Magma et plaques tectoniques dans l’Afar (Éthiopie) // Magma and tectonic plates in the Afar region (Ethiopia)

En Éthiopie, la région Afar se situe au-dessus de la jonction entre trois plaques tectoniques. Des scientifiques ont découvert que du magma en fusion vient frapper la croûte terrestre par en dessous. Dans cette partie du monde, le continent africain se déchire lentement, et finira par former un nouveau bassin océanique. En échantillonnant les signatures chimiques des volcans de cette région, une équipe scientifique de l’Université de Swansea et de l’Université de Southampton, au Royaume-Uni, a essayé d’obtenir davantage d’informations sur ce processus. Les chercheurs ont découvert que le manteau sous l’Afar n’est ni uniforme ni stationnaire ; il vibre, et ces vibrations portent des signatures chimiques distinctes. L’étude, intitulée « Mantle upwelling at Afar triple junction shaped by overriding plate dynamics », a été publiée dans Nature Geoscience.

Carte tectonique du système de rifts de l’Afar (Source : Wikipedia)

La surface de notre planète connaît un processus de renouvellement constant. Les plaques tectoniques qui divisent la croûte terrestre ne sont pas fixes ; elles se déplacent, entrent en collision et glissent même les unes sous les autres. Leurs points de rencontre sont généralement des points chauds de l’évolution géologique, marqués par une activité volcanique intense qui remodèle la surface par en dessous.
L’Afar est le point de rencontre des plaques arabique, nubienne et somalienne. Chacune s’écarte dans sa direction respective, ce qui laisse place à une brèche de plus en plus grande sous le Triangle de l’Afar. À terme, la croûte deviendra si fine à cet endroit que la surface s’abaissera sous le niveau de la mer, créant un nouveau bassin océanique au large de la mer Rouge.
Les scientifiques pensent que la remontée du magma joue un rôle dans ce processus de rupture continentale, mais ils ont du mal à comprendre son fonctionnement. Il est bien sûr impossible de forer pour l’observer de près ; c’est pourquoi ils ont étudié les matériaux déposés à la surface de la Terre depuis le manteau par l’activité volcanique.
Les auteurs de l’étude ont collecté 130 échantillons de roche volcanique provenant de la région de l’Afar et du rift éthiopien, et ont effectué des analyses chimiques. Ils ont utilisé ces analyses, combinées aux données existantes, pour réaliser une modélisation qui leur permettrait de comprendre l’activité sous le Triangle. Les résultats montrent des bandes ou stries chimiques distinctes qui se répètent à travers le système de rift. Elles sont produites par un panache unique et asymétrique de matière, façonné par son environnement au fur et à mesure qu’il s’élève du manteau. L’un des scientifiques a déclaré que « les stries chimiques montrent que le panache se comporte comme les pulsations d’un cœur ». De plus, « ces pulsations semblent se comporter différemment selon l’épaisseur de la plaque et la vitesse à laquelle elle s’éloigne. Dans les rifts à expansion rapide comme la mer Rouge, les pulsations se propagent plus nettement et plus régulièrement, comme le sang dans une artère étroite.»
Si le modèle réalisé par l’équipe scientifique est correct, il montre que les panaches et les remontées mantelliques peuvent être façonnés par la dynamique des plaques tectoniques situées au-dessus. Cette découverte pourrait favoriser les recherches futures sur l’activité qui remodèle continuellement notre planète.

 

Schéma issu de l’étude et montrant comment le panache mantellique est canalisé par les trois rifts

Les chercheurs ont découvert que l’évolution des remontées mantelliques profondes est intimement liée au mouvement des plaques situées au-dessus. Cela a de profondes implications pour l’interprétation du volcanisme de surface, de l’activité sismique et du processus de rupture continentale. Les recherches montrent que les remontées du manteau profond peuvent circuler sous la base des plaques tectoniques et contribuer à concentrer l’activité volcanique là où la plaque est la plus fine. Des recherches ultérieures tenteront de comprendre comment et à quelle vitesse se produit la circulation de la remontée mantellique sous les plaques.
Source : L’étude dans Nature Geoscience.

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In Ethiopia, the Afar region lies above the junction between three tectonic plates, and scientists have discovred that molten magma pounds the planet’s crust from below. In that part of the world,, the continent is slowly being torn asunder in the early formation stages of a new ocean basin. By sampling the chemical signatures of volcanoes around this region, a scientific team from Swansea University and the University of Southampton in the UK hoped to learn more about this wild process. They found that the mantle beneath Afar is not uniform or stationary ; it pulses, and these pulses carry distinct chemical signatures. The study, entitled « Mantle upwelling at Afar triple junction shaped by overriding plate dynamics », was published in Nature Geoscience.

Our planet’s surface is in a constant state of renovation. The tectonic plates into which the planetary crust is divided are not fixed in position, but shift and collide and even slip underneath one another. The places at which they meet are usually hotspots of geological evolution, rampant with volcanic activity that is reshaping the surface from below.

The Afar junction is the point at which the Arabian, Nubian, and Somalian plates meet, each departing in their own directions to leave a widening gap under the Afar Triangle. Eventually, the crust will become so thin here that the surface will drop below sea level, creating a new ocean basin off the Red Sea.

Scientists suspect that mantle upwelling is playing a role in this continental breakup process, but our understanding of how it works is limited. We can’t dig down to have a close look, so the researchers looked at material that has been disgorged onto Earth’s surface from the mantle by way of volcano.

They collected 130 samples of volcanic rock from around the Afar region and the Main Ethiopian Rift, and conducted chemical analyses. They used these analyses combined with existing data to conduct advanced modeling to understand the activity under the Triangle. The results show distinct chemical bands or stripes that repeat across the rift system, delivered by a single, asymmetrical plume of material shaped by its environment and pushing upwards from the mantle. One of the scientists said that « the chemical striping suggests the plume is pulsing, like a heartbeat. » Moreover,

« these pulses appear to behave differently depending on the thickness of the plate, and how fast it’s pulling apart. In faster-spreading rifts like the Red Sea, the pulses travel more efficiently and regularly like a pulse through a narrow artery. »

If the team’s model is correct, it suggests that mantle plumes and upwellings can be shaped by the dynamics of the tectonic plates above them. The finding could be used to inform future research into the activity that is continually remodeling our planet.

The researchers have found that the evolution of deep mantle upwellings is intimately tied to the motion of the plates above. This has profound implications for the interpretation of surface volcanism, earthquake activity, and the process of continental breakup. The research shows that deep mantle upwellings can flow beneath the base of tectonic plates and help to focus volcanic activity to where the tectonic plate is thinnest. Follow-on research includes understanding how and at what rate mantle flow occurs beneath plates.

Source : The study in Nature Geoscience.

https://www.nature.com/articles/s41561-025-01717-0

L’alimentation magmatique du rift est-africain // The East African Rift’s magma feeding system

Le rift est-africain est l’un des plus vastes systèmes de rift de la planète. Il s’étend sur plus de 6 400 kilomètres, de l’Éthiopie au nord jusqu’au Malawi au sud. Il est parsemé de vallées de rift secondaires et de régions volcaniques actives, parmi lesquelles figurent certains des volcans les plus célèbres au monde, comme le Kilimandjaro et l’Ol Doinyo Lengai en Tanzanie, ou encore l’Erta Ale en Éthiopie. Cette activité volcanique fait de l’Afrique de l’Est un point chaud géothermique. Ainsi, une grande partie de l’électricité du Kenya est d’origine géothermique.
L’exploitation de cette énergie géothermique présente des avantages pour les scientifiques qui étudient le rift est-africain. Ils peuvent profiter des forages géothermiques pour mieux comprendre les mécanismes qui régissent les processus géologiques dans la région. Bien que la théorie dominante, avec une remontée de magma du manteau profond, soit à l’origine du processus de formation du rift, il est très difficile de déterminer si ce phénomène provient d’un panache unique d’origine profonde ou de plusieurs panaches disséminés le long du rift est-africain.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters, des scientifiques de l’Université de Glasgow ont utilisé des données recueillies sur le champ géothermique de Menengai au Kenya. Ils ont analysé le néon, un gaz rare, et conclu qu’il provient du manteau profond, probablement d’une zone entre le noyau externe et le manteau. Grâce à la spectrométrie de masse de haute précision, l’équipe scientifique a également détecté une « empreinte » commune des gaz sur une grande distance, ce qui étaye l’idée que le rift est-africain est alimenté par un seul « super panache » plutôt que par plusieurs processus à moindre profondeur.
La nouvelle étude émet l’hypothèse d’une masse de matériaux à très haute température en provenance de la limite noyau-manteau sous l’Afrique de l’Est. La pression de cette masse fait s’écarter les plaques tectoniques et se soulever cette partie du continent africain qui se trouve ainsi à plusieurs centaines de mètres au-dessus de son niveau normal.
Pour déterminer si le rift est-africain est effectivement alimenté par un super panache, les chercheurs ont d’abord dû analyser les isotopes du néon car les gaz rares peuvent révéler le comportement de la Terre dans les profondeurs. Cependant, ces gaz sont également facilement contaminés, à la fois par l’atmosphère et par d’autres gaz rares qui se forment dans la lithosphère. En analysant les gaz rares du champ géothermique kényan, les scientifiques ont constaté que la contamination était minime. Ils ont également découvert que les caractéristiques isotopiques du néon avaient également été observées dans d’autres parties du système de rift, notamment dans les basaltes de l’Afar en Éthiopie et dans la vallée du Rift occidental, entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo. Selon ses auteurs, l’étude « fournit la première preuve géochimique de l’existence d’un manteau profond commun sous l’ensemble du système de rift est-africain ».
Ces données concordent également avec une étude de 2023 de la Virginia Tech qui a cherché à comprendre pourquoi le rift est-africain présentait des déformations parallèles, et non perpendiculaires, au rift. Leur analyse a étayé l’idée qu’un super panache à la source profonde devait propulser le magma vers le nord, donnant naissance à ces étranges déformations.
Bien que le rift est-africain semble relativement statique si l’on se place au niveau de l’espérance de vie humaine, il pourrait à terme déchirer l’Afrique en deux. Autrement dit, ce à quoi nous assistons actuellement pourrait un jour donner naissance à un nouvel océan. Cependant, toutes les rifts ne se transforment pas en océans. L’évolution géologique de notre planète dira un jour ce qu’il en est du rift est-africain.
Source : Popular Mechanics via Yahoo News.

Source: Wikipedia

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In East Africa, the East African Rift System (EARS) is one of the largest rift systems on Earth. It stretches over 6,400 kilometers from Ethiopia in the north to Malawi in the south. It is filled with rift valleys and active volcanic regions that include some of the world’s most famous volcanoes, like Mount Kilimanjaro and Ol Doinyo Lengai in Tanzania), or Erta Ale in Ethiopia. This volcanic activity means that eastern Africa is a geothermal hotspot. For example, a large majority of Kenya’s electricity is of geothermal origin.

Geothermal energy has positive side effects for scientists studying EARS. They can take advantage of the geothermal drilling to gain a better understanding of what is driving the geologic processes in the region. Although the running theory is that hot, buoyant deep-mantle upwelling drives the rifting process, it has been very difficult to figure out if this comes from one deep-sourced plume or multiple plumes along the EARS expanse.

In a new study published in the journal Geophysical Research Letters. , scientists at the University of Glasgow, using data gathered at the Menengai geothermal field in Kenya, analyzed of the noble gas neon and determined that it originates in the deep mantle, probably between the outer core and the mantle. Using high precision mass spectrometry, the scientific team also determined a common “fingerprint” of gases across a far distance, which supports the idea that EARS is powered by one singular “superplume” rather than multiple, shallower processes.

The new research suggests that a giant hot blob of rock from the core-mantle boundary is present beneath East Africa ; it is driving the plates apart and propping up the Africa continent so it is hundreds of meters higher than normal.

To investigate whether EARS is in fact powered by a superplume, the researchers first needed to analyze neon isotopes, as noble gasses can reveal deep Earth behavior. However, these gases are also easily contaminated, both by the atmosphere and by other noble gases formed in the lithosphere. However, by analyzing noble gases from the Kenyan geothermal field, scientists found that contamination was minimal. Additionally, they discovered that those same neon isotopic features had also been observed in other parts of the rift system, including in basalts from the Afar plume in Ethiopia, and in the Western Rift Valley between Uganda and the Democratic Republic of Congo. According to its authors, the study “provides the first geochemical evidence for a common deep mantle beneath the entirety of the East African Rift System.”

This data also aligns with a 2023 study from Virginia Tech that investigated why EARS displayed deformations parallel to the rift rather than perpendicular. Their analysis supported the idea that a deep-rooted superplume must be driving a northward-moving magma flow in order for these strange deformations to take shape.

While EARS appears somewhat static, at least, from a human lifespan perspective, the rift could eventually tear Africa in two. So, what we are now witnessing could one day result in the birth of an entirely new ocean. However, not all rifts turn into oceans, so we won’t know for sure until geologic history takes its course.

Source : Popular Mechanics via Yahoo News.

Persistance de la sismicité dans l’Afar (Éthiopie) // Continuing seismicity if the Afar region (Ethiopia)

Une sismicité relativement importante continue d’être enregistrée dans la région du volcan Dofen en Éthiopie depuis le 22 décembre 2024. Cette crise a été marquée par une série de séismes modérés à forts, l’ouverture d’importantes fissures dans le sol et l’apparition d’une bouche volcanique dans la région de l’Afar.
Un nouveau séisme de forte intensité et peu profond, enregistré par l’USGS avec une magnitude de M5,5, a frappé la région de l’Afar le 16 mars 2025. L’hypocentre se situait à 10 km de profondeur. L’épicentre se trouvait à 46 km au sud d’Awash et à 55 km à l’est du volcan Dofen. Le risque de victimes et de dégâts est faible. Une réplique modérée de magnitude M4,3 a également été enregistrée le 16 mars à 10 km de profondeur.
L’évacuation de 60 000 habitants a été ordonnée après le séisme de magnitude M5,7 du 4 janvier 2025, qui a provoqué l’apparition de larges fissures.
Le 3 janvier, une nouvelle bouche est apparue près du mont Dofen ; elle émettait de puissants jets de vapeur, de gaz, de roches et de boue, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle éruption.
L’activité sismique a par ailleurs suscité des inquiétudes quant à la stabilité structurelle du barrage de Kesem/Sabure, qui retient un volume d’eau important. Le barrage est censé résister à des séismes de magnitude M5,6. Cependant, l’activité sismique dans la région dépassant ce seuil, les scientifiques ont averti que toute défaillance structurelle pourrait entraîner des inondations catastrophiques, mettant en danger la vie de centaines de milliers d’habitants.
La région se situe dans le rift éthiopien qui fait partie du Système de rift est-africain (EARS), l’une des zones tectoniques les plus actives au monde. Cette région est sujette à de fréquents séismes, éruptions volcaniques et déformations du sol, principalement dues à l’accrétion des plaques tectoniques et à l’intrusion de magma sous la surface. Le rift africain se situe à la limite entre des plaques tectoniques divergentes, là où la plaque africaine est en train de se scinder en deux et donne naissance à la plaque somalienne et la plaque nubienne. La partie orientale de l’Afrique, autrement dit la plaque somalienne, s’éloigne du reste du continent, qui comprend la plaque nubienne. Les plaques nubienne et somalienne se séparent également de la plaque arabique au nord, créant ainsi un système de rift en « Y ». Ces plaques se croisent dans la région de l’Afar, en Éthiopie, en formant une « triple jonction ».
Source : The Watchers, USGS.

Source: USGS

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A significant seismicity has been recorded in Ethiopia’s Dofen volcano region since December 22nd, 2024. The crisis has been marked by a series of moderate to strong earthquakes, large ground fissures, and the opening of a powerful volcanic vent in the Afar region.

Another strong and shallow earthquake registered by the USGS as M5.5 hit the Afar region on March 16th, 2025. The hypocenter was located at a depth of 10 km. The epicenter was located 46 km south of Awash, and 55 km east of Dofen volcano. There is a low likelihood of casualties and damage. A moderate M4.3 aftershock was also recorded on March 16th at a depth of 10 km.

The evacuation of 60,000 residents was ordered after an M5.7 earthquake on January 4th, 2025, led to the appearance of large cracks.

On January 3rd, a new vent formed near Mount Dofen, releasing powerful jets of steam, gas, rocks, and mud, raising concerns about a potential eruption.

The seismic actuivity raised concerns about he structural stability of the Kesem/Sabure Dam which holds a substantial volume of water. The dam is supposed to withstand earthquakes up to M5.6. However, with seismic activity in the region exceeding that threshold, experts warned that any structural failure could lead to catastrophic flooding, endangering hundreds of thousands of lives.

The region lies within the Main Ethiopian Rift, part of the East African Rift System (EARS), one of the most tectonically active zones in the world. This region is prone to frequent earthquakes, volcanic eruptions, and ground deformation, mainly from ongoing tectonic plate divergence and magma intrusion beneath the surface. The rift lies on a developing divergent tectonic plate boundary where the African plate is in the process of splitting into two tectonic plates, the Somali plate and the Nubian plate. The eastern portion of Africa, the Somalian plate, is pulling away from the rest of the continent, that comprises the  Nubian plate. The Nubian and Somalian plates are also separating  from the Arabian plate in the north, thus creating a ‘Y’ shaped rifting system. These plates intersect in the Afar region of Ethiopia at what is known as a ‘triple junction’.

Source : The Watchers, USGS.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’USGS a enregistré un séisme de magnitude M6,0 près du volcan Fentale (Éthiopie) le 14 février 2025. L’agence indique un hypocentre à 10 km de profondeur. La plupart de la population de cette région réside dans des structures très vulnérables aux secousses sismiques car la plupart sont faites de blocs d’adobe et de constructions informelles (métal, bois, etc.).
Il s’agit du séisme le plus puissant de la crise sismo-volcanique qui affecte cette région d’Éthiopie depuis le 22 décembre 2024. Les secousses seraient liées à des mouvements de magma sous le complexe volcanique du Fentale au sein du Rift éthiopien principal. Environ 80 000 personnes dans les régions d’Oromiya et d’Afar ont été affectées par la sismicité et ont été invitées à évacuer depuis le mois de janvier.
Source : USGS, The Watchers.

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Un nouvel essaim sismique a commencé dans les Champs Phlégréens (Italie) à 16h53 (heure locale) le 15 février 2025, avec plus de 203 événements au cours des 24 heures qui ont suivi, le plus fort atteignant M3,9 le 16 février. Les séismes étaient concentrés dans la caldeira autour de la Solfatara et Agnano, à de faibles profondeurs entre 0,2 et 4,2 km.
Source : INGV.

 

Sismicité dans les Campi Flegrei entre le 15 et le 17 février 2025 (Source : INGV)

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Toujours pas d’éruption sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Le Met Office l’avait initialement prévue pour la fin janvier. Ma propre prévision disait mi-février. Il semble que le magma en ait décidé autrement. Dans sa dernière mise à jour (11 février 2025), le Met Office indique que les mesures GPS montrent que le soulèvement du sol continue dans le secteur de Svartsengi, bien que la vitesse de soulèvement ait légèrement diminué ces dernières semaines. Les modélisations révèlent que l’accumulation de magma se poursuit. Le volume de magma a atteint le seuil considéré comme nécessaire pour déclencher une intrusion magmatique, voire une éruption. Les événements passés le long de la chaîne de de cratères de Sundhnúkur montrent qu’une fois que le volume de magma a atteint ce seuil, des éruptions peuvent se produire dans un délai de quelques jours à quatre semaines. Le Mat Office ajoute : « Cela ne garantit pas que le prochain événement se produira dans un mois, mais l’expérience montre que c’est le scénario le plus probable. » Comme personne n’est en mesure de prévoir, il ne nous reste plus qu’à attendre et voir !


Schémas montrant l’activité sismique sur le site potentiel de l’éruption depuis le 10 décembre 2024. (Source : Met Office)

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Ios est devenue le 15 février la quatrième île grecque de la mer Égée à être placée en état d’urgence, suivant la tendance établie par Santorin le 6 février, Amorgos le 12 février et Anafi le 13 février, en raison de l’activité sismique en cours dans la région depuis fin janvier 2025. Le 18 janvier, deux séismes de magnitude M5,1 ont été enregistrés entre Santorin et Amorgos, à une profondeur de 8 km.
Les sismologues grecs ont récemment rejeté l’hypothèse de la formation d’un nouveau volcan dans la région. Selon eux, la probabilité d’une éruption volcanique est faible.
Le ministre grec de la Crise climatique et de la Protection civile a annoncé la construction d’un « port d’évacuation » à Santorin pour permettre aux navires d’évacuer rapidement la population en cas de séisme majeur.
Source : Médias d’information grecs.

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Comme je l’ai indiqué précédemment, le tremor éruptif a brusquement chuté sur l’Etna (Sicile) pendant la journée du 19 février 2025 pour retrouver des valeurs moyennes à basses. La baisse de pression dans les conduits d’alimentation du volcan se traduit inévitablement par une baisse de l’activité sur le terrain. Le problème ces jours-ci, c’est que la météo n’est pas bonne sur l’Etna et on ne peut pas faire de bonnes observations. Malgré tout, il n’est pas impossible que l’on se dirige vers la fin de l’éruption, ce qui va terriblement décevoir les personnes qui avaient prévu d’assister au spectacle ce week-end. L’arrêt de l’éruption soulagerait les autorités qui ont eu beaucoup de mal à gérer les flots de visiteurs (2000 personnes le week-end dernier).

 

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Le neuvième épisode de l’éruption du Kīlauea dans le cratère de l’Halemaʻumaʻu (Hawaï) s’est arrêté le 12 février 2025, après plus de 22 heures d’activité. Une incandescence était à nouveau visible dans la bouche nord, annonçant le 10ème épisode éruptif qui a débuté le 19 février vers 20h25 (heure locale). Au début de l’événement, les fontaines de lave atteignaient une centaine de mètres de hauteur, mais dans les premières heures du 20 février (heure locale), l’éruption marquait le pas.  La lave a finalement disparu de la bouche active vers 9h15. L’épisode éruptif aura donc duré environ 13 heures seulement. À noter que l’inflation a repris dè  la fin de l’activité. Il faut donc s’attendre à un 11ème épisode éruptif d’ici quelques jours.

 

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Le 6 février 2025, le SERNAGEOMIN a publié un bulletin spécial faisant état d’une hausse d’activité sur le Láscar (Chili). Un panache de gaz visible sur les images de la webcam s’élevait à près de 2 km au-dessus du sommet. Une anomalie thermique dans le cratère a été identifiée dans les données satellite, correspondant à une hausse de la température à l’intérieur du cratère. La sismicité n’a pas montré de variations significatives bien que deux événements longue période aient été enregistrés les 7 et 9 février. Les émissions de SO2 sont passées à 752 tonnes le 11 février, contre 188 tonnes auparavant. Le 12 février, le niveau d’alerte a été relevé au Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est invité à rester à au moins 1 km du cratère.

Crédit photo: Wikipedia

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L’activité éruptive se poursuit sur le dôme Laki-laki du Lewotobi (Indonésie). Une hausse soudaine du nombre de séismes volcaniques a été détectée le 11 février 2025 et la sismicité est restée à des niveaux élevés. Le 12 février, la zone d’exclusion a été étendue à un rayon de 5 km du centre du Laki-laki et de 6 km du NE au SO. Le niveau d’alerte a été relevé à 4 (sur une échelle de 1 à 4) le 13 février et la zone d’exclusion a de nouveau été étendue à 6 km du centre du Laki-laki et à 7 km du NE au SO. L’activité observable a également augmenté et des panaches fumerolliens s’élevaient des fissures sur le flanc supérieur nord-ouest. L’incandescence du cratère était visible, mais souvent faible. Les habitants des six villages situés dans la nouvelle zone d’exclusion ont été invités à évacuer. La sismicité a fluctué du 13 au 17 février. Des séismes volcaniques profonds ont été enregistrés alors que les événements superficiels sont restés stables. Le 17 février, des panaches de cendres denses s’élevaient à 400-900 m au-dessus du sommet.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

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L’activité éruptive se poursuit sur le Poás (Costa Rica). Le niveau d’eau du lac a baissé d’environ 30 centimètres en une semaine. Des cellules de convection de l’eau sont visibles dans la Boca C. Les émissions de SO2 ont augmenté de manière significative pour atteindre environ 500 tonnes par jour le 13 février. De fréquentes explosions phréatiques (toutes les minutes) à la Boca C ont été enregistrées du 15 au 17 février sur la base de données sismiques et acoustiques. Des matériaux ont été éjectés au-dessus de la surface du lac jusqu’à 200 m de hauteur. Les émissions de SO2 et la fréquence des explosions phréatiques ont diminué du 17 au 18 février.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: OVSICORI

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

An earthquake registered by the USGS as M6.0 hit near Fentale volcano (Ethiopia) on February 14th, 2025. The agency is reporting a depth of 10 km. Overall, the population in this region resides in structures that are highly vulnerable to earthquake shaking as most of them are made of adobe block and informal (metal, timber, etc.) construction.

This is the strongest earthquake in the seismo-volcanic crisis that has been affecting this region of Ethiopia since December 22nd, 2024. The quakes are believed to be linked to magma movement in the Fentale volcanic complex within the Main Ethiopian Rift. Approximately 80 000 people in the Oromiya and Afar regions have been impacted and urged to evacuate since January.

Source : USGS, The Watchers.

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A new seismic swarm started at Campi Flegrei – or Phlegraean Fields – in Italy at 16:53 (local time) on February 15th, 2025, with more than 203 events over the next 24 hours, with the strongest reaching M3.9 on February 16th. The earthquakes were concentrated in the caldera around Solfatara and Agnano, at shallow depths between 0.2 and 4.2 km..

Source : INGV.

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No eruption yet on the Reykjanes Peninsula (Iceland). The Met Office had initially predicted it for the end of January. My own prediction was around mid-February. It seems magma has decided differently. In its latest update (11 Febriuary 2025) the Met Office indicates that GPS measurementsare showing ongoing land uplift beneath Svartsengi, although, the rate of uplift has slightly decreased in recent weeks. Model calculations reveal continued magma accumulation. The volume of magma has reached the lower threshold believed to be necessary to trigger the next dike intrusion and potential eruption.Past events at the Sundhnúkur crater row suggest that once the magma volume reaches this threshold, eruptions may occur within a timeframe of a few days to four weeks. However « this does not guarantee that the next event will happen within a month, but experience suggests this is the most likely scenario. » As noboby can predict, we just have to wait and see !

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Ios became the fourth Greek island in the Aegean Sea to be placed under a state of emergency on February 15, following the trend set by Santorini on February 6, Amorgos on February 12, and Anafi on February 13, due to the ongoing seismic activity in the region since late January 2025. On January 18, two M5.1 quakes were registered between Santorini and Amorgos,at a depth of 8 km.

Greek seismologists have recently dismissed concerns about the formation of a new volcano in the region. In teeir opinion, the likelihood of a volcanic eruption is low.

Greece’s Minister of Climate Crisis and Civil Protection has announced the construction of an “escape port” on Santorini to allow passenger ships to evacuate residents swiftly in case of a major earthquake.

Source : Greek news media.

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As I have previously indicated, the eruptive tremor abruptly dropped on Mt Etna (Sicily) on February 19th, 2025 and returned to medium and low values. The drop in pressure in the volcano’s conduits inevitably translates into a drop in visible activity. The problem these days is that the weather is not good on Mt Etna and we cannot make good observations. However, we may be heading towards the end of the eruption, which will terribly disappoint people who had planned to watch the show this weekend. The end of the eruption would relieve the authorities who have had a lot of trouble managing the flow of visitors (2000 people last weekend).

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The ninth episode of the Kīlauea eruption in Halemaʻumaʻu crater (Hawaii) paused on February 12th, 2025, after over 22 hours of activity. Incandescence was again visible in the north vent. HVO announcing the 10th eruptive episode which started around 20:25 (local time) on February19th. At the start of the episode, lava fountains were about 100 meters high, but in the early hours of February 20th (local time), the eruption was slowing down. Lava finally disappeared from the active vent around 9:15 a.m. The eruptive episode lasted only about 13 hours. Inflation started again soon after the end of activity. An 11th eruptive episode should then be expected in a few days.

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On 6 February 2025, SERNAGEOMIN issued a special report noting increased emissions at Láscar (Chile). A gas plume observed in webcam views rose almost 2 km above the summit. A thermal anomaly in the crater was identified in satellite data suggesting an increase in temperature within the crater. Seismicity did not clearly indicate variations although two long-period earthquakes were recorded on 7 and 9 February. SO2 emissions increased to 752 tons on 11 February, from 188 tons previously. On 12 February the Alert Level was raised to Yellow (level 2 on a four-color scale) and the public is asked to stay at least 1 km away from the crater.

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Eruptive activity continues at Lewotobi Laki-laki (Indonesia). A sudden increase in the number of volcanic earthquakes was detected on 11 February 2025 and the seismicity remained at high levels. On 12 February the exclusion zone was expanded to a radius of 5 km from the center of Laki-laki and 6 km from the NE to the SW. The Alert Level was raised to 4 (on a scale of 1-4) on 13 February and the exclusion zone was again expanded to 6 km from the center of Laki-laki and 7 km from the NE to the SW. Observable activity also increased and fumarolic plumes rose from cracks on the upper NW flank. Crater incandescence was visible, but often faint. Residents from the six villages within the expanded exclusion zone were advised to evacuate. Seismicity fluctuated during 13-17 February, but deep volcanic earthquakes were recorded while shallow earthquakes were not. On 17 February dense ash plumes were rising 400-900 m above the summit.

Source : PVMBG.

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Eruptive activity continues at Poás (Costa Rica). The lake water level had dropped about 0.3 m in a week with water convection cells in Boca C vent. SO2 emissions significantly increased to about 500 tons per day (t/d) on 13 February. Frequent (every minute) phreatic explosions at Boca C were recorded during 15-17 February based on seismic and acoustic data. Material was ejected above the lake’s surface as high as 200 m. SO2 emissions and the frequency of phreatic explosions decreased during 17-18 February.

Source : OVSICORI.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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