Réchauffement climatique : le Pérou fait de la résistance // Global warming: Peru is resisting

Le réchauffement climatique affecte tous les pays du monde. J’ai écrit plusieurs notes (décembre 2017, mai 2018, juin 2020, par exemple) sur son impact dans les Andes en Amérique du Sud et plus particulièrement au Pérou où les glaciers fondent à une vitesse incroyable. Dans ce pays, la disparition des glaciers signifie qu’il n’y aura plus d’eau potable, plus d’électricité et plus d’irrigation pour les cultures. Du coup, les villageois seront obligés d’aller vivre en ville, notamment à Lima qui dépend aussi des glaciers des Andes pour son approvisionnement en eau.
Un article du Washington Post donne l’exemple d’un glacier péruvien près du Nevado Palcaraju qui a presque disparu. La hausse des températures a fait fondre la glace et donné naissance à un grand lac baptisé Laguna Palcacocha, retenu par une moraine fragile. À tout moment, une avalanche ou un effondrement de la montagne pourrait faire déborder l’eau de fonte par dessus ses berges. Près de 2 millions de mètres cubes d’eau dévaleraient le flanc de montagne et submergeraient la ville de Huaraz, où vivent quelque 120 000 personnes. Un système d’alerte précoce récemment installé au bord du lac est censé déclencher des sirènes dans toute la ville, donnant aux gens environ 20 minutes pour s’enfuir.
En 1941, une crue glaciaire de la Laguna Palcacocha a tué quelque 1 800 personnes – environ un tiers des habitants de Huaraz à l’époque. Les effets de la crue se sont fait sentir jusqu’à la côte, à 160 kilomètres de distance. Quelques années plus tard, une crue semblable au-dessus du site archéologique de Chavín de Huántar a tué 500 personnes. Une autre crue glaciaire a détruit une centrale hydroélectrique nouvellement construite. En 1970, un séisme a déstabilisé le glacier au pied de la plus haute montagne du Pérou, déclenchant une avalanche qui a englouti toute la ville de Yungay. Quelque 20 000 personnes ont été impactées. Seuls 400 habitants ont survécu.
Ces catastrophes ont incité le gouvernement péruvien à mettre en place une unité fédérale de glaciologie afin de surveiller les lacs glaciaires les plus dangereux du pays. On a creusé des canaux pour évacuer une partie de l’eau du lac Palcacocha et renforcé la moraine. Après des décennies sans autre crue meurtrière, le Pérou a dissous son unité fédérale de glaciologie et les responsabilités ont été transférées aux régions. À l’époque, peu de gens à Huaraz ont remarqué le changement. Ils croyaient que la Laguna Palcacocha était toujours sous contrôle. Ils pensaient qu’ils étaient en sécurité.
En 2009, des scientifiques qui travaillaient sur une nouvelle carte de la Laguna Palcacocha ont fait une découverte très inquiétante : depuis l’installation du système d’alerte, le lac avait augmenté son volume de 34 fois. Il était maintenant plus grand qu’avant la catastrophe de 1941. Bien que le système de vidange ait empêché le niveau de l’eau de monter trop haut, le recul du glacier avait permis au lac de s’étendre. Si une avalanche majeure se produisait, la moraine ne pourrait pas retenir le lac. Le président du Pérou a alors déclaré l’état d’urgence. Le gouvernement régional a fait installer plusieurs grandes buses pour évacuer le trop-plein d’eau et abaisser le niveau du lac. Des « gardiens » officiels ont été payés pour surveiller le lac 24 heures sur 24, et un système d’alerte précoce a été installé pour permettre l’évacuation des zones habitées en aval.
À partir de 2014, plusieurs habitants de la région, appuyés par des militants de l’association écologiste Germanwatch, ont décidé de faire de la résistance et ont intenté une action en justice contre la compagnie d’électricité allemande RWE qui tirait profit de la combustion de combustibles fossiles sans jamais rien donner en retour. Citant des études scientifiques qui établissent un lien entre la pollution des centrales électriques et le recul du glacier Palcaraju, les militants ont estimé que la compagnie d’électricité devrait participer au financement des mesures visant à prévenir une crue glaciaire catastrophique. Ils ont demandé à la compagnie de payer environ 20 000 dollars, soit environ 0,47 % du coût du projet de vidange du lac Palcacocha. Les avocats de la société ont rétorqué que toutes les opérations effectuées par RWE étaient légales et que le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et l’impact climatique est trop complexe pour qu’une seule entité puisse être tenue responsable.
Après un premier rejet de la demande des militants par le tribunal allemand, l’appel a été couronné de succès et le tribunal s’est déplacé au Pérou pour recueillir des preuves sur le terrain, une première mondiale pour un procès autour du climat. Dans les prochains jours, des juges et des experts allemands parcourront les rues de Huaraz et pourront voir les maisons susceptibles d’être inondées. Ils monteront la route de Palcaraju et examineront le glacier

Si les juges sont convaincus par les affirmations des militants, cela ouvrira la porte aux procès climatiques. Un succès à Huaraz signifierait que les principaux pollueurs, où qu’ils se trouvent, peuvent être tenus pour responsables des conséquences de plus en plus désastreuses des émissions de gaz à effet de serre. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouvelles poursuites judiciaires de la part de pays en voie de développement qui n’ont pas contribué au réchauffement climatique, mais qui en supportent les conséquences. Cela pourrait forcer les pays riches et les grandes entreprises à reconsidérer les risques liés à la dépendance aux combustibles fossiles et permettre à ceux qui sont en première ligne du réchauffement climatique de demander réparation. Le Pérou a contribué à moins de 0,4 % des émissions globales de gaz à effet de serre en 2019, mais il se trouve parmi les pays les plus exposés aux conséquences du réchauffement climatique.
Il faudra plusieurs mois avant que les experts nommés par le tribunal allemand achèvent leur évaluation de la menace qui pèse sur Huaraz. Les juges ne devraient pas se prononcer avant au moins 2023. Quel que soit le verdict, ce sera un succès pour les militants écologistes qui ont fait se déplacer les juges allemands pour leur montrer ce qui se passe réellement au Pérou : les risques liés au recul des glaciers, Comme l’a dit un Péruvien : « Ils ont les informations et les preuves pour comprendre le problème. Et peut-être qu’ils changeront d’avis. »

Depuis que les militants péruviens et le groupe allemand Germanwatch ont déposé leur plainte, plus de 2 000 autres procès en matière de climat ont été intentés contre des entreprises et des gouvernements dans le monde. Plus de la moitié ont abouti à des résultats positifs pour le climat. En 2021, un tribunal néerlandais a jugé que le géant pétrolier Shell devait augmenter considérablement ses engagements climatiques. L’État français a été reconnu coupable de ne pas avoir réussi à réduire les gaz à effet de serre et la Cour suprême allemande a décidé que le pays était constitutionnellement obligé de « faire sa part » pour éviter un réchauffement catastrophique.
Source : Le Washington Post via Yahoo Actualités.

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Global warming is affecting all countries of the world. I have written several posts (December 2017, May 2018, June 2020, for instance) about its impact in South America’s Andes and more particularly on Peru where glaciers are melting at an inredible speed. In this country, no more glaciers means no more drinking water, no more electricity and no more irrigation for the cultures. As a result, villagers will go and live in town, especially in Lima which also depends on the glaciers of the Andes for its water. supply

An article in The Washington Post gives the example of a Peruvian glacier close to Nevado Palcaraju which is almost gone, transformed by rising temperatures from solid ice into a large, unstable lake dubbed Palcacocha held back by a fragile moraine. At any moment, an avalanche or rockslide could cause the meltwater to surge over its banks. Nearly 2 million cubic meters of water would go crashing down the mountainside and deluge the city of Huaraz, where some 120,000 people are living. A newly installed early warning system at the lake is supposed to set off sirens around the city, giving people about 20 minutes to evacuate.

In 1941, a glacial lake outburst flood from Palcacocha killed an estimated 1,800 people – about one third of Huaraz’s residents at the time. The path of destruction extended all the way to the coast, 160 kilometers away. A few years later, a flood above the nearby archaeological site of Chavín de Huántar killed 500 people. Then another outburst wiped out a newly built hydroelectric station. In 1970, an earthquake destabilized the glacier on Peru’s tallest mountain, unleashing an avalanche that engulfed the entire city of Yungay. Some 20,000 people were buried. Just 400 residents survived.

The disasters incited Peru’s government to establish a federal glaciology unit that would monitor the country’s most dangerous glacial lakes. Workers dug drainage channels to empty some of the water from the Palcacocha lake and reinforcred the moraine. As decades passed without another deadly outburst, Peru disbanded its federal glaciology unit and responsibilities were shifted to the regional governments. At the time, few in Huaraz worried about the change. They believed that Palcacocha was already under control. They thought they were safe.

In 2009, scientists working on a new underwater map of Laguna Palcacocha made a terrifying discovery: Since the security system was first installed, the lake had swelled to 34 times its former volume. It was now even bigger than it had been before the 1941 disaster. Although the drainage system prevented the water level from rising too high, the glacier’s retreat allowed the lake to extend. If a major avalanche occurred, the dams would not be able to hold back the swollen lake. Peru’s president declared a state of emergency. The regional government built several large plastic pipes to siphon off extra water and lower the surface level. Official « guardians » were paid to live on the mountain and monitor the lake around-the-clock, and an early warning system was installed to enable evacuations of the communities below.

Starting in 2014, several local residents, together with activists from the environmental nonprofit Germanwatch, have waged a lawsuit against the German energy company RWE that has benefited from burning fossil fuels, but is not paying for the consequences. Citing scientific studies that link pollution from power plants to the retreat of the Palcaraju glacier, the activists argue that the energy giant should help pay for measures to prevent a catastrophic flood. They modestly asked the firm to pay roughly $20,000, about 0.47 percent of the cost of the Palcacocha drainage project. The company’s lawyers countered that all of its operations were legal, and that the link between greenhouse gas emissions and climate impacts is too complex for any single entity to be held responsible.

After the activists’ claim was first rejected by the German court, the appeal was successful and the court travelled to Peru to collect on-the-ground evidence, a global first for any climate case. In the next few days, German judges and technical experts will walk the streets of Huaraz and view the homes that could be inundated. They will ascend the road to Palcaraju and examine the glacier.

If the judges are convinced by the activists’ claims, it will mark a breakthrough in the burgeoning realm of climate litigation. Success in Huaraz would mean that major polluters anywhere may be liable for the increasingly disastrous consequences of greenhouse gas emissions. It could pave the way for more lawsuits from developing nations that did little to cause climate change, but are bearing the brunt of its impacts. It might force rich countries and giant corporations to reconsider the risks of relying on fossil fuels, and allow those on the front lines of global warming to seek restitution for what they have lost. Peru contributed less than 0.4 percent of the world’s greenhouse gas emissions in 2019, yet it consistently ranks among the nations at high risk from climate damages.

It will be many months before the court-appointed experts complete their assessment of the threat to Huaraz. The judges aren’t expected to make a ruling until at least 2023. Whatever the verdict, il will be a success for the activists who brought all the judges from abroad to show them what’s really happening in Peru : the risk of the glacier retreat, As one Peruvian said : « They have the information and the evidence to understand the problem. And maybe they will change their minds. »

Since the Peruvian activists and the German Germanwatch filed their claim, more than 2,000 other climate lawsuits have been launched against companies and governments around the world, More than half have led to positive outcomes for climate. In 2021, a Dutch court ruled that the oil giant Shell had to dramatically boost its climate commitments. The French state was convicted of failing to curb greenhouse gases and the German Supreme Court decided that the country was constitutionally obligated to « do its part » to avoid catastrophic warming.

Source: The Washington Post via Yahoo News.

La Laguna Palacacocha en 1939

La Laguna Palcacocha en 2002

(Source: Wikipedia)

Eté météorologique 2022 : le 2ème plus chaud en France

L’été météorologique se termine officiellement le 31 août 2022, mais Météo France est déjà en mesure d’annonce que l’été 2022 en France a été le deuxième plus chaud après 2003, avec des pics de chaleur « exceptionnels ». On remarquera que les 10 étés les plus chaud figurent tous dans les deux décennies écoulées. C’est assez logique étant donné que le réchauffement climatique tel que nous les connaissons à l’heure actuel a commencé vers 1975.

Durant cet été météorologique, on a enregistré une température moyenne de 22,67°C, contre 23,10°C lors de l’été 2003.

L’été 2022 a été marqué par plusieurs records de température. Les 42 degrés Celsius ont été atteints à Nantes le 18 juillet, un record absolu. De plus, il n’y a pas eu de journées fraîches depuis début juillet

La mer a, bien sûr, subi les effets de ces fortes chaleurs. Ainsi, la température de la Méditerranée a enregistré une hausse de l’ordre de « 4 à 5 degrés » par rapport aux normales saisonnières.

On va maintenant attendre le bilan d’agences comme la NASA, la NOAA et ERA5 pour savoir comment s’est comporté l’été 2022 à l’échelle de la planète.

Source: Météo France.

Les vagues de chaleur en France depuis 1947. 2022 n’y figure pas encore. (Source: Météo France)

Crues glaciaires et inondations catastrophiques au Pakistan // Glacial outbursts and Pakistan’s disastrous floods

Depuis le mois de juin 2022, les inondations au Pakistan causées par le réchauffement climatique, les pluies de mousson, la négligence des autorités locales et la fonte des glaciers ont tué plus de 1 100 personnes. Il s’agit des inondations les plus meurtrières au monde depuis celles de 2017 en Asie du Sud. Le 25 août 2022, le gouvernement pakistanais a déclaré l’état d’urgence.
Les glaciers des chaînes de montagnes du nord du Pakistan (Hindu Kush, Himalaya et lKarakorum) fondent rapidement en raison de la hausse des températures, et quelque 3 044 lacs glaciaires se sont formés dans ces zones de montagnes. Parmi ces lacs, 33 sont exposés à des crues glaciaires dangereuses. Il s’agit d’événements soudains qui peuvent provoquer le déferlement de millions de mètres cubes d’eau et de matériaux, avec à la clé la perte de vies, de biens et de moyens de subsistance dans les villages de montagne isolés et souvent très pauvres. Plus de 7,1 millions de personnes sont vulnérables dans une région où 25% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
Les lacs glaciaires sont des étendues d’eau naturelles qui sont retenues par de la glace ou des moraines. Un débordement de ces lacs peut être causé par une foule de facteurs : des avalanches de glace ou de roche, l’effondrement du barrage morainique dû à la fonte de la glace à l’intérieur, des séismes ou des arrivées soudaines d’eau dans le lac, à cause de fortes pluies ou la vidange soudaine de lacs. en amont sur le glacier.
Une étude récente a donné plus de détails sur les effets du réchauffement climatique sur les crues glaciaires. Selon des analyses détaillées s’appuyant sur 40 ans de mesures satellitaires, les glaciers ont perdu l’équivalent de près de 45 centimètres de glace par an depuis l’an 2000. Il s’agit de l’analyse récente la plus fiable sur l’influence du réchauffement climatique sur les glaciers de l’Himalaya. . On peut lire que « si une population réside à moins de 20 kilomètres en aval d’un lac glaciaire, le danger est bien réel. Ces endroits nécessitent une bonne surveillance et un important travail de prévention pour éviter des drames. »
Les inondations causées par des débordements de lacs glaciaires ne sont pas un phénomène nouveau au Pakistan. De tels phénomènes se sont souvent produits dans la partie nord du pays au cours des vingt dernières années. Une jeune fille a été tuée et 11 autres personnes ont été blessées à Chitral en 2020 lorsqu’une crue glaciaire a emporté six maisons et endommagé 16 autres. L’inondation ainsi provoquée a également dévasté les champs de blé et de haricots, ce qui a entraîné des pertes financières importantes pour la population locale.
La vidange brutale d’un lac glaciaire affecte les régions en aval avec des crues soudaines et des coulées de boue et de matériaux. Le Pakistan compte environ 7 000 glaciers, dont 3 044 ont donné naissance à des lacs glaciaires. Beaucoup d’autres sont considérés comme dangereux en raison de la hausse des températures. Au moins 7 millions de personnes dans le Gilgit Baltistan et le Khyber Pakhtunkhwa sont menacées par les futurs lacs glaciaires.La principale mesure à prendre pour éviter une crue glaciaire consiste à réduire le volume d’eau dans le lac afin de limiter le débit maximum en cas de crue. Des mesures devraient également être prises en aval, dans la zone exposée aux crues glaciaires, afin de protéger les infrastructures.
Source: Environmental News and Articles from Pakistan (ENVPK).

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Since June 2022, floods in Pakistan caused by global warming, monsoon rains, negligence of local authorities, and melting glaciers have killed more than 1,100 people. It is the world’s deadliest flood since the 2017 South Asian floods. On August 25th, 2022, Pakistan declared a state of emergency.

Glaciers in Pakistan’s northern mountain ranges (Hindu Kush, Himalayas, and Karakorum) are melting quickly due to rising temperatures, and a total of 3,044 glacial lakes have formed in these mountains. Of them, 33 glacial lakes have been identified as being vulnerable to dangerous glacial lake outburst floods (GLOF). GLOFs are abrupt events that can cause the release of millions of cubic meters of water and debris, resulting in the loss of lives, property, and livelihoods in isolated and impoverished mountain villages. Over 7.1 million people are vulnerable in this region where 25 percent of the population is living below the poverty line.

Glacial lakes are natural water reservoirs that have been dammed by ice or moraines. A lake outburst can be caused by a variety of factors: ice or rock avalanches, the collapse of the moraine dam due to the melting of buried ice, earthquakes, or sudden inputs of water into the lake, such as heavy rains or drainage from lakes further up the glacier.

A recent study has given more details about the effects of climate change on glacial outbursts. According to detailed research based on 40 years of satellite measurements, glaciers have lost the equivalent of almost 45 centimeters of the ice per year since 2000. The research represents the most recent trustworthy analytical result on the influence of climate change on the glaciers of the Himalayas. One can read that « if a population resides fewer than 20 kilometers downstream of a glacier lake, the hazard is greater. These places require careful monitoring and preparation to avoid casualties. »

Flooding caused by glacial lake outbursts is not a new phenomenon in Pakistan. Such glacier outbreaks have occurred often in the northern sections of the nation over the previous two decades. A young girl was killed and 11 others were injured in Chitral in 2020 when a glacier flood washed away six houses and damaged 16 others. The glacier flood also devastated wheat and bean fields, resulting in significant financial losses for local households.

A glacier lake’s unexpected eruption affects downstream regions with flash floods and debris flow. Pakistan has around 7,000 glaciers, 3,044 of which have generated glacial lakes. Many others have been identified as a possible concern as a result of rising temperatures. At least 7 million people in Gilgit Baltistan and Khyber Pakhtunkhwa are at risk from future glacial lakes. The most essential mitigating method for minimising GLOF risk is to minimize lake capacity in order to limit peak surge discharge. Measures should be done downstream in the GLOF prone area to safeguard infrastructure from the devastating powers of the GLOF surge.

Source: Environmental News and Articles from Pakistan (ENVPK).

 

Ces deux images prises par le satellite Landsat 8 de la NASA montrent l’apparition d’un lac glaciaire devant le front du glacier Shishpar dans le nord du Pakistan. La photo de gauche a été réalisée en avril 2018, celle de droite un an plus tard…

Glaciers alpins : une mort annoncée

Avec les vagues de chaleur à répétition au cours de l’été 2022, les glaciers fondent à vue d’oeil. Les glaciologues ont constaté le 9 août que certains glaciers des Alpes avaient déjà battu des records d’amincissement, dépassant les pertes en masse des pires millésimes, 2003, 2009 ou 2015, et l’été n’est pas fini; il reste encore un mois et demi de fonte. C’est le cas pour le glacier Blanc dans le Massif des Ecrins, ou la partie supérieure d’Argentière, deuxième plus grand glacier français, dans le massif du Mont-Blanc.

Les journalistes alpins ont suivi Christian Vincent, ingénieur de recherche pour l’Institut des Géosciences de l’Environnement à Grenoble (CNRS). Ses relevés confirment qu’un peu partout dans les Alpes, 2022 sera celle de la pire agonie de nos glaciers dont plus de 80% de la surface est déjà condamnée d’ici la fin du siècle.

Interviewé sur le glacier d’Argentière, Christian Vincent explique que le bilan de masse est extrêmement déficitaire, le plus déficitaire depuis 50 ans. Cela signifie que le glacier perd plus de glace à son extrémité que l’apport de neige dans sa zone d’accumulation à sa source. A 3050 m d’altitude, au niveau de la zone d’accumulation, le manteau neigeux hivernal a totalement disparu et la saison de fonte n’est pas finie. On ne peut que constater que la glace ne se régénère pas. Du jamais vu sur les 50 ou 60 dernières années. Le même phénomène est observé sur les autres glaciers du massif, comme la Mer de Glace ou encore le glacier de St Sorlin (voir ma note du 2 septembre 2021 à propos de ce glacier).

Ce bilan de masse très déficitaire s’explique par la combinaison d’un enneigement hivernal très insuffisant avec un manteau neigeux très faible, et de la fonte résultant de canicules à répétition en début d’été.

Du fait de cette accélération de la fonte des glaciers, il faut revoir les prévisions qui ont été annoncées pour les prochaines années. Ce qui était prévu pour l’année 2100 se produira probablement beaucoup plus tôt. Christian Vincent fait toutefois remarquer que cette évolution ne se fera probablement pas en ligne droite et que la fonte subira vraisemblablement des fluctuations, mais la tendance globale n’est pas bonne.

S’agissant du glacier d’Argentière son épaisseur est actuellement d’environ 200 mètres à 2400 m d’altitude. Avec un réchauffement de la température de 3°C, les simulations montrent qu’il aura pratiquement disparu en 2100. Il aura déjà bien reculé en 2040 et au lieu des 200 m de glace actuels, un lac d’environ 12 millions de mètres cubes se sera formé devant son front.

Glacier d’Argentière en 2020 (Photos: C. Grandpey)

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La situation n’est pas plus brillante en Suisse. Selon une étude publiée dans la revue scientifique La Cryosphère par les scientifiques suisses le 22 août 2022, les glaciers de leurs pays ont vu leur volume diminuer de moitié en 90 ans en raison du réchauffement climatique. L’étude montre par ailleurs que cette fonte s’accélère depuis six ans

Les glaciers suisses ont perdu la moitié de leur volume depuis 1931. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont procédé à la reconstitution de la topographie de l’ensemble des glaciers qui existaient à cette époque et ont comparé ces données à celles des années 2000.

Le résultat est saisissant. Le glacier Fiescher, dont il ne restait plus que quelques minuscules taches blanches en 2021, ressemblait à une énorme mer de glace en 1928. Selon les scientifiques, les glaciers n’ont pas reculé de façon continue au cours du siècle dernier. Ils ont même connu des épisodes de croissance de leur masse dans les années 1920 et 1980, mais ils fondent désormais à un rythme de plus en plus rapide. Alors qu’ils ont perdu 50 % de leur volume entre 1931 et 2016, il ne leur a fallu que six ans seulement – entre 2016 et 2022 – pour en perdre 12 %.

Les glaciers d’Aletsch et du Rhône ont perdu de leur grandeur au cours des dernières décennies (Photos: C. Grandpey)