Fonte des glaciers au Groenland // Glacier melting in Greenland

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo montrant un impressionnant vêlage du glacier Helheim au Groenland. Le document a été réalisé par une équipe de chercheurs de l’Université de New York. Une surface de glace de 6,5 kilomètres de long se détache du glacier et emprunte le fjord en direction de l’Atlantique. La masse de glace vient heurter un autre iceberg plus loin dans le fjord, ce qui cause une nouvelle fragmentation.
La vidéo offre de nouvelles preuves visuelles du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau de la mer qui s’ensuit. Elle offre également l’occasion d’étudier la production d’icebergs. Savoir comment et de quelle manière les icebergs naissent est important pour les simulations car ils déterminent en fin de compte l’élévation globale du niveau de la mer.
https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Une autre vidéo spectaculaire de la fonte des glaciers apparaît dans le document de James Balog intitulé « Chasing Ice ». Le 28 mai 2008, deux membres de son équipe ont filmé le vêlage très impressionnant du glacier d’Ilulissat dans l’ouest du Groenland. L’événement a duré 75 minutes et le glacier a reculé de plus de 1,5 km avec un front de vêlage de 5 km de largeur. La hauteur de la glace est d’environ 100 mètres au-dessus de l’eau.
https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

J’ai eu la chance de voir le vêlage du glacier Sawyer en Alaska:

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

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By clicking on the link below, you will see a video of Greenland’s Helheim Glacier losing a massive chunk of ice to the ocean. The video was captured by a team of New York University researchers. The 6.5-kilometre-long iceberg can be seen separating from the glacier and flowing down the fjord towards the Atlantic. The iceberg can be seen smashing into another iceberg further down the fjord, causing additional fragmentation.

The video offers new visual evidence of the realities of global warming and sea level rise. It also offers an opportunity to study iceberg calving. Knowing how and in what ways icebergs calve is important for simulations because they ultimately determine global sea-level rise.

https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Another dramatic footage of glacier melting can be seen in James Balog’s document entitled “Chasing Ice”. On May 28th, 2008, two members of his team filmed a historic breakup at the Ilulissat Glacier in Western Greenland. The calving event lasted for 75 minutes and the glacier retreated more than 1.5 km across a calving face 5 km wide. The height of the ice is about 100 metres above water.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

I was fortunate to see the calving of the Sawyer Glacier in Alaska :

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

Vêlage du Columbia (Glacier) en Alaska [Photo: C. Grandpey]

L’Alaska face au changement climatique // Alaska in the face of climate change

À la suite du refus du Président Trump d’admettre le changement climatique, de nombreux États conservateurs n’ont pas voulu mettre en place des politiques climatiques agressives. Dans le même temps, l’Alaska constate les effets spectaculaires du réchauffement climatique et il est difficile pour les hommes politiques locaux d’éluder cette question. Le pergélisol qui sert de support solide à de nombreuses routes, bâtiments et à l’oléoduc trans-alaskien commence à fondre en déstabilisant ces infrastructures. Au moins 31 villes côtières devront peut-être déménager, avec un coût de centaines de millions de dollars, car la glace de mer disparaît à vue d’œil et ne sert plus d’obstacle aux puissantes vagues qui érodent les côtes de l’Alaska.
L’Alaska est en train de finaliser sa stratégie climatique. En octobre 2017, le Gouverneur a créé un groupe de travail pour proposer des politiques spécifiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et aider l’Etat à s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Les recommandations sont attendues pour septembre 2018.
Face au changement climatique, l’Alaska est confronté à ses propres contradictions. Environ 85% du budget de l’État est financé par les revenus du pétrole qui est principalement exporté vers le reste des États-Unis, et les hommes politiques locaux ont toujours refusé de réduire la production de combustibles fossiles.
Cependant, les autorités alaskiennes ont déclaré que l’État ne doit pas utiliser son rôle de producteur d’énergie pour justifier une inaction face au défi complexe du changement climatique. À cette fin, le groupe de travail a publié en avril 2018 une proposition visant à ce que l’Alaska produise 50% de son électricité à partir de sources renouvelables comme l’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et géothermique d’ici 2025, contre 33% en 2016. Le projet propose également de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’État d’un tiers d’ici 2025, par rapport au niveau de 2005..

L’Alaska a déjà réduit ses émissions de 25% depuis 2005 mais le principal impact sur le climat est provoqué par le pétrole qui est exporté vers le reste du pays où il est brûlé par les voitures et les camions. Le groupe de travail sollicitera l’avis du public sur les propositions avant de présenter les recommandations finales au Gouverneur.
Toute proposition de taxe sur le carbone au sein de l’Alaska devra probablement faire face à la résistance de l’industrie pétrolière et gazière. Cependant, il existe un consensus plus large au sein de la population sur le fait que l’Etat doit prendre des mesures immédiates pour faire face aux conséquences de la hausse des températures qui est plus importante que sur le reste de la planète. Les feux de forêt prennent de l’ampleur au cours de l’été, menaçant les maisons et les routes. Les communautés autochtones qui vivent de la chasse au morse voient leurs captures diminuer à mesure que la glace de mer disparaît. En mai, le village rural de Newtok a reçu une subvention fédérale de 22 millions de dollars pour aider à reloger les habitants menacés par l’érosion et les inondations.
Les propositions des autorités alaskiennes en matière de changement climatique supposent davantage de recherches scientifiques sur des menaces telles que l’acidification des océans qui pourraient menacer la pêche dans cet Etat, ainsi que de nouvelles stratégies pour assurer la sécurité alimentaire dans les communautés autochtones. En prenant la tête de tels efforts, l’Alaska pourrait potentiellement exporter vers le reste du monde son savoir-faire en matière d’adaptation climatique.
Source: Le New York Times.

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In the wake of President Trump’s refusal to admit climate change, many conservative-leaning states have resisted aggressive climate policies. In the meantime, Alaska is already seeing the dramatic effects of global warming firsthand, making the issue difficult for local politicians to avoid. The solid permafrost that sits beneath many roads, buildings and pipelines is starting to thaw, destabilizing the infrastructure above. At least 31 coastal towns may need to relocate, at a cost of hundreds of millions of dollars, as protective sea ice vanishes and fierce waves erode Alaska’s shores.

Alaska is finalizing its climate strategy. In October 2017, the Governor of the State created a task force to propose specific policies to reduce emissions and help the State adapt to the impacts of global warming. The recommendations are due by September 2018.

In addressing climate change, Alaska will have to grapple with its own deep contradictions. Roughly 85 percent of the state’s budget is funded by revenues from the production of oil, which is primarily exported to the rest of the United States, and local politicians have largely been unwilling to curtail the supply of fossil fuels.

However, Alaskan politicians declared that the State should not use its role as an energy producer to justify inaction or complacency in its response to the complex challenge of climate change. To that end, the State’s climate task force released a draft in April 2018 that included a proposal for Alaska to get 50 percent of its electricity from renewable sources like solar, wind, hydropower, and geothermal by 2025, up from 33 percent in 2016. The draft also proposed cutting statewide greenhouse gas emissions one-third below 2005 levels by 2025.

Alaska has already cut its emissions by 25 percent since 2005, driven by a drop in emissions from both aviation and industry. The State’s main climate impact, however, is through the oil that it exports to the rest of the country, where it is burned in cars and trucks. The task force will solicit public comment on the proposals before delivering final recommendations to the Governor.

Any carbon tax proposal within the state could face resistance from Alaska’s oil and gas industry. However, there is broader consensus among the population that the State will need to take more immediate action to prepare for the impacts of higher temperatures. The Arctic is already warming faster than the rest of the planet. Wildfires are growing larger during the Alaskan summer, menacing homes and roads. Native communities that rely on walrus hunting are seeing catches decline as sea ice disappears. And, in May, the rural village of Newtok received a $22 million federal grant to help relocate residents threatened by erosion and flooding.

The state’s draft proposal urges more scientific research on threats like ocean acidification, which could threaten state fisheries, as well as new strategies to ensure food security in indigenous communities. By taking the lead on such efforts, the draft notes, Alaska could potentially export its adaptation know-how to the rest of the world.

Source: The New York Times.

Effets désastreux de la fonte du permafrost sur les routes en Alaska

(Photo: C. Grandpey)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Les dernières données satellitaires du Cleveland en date du 25 juin 2018 indiquent la présence d’une petite coulée de lave de forme circulaire, d’environ 80 mètres de diamètre, au fond du cratère sommital. Les données de surveillance géophysique du volcan sont indisponibles depuis le 24 juin dans l’après-midi et on ne sait donc pas si l’apparition de la lave dans le cratère a généré des signaux sismiques ou infrasoniques détectables. Cependant, la présence d’une coulée de lave obstruant la bouche active augmente le risque d’une explosion au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été élevée respectivement à Orange et Vigilance. La dernière activité explosive du Cleveland s’est produite le 4 mai 2018.
Source: AVO.

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Satellite observations of Cleveland Volcano on June 25th, 2018 indicate the presence of a small circular lava flow, about 80 metres in diameter, covering the floor of the summit crater. Geophysical monitoring data from the volcano has been unavailable since June 24th in the afternoon and thus it is unknown if the effusion of lava within the crater generated detectable seismicity or infrasound. However, the presence of a lava flow over the active vent increases the possibility of a vent clearing explosion over the coming days to weeks. As a consequence, the aviation colour code and the volcanic alert level have been raised to ORANGE and WATCH, respectively. The last detected explosive activity at Cleveland volcano occurred on May 4th, 2018.

Source: AVO.

Source: AVO

L’Everest, le plus haut tas d’ordures de la planète // Mount Everest, the highest rubbish dump of the world

Des décennies d’expéditions commerciales ont transformé l’Everest en une véritable décharge, sans aucun doute la plus haute du monde. La cause de cette catastrophe environnementale, c’est le nombre croissant d’alpinistes qui n’accordent que peu d’attention aux déchets qu’ils laissent derrière eux. Des tentes fluorescentes, du matériel d’escalade, des bouteilles de gaz vides et même des excréments humains jonchent le parcours qui conduit vers le sommet et ses 8 848 mètres.
Le nombre de candidats à l’ascension de l’Everest a grimpé en flèche – au moins 600 personnes ont escaladé la montagne jusqu’à présent rien que cette année – ce qui a contribué à aggraver le problème. Dans le même temps, la fonte des glaciers causée par le réchauffement climatique expose les déchets qui se sont accumulés sur la montagne depuis qu’Edmund Hillary et le sherpa Tenzing Norgay ont atteint le sommet pour la première fois il y a 65 ans.
Certes, des efforts ont été faits pour essayer d’enrayer le problème. Il y a cinq ans, le Népal a mis en place une caution de 4 000 dollars par équipe, qui serait remboursée si chaque alpiniste rapportait au moins 8 kilogrammes de déchets. Du côté tibétain, une mesure analogue a été adoptée et les alpinistes sont condamnés à une amende de 100 dollars par kilogramme de déchets non redescendus. En 2017, les alpinistes du côté népalais ont ramené près de 25 tonnes de déchets domestiques et 15 tonnes d’excréments. Cette saison, une récolte de déchets encore plus importante a été réalisée, mais ce n’est qu’une petite fraction comparée à la masse d’immondices laissés sur place chaque année, en sachant que seulement la moitié des alpinistes rapportent les quantités requises. D’autres préfèrent abandonner l’argent de la caution, mais ce n’est que peu de chose à côté des sommes de 20 000 à 100 000 dollars qu’ils ont déboursées pour tenter l’aventure de l’ascension. Le problème est aussi aggravé par les pots-de-vin acceptés par certains responsables pour fermer les yeux.
L’ascension de l’Everest est une entreprise commerciale qui a connu un grand essor au cours des deux dernières décennies. Cela a fait venir de plus en plus d’alpinistes inexpérimentés, attirés par des organisateurs d’expédition bon marché qui cherchaient à tout prix une clientèle. Cette inexpérience n’a fait qu’accroître le problème des ordures.
Les sherpas, les guides de haute montagne et d’autres personnes issues de la population locale transportent des équipements de plus en plus lourds comprenant, entre autres, des tentes, des bouteilles d’oxygène et des cordes. Autrefois, la plupart des alpinistes transportaient leur propre équipement, comme des vêtements, de la nourriture, un sac de couchage ainsi que de des bouteilles d’oxygène. Aujourd’hui, beaucoup d’alpinistes préfèrent engager des sherpas pour tout transporter. Comme ces derniers doivent s’occuper de l’équipement de leurs clients, ils ne sont plus en mesure de transporter les déchets.
Les écologistes craignent que la pollution de l’Everest affecte également les sources d’eau potable dans la vallée. À l’heure actuelle, les déchets du camp de base sont descendus au village voisin, situé à une heure de marche, et déversés dans des tranchées. Ces déchets sont ensuite emportés vers l’aval par les pluies de la mousson et les effluents se déversent dans la rivière.
Certains ingénieurs envisagent d’installer une usine de biogaz près du camp de base de l’Everest ; elle permettrait de transformer les excréments des alpinistes en engrais. Une autre solution serait de mettre en place une équipe spéciale dédiée au ramassage des ordures. La plupart des sherpas admettent que ce n’est pas tâche facile et que le gouvernement devrait obliger les groupes d’alpinistes à nettoyer et appliquer les lois de manière plus stricte.
Source: The Japan Times.

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Decades of commercial mountaineering have turned Mount Everest into the world’s highest rubbish dump as an increasing number of climbers pay little attention to the ugly footprint they leave behind. Fluorescent tents, discarded climbing equipment, empty gas canisters and even human excrement litter the route to the summit of the 8,848-metre peak.

As the number of climbers on the mountain has soared – at least 600 people have scaled the peak so far this year alone – the problem has worsened. Meanwhile, melting glaciers caused by global warming are exposing trash that has accumulated on the mountain since Edmund Hillary and Tenzing Norgay made the first successful summit 65 years ago.

Efforts have been made. Five years ago Nepal implemented a 4,000-dollar rubbish deposit per team that would be refunded if each climber brought down at least 8 kilograms of waste. On the Tibet side of Mt Everest, they are required to bring down the same amount and are fined 100 dollars per kilogram if they don’t. In 2017 climbers in Nepal brought down nearly 25 tons of trash and 15 tons of human waste. This season, even more was carried down but this is just a fraction of the rubbish dumped each year, with only half of climbers lugging down the required amounts. Instead, many climbers opt to forfeit the deposit, a drop in the ocean compared to the $20,000-$100,000 they will have forked out for the experience. Compounding the problem, some officials accept small bribes to turn a blind eye.

The Everest industry has boomed in the last two decades. This has drawn inexperienced mountaineers attracted by low-cost expedition operators desperate for customers. This inexperience is exacerbating the rubbish problem.

Sherpas, high altitude guides and workers drawn from the indigenous local ethnic group, carry heavier items including tents, extra oxygen cylinders and ropes up the mountain. Previously most climbers would take their own personal kit like extra clothes, food, a sleeping bag as well as supplemental oxygen. But now, many climbers can’t manage, leaving the Sherpas to carry everything. As they have to carry the client’s gear, so they are unable to carry down rubbish.

Environmentalists are concerned that the pollution on Everest is also affecting water sources down in the valley. At the moment the raw sewage from base camp is carried to the next village – located at a one-hour walk – and dumped into trenches. This waste then gets flushed downhill during the monsoon into the river.

Some engineers are considering installing a biogas plant near Everest base camp that would turn climber poo into a useful fertilizer. Another solution would be a dedicated rubbish collection team. Most sherpas admit it is not an easy job ans that the government needs to motivate groups to clean up and enforce rules more strictly.

Source : The Japan Times.

Vue du camp de base de l’Everest, côté népalais (Crédit photo : Wikipedia)