Bogoslof (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau-francaisDans une dernière mise à jour (2 février 2017), l’AVO indiquait que le Bogoslof restait bien actif. Il se trouve «dans un état imprévisible» et de nouvelles explosions avec des nuages de cendre s’élevant à haute altitude peuvent se produire à tout moment. C’est ce qui se passe au moment où je diffuse cette note. Un nouvel épisode éruptif est en cours, semblable aux précédents
Voici quelques informations supplémentaires sur ce volcan des Iles Aléoutiennes.
L’Ile Bogoslof est apparue après une éruption sous-marine en 1796. Castle Rock, un bouchon de lave laissé par cette éruption, se dresse sur le côté sud-ouest de l’île. En 1883, le Bogoslof est de nouveau entré en éruption avec la formation d’un dôme de lave. Le dôme faisait jadis partie de l’île, mais il a été entamé par l’érosion et il ne reste plus aujourd’hui qu’un pilier rocheux à 600 mètres de la côte.
Bogoslof Island couvre 69 hectares avec son point le plus élevé 147 mètres au-dessus du niveau de la mer. En fait, cette île minuscule est le sommet d’un volcan sous-marin dont les pentes descendent à 1650 mètres de profondeur et reposent sur le plancher de la Mer de Béring.
La première éruption avec émission de cendre a eu lieu le 14 décembre 2016. Une surface de 8 000 mètres carrés sur le côté est de l’île a disparu au cours de cet événement. Depuis la mi-décembre, le volcan s’est manifesté à plus de vingt reprises. Il a émis des panaches renfermant des cristaux de glace et des fragments de roches qui sont parfois montés à plus de 6 000 mètres d’altitude. Les pilotes d’aéronefs ont dû les esquiver entre l’Amérique du Nord et l’Asie. Les contrôleurs aériens sont informés quand une éruption se déclenche. Jusqu’à présent, le Bogoslof n’a causé aucune interruption majeure du trafic aérien. Les vols ont été légèrement déviés au-dessus ou autour des nuages de cendre. Au cours des dernières années, des éruptions majeures ont contraint les compagnies aériennes à annuler des vols
L’activité explosive du Bogoslof est en partie due à l’interaction du magma avec l’eau de mer. Les nuages de cendre pourraient devenir monnaie courante en 2017 car certaines éruptions du passé ont duré plusieurs mois.
Source: ABC News.

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drapeau-anglaisIn its latest update (February 2nd 2017), AVO indicated that although no eruptive activity was currently detected on Bogoslof, elevated unrest continued. The volcano is “in an unpredictable condition” and additional explosions producing high-altitude volcanic clouds could occur at any time. This is what is happening while I am releasing this post, with an eruptive event which is similar to the previous ones.

Here is a little more information about this volcano of the Aleutians.

Bogoslof Island appeared after an underwater eruption in 1796. Castle Rock, a lava plug left by that eruption, stands on the island’s southwest side. In 1883, Bogoslof erupted again and created a lava dome. The dome was once part of the island but because of erosion, now stands as a rock pillar 600 metres off shore.

Bogoslof Island covers 69 hectares with its highest point 147 metres above sea level. Actually, the tiny island is the summit of an active, underwater volcano that extends down 1650 metres, with its base on the floor of the Bering Sea.

The first confirmed ash emission occurred on December 14th 2016. 8,000 square metres on the island’s east side disappeared in the eruptions. Since mid-December, the volcano has erupted more than two dozen times, sending up clouds of ice crystals and rock fragments, sometimes higher than 6,000 metres, that airliners must dodge as they fly between North America and Asia. Air traffic controllers receive an advisory after eruptions. Bogoslof so far has caused no major interruptions. Flights have been slightly rerouted above or around ash clouds. In past years, major eruptions have led airlines to cancel flights

The explosiveness is partly due to the volcano magma’s interaction with seawater, and the ash clouds could be a regular feature in 2017 as some of the previous, historical eruptions have lasted many months.

Source : ABC News.

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Image montrant la morphologie du Bogoslof à la fin du mois de janvier 2017.

(Source : AVO)

Nouvelle éruption du Bogoslof (Alaska) // New eruption of Bogoslof Volcano (Alaska)

drapeau-francaisComme je l’ai indiqué ce matin sur Facebook, une nouvelle éruption a commencé à 20h20 (heure locale) le 30 janvier sur le Bogoslof. L’activité a augmenté pendant les heures suivantes, avec pour preuves l’augmentation du tremor et des ondes infrasoniques de grande amplitude indiquant une activité explosive. De nombreux éclairs ont été détectés à proximité du Bogoslof dans le panache émis par le volcan. L’éruption a duré plusieurs heures. Le panache s’est étiré vers le sud-est au-dessus d’Unalaska à une altitude d’environ 6 000 à 7 500 mètres. Des traces de cendre ont été signalées sur l’île. La couleur de l’alerte aérienne a été à nouveau portée au ROUGE.
En raison de la couverture nuageuse, les éruptions du Bogoslof sont souvent difficiles à discerner à l’œil nu ou même sur les images satellites. Voici l’une des rares photos prise le 23 décembre 2016. On y aperçoit l’émission de cendreun éclair et l’émission de matériaux incandescents.

Source : AVO.

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drapeau-anglaisAs I indicated it this morning on the Facebook social network, a new eruption started at Bogoslof volcano at 20:20 (local time) on 30 January 2017. Activity escalated during the following hours, as indicated by increased seismic tremor and high amplitude infrasound waves indicative of explosive activity. Numerous lightning strikes were detected in the vicinity of Bogoslof from the resulting volcanic cloud. The eruption lasted several hours. The plume extended towards the southeast over Unalaska at an altitude of about 6,000 – 7,500 metres. Traces of ashfall have been reported on the island. The Aviation Colour Code was again raised to RED.
Because of the cloud cover, the eruptions of Bogoslof Volcano are often difficult to discern with the naked eye or even on satellite images. Here is a rare photo taken on December23rd 2016 on which one can discern ash emission, lightning and the ejection of incandescent material.

Source: AVO.

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Source: USGS / AVO.

Pas de hausse de la sismicité au Canada à cause du changement climatique // No increase in seismicity in Canada because of climate change

drapeau-francaisAvec le changement climatique, certains scientifiques pensent que l’on observera une intensification de l’activité sismique au Canada. Selon eux, la hausse des températures provoque la fonte de grosses masses de glace et des pluies plus abondantes, ce qui pourrait entraîner une activité sismique plus fréquente. Les séismes n’ont rien d’exceptionnel au Canada. Un séisme de M 5,8 a déjà secoué le Nunavut, un événement de M 5.1 a été enregistré au large de la Colombie-Britannique et un tremblement de terre de M 2,7 a secoué la Nouvelle-Écosse.
Toutefois, même si de nombreuses régions du Canada sont sujettes à une activité sismique, la plupart des scientifiques affirment que les Canadiens ne devraient pas trop s’inquiéter car la ville où ils habitent ne deviendra pas subitement un foyer sismique en raison de la hausse de la température. Des séismes sont enregistrés au Canada des milliers de fois chaque année. Grâce à Internet, aux réseaux sociaux et aux applications pour smartphones, les gens peuvent maintenant être tenus informés de l’activité sismique en temps réel. C’est pourquoi beaucoup pensent qu’il y a une augmentation de cette activité, mais ce n’est pas vrai.
En fait, le changement climatique ne devrait pas provoquer davantage de séismes. La plupart des schémas sismiques que nous connaissons appartiennent au 20ème siècle et ont donc été observés pendant une période de changement climatique. Il faut cependant remarquer que dans le nord, les transformations apportées au paysage glaciaire par la hausse des températures se sont accompagnées d’une certaine activité sismique. Le climat plus chaud a provoqué la fonte des glaciers et l’allègement de leur poids de sorte que le sol s’est soulevé lentement. Une  certaine sismicité est susceptible d’accompagner ce phénomène. Il y a quelques semaines, j’ai écrit un article sur l’Islande où une élévation du sol a été observée en suite à la fonte des glaciers, sans sismicité induite par ce phénomène.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

En raison de la présence d’une zone de subduction le long de la côte ouest du Canada  – et non en raison du changement climatique – la Colombie-Britannique peut être secouée par de puissants séismes. De tels événements se produisent avec des intervalles de quelques siècles. Le dernier à a eu lieu le 26 janvier 1700. Selon la Commission Géologique du Canada, il y a 30% de chances pour que le Colombie Britannique connaisse un séisme assez fort pour provoquer des dégâts importants dans les 50 prochaines années.

Source: Médias canadiens.

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drapeau-anglaisWith climate change, some scientists believe seismic activity will become more frequent. They think that warmer temperatures prompting heavy masses of ice to melt, and heavier rains to fall, could trigger that activity. An M 5.8 earthquake has already rattled Nunavut, an M 5.1 event was recorded off the coast of British Columbia, and an M 2.7 magnitude quake shook Nova Scotia.

However, even though many parts of Canada are prone to seismic activity, most experts say Canadians should not worry about their town suddenly becoming a earthquake hot spot due to a warmer atmosphere. Earthquakes rattle Canada thousands of times every year. Thanks to the Internet, social media and applications, people are now more aware of the activity that has always commonly occurred. A lot of people think there is suddenly an increase but it is not the case; it is just because they are getting a lot more coverage than they used to.

Climate change should not cause more earthquakes to happen. All the earthquake patterns that we know of are basically from the last century. So the patterns that we know of are already happening in the climate changing world. However, in the North, adjustments to the changing landscape have prompted some seismic activity. With higher temperatures causing the melting of the glaciers, the weight of those receding glaciers has been lifted so that the ground is slowly moving up, and earthquakes may occur because of that phenomenon. I wrote an article about Iceland where ground uplifting has been observed due to glacier melting but no seismicity was induced by this phenomenon.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/11/01/les-glaciers-islandais-et-le-rechauffement-climatique-icelands-glaciers-and-global-warming/

Because of a subduction zone along the coast – and no because of  climate change – British Columbia is prone to large earthquakes. Those massive earthquakes happen every few hundred years. The last one to strike along the British Columbia coast was on January 26th, 1700. According to the Geological Survey of Canada, there is a 30% chance that B.C. will see an earthquake strong enough to cause significant damage in the next 50 years.

Source: Canadian news media.

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Athabasca: glacier canadien à la fonte et au recul impressionnants.

(Photo: C. Grandpey)

Ouverture du Refuge National de la Faune Arctique à l’exploitation pétrolière ? // Will the Arctic National Wildlife Refuge open to oil drilling ?

drapeau-francaisQuelques heures après l’investiture de Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis, la page du site Internet de la Maison Blanche concernant le climat, mise en place sous la présidence Obama, a été supprimée. De plus, la Maison Blanche a annoncé vendredi 20 janvier l’abandon de sa politique de réduction des énergies polluantes et la reprise du forage du pétrole et du gaz de schiste.
Encouragés par l’élection de Donald Trump, les Républicains de l’Etat d’Alaska font le forcing pour que reprenne l’exploration pétrolière dans le Refuge National de la Faune Arctique – the Arctic National Wildlife Refuge – qui oppose depuis des décennies les foreurs et les écologistes..
Créé par le Congrès en 1980, le Refuge constitue une zone de protection et un terrain de reproduction extrêmement importants pour, entre autres, les ours polaires, les loups, les caribous et les oiseaux migrateurs. Il couvre environ 77 000 km2 dans le nord-est de l’Alaska, entre les montagnes de la chaîne Brooks et ses forêts boréales, et une vaste plaine côtière qui se déploie jusqu’à l’Océan Arctique.
Personne ne sait vraiment quelle quantité de pétrole se cache sous le Refuge. Une étude menée en 2005 par l’USGS a révélé qu’il pourrait y avoir jusqu’à 11,8 milliards de barils de brut. Si ce chiffre était confirmé, il serait de l’ordre de grandeur du gisement de Prudhoe Bay qui a déclenché un oil rush il y a une quarantaine d’années.
Personne ne sait, non plus, quel est l’intérêt porté à ce gisement potentiel par des compagnies comme ExxonMobil et ConocoPhillips à une époque où le monde est inondé par le pétrole de schiste bon marché du Texas et des gisements au large des côtes africaines. Alors que le gouvernement estime que la zone pourrait contenir 12 milliards de barils de pétrole brut, ce qui en ferait l’une des plus grandes réserves inexploitées aux États-Unis, personne n’a foré de puits dans la région depuis les années 1980. Les résultats d’un projet réalisé en 1985 par BP et Chevron n’ont jamais été rendus publics
La situation est peut-être sur le point de changer. L’oléoduc trans-Alaska est vieillissant. Son débit a diminué avec l’épuisement des ressources pétrolières à l’extérieur du Refuge et avec le développement du pétrole de schiste dans les latitudes inférieures. L’ouverture du Refuge au forage signifierait la survie de l’oléoduc et le maintien des emplois qui vont de pair.

Un autre obstacle au forage dans le Refuge est le prix du pétrole qui en sortirait. Étant donné les conditions extrêmes en Alaska, le pétrole devrait se vendre à environ 70 dollars le baril pour être rentable. Aujourd’hui, les prix oscillent autour de 55 dollars. Avec les températures glaciales et l’éloignement des sites d’exploitation, le forage en Alaska coûterait environ trois fois plus cher que dans les latitudes autour du 48ème parallèle..
Au final, c’est l’Argent sur lequel surfe Donald Trump qui pourrait sauver le Refuge National de la Faune Arctique. Espérons le!

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisA few hours after the oath of Donald Trump as 45th President of the United States, the page of the White House website on the climate, under the Obama presidency, was suppressed. In addition, the White House announced on Friday (January 20th) the abandonment of its policy to reduce polluting energies and the resumption of drilling oil and shale gas.

Buoyed by Donald Trump’s election, Alaskan Republicans are pushing to allow oil exploration in the Arctic National Wildlife Refuge that has been a battleground for drillers and conservationists for decades.

Created by Congress in 1980, the refuge provides a critical habitat and breeding ground for polar bears, wolves, migratory birds and caribou, among other species. It covers 19 million acres in northeastern Alaska, stretching from the mountains of the Brooks Range and boreal forests to a vast coastal plain that slides into the Arctic Ocean.

No one really knows how much oil actually lies beneath the refuge. A 2005 review by the U.S. Geological Survey revealed that might hold as many as 11.8 billion barrels of crude. If that were proven true, it would rival the mammoth Prudhoe Bay field that sparked the Alaskan oil rush 40 years ago.

No one knows either how much producers like ExxonMobil and ConocoPhillips care about it in a world awash in cheap oil, from Texas to offshore Africa. While the government estimates the area could hold 12 billion barrels of crude, making it one of the biggest untapped reserves in the U.S., no one’s sunk a well there since the 1980s. The results of a 1985 project by BP and Chevron were never made public

That may be about to change. The aging trans-Alaska pipeline is now on the verge of obsolescence. Its output has been falling as fields outside the refuge fade out and supplies from shale oil in the lower states grow. Opening the refuge to drilling would go a long way toward ensuring the survival of the pipeline and the jobs that go with it.

Another obstacle to drilling in the refuge is the price of the oil that would come out of it. Given the extreme conditions in Alaska, oil would have to sell at about $70 a barrel to make most of it economical to recover. Today, prices hover around $55. The subzero weather and remote distances mean drilling in Alaska typically costs three times as much as in the Lower 48.

Thus, big money could save the Arctic National Wildlife Refuge. Let’s hope for the best!

Source: Alaska Dispatch News.

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Source: Wikipedia.

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Oléoduc trans-Alaska: Fin de vie ou regain d’activité? (Photo: C. Grandpey)