La crise de l’eau : une menace bien réelle pour notre société! // The water crisis : a real threat to our society!

Je ne le dirai jamais assez: la prochaine grande guerre sur notre planète n’aura pas lieu en Ukraine ou au Proche -Orient; ce sera la guerre de l’eau car ceux qui n’y auront plus accès entreront forcément en conflit avec ceux qui auront le privilège de la posséder. Selon un rapport de l’ONU diffusé début mai 2022, la sécheresse va plonger cette année plus de 2,3 milliards d’individus en état de stress hydrique, soit plus du tiers de la population mondiale.

En écrivant cela, je pense à l’Asie où les glaciers himalayens ne cessent de fondre et reculer. On aurait tendance à oublier qu’ils fournissent l’eau à une agriculture qui nourrit la moitié de l’humanité. Des fleuves comme le Gange ou le Brahamapoutre irriguent les terres cultivables du Pakistan, de l’Inde et du Bangladesh, soit deux milliards de personnes dont la vie est liée à celle des glaciers himalayens. Ces derniers jours, une vague de chaleur intense a affecté le Pakistan où le mercure a parfois dépassé 50°C, soit une dizaine de degrés au-dessus de la normale dans le pays à cette époque de l’année. Elle est, bien sûr, à mettre en relation avec le réchauffement climatique de la planète.

A cause de la sécheresse, le débit du fleuve Indus a été réduit de 65% cette année en raison du manque de pluies et de neige dans les zones de montagnes. En regardant une carte, on constate que l’Indus traverse l’Inde puis le Pakistan avant de déboucher en mer d’Arabie. L’ONU précise que son bassin procure 90% de l’alimentation en eau du Pakistan. Selon les autorités pakistanaises, il y a un vrai risque de pénurie de nourriture et de récoltes cette année dans le pays si ce manque d’eau devait persister, et les prévisions météorologiques ne sont pas bonnes.

La situation de l’eau dans le monde est particulièrement urgente. D’ici 2030, la sécheresse pourrait entraîner le déplacement de 700 millions de personnes. En 2040, un enfant sur quatre vivra probablement dans une région où la ressource en eau disponible sera extrêmement faible. Le pire pourrait survenir en 2050 avec des sécheresses touchant les trois quarts de l’humanité.

Nous autres pays de l’hémisphère nord aurions tort de nous croire à l’abri. Le rapport de l’ONU cité plus haut prévient que si le réchauffement climatique atteint 3 degrés Celsius d’ici 2100 – ce qui est très probable – les pertes dues à la sécheresse pourraient être cinq fois plus élevées qu’elles ne le sont aujourd’hui, Les prix alimentaires atteindront des niveaux record. On voit déjà ce qui se passe à l’heure actuelle avec le prix des céréales en provenance d’Ukraine et des denrées alimentaires qui en dépendent…

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I cannot say it enough: the next great war on our planet will not take place in Ukraine or the Middle East; it will be a war about water because those who will no longer have access to it will necessarily come into conflict with those who will have the privilege of possessing it. According to a UN report released in early May 2022, drought will plunge more than 2.3 billion people into a state of water stress this year, i.e. more than a third of the world’s population.

I am thinking of Asia where the Himalayan glaciers are constantly melting and retreating. Weshould not forget that they provide water for an agriculture that feeds half of humanity. Rivers like the Ganges or the Brahamaputra irrigate the cultivable lands of Pakistan, India and Bangladesh, ie two billion people whose lives are linked to that of the Himalayan glaciers. In recent days, an intense heat wave has affected Pakistan where temperatures sometimes exceeded 50°C, ten degrees above normal in the country at this time of the year. It is, of course, to be related to the global warming of the planet.
Due to the drought, the flow of the Indus River has been reduced by 65% ​​this year due to the lack of rain and snow in the mountain areas. Looking at a map, one can see that the Indus crosses India then Pakistan before emerging in the Arabian Sea. The UN states that its basin provides 90% of Pakistan’s water supply. According to the Pakistani authorities, there is a real risk of shortage of food and harvests this year in the country if this lack of water were to persist, and the weather forecasts are not good.
The water situation in the world is particularly urgent. By 2030, drought could displace 700 million people. In 2040, one in four children will probably live in a region where the available water resource will be extremely low. The worst could occur in 2050 with droughts affecting three quarters of humanity.
Countries of the northern hemisphere – France is one of them – would be wrong to believe that they are immune. The UN report quoted above warns that if global warming reaches 3 degrees Celsius by 2100 – which is very likely – drought losses could be five times higher than they are today. Food prices will reach record highs. We can already see what is happening at the moment with the price of cereals from Ukraine and the produces that depend on them…

Source : NASA

La parole aux habitants de Vulcano (Iles Eoliennes / Sicile)….

Suite aux interdictions à répétition mises en place sur l’île de Vulcano, les propriétaires des infrastructures touristiques sont très inquiets car la saison estivale approche à grands pas. La dernière ordonnance du maire de Lipari interdisant pendant 15 jours au moins l’accès à la plage de Levante fait grincer les dents. Elle s’ajoute à l’interdiction d’accès au cratère de la Fossa et aux bains de boue. Selon les habitants de Vulcano, « le cratère nous fait vivre, l’Etat nous laisse mourir ».

On peut lire dans le communiqué diffusé à l’issue d’une réunion du “Comitato Spontaneo Vulcano” – qui réunit les habitants de l’île – que ces derniers « se retrouvent face à des circonstances d’une difficulté extrême à un moment délicat comme le début de la saison estivale, seule période où la population locale parvient à réunir le strict minimum pour survivre tout au long de l’année. »
L’ordonnance du 28 mai 2022 interdit l’accès à la plage d’eau chaude de Levante, « l’une des zones qui ont historiquement caractérisé la beauté de l’île ; un endroit où nous avons grandi en nous baignant dans des eaux thermales qui n’ont en aucun temps endommagé notre santé, ni celle des millions de touristes qui, depuis de nombreuses décennies, ont bénéficié de ce merveilleux cadeau de la nature. Du jour au lendemain, sans donner de raisons claires à cette mesure, les habitants de l’île sont privés de l’un des sites qui attirent les voyageurs des cinq continents, sans que des relevés institutionnels montrent la variation de l’activité géophysique dans la zone concernée par l’ordonnance en question. Depuis des années, la couleur de la mer prend parfois une couleur laiteuse qui, ces dernières semaines, est présentée dans les médias comme une nouveauté surprenante qui légitime la mise en place de mesures drastiques, tout en créant un alarmisme inutile qui dissuade de visiter ce site du patrimoine mondial de l’UNESCO.« 

On peut lire également dans le communiqué du “Comitato Spontaneo Vulcano”: « Plutôt que de chercher des solutions qui feraient cohabiter les mesures sanitaires avec le bien-être social et économique de la population locale, les autorités ont pris le chemin d’une interdiction aveugle qui ne tient pas compte des problèmes et des besoins des insulaires. Par exemple, la mise en place de personnel et d’infrastructures capables de surveiller jour après jour l’évolution de l’activité volcanique et d’avertir la population en cas d’urgence réelle serait une voie plus réaliste que l’étranglement de l’île. »

Le Comité regrette que « la Protection civile (qu’on ne voit presque plus sur l’île) pousse à la fermeture de l’île, tandis que les volcanologues qui effectuent au quotidien leur indispensable travail de prospection ont confié leur étonnement à divers habitants devant une mesure qu’ils jugent inutiles. »
Une autre préoccupation des Éoliens concerne l’image de Vulcano au niveau médiatique. Suite à la dernière ordonnance, de nombreux journaux ont titré « Baignade interdite à Vulcano », alors que l’île offre plusieurs autres belles plages dont l’accès est autorisé.

Source: Eolie News.

L’accès au cratère de la Fossa est interdit…

…mais on peut toujours visiter celui de Vulcanello…

(Photos : C. Grandpey)

Quelques nouvelles de Vulcano et de l’Etna (Sicile) // Some news of Vulcano and Mt Etna (Sicily)

Dans une note précédente, j’expliquais que la mer avait changé de couleur dans le secteur de Levante sur l’île éolienne de Vulcano. D’après les premières analyses de l’INGV, le phénomène aurait été causé « par la baisse du Ph ». L’inspection du site a été réalisée par des chercheurs à bord d’une embarcation pour « les observations macroscopiques du phénomène, les mesures physico-chimiques sur le terrain et l’échantillonnage ».
Les prélèvements d’eau de mer sur le fond marin à proximité des sites d’émissions gazeuses ont été réalisés au moyen d’une rosette actionnée depuis le bateau. Une rosette est une espèce de barillet portant des bouteilles de prélèvement qui peuvent être déclenchées depuis la surface. Les scientifiques ont également procédé au prélèvement des gaz qui provoquent des bouillonnements à la surface de l’eau. D’autres prélèvements de gaz ont également été effectués au niveau de la mare de boue qui, rappelons le, est interdite d’accès depuis trois ans.

La baignade sur la plage de Levante est interdite pendant au moins deux semaines. L’accès au cratère de la Fossa reste interdit lui aussi.

Source: médias italiens.

Dans une publication sur Facebook, j’avais indiqué le 28 mai 2022 qu’une nouvelle bouche s’était ouverte sur l’Etna (Sicile), dans la partie haute de la Valle del Bove. Une deuxième bouche est également apparue à 06h05 (UTC) le 29 mai 2022. Les points d’émission de la lave se trouvent à 3250 m et 2800 m au-dessus du niveau de la mer. La lave se déplace lentement vers le Monte Simone. Le front de coulée le plus avancé se situe à environ 2100 m d’altitude.
Après une chute rapide observée dans l’après-midi du 28 mai, le tremor éruptif fluctue actuellement sur des valeurs moyennes-élevées. Sa source a été localisée dans la zone du Cratère Sud-Est à une profondeur d’environ 3000 mètres.
Source : INGV.

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In a previous post, I explained that the sea had changed colour in the Levante area, on the Aeolian island of Vulcano. According to the first analyzes by INGV scientists, the phenomenon was probably caused « by the drop in Ph ». The site inspection was carried out by researchers aboard a boat for « macroscopic observations of the phenomenon, physico-chemical measurements in the field and sampling ».
Sampling of seawater on the seabed near the sites of gaseous emissions was carried out using a rosette operated from the boat. A rosette is a kind of barrel carrying sampling bottles that can be triggered from the surface. The scientists also took samples of the gases that cause bubbling on the surface of the water. Other gas samples were also taken from the mud pool which, it should be remembered, has been off-limits for three years.

Bathing at the Levante beach is forbidden at least for the next two weeks. Access to the La Fossa crater is prohibited too.

Source: Italian news media.

In a post on Facebook, I indicated on May 28th, 2022 that a new vent had opened on Mt Etna (Sicily), in the upper part of the Valle del Bove. A second vent also appeared at 06:05 (UTC) on May 29th, 2022. The lava emission points are at 3250 m and 2800 m above sea level. The lava is slowly moving towards Monte Simone . The most advanced flow front is located at approximately 2100 m altitude.
After a rapid drop observed in the afternoon of May 28th, the eruptive tremor is currently fluctuating on medium-high values. Its source was located in the area of ​​the Southeast Crater at a depth of about 3000 meters.
Source: INGV.

Les bains de boue de Vulcano sont un lointain souvenir (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

En cliquant sur le lien en bas de cette note, vous aurez accès à un document montrant la fonte des glaciers islandais à travers les âges. Les prises de vues et les photographies ont été compilées par une équipe de scientifiques de l’Université d’Islande. Elles montrent trois décennies de fonte glaciaire en un peu plus de trois minutes. Les chercheurs ont superposé des photos aériennes d’archives et des images récentes de drones pour montrer l’effet dramatique du réchauffement climatique sur les glaciers du sud-est de l’Islande. Certains de ces glaciers reculent à un rythme de 150 mètres par an. Depuis 2000, on estime que les glaciers islandais ont diminué d’environ 800 km2.
L’équipe scientifique était dirigée par Þorvarður Árnason, directeur du Centre de recherche Hornafjörður. Le scientifique a pris des photos du glacier Hoffellsjökull une fois par mois pendant huit ans.
L’Islande compte vingt glaciers émissaires qui partent de la calotte glaciaire du Vatnajökull. Tous ont reculé. Certains scientifiques affirment que si les conditions de réchauffement climatique se poursuivent au rythme actuel, les glaciers islandais risquent de disparaître complètement.
Þorvarður Árnason dit que nous devons expliquer la réalité à la population, sans toutefois l’effrayer. Nous devons faire prendre conscience de la gravité de la situation.
Après avoir documenté la situation actuelle, l’équipe scientifique se tourne maintenant vers l’avenir. Les chercheurs veulent prévisualiser à quoi ressemblera dans un siècle le Breiðamerkurjökull, le glacier islandais qui recule le plus rapidement, en prenant en compte les scénarios les plus optimistes et les plus pessimistes.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

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By clicking on the link at the bottom of this post, you will have access to a document showing the melting of Icelandic glaciers through the ages. The footage and photography were compiled by a team of scientists at the University of Iceland. They show three decades of glacial melt in just over three minutes. The team superimposed archival aerial photos on top of contemporary drone footage to show the dramatic effect that warming climates have had on glaciers in Southeast Iceland. Some of these glaciers are retreating at a rate of 150 metres a year. Since 2000, it has been estimated that Iceland’s glaciers have decreased by some 800 km2.

The team of scientists was led by Þorvarður Árnason, director at the Hornafjörður Research Centre. The scientist started to do repeat photography at Hoffellsjökull, and did it once a month for eight years.

Iceland has twenty outlet glaciers that extend from the Vatnajökull ice cap. All of them have receded. Some experts say that if global warming conditions continue at the current pace, Iceland’s glaciers are at risk of disappearing completely.

Þorvarður Árnason says that we need to tell people what the reality is without frightening them; however, we should make them aware how serious the situation is.

Having documented the present situation, the scientific team is now turning their attention toward the future. They want to pre-visualize what Iceland’s fastest retreating glacier, Breiðamerkurjökull, will look like 100 years from now, taking into account both worst case and best case scenarios.

https://edition.cnn.com/videos/world/2022/05/04/iceland-glaciers-melting-over-time-c2e-intl-lon-orig.cnn

Source: Iceland Review, CNN.

Front du Solheimajökull et du Vatnajökull  (Photos: C. Grandpey)