Le dernier coup d’éclat de Trump // Trump’s latest glorious feat

Les gens qui, comme moi, aiment l’Alaska et l’Arctique ont inévitablement entendu parler de l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), 78000 kilomètres carrés d’une beauté sauvage à couper le souffle dans la région de North Slope, au nord-est de l’Alaska. C’est le plus grand refuge faunique des États-Unis. On y rencontre une grande variété de plantes, d’animaux et d’oiseaux migrateurs.

La menace planait  depuis plusieurs années. Le président Barack Obama avait fait la sourde oreille, mais Donald Trump ne pouvait pas quitter la présidence sans prendre une de ces décisions stupides dont il a le secret : ouvrir l’ANWR au forage pétrolier et gazier. Les protagonistes du  projet parlent de forage «écologiquement sûr» mais oublient de mentionner les innombrables fuites d’hydrocarbures à Prudhoe Bay et le long de l’oléoduc Trans-Alaska, sans oublier les dizaines de milliers de mètres cubes qui ont pollué le sol pendant des jours.

Le 6 janvier 2021, le Bureau of Land Management, qui dépend de l’administration Trump, doit organiser une vente virtuelle de baux pétroliers et gaziers pour forer dans l’ANWR. Plus précisément, les forages auront lieu dans la vaste plaine côtière, au coeur même du Refuge. Cette zone est un lieu de naissance de la faune arctique, en particulier pour les ours polaires de la Mer de Beaufort, une espèce menacée qui ne compte que 900 individus.

Avec ce projet de forage, ce sont 10 000 années de beauté naturelle qui seront bientôt proposées au plus offrant, à partir de 25 dollars l’acre (0,40 ha). L’acquéreur pourra donc librement effectuer des tests sismiques, ce qui revient à faire vibrer la terre avec un énorme équipement. Si les tests montrent une belle promesse de pétrole (qui reste à prouver), on verra probablement apparaître un complexe industriel avec des routes, des pistes d’atterrissage et des oléoducs connectés à Prudhoe Bay, à environ 130 kilomètres à l’ouest. De toute façon, même si les tests sismiques ne sont pas concluants, ils laisseront de nombreuses cicatrices qui seront visibles pendant des décennies.

Avec Donald Trump, l’initiatrice du projet est Lisa Murkowski, la sénatrice de l’Alaska. Elle et ses collègues républicains ont déclaré que le projet injecterait des revenus importants dans les finances de l’Etat, malgré la mise en garde de l’organisation Taxpayers for Common Sense selon laquelle le projet serait «de toute évidence irresponsable et imprudent sur le plan financier».

Il y a plusieurs mois, cinq grandes banques américaines ont déclaré qu’elles ne financeraient pas l’extraction de combustibles fossiles dans le Refuge Arctique. Selon elles, les forages dans cette réserve naturelle de l’Arctique n’ont aucun sens actuellement avec la forte volatilité du marché pétrolier. L’administration Trump a décidé d’ignorer cette recommandation et a hâte de vendre l’un des endroits les plus sauvages et les plus beaux de la planète avant que Joe Biden ne prenne ses fonctions en janvier. Trump se moque des mises en garde des experts selon lesquels la politique économique américaine reposant sur les combustibles fossiles est, à long terme, suicidaire. Le problème, c’est que l’Alaska est politiquement républicain et le pétrole finance 85% du budget de fonctionnement de l’État. Chaque habitant reçoit un chèque annuel de dividende pétrolier !

La décision de l’administration Trump va à l’encontre du dernier rapport du GIEC dont la conclusion était que «nous devons réduire de moitié nos émissions de CO2 d’ici 2030 et laisser dans le sol 80% de toutes les réserves pétrolières connues, sans les faire brûler. Sinon, notre planète connaîtra une hausse de température estimée à quatre degrés Celsius d’ici 2100.» Pour la population de la région, les Gwich’in, l’Arctic National Wildlife Refuge est «le lieu sacré où la vie commence». Pour essayer de sauver le Refuge, ils ont intenté des poursuites avec d’autres groupes autochtones ; ils ont essayé de convaincre de grandes banques, vêtus de leur tenue traditionnelle. En vain. C’était le pot de terre contre le pot de fer…

Source: Yahoo News, The Guardian.

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People who, like me, love Alaska and the Arctic have inevitably heard of the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), a 78,000-square-kilometre place of stunning wild beauty in north-east Alaska, in the North Slope region. It is the largest national wildlife refuge in the United States. The refuge includes a large variety of species of plants and animals and migratory birds.

The threat had been there for several years. President Barack Obama had turned a deaf ear, but Donald Trump could not leave the presidency without making another stupid decision: open ANWR to oil and gas drilling. The people who encourage the project talk about drilling in an “environmentally safe” manner without mentioning the hundreds of oil spills in Prudhoe Bay and along the Trans-Alaska Oil pipeline, including a 267,000-gallon spill that went undetected for days.

On January 6th, 2021, the Bureau of Land Management, directed by the Trump administration, is scheduled to hold a virtual oil and gas lease sale for drilling in ANWR. More specifically, the drilling would take place in the vast coastal plain, the Refuge’s biological heart: the birthing grounds of the Arctic fauna, especially the Beaufort Sea population of polar bears, a threatened species, numbering only 900.

Thus, 10,000 years of natural beauty will soon be granted to the highest bidder, beginning at $25 an acre. The winner could initiate seismic testing, which means shaking the earth with massive vibration trucks. If the testing shows a strong promise of oil (which is currently unknown), they may build an industrial complex of roads, desalinization plants, airstrips and pipelines, all tied into Prudhoe Bay, about 130 kilometres to the west. Even if the seismic testing does not prove successful, it will produce many scars visible for decades.

Together with Donald Trump, the initiator of the project is Alaska’s Republican senator Lisa Murkowski.. She and her Republican colleagues said it would pump significant revenue into the treasury, despite the Taxpayers for Common Sense’s warning that it would be “blatantly irresponsible and fiscally reckless”.

Months ago, five major U.S. banks announced they would not finance fossil fuel extraction in the Arctic Refuge. They said that Arctic refuge drilling makes zero sense in today’s reality of high oil market volatility. The Trump Administration is ignoring the warning and rushing to sell off one of the wildest places before President-elect Biden takes office in January. Trump does it despite the experts’ warning that the US fossil fuel economy is, in the long run, suicidal. However, in politically conservative Alaska, where oil finances 85% of the state’s operating budget and every resident gets an annual oil dividend check.

The Trump Administration’s decision goes against the recent report of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) whose conclusion was that “we must cut our CO2 emissions in half by 2030, and leave 80% of all known oil reserves in the ground, unburned. If not, our planet will experience an estimated four-degree Celsius rise by 2100.”

The local Gwich’in people call the Arctic national wildlife refuge “the sacred place where life begins.” To save the refuge, they have filed lawsuits with other Native groups, and visited major banks, dressed in their traditional attire. But it was definitely the earthen pot against the iron pot…

Source: Yahoo News, The Guardian.

Source : Wikipedia

Le dernier coup d’éclat de Trump // Trump’s latest remarkable feat

Il serait grand temps que sa présidence se termine et que le peuple américain le mette hors d’état de nuire. Donald Trump n’a rien trouvé de mieux que d’autoriser des forages pétroliers et gaziers dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), la plus grande zone naturelle  protégée de l’Alaska, où vivent des ours polaires, des caribous et d’autres espèces animales. Comme d’habitude avec le bonhomme, c’est le fric qui guide la décision. Ces forages pourraient, selon le président, générer des dizaines de milliards de dollars et des milliers de nouveaux emplois. Forcément, à la veille d’une élection présidentielle, ça fait bonne impression, même si cet homme a contribué à tuer des dizaines de milliers d’Américains par son incompétence à gérer la crise sanitaire aux Etats Unis.

La vente des concessions pétrolières dans le Refuge national de la faune arctique pourrait commencer dès la fin de l’année 2020. Le programme de forage concerne une zone côtière d’environ 70 000 kilomètres carrés, soit la taille de l’Irlande, le long de l’Océan Arctique. C’est un endroit où vivent des ours polaires, des ours, des loups, des rennes e des renards arctiques, sans oublier la population Gwich’in qui chasse ces animaux pour obtenir de la nourriture et pour qui la zone concernée est sacrée.  .

Cette décision de l’administration fédérale ponctue trente années d’efforts de la part des compagnies pétrolières et de dirigeants de l’Alaska pour exploiter les ressources de ce refuge national qui est une zone protégée que le Président Obama avait tenu à préserver.

De nombreuses associations environnementales dénoncent depuis les années 1980 ces projets de forage dans cette zone protégée. Il y a tout de même de fortes chances pour que ces derniers soient fortement retardés car des associations environnementales comme Alaska Wilderness League vont engager des actions devant les tribunaux.

Le Congrès a donné en 2017 au ministère américain de l’Intérieur jusqu’à décembre 2021 pour vendre les concessions pétrolières, mais avec les prix de l’or noir au plus bas depuis quinze ans et les polémiques environnementales, il n’est pas certain que ces concessions attirent les grandes compagnies pétrolières. Plusieurs grandes banques américaines ont par ailleurs refusé de financer les forages pétroliers dans cette zone protégée de l’Alaska. Et puis, si Trump n’est pas réélu, il est probable que son adversaire démocrate mettra le holà à un tel saccage.

Source : Presse internationale.

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It is high time that his presidency ended and that the American people put him out of harm’s way. Donald Trump has found nothing better than to allow oil and gas drilling in the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), Alaska’s largest protected natural area, home to polar bears and caribou. As usual with the guy, it’s the money that guides the decision. These drilling could, according to the president, generate tens of billions of dollars and thousands of new jobs. Obviously, on the eve of a presidential election, it makes a good impression, even if this man helped to kill tens of thousands of Americans by his incompetence to manage the health crisis in the United States.
The sale of the oil concessions in the Arctic National Wildlife Refuge could begin as early as the end of 2020. The drilling program covers a coastal area of ​​approximately 70,000 square kilometres, the size of Ireland, along the Arctic Ocean. It is a place where polar bears, bears, wolves, caribou and arctic foxes live, not to mention the Gwich’in people who hunt these animals for food and for whom the area is sacred. .
The federal administration’s move marks thirty years of efforts by oil companies and Alaskan leaders to exploit the resources of this national refuge, which is a protected area President Obama had been keen to preserve.
Since the 1980s, many environmental associations have denounced these drilling projects in this protected area. There is still a good chance that they will be greatly delayed because environmental associations like the Alaska Wilderness League will take action in court.
Congress gave the US Department of the Interior in 2017 until December 2021 to sell the oil concessions, but with oil prices at their lowest in fifteen years and environmental controversies, it is uncertain that these lots attract the big oil companies. Several major US banks have also refused to finance oil drilling in this Alaskan refuge. And then, if Trump is not re-elected, it is likely that his Democratic opponent will put an end to such rampage.
Source: International press.

Carte du Refuge National, avec les limites en jaune

Ouverture du Refuge National de la Faune Arctique à l’exploitation pétrolière ? // Will the Arctic National Wildlife Refuge open to oil drilling ?

drapeau-francaisQuelques heures après l’investiture de Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis, la page du site Internet de la Maison Blanche concernant le climat, mise en place sous la présidence Obama, a été supprimée. De plus, la Maison Blanche a annoncé vendredi 20 janvier l’abandon de sa politique de réduction des énergies polluantes et la reprise du forage du pétrole et du gaz de schiste.
Encouragés par l’élection de Donald Trump, les Républicains de l’Etat d’Alaska font le forcing pour que reprenne l’exploration pétrolière dans le Refuge National de la Faune Arctique – the Arctic National Wildlife Refuge – qui oppose depuis des décennies les foreurs et les écologistes..
Créé par le Congrès en 1980, le Refuge constitue une zone de protection et un terrain de reproduction extrêmement importants pour, entre autres, les ours polaires, les loups, les caribous et les oiseaux migrateurs. Il couvre environ 77 000 km2 dans le nord-est de l’Alaska, entre les montagnes de la chaîne Brooks et ses forêts boréales, et une vaste plaine côtière qui se déploie jusqu’à l’Océan Arctique.
Personne ne sait vraiment quelle quantité de pétrole se cache sous le Refuge. Une étude menée en 2005 par l’USGS a révélé qu’il pourrait y avoir jusqu’à 11,8 milliards de barils de brut. Si ce chiffre était confirmé, il serait de l’ordre de grandeur du gisement de Prudhoe Bay qui a déclenché un oil rush il y a une quarantaine d’années.
Personne ne sait, non plus, quel est l’intérêt porté à ce gisement potentiel par des compagnies comme ExxonMobil et ConocoPhillips à une époque où le monde est inondé par le pétrole de schiste bon marché du Texas et des gisements au large des côtes africaines. Alors que le gouvernement estime que la zone pourrait contenir 12 milliards de barils de pétrole brut, ce qui en ferait l’une des plus grandes réserves inexploitées aux États-Unis, personne n’a foré de puits dans la région depuis les années 1980. Les résultats d’un projet réalisé en 1985 par BP et Chevron n’ont jamais été rendus publics
La situation est peut-être sur le point de changer. L’oléoduc trans-Alaska est vieillissant. Son débit a diminué avec l’épuisement des ressources pétrolières à l’extérieur du Refuge et avec le développement du pétrole de schiste dans les latitudes inférieures. L’ouverture du Refuge au forage signifierait la survie de l’oléoduc et le maintien des emplois qui vont de pair.

Un autre obstacle au forage dans le Refuge est le prix du pétrole qui en sortirait. Étant donné les conditions extrêmes en Alaska, le pétrole devrait se vendre à environ 70 dollars le baril pour être rentable. Aujourd’hui, les prix oscillent autour de 55 dollars. Avec les températures glaciales et l’éloignement des sites d’exploitation, le forage en Alaska coûterait environ trois fois plus cher que dans les latitudes autour du 48ème parallèle..
Au final, c’est l’Argent sur lequel surfe Donald Trump qui pourrait sauver le Refuge National de la Faune Arctique. Espérons le!

Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisA few hours after the oath of Donald Trump as 45th President of the United States, the page of the White House website on the climate, under the Obama presidency, was suppressed. In addition, the White House announced on Friday (January 20th) the abandonment of its policy to reduce polluting energies and the resumption of drilling oil and shale gas.

Buoyed by Donald Trump’s election, Alaskan Republicans are pushing to allow oil exploration in the Arctic National Wildlife Refuge that has been a battleground for drillers and conservationists for decades.

Created by Congress in 1980, the refuge provides a critical habitat and breeding ground for polar bears, wolves, migratory birds and caribou, among other species. It covers 19 million acres in northeastern Alaska, stretching from the mountains of the Brooks Range and boreal forests to a vast coastal plain that slides into the Arctic Ocean.

No one really knows how much oil actually lies beneath the refuge. A 2005 review by the U.S. Geological Survey revealed that might hold as many as 11.8 billion barrels of crude. If that were proven true, it would rival the mammoth Prudhoe Bay field that sparked the Alaskan oil rush 40 years ago.

No one knows either how much producers like ExxonMobil and ConocoPhillips care about it in a world awash in cheap oil, from Texas to offshore Africa. While the government estimates the area could hold 12 billion barrels of crude, making it one of the biggest untapped reserves in the U.S., no one’s sunk a well there since the 1980s. The results of a 1985 project by BP and Chevron were never made public

That may be about to change. The aging trans-Alaska pipeline is now on the verge of obsolescence. Its output has been falling as fields outside the refuge fade out and supplies from shale oil in the lower states grow. Opening the refuge to drilling would go a long way toward ensuring the survival of the pipeline and the jobs that go with it.

Another obstacle to drilling in the refuge is the price of the oil that would come out of it. Given the extreme conditions in Alaska, oil would have to sell at about $70 a barrel to make most of it economical to recover. Today, prices hover around $55. The subzero weather and remote distances mean drilling in Alaska typically costs three times as much as in the Lower 48.

Thus, big money could save the Arctic National Wildlife Refuge. Let’s hope for the best!

Source: Alaska Dispatch News.

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Source: Wikipedia.

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Oléoduc trans-Alaska: Fin de vie ou regain d’activité? (Photo: C. Grandpey)