lave s’écoule principalement par des tunnels, dont les propriétés restent mal connues, ce qui limite la fiabilité des prévisions. Au train où vont les choses, la coupure de la route ne saurait être exclue.

Dernière minute : Fermeture des la RN2 !

Le préfet de La Réunion a décidé de la fermeture de la route nationale 2, à l’approche du front de coulée de l’éruption du Piton de la Fournaise. Dès 15 heures ce jeudi 12 mars 2026, il sera impossible de circuler de Saint-Philippe à Sainte-Rose et inversement, en passant par la RN2. Les autorités ont par ailleurs prévu des points de retournement à ces endroits. Les piétons et cyclistes pourront accéder à la route au-delà de ces points de retournement, du moins jusqu’à une zone d’exclusion qui sera matérialisée par des barrières. L’accès est strictement interdit au-delà de ces barrières, en raison des risques liés à la proximité de la coulée, aux émanations de gaz nocifs, et aux instabilités du terrain. L’accès à l’Enclos reste strictement interdit.

Il est par ailleurs demandé aux automobilistes de respecter les zones d’interdiction de circulation, et des zones d’interdiction de stationnement (secteur Bois Blanc). Police municipale et gendarmerie seront sur place pour veiller au respect de ces règles.

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12 heures (heure locale; 9 heures heure métropole) :

L’échéance se rapproche. Vers midi (heure locale), le  front de coulée continuait sa progression. Il était à 360m de la RN2. L’avancée de la lave est capricieuse, et son avancée dépend des moments et des obstacles rencontrés sur son chemin. L’OVPF indique que ce matin le front de coulée progressait « à une vitesse comprise entre 25 et 40, voire 50 mètres par heure ». Il se pourrait que la RN2 soit atteinte en fin de journée ou en début de nuit. La dernière fois qu’une coulée de lave a traversé la RN2 remonte à 2007.

Crédit photo: OVPF

La sismicité autour du détroit de Messine (Italie)

Un séisme de magnitude M4,5 a secoué l’Etna à 7h05 le mercredi 4 mars 2026. Il a déclenché une vague d’angoisse parmi les habitants des provinces de Catane, Messine et Syracuse, où la secousse a été clairement ressentie.
L’énergie libérée à une profondeur d’un peu moins de 4 kilomètres et la durée du séisme ont fortement perturbé la vie à Ragalna où les bâtiments et infrastructures publics dont la mairie ont été endommagés et les habitants ont dû se réfugier dans les rues. Des débris sont tombés dans les rues, des voitures ont été endommagées et le toit d’une maison inhabitée s’est effondré. Les dégâts les plus importants ont été constatés dans le quartier de Santa Barbara. Cependant, le séisme n’a fait aucun blessé. L’église principale de la ville, la Madonna del Carmelo a été endommagée. Son clocher, déjà protégé par des échafaudages, menace de carrément s’effondrer.

 Crédit photo : presse régionale

Selon l’INGV, le séisme, suivi de plus d’une vingtaine de répliques moins intenses, a très probablement été causé par la faille de Calcerana. Il est lié à l’Etna, mais les volcanologues estiment qu’il n’y a pas de lien avec l’explosion observée dans la Bocca Nuova le 4 mars 2026, avec un petit nuage de cendres d’environ 1,5 kilomètre d’altitude.

Par mesure de précaution, les cours ont été suspendus à Ragalna afin de permettre l’inspection des établissements scolaires. Les écoles d’autres communes ont également fermé leurs portes.

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Chaque fois qu’un séisme se produit en Sicile, tout le monde garde en mémoire celui du 28 décembre 1908, de magnitude M7,1 et le tsunami qui a suivi. Plus de 75 000 personnes ont péri et les villes de Messine et Reggio de Calabre ont été détruites.

Le détroit de Messine est une mince bande de mer séparant la Sicile de la Calabre, mais c’est aussi l’une des zones géologiquement les plus complexes et instables de la Méditerranée. Depuis le séisme de 1908, géologues et sismologues s’efforcent de comprendre quelle faille a pu provoquer ce désastre et quels processus profonds continuent d’engendrer d’autres secousses.

L’étude de la région est d’autant plus importante qu’il existe un projet très avancé d’un pont qui enjamberait le détroit de Messine. Beaucoup se demandent s’il est raisonnable de prévoir la construction d’un pont dans une région aussi fragile d’un point de vue sismique. Des études sont donc indispensables pour s’assurer que l’édifice ne sera pas un jour le siège d’une nouvelle catastrophe.

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Une étude, publiée le 26 novembre 2025 dans la revue internationale Tectonophysics et menée par une équipe de chercheurs de l’INGV, du CNR et de plusieurs universités italiennes et européennes, offre une vision claire et plus complète de la structure géologique du détroit.

L’étude, intitulée « Développement structural et sismogenèse dans le détroit de Messine révélé par la distribution des contraintes/déformations au-dessus de la bordure de la plaque calabraise », intègre des données sismologiques et géophysiques marines et analyse plus de 2 400 séismes enregistrés entre 1990 et 2019. Elle prend également en compte les données enregistrées par des systèmes de surveillance placés sur le plancher marin.
Le détroit de Messine se situe à l’intersection de deux grandes plaques tectoniques : la plaque africaine, qui se déplace vers le nord, et la plaque eurasienne, qui glisse par-dessus. Ici, la croûte terrestre se courbe, se fracture et se déplace le long d’une série de failles actives, dans un jeu complexe de compression, d’extension et de glissement latéral. Au sud-est, dans la mer Ionienne, la plaque africaine plonge sous la Calabre, formant la « subduction calabraise », où une bande de croûte océanique provenant de l’ancien océan Téthys s’enfonce lentement dans le manteau terrestre. Ce lent mouvement de subduction entraîne la croûte supérieure, générant des déformations qui remontent à la surface et façonnent la morphologie du détroit. Ce processus, qui s’est déroulé sur des millions d’années, provoque encore aujourd’hui des séismes potentiellement destructeurs.

 L’analyse des données a permis aux chercheurs d’identifier deux couches principales de la croûte terrestre où l’activité sismique se concentre :
– une couche superficielle, entre 6 et 20 km de profondeur, où se produisent les séismes les plus fréquents et sont étroitement liés à la déformation de la croûte continentale ;
– une couche plus profonde, entre 40 et 80 km, également associée aux mouvements de la plaque ionienne en subduction sous la Calabre.
Cette double structure sismogénique indique que la déformation se produit à plusieurs niveaux et selon différents mécanismes : les forces d’extension dominent dans la partie supérieure, tendant à étirer et à enfoncer la croûte, tandis que des forces de compression agissent également en profondeur, liées à la convergence entre l’Afrique et l’Europe.
L’une des découvertes les plus intéressantes de cette étude est que la déformation dans le détroit de Messine est contrôlée par un système complexe de failles interconnectées. Ces structures s’étendent à la fois sur terre et sous la mer et se déplacent de façon coordonnée, à la manière de mosaïques qui s’emboîtent et glissent les unes sur les autres.
De nouvelles images sismiques acquises sur le fond marin ont révélé des escarpements morphologiques et des dislocations dans les sédiments récents, signes indéniables d’une déformation active. Bien que nombre de ces traces soient effacées par de forts courants océaniques ou de fréquents glissements de terrain, leur présence confirme que la croûte terrestre sous le détroit est loin d’être stable.

Au cours des trente dernières années, le réseau sismologique géré par l’INGV et les systèmes de surveillance sous-marine n’ont enregistré que des séismes de faible et moyenne magnitude dans la région du détroit. Ces séquences récentes, souvent situées près de l’épicentre du séisme de 1908, présentent des mécanismes de failles cohérents avec ceux identifiés dans l’étude : de petits segments de failles orientées NE-SO qui s’activent à des profondeurs comprises entre 4 et 12 km.

Dans la conclusion de l’étude, on peut lire que le détroit de Messine n’est pas seulement une frontière entre deux régions italiennes, mais aussi la limite dynamique entre deux plaques terrestres en collision constante. Sous ces eaux se cache un système de failles actives qui témoigne de mouvements millénaires, mais aussi d’un avenir sismique que nous devons continuer à étudier attentivement.

Comprendre la géométrie et le comportement des failles sous le détroit de Messine est essentiel pour améliorer l’évaluation du risque sismique dans l’une des régions les plus densément peuplées et vulnérables d’Italie, et dans le contexte du projet de pont sur le détroit.
L’intégralité de l’étude est disponible à cette adresse :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0040195125003063?via%3Dihub

Février 2026 encore trop chaud // February 2026 was still too hot

Concentrations de CO2 : 430,46 ppm.

Février 2026 a été le cinquième mois de février le plus chaud jamais enregistré dans le monde, avec une température de 1,49 °C supérieure aux niveaux préindustriels. La température moyenne de l’air en surface a atteint 13,26 °C, nettement au-dessus de la moyenne de février sur le long terme. Elle est supérieure de 0,53 °C à la moyenne de février de la période 1991-2020 et de 1,49 °C au niveau préindustriel estimé pour la période 1850-1900. Le mois de février le plus chaud jamais enregistré reste celui de 2024.

L’étendue de la banquise arctique s’est classée au troisième rang des plus faibles étendues pour ce mois.
Février 2026 a été marqué par une série de tempêtes et de fortes précipitations, notamment en Europe occidentale et en Afrique du Nord. La France, l’Espagne, le Portugal et le Maroc ont connu des conditions exceptionnellement humides, avec de graves inondations dans plusieurs régions. Des inondations ont également touché d’autres pays en février, notamment l’Australie, le Mozambique et le Botswana.
Selon Copernicus, les événements extrêmes de février 2026 soulignent les impacts croissants du réchauffement climatique et l’urgence d’une action à l’échelle mondiale.

Anomalie de température de l’air en surface pour février 2026

Source: Copernicus.

Une étude de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du réchauffement climatique, publiée le 6 mars 2026 dans les Geophysical Research Letters, montre que la hausse des températures s’est accélérée « statistiquement » depuis 2015. Le taux moyen de réchauffement aurait atteint environ 0,35 °C sur les dix dernières années, contre un peu moins de 0,2 °C par décennie entre 1970 et 2015. Les années 2023, 2024 et 2025 sont confirmées comme les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.

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La météo du mois de février 2026 en France a été exceptionnelle à plus d’un titre. Il s’agit du mois de février le plus chaud après février 1990 et à égalité avec 2024 (+3,5°C). C’est le 8ème mois de février consécutif avec des températures supérieures à la normale. De très nombreux records de chaleur ont été battus les 24 et 25 février. Par exemple, on a relevé 29,6°C dans les Pyrénées-Atlantiques le 24 février

Février 2026 a été le mois de février le plus pluvieux depuis 1959 (+116% à l’échelle nationale), avec des crues et des inondations majeures. Février 2026 a aussi été très agité avec le passage de plusieurs tempêtes. Avec la saturation des sols, les crues et inondations se sont rapidement multipliées, notamment sur les grands bassins versants de la Loire et de la Garonne.

Au final, l’ensoleillement a été déficitaire de -25% à l’échelle de la France.

Il est bon de préciser que les pluies abondantes ont permis une bonne recharge des nappes phréatiques, mais cela n’empêchera pas une sécheresse de surface si le temps est durablement chaud et sec cet été. Dans une région comme le Limousin où il n’y a pas de nappes phréatiques à cause du socle granitique à faible profondeur, la pénurie en eau peut se produire très vite en cas de sécheresse prolongée.

En montagne, toutes les conditions (humidité et températures pas très froides) étaient réunies pour des chutes de neige abondantes, en particulier au passage de la tempête Nils où les précipitations se sont durablement bloquées sur les Alpes et les Pyrénées. Il s’en est suivi un fort risque d’avalanches. Par sécurité, certaines stations de ski ont dû fermer momentanément.

Avec les conditions météo très douces et humides du mois, la végétation est déjà très en avance et se trouvera vulnérable aux gelées de printemps. Gare aux fameux saints de glace !

Source : Météo France.

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February 2026 was the fifth warmest February worldwide as the temperature was recorded at 1.49°C above pre-industrial levels.Average surface air temperature reached 13.26°C, well above long-term February average. This was 0.53°C higher than the 1991–2020 February average and 1.49°C above the estimated 1850–1900 pre-industrial level. The warmest February on record continues to be 2024.

Arctic sea ice extent ranked as the third-lowest for the month.

The month was marked by a series of intense storms and heavy precipitation, particularly across western Europe and northern Africa. France, Spain, Portugal and Morocco recorded exceptionally wet conditions, resulting in severe flooding in several regions. February also witnessed flooding events elsewhere, including in Australia, Mozambique and Botswana.

The extreme events of February 2026 highlight the growing impacts of global warming and the pressing need for global action.

Source : Copernicus.

A study by the Potsdam Institute for Climate Impact Research on the effects of global warming, published on March 6, 2026, in Geophysical Research Letters, shows that the rise in temperatures has accelerated « statistically » since 2015. The average rate of warming has reached approximately 0.35°C over the last ten years, compared to just under 0.2°C per decade between 1970 and 2015. The years 2023, 2024, and 2025 are confirmed as the three warmest years ever recorded.

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The weather in France in February 2026 was exceptional in more ways than one. It was the warmest February after February 1990 and tied with 2024 (+3.5°C). It was the eighth consecutive February with above-average temperatures. Numerous heat records were broken on February 24th and 25th. For example, a temperature of 29.6°C was recorded in the Pyrénées-Atlantiques department on February 24th.

February 2026 was the wettest February since 1959 (+116% nationally), with major flooding. February 2026 was also very turbulent, with several storms. With saturated groundwater, floods quickly multiplied, particularly in the major Loire and Garonne river basins.
Overall, sunshine levels were 25% below average across France.
It is worth noting that the abundant rainfall allowed for good groundwater recharge, but this will not prevent surface drought if the weather remains hot and dry for an extended period this summer. In a region like the Limousin, where there are no groundwater reserves due to the shallow granite bedrock, water shortages can occur very quickly in the event of a prolonged drought.
In the mountains, all the conditions (humidity and not-too-cold temperatures) were ripe for heavy snowfall, particularly during Storm Nils, when precipitation became trapped over the Alps and Pyrenees. This resulted in a high risk of avalanches. As a precaution, some ski resorts had to close temporarily.
With the very mild and humid weather conditions this month, vegetation is already well advanced and will be vulnerable to spring frosts. Beware of the infamous Saints de Glace (Ice Saints)!
Source: Météo France.

Réchauffement climatique et Jeux Olympiques // Global warming and Olympic Games

Il fait chaud, beaucoup trop chaud pour les Jeux Paralympiques de Cortina où les tshirts ont remplace les doudounes chez les spectateurs. Les fortes chutes de neige qui ont précédé les Jeux début février ont permis de les sauver, mais on savait que le répit serait de courte durée.
La hausse rapide des températures est devenue un défi majeur pour les organisateurs de sports d’hiver ; le Comité International Olympique (CIU) a déclaré qu’il pourrait avancer la date de début des prochains Jeux d’hiver de février à janvier en raison de la hausse des températures.

La chaleur ambiante et l’ensoleillement excessif de ces derniers jours suscitent des inquiétudes quant à la stabilité du manteau neigeux lors des Jeux Paralympiques. Et ce, non seulement pour Milan-Cortina, mais aussi et surtout pour les Jeux des années à venir.

La météo joue un rôle crucial dans le bon déroulement et la sécurité des compétitions de sports d’hiver. Les fortes chaleurs peuvent affecter la couche de neige sur les pistes de ski alpin et la visibilité est essentielle. L’humidité et les températures élevées peuvent également affecter la qualité de la glace dans les arénas intérieurs et les centres de glisse. La visibilité et le vent sont les deux facteurs les plus susceptibles de modifier le calendrier des compétitions. Le vent peut poser un problème de sécurité ou d’équité, comme en biathlon où de légères variations peuvent perturber la précision des tirs des athlètes. De nombreuses courses cette année ont été difficiles en raison des conditions météorologiques.
Le réchauffement climatique actuel rend la planification d’événements comme les Jeux d’hiver de plus en plus difficile, à tel point que le CIO envisage de ne retenir que les candidatures des pays où la neige et le froid sont plus susceptibles de se produire et de persister durant les mois d’hiver. Le problème touche particulièrement les Alpes, qui figurent parmi les régions du monde où le réchauffement climatique est le plus rapide : depuis 1950, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,4 °C, celle des Alpes de 2,7 °C et celle de Cortina d’Ampezzo de 3,6 °C. L’image ci-dessous illustre l’évolution du nombre de jours de neige par an entre 2071 et 2100, selon un scénario d’émissions élevées.

 Les sites de Milan-Cortina pourraient connaître une baisse de 36 %, tandis que le reste des Alpes pourrait enregistrer une baisse de 42 %. Depuis 1956 (année des premiers Jeux olympiques organisés à Cortina), les températures de février ont augmenté en moyenne de 3,6 °C.
L’épaisseur moyenne de neige à Cortina a diminué de 15 cm. La température moyenne en février à Milan a augmenté de 3,2 °C depuis 1956. Entre 1956 et 1966, on a enregistré en moyenne 214 jours par an avec des températures inférieures à 0 °C à Cortina. Entre 2016 et 2025, le nombre moyen de jours avec des températures négatives à Cortina était de 173.

Pour les Jeux de Milan-Cortina, la complexité s’est accrue par le fait que les sites olympiques sont situés dans des localités aux conditions météorologiques très différentes. Bormio et Livigno, par exemple, sont distantes de moins d’une heure de route, mais séparées par un col de haute montagne qui peut engendrer des différences climatiques importantes entre les deux villes.
Aujourd’hui, 87 des 93 villes candidates à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver bénéficient de conditions météorologiques fiables. D’ici 2050, seules 52 des 93 en bénéficieront.
Le CIO s’interroge sur la manière d’organiser les Jeux olympiques d’hiver de façon responsable. Par exemple, la Fondation Milano Cortina 2026 a utilisé un système de production de neige artificielle qui consomme moins d’eau et d’énergie (plus de 3 millions de mètres cubes de neige artificielle étaient prévus pour les Jeux 2026), mais cela pourrait s’avérer insuffisant en cas de fortes chaleurs. Il faut espérer que nous n’assisterons pas au spectacle désolant de Pékin 2022, avec des pistes réduites à de fines lignes blanches de neige artificielle cernées de paysages totalement désertiques.
Le CIO envisage également une autre option : organiser les Jeux uniquement dans les pays qui, depuis dix ans, enregistrent des températures minimales moyennes inférieures à zéro degré Celsius dans les zones enneigées où se dérouleront les compétitions.

Source : presse italienne.

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Au vu de l’indifférence des médias qui s’obstinent à parler des émissions de CO2, j’ai décidé de mentionner régulièrement au début de mes notes relatives au réchauffement climatique les concentrations de CO2 (en parties par million) telles qu’elles apparaissent au sommet du volcan Mauna Loa à Hawaï. Ces concentrations permettent à la Scripps Institution of Oceanography d’établir la Courbe de Keeling.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

Les concentrations de CO2 viennent de dépasser les 430 ppm avec 430,24 ppm, ce qui est énorme, et la courbe ne fait que s’élever, dans l’indifférence générale. Gare au retour de manivelle !

 

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It’s hot, far too hot for the Cortina Paralympic Games, where spectators have replaced their down jackets with t-shirts. Heavy snowfall in early February before the Games saved them, but it was known that the respite would be short-lived.
The rapid rise in temperatures has become a major challenge for winter sports organizers; the International Olympic Committee (IOC) has stated that it may move the start date of the next Winter Games from February to January due to the rising temperatures. The recent heat and excessive sunshine are raising concerns about the stability of the snowpack at the Paralympic Games. This is true not only for Milan-Cortina, but also, and perhaps more importantly, for the Games in the years to come.

Weather plays a crucial role in the smooth running and safety of winter sports competitions. The high temperatures can affect the snowpack on alpine ski slopes, and visibility is essential. Humidity and high temperatures can also affect ice quality in indoor arenas and skating centers. Visibility and wind are the two factors most likely to alter the competition schedule. Wind can pose a safety or fairness issue, as in biathlon where slight variations can disrupt athletes’ shooting accuracy. Many races this year have been difficult due to weather conditions.

Current climate change is making planning events like the Winter Games increasingly difficult, to the point that the IOC is considering accepting only bids from countries where snow and cold weather are more likely to occur and persist throughout the winter months. The problem particularly affects the Alps, which are among the regions of the world experiencing the fastest climate change: since 1950, the global average temperature has increased by 1.4°C, that of the Alps by 2.7°C, and that of Cortina d’Ampezzo by 3.6°C. The image above illustrates the projected change in the number of snowy days per year between 2071 and 2100, under a high-emissions scenario.
The Milan-Cortina venues could see a 36% decrease, while the rest of the Alps could experience a 42% decrease. Since 1956 (the year of the first Olympic Games held in Cortina), February temperatures have increased by an average of 3.6°C.
The average snow depth in Cortina has decreased by 15 cm. The average February temperature in Milan has increased by 3.2°C since 1956. Between 1956 and 1966, Cortina recorded an average of 214 days per year with temperatures below 0°C. Between 2016 and 2025, the average number of days with sub-zero temperatures in Cortina was 173. For the Milan-Cortina Games, the complexity was compounded by the fact that the Olympic venues are located in areas with very different weather conditions. Bormio and Livigno, for example, are less than an hour’s drive apart, but separated by a high mountain pass that can create significant climatic differences between the two towns.
Today, 87 of the 93 candidate cities for the Winter Olympics benefit from reliable weather conditions. By 2050, only 52 of the 93 will.
The IOC is considering how to organize the Winter Olympics responsibly. For example, the Milano Cortina 2026 Foundation used an artificial snow production system that consumes less water and energy (more than 3 million cubic meters of artificial snow were planned for the 2026 Games), but this could prove insufficient in the event of extreme heat. We must hope that we will not witness the dismal spectacle of Beijing 2022, with slopes reduced to thin white lines of artificial snow surrounded by completely barren landscapes.
The IOC is also considering another option: holding the Games only in countries that, for the past ten years, have recorded average minimum temperatures below zero degrees Celsius in the snow-covered areas where the competitions will take place.
Source: Italian news media.

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Given the media’s indifference and their continued focus on CO2 emissions, I’ve decided to regularly mention CO2 concentrations (in parts per million) at the summit of Mauna Loa volcano in Hawaii at the beginning of my posts. These concentrations allow the Scripps Institution of Oceanography to establish the Keeling Curve.

https://keelingcurve.ucsd.edu/

CO2 concentrations are currently above 430 ppm, at 430.24 ppm, and the curve is only rising, amid general indifference. Beware the backlash!