Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Débuté vers 01h00 (heure locale) le 6 août 2025 avec l’apparition d’une rivière de lave suivie d’une puissante activité de fontaines de lave en oblique (45-90 mètres de hauteur) l’Épisode 30 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est terminé brutalement à 12h55 (heure locale) le 6 août 2025, après 12 heures de fontaines de lave. La bouche éruptive nord a cessé son activité vers 12h55, marquant la fin de l’épisode. Son homologue sud a cessé son activité vers 12h50. Les fontaines de lave ont atteint jusqu’à 90 mètres de hauteur au cours de cet épisode. La fin de l’éruption a coïncidé avec un passage rapide de la déflation à l’inflation au sommet et une diminution de l’intensité du tremor. Un 31e épisode éruptif est donc probable dans quelques jours.
Le déroulement de l’Épisode 30 est décrit sur cette page :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/08/07/episode-30-de-leruption-du-kilauea-hawai/

Capture d’image webcam de l’éruption

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L’éruption qui avait débuté le 16 juillet 2025 sur la péninsule de Reykjanes (Islande) est désormais terminée. Le Met Office explique que le tremor volcanique et l’activité explosive ont cessé au cours du week-end du 2 au 3 août 2025. Le soulèvement du sol a repris à Svartsengi. Cela confirme que le magma continue de s’accumuler et que si le soulèvement se poursuit, on pourrait assister à de nouvelles éruptions.

Image drone de la fracture éruptive fin juillet 2025

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Une hausse d’activité a été enregistrée sur le Bur ni Telong (arc volcanique de la Sonde / Indonésie), avec une augmentation significative des séismes d’origine volcanique profonde en juillet. Elle a été suivie d’une augmentation des séismes volcaniques superficiels début août. En conséquence, le niveau d’alerte a été relevé à 2 (sur une échelle de 1 à 4) le 2 août 2025. Il est conseillé au public de se tenir à une distance minimale de 1,5 km du cratère et d’éviter les fumerolles et les solfatares.
Source : PVMBG.

Crédit photo: GVN

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Toujours en Indonésie, l’activité éruptive se poursuit sur le Lewotobi Laki-laki, avec deux éruptions explosives importantes survenues les 1er et 2 août. Après 18 jours sans éruption, l’activité a commencé à s’intensifier le 1er août 2025. Une importante éruption explosive a généré une épaisse colonne de cendres atteignant 10 km au-dessus du sommet, avec projections de matériaux incandescents sur 3 à 4 km dans plusieurs directions. Des éclairs ont également été observés au sein de la colonne de cendres. Le 2 août, une éruption plus importante a duré 14 minutes, avec une épaisse colonne de cendres jusqu’à 18 km au-dessus du sommet. L’éruption s’est accompagnée d’un grondement et d’une forte détonation entendus au poste d’observation du volcan à 6 km à l’ONO. Les cendres émises par ces éruptions ont eu des conséquences importantes, avec notamment la perturbation de nombreux vols.
Le niveau d’alerte reste à 4 (sur une échelle de 1 à 4) et il est conseillé au public de se tenir à une distance minimale d’au moins 6 km du Lewotobi Laki-laki.

Épisode éruptif sur le Lewotobi

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L’activité éruptive se poursuit dans cratère sommital du Klyuchevskoy (Kamchatka). Les données satellitaires ont révélé une forte anomalie thermique au cours de la semaine écoulée. Depuis le 30 juillet, une coulée de lave avance sur le flanc ouest-sud-ouest, avec des explosions phréatiques. Les données satellitaires du 1er août montrent un panache de cendres s’étendant sur 150 km vers le sud-est. D’autres données satellitaires du 4 août montrent un panache de cendres atteignant jusqu’à 7,5 km d’altitude et s’étirant sur 50 km vers le nord-est. Deux coulées de lave ont été signalées le 4 août sur les flancs ouest et sud-est, avec des nuages de cendres s’élevant jusqu’à 7 km d’altitude. La couleur de l ‘alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Il convient de noter qu’une activité éruptive avait déjà été observée avant le séisme de magnitude M8,8 enregistré au large de la péninsule du Kamtchatka le 29 juillet 2025. Le séisme a peut-être intensifié l’activité du Klyuchevskoy, mais cela reste à prouver.

Crédit photo: KVERT

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Toujours au Kamtchatka, une éruption explosive a débuté sur le Krasheninnikov le 2 août 2025. Les premiers panaches de cendres se sont élevés jusqu’à 3-4 km d’altitude au-dessus du cratère sommital du cône nord. Une fissure s’est également ouverte sur le flanc nord-ouest et a émis de la lave visqueuse. La couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert à l’Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Les explosions de cendres se sont poursuivies toute la nuit, avec des panaches s’élevant jusqu’à 8-10 km d’altitude le 3 août. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge (le niveau le plus élevé). L’activité a ensuite diminué, des explosions modérées, mais les images satellite étaient masquées par les nuages. Le 5 août, des explosions ont généré des panaches de cendres qui se sont à nouveau élevés jusqu’à 5-6 km d’altitude. L’effusion de lave sur le flanc nord-ouest s’est accompagnée d’émissions de cendres provenant du cratère. La couleur de l’alerte aérienne a été abaissée à l’Orange. Il semble que la hausse d’activité sur le Krasheninnikov ait été causée par le séisme de magnitude M8,8.

Crédit photo: KVERT

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Une activité modérée avec émissions de vapeur et de gaz se poursuit sur le Karymsky. Une faible anomalie thermique au-dessus du volcan est observée sur les images satellite. La couleur de l’alerte aérienne reste Jaune (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Il semble que ce volcan n’ait pas été affecté par le séisme de magnitude M8,8 du 29 juillet 2025.

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L’activité éruptive se poursuit sur le dôme « 300 ans de RAS » du Sheveluch et sur le dôme du Jeune Sheveluch. Des anomalies thermiques ont été identifiées au-dessus des dômes sur les images satellite au cours des dernières semaines. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs). Aucun changement n’a été observé dans le comportement du volcan après le séisme de magnitude M8,8 du 29 juillet 2025.
Source : KVERT.

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Une hausse d’activité a commencé le 3 août 2025 près du cratère Yugama du Kusatsu-Shiranesan (arc volcanique du nord-est du Japon), avec une augmentation des séismes volcaniques dont les épicentres se trouvent près du cratère Yugama. De plus, les données de déformation du sol depuis juin 2024 indiquent un léger soulèvement de la zone nord-ouest du cratère Yugama. L’épisode de tremor de faible amplitude enregistré le 2 août était le premier depuis le 12 novembre 2020. Des séismes d’origine volcanique ont continué d’être enregistrés, ce qui a incité la JMA à relever le niveau d’alerte à 2 (sur une échelle de 5). Il est conseillé au public de se tenir à une distance minimale de 1 km du cratère Yugama.
Source : JMA.

Crédit photo: GVN

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Des images satellites acquises le 30 juillet 2025 ont montré une poursuite de l’activité éruptive sur le Nyamulagira (RDC). Des anomalies thermiques associées à des coulées de lave actives ont été détectées sur le flanc ONO. De plus, de fortes anomalies thermiques ont été observées dans la zone du cratère sommital, partiellement masquées par des panaches de gaz et de vapeur.
Sources : Copernicus, MIROVA.

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Des centaines de séismes de faible intensité ont été enregistrés sous le complexe volcanique Teide-Pico Viejo à Tenerife (Îles Canaries) entre le 6 et le 7 août 2025. L’activité a pris la forme de deux essaims sismiques distincts, survenus dans un intervalle de 11 heures. Les événements se sont concentrés sous le flanc sud-ouest du Pico Viejo, à une profondeur d’environ 10 km.
Selon INVOLCAN et l’IGN, aucun signe d’éruption imminente n’est observé. L’activité est interprétée comme faisant partie d’un processus d’injection de fluides magmatiques dans le système hydrothermal, un phénomène observé depuis 2016.
Il s’agit du sixième essaim sismique de type hybride enregistré sur l’île depuis octobre 2016. Les précédents essaims sismiques s’étaient produits en octobre 2016, juin 2019, juin et juillet 2022, et novembre 2024.
Source : INVOLCAN, IGN.

Photo: C. Grandpey

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity in the world:

Started around 1:00 a.m. (local time) on August 6, 2025, with a lava river followed by powerful oblique lava fountaining activity (45-90 meters high), Episode 30 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended abruptly at 12:55 p.m. (local time) on August 6, 2025, after 12 hours of lava fountaining. The northern eruptive vent ceased activity around 12:55 p.m., marking the end of the episode. Its southern counterpart ceased activity around 12:50 p.m. Lava fountains reached up to 90 meters in height during this episode. The end of the eruption coincided with a rapid transition from deflation to inflation at the summit and a decrease in the intensity of the tremor. A 31st eruptive episode is therefore likely within a few days. The sequence of Episode 30 is described on this page:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2025/08/07/episode-30-de-leruption-du-kilauea-hawaii/

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The eruption that began on July 16, 2025, on the Reykjanes Peninsula (Iceland) is now over. The Met Office explains that volcanic tremor and explosive activity ceased over the weekend of August 2-3, 2025. Ground uplift has resumed at Svartsengi. This confirms that magma continues to accumulate, and if uplift continues, further eruptions could occur.

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Increased volcanic activity has been recorded at Bur ni Telong (Sunda Volcanic Arc / Indonesia), with a significant increase in deep volcanic earthquakes in July. This was followed by an increase in shallow volcanic earthquakes in early August. As a consequence, the alert level was raised to 2 (on a scale from 1 to 4) on 2 August 2025. The public is advised to maintain a minimum distance of 1.5 km from the crater area and to avoid the fumarole and solfatara regions.

Source : PVMBG.

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Still in Indonesia, eruptive activity at Lewotobi Laki-laki continues, with two significant explosive eruptions occurring during 1-2 August. After 18 days without an eruption, activity began to intensify on 1 August 2025. A significant explosive eruption generated a dense ash column that reached 10 km above the summit and ejected incandescent material 3-4 km in multiple directions. Volcanic lightning was also observed within the ash column. On 2 August, a larger eruption began that lasted 14 minutes, sending a dense ash column to 18 km above the summit. The eruption was accompanied by a rumbling sound and a loud bang that was heard at the Lewotobi Laki-laki Volcano Observation Post (6 km WNW). Ash from the eruptions caused widespread impacts, including the disruption of many flights.
The Alert Level remains at 4 (on a scale of 1-4) and the public is advised to maintain a minimum distance of at least 6 km from Lewotobi Laki-laki.

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In Kamchatka, eruptive activity at Klyuchevskoy’s summit crater continues. Satellite data showed a strong thermal anomaly at the volcano during the past week. Since 30 July a lava flow has been moving down the WSW flank, accompanied by phreatic explosions. Satellite data on 1 August showed an ash plume extending for 150 km to the SE. Additional satellite data from 4 August showed ash reaching up to 7.5 km a.s.l. and extending for 50 km to the NE. Two lava flows were reported on 4 August down the W and SE flanks, with ash rising up to 7 km a.s.l. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale). It should be noted that eruptive activity was already observed before the M8.8 earthquake that was recorded off the Kamchatka Peninsula on 29 July 2025. The quake may have intensified activity at Klyuchevskoy, but this remains to be proved.

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Still in Kamchatka, an explosive eruption at Krasheninnikov began on 2 August 2025. Initial ash explosions rose to 3-4 km a.s.l. from the summit crater of the northern cone. A fissure also opened on the NW flank and emitted viscous lava. The Aviation Color Code was raised from Green to Orange (level 2 on a four-color scale).

Ash explosions continued throughout the night, rising as high as 8-10 km a.s.l. on 3 August. The Aviation Color Code was raised to Red (the highest level). Activity later decreased, with possible moderate explosive activity continuing, but satellite views were obscured by clouds. On 5 August explosions generated ash plumes that again rose to 5-6 km a.s.l.. Lava effusion on the NW flank was accompanied by ash emissions from the crater.The Aviation Color Code was lowered back to Orange. It seems that the increased activity at Krasheninnikov was caused by the M8.8 earthquake.

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Moderate steam-and-gas activity continues at Karymsky. A weak thermal anomaly over the volcano is observed in satellite images. The Aviation Color Code remains at Yellow (level 2 on a four-color scale). It seems this volcano was unaffected by the M8.8 earthquake of 29 July 2025.

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Eruptive activity continues at Sheveluch’s “300 years of RAS” dome and at the Young Sheveluch dome. Thermal anomalies were identified over the domes in satellite images during the past few weeks. The Aviation Color Code remains at Orange (level 2 on a four-color scale). No changes were observed in the volcano’s behaviour after the M8.8 earthquake of 29 July 2025.

Source : KVERT.

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Increased unrest near Kusatsu-Shiranesan’s Yugama crater (Northeast Japan Volcanic Arc) started on 3 August 2025, characterized by an increase in volcanic earthquakes with epicenters near the Yugama crater. Additionally, ground deformation data since June 2024 indicated minor uplift of the NW Yugama crater area. Low-amplitude seismic tremor recorded on 2 August was the first since 12 November 2020. Volcanic earthquakes continued to be recorded, prompting the JMA to raise the alert level to 2 (on a 5-level scale). The public is advised to maintain a minimum distance of 1 km from Yugama Crater.

Source : JMA.

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Satellite images acquired on 30 July 2025 showed continued eruptive activity at Nyamulagira (DRC). Thermal anomalies associated with active lava flows were detected on the WNW flank. Additionally, strong thermal anomalies were observed within the summit crater area, partially obscured by rising gas and steam plumes.

Sources: Copernicus, MIROVA.

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Hundreds of low-magnitude earthquakes were detected beneath the Teide–Pico Viejo volcanic complex in Tenerife (Canary Islands) between August 6 and 7,2025. The activity consisted of two distinct seismic swarms occurring within an 11-hour window. The events were concentrated beneath the southwestern flank of Pico Viejo, at a depth of around 10 km.

According to INVOLCAN and IGN, there are no signs indicating an impending eruption. The activity is interpreted as part of a prolonged process of magmatic fluid injection into the hydrothermal system, a phenomenon observed since 2016.

This marks the sixth hybrid-type seismic swarm recorded on the island since October 2016. Previous swarms occurred in October 2016, June 2019, June and July 2022, and November 2024.

Source : INVOLCAN, IGN.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Magma et plaques tectoniques dans l’Afar (Éthiopie) // Magma and tectonic plates in the Afar region (Ethiopia)

En Éthiopie, la région Afar se situe au-dessus de la jonction entre trois plaques tectoniques. Des scientifiques ont découvert que du magma en fusion vient frapper la croûte terrestre par en dessous. Dans cette partie du monde, le continent africain se déchire lentement, et finira par former un nouveau bassin océanique. En échantillonnant les signatures chimiques des volcans de cette région, une équipe scientifique de l’Université de Swansea et de l’Université de Southampton, au Royaume-Uni, a essayé d’obtenir davantage d’informations sur ce processus. Les chercheurs ont découvert que le manteau sous l’Afar n’est ni uniforme ni stationnaire ; il vibre, et ces vibrations portent des signatures chimiques distinctes. L’étude, intitulée « Mantle upwelling at Afar triple junction shaped by overriding plate dynamics », a été publiée dans Nature Geoscience.

Carte tectonique du système de rifts de l’Afar (Source : Wikipedia)

La surface de notre planète connaît un processus de renouvellement constant. Les plaques tectoniques qui divisent la croûte terrestre ne sont pas fixes ; elles se déplacent, entrent en collision et glissent même les unes sous les autres. Leurs points de rencontre sont généralement des points chauds de l’évolution géologique, marqués par une activité volcanique intense qui remodèle la surface par en dessous.
L’Afar est le point de rencontre des plaques arabique, nubienne et somalienne. Chacune s’écarte dans sa direction respective, ce qui laisse place à une brèche de plus en plus grande sous le Triangle de l’Afar. À terme, la croûte deviendra si fine à cet endroit que la surface s’abaissera sous le niveau de la mer, créant un nouveau bassin océanique au large de la mer Rouge.
Les scientifiques pensent que la remontée du magma joue un rôle dans ce processus de rupture continentale, mais ils ont du mal à comprendre son fonctionnement. Il est bien sûr impossible de forer pour l’observer de près ; c’est pourquoi ils ont étudié les matériaux déposés à la surface de la Terre depuis le manteau par l’activité volcanique.
Les auteurs de l’étude ont collecté 130 échantillons de roche volcanique provenant de la région de l’Afar et du rift éthiopien, et ont effectué des analyses chimiques. Ils ont utilisé ces analyses, combinées aux données existantes, pour réaliser une modélisation qui leur permettrait de comprendre l’activité sous le Triangle. Les résultats montrent des bandes ou stries chimiques distinctes qui se répètent à travers le système de rift. Elles sont produites par un panache unique et asymétrique de matière, façonné par son environnement au fur et à mesure qu’il s’élève du manteau. L’un des scientifiques a déclaré que « les stries chimiques montrent que le panache se comporte comme les pulsations d’un cœur ». De plus, « ces pulsations semblent se comporter différemment selon l’épaisseur de la plaque et la vitesse à laquelle elle s’éloigne. Dans les rifts à expansion rapide comme la mer Rouge, les pulsations se propagent plus nettement et plus régulièrement, comme le sang dans une artère étroite.»
Si le modèle réalisé par l’équipe scientifique est correct, il montre que les panaches et les remontées mantelliques peuvent être façonnés par la dynamique des plaques tectoniques situées au-dessus. Cette découverte pourrait favoriser les recherches futures sur l’activité qui remodèle continuellement notre planète.

 

Schéma issu de l’étude et montrant comment le panache mantellique est canalisé par les trois rifts

Les chercheurs ont découvert que l’évolution des remontées mantelliques profondes est intimement liée au mouvement des plaques situées au-dessus. Cela a de profondes implications pour l’interprétation du volcanisme de surface, de l’activité sismique et du processus de rupture continentale. Les recherches montrent que les remontées du manteau profond peuvent circuler sous la base des plaques tectoniques et contribuer à concentrer l’activité volcanique là où la plaque est la plus fine. Des recherches ultérieures tenteront de comprendre comment et à quelle vitesse se produit la circulation de la remontée mantellique sous les plaques.
Source : L’étude dans Nature Geoscience.

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In Ethiopia, the Afar region lies above the junction between three tectonic plates, and scientists have discovred that molten magma pounds the planet’s crust from below. In that part of the world,, the continent is slowly being torn asunder in the early formation stages of a new ocean basin. By sampling the chemical signatures of volcanoes around this region, a scientific team from Swansea University and the University of Southampton in the UK hoped to learn more about this wild process. They found that the mantle beneath Afar is not uniform or stationary ; it pulses, and these pulses carry distinct chemical signatures. The study, entitled « Mantle upwelling at Afar triple junction shaped by overriding plate dynamics », was published in Nature Geoscience.

Our planet’s surface is in a constant state of renovation. The tectonic plates into which the planetary crust is divided are not fixed in position, but shift and collide and even slip underneath one another. The places at which they meet are usually hotspots of geological evolution, rampant with volcanic activity that is reshaping the surface from below.

The Afar junction is the point at which the Arabian, Nubian, and Somalian plates meet, each departing in their own directions to leave a widening gap under the Afar Triangle. Eventually, the crust will become so thin here that the surface will drop below sea level, creating a new ocean basin off the Red Sea.

Scientists suspect that mantle upwelling is playing a role in this continental breakup process, but our understanding of how it works is limited. We can’t dig down to have a close look, so the researchers looked at material that has been disgorged onto Earth’s surface from the mantle by way of volcano.

They collected 130 samples of volcanic rock from around the Afar region and the Main Ethiopian Rift, and conducted chemical analyses. They used these analyses combined with existing data to conduct advanced modeling to understand the activity under the Triangle. The results show distinct chemical bands or stripes that repeat across the rift system, delivered by a single, asymmetrical plume of material shaped by its environment and pushing upwards from the mantle. One of the scientists said that « the chemical striping suggests the plume is pulsing, like a heartbeat. » Moreover,

« these pulses appear to behave differently depending on the thickness of the plate, and how fast it’s pulling apart. In faster-spreading rifts like the Red Sea, the pulses travel more efficiently and regularly like a pulse through a narrow artery. »

If the team’s model is correct, it suggests that mantle plumes and upwellings can be shaped by the dynamics of the tectonic plates above them. The finding could be used to inform future research into the activity that is continually remodeling our planet.

The researchers have found that the evolution of deep mantle upwellings is intimately tied to the motion of the plates above. This has profound implications for the interpretation of surface volcanism, earthquake activity, and the process of continental breakup. The research shows that deep mantle upwellings can flow beneath the base of tectonic plates and help to focus volcanic activity to where the tectonic plate is thinnest. Follow-on research includes understanding how and at what rate mantle flow occurs beneath plates.

Source : The study in Nature Geoscience.

https://www.nature.com/articles/s41561-025-01717-0

L’alimentation magmatique du rift est-africain // The East African Rift’s magma feeding system

Le rift est-africain est l’un des plus vastes systèmes de rift de la planète. Il s’étend sur plus de 6 400 kilomètres, de l’Éthiopie au nord jusqu’au Malawi au sud. Il est parsemé de vallées de rift secondaires et de régions volcaniques actives, parmi lesquelles figurent certains des volcans les plus célèbres au monde, comme le Kilimandjaro et l’Ol Doinyo Lengai en Tanzanie, ou encore l’Erta Ale en Éthiopie. Cette activité volcanique fait de l’Afrique de l’Est un point chaud géothermique. Ainsi, une grande partie de l’électricité du Kenya est d’origine géothermique.
L’exploitation de cette énergie géothermique présente des avantages pour les scientifiques qui étudient le rift est-africain. Ils peuvent profiter des forages géothermiques pour mieux comprendre les mécanismes qui régissent les processus géologiques dans la région. Bien que la théorie dominante, avec une remontée de magma du manteau profond, soit à l’origine du processus de formation du rift, il est très difficile de déterminer si ce phénomène provient d’un panache unique d’origine profonde ou de plusieurs panaches disséminés le long du rift est-africain.

Dans une nouvelle étude publiée dans la revue Geophysical Research Letters, des scientifiques de l’Université de Glasgow ont utilisé des données recueillies sur le champ géothermique de Menengai au Kenya. Ils ont analysé le néon, un gaz rare, et conclu qu’il provient du manteau profond, probablement d’une zone entre le noyau externe et le manteau. Grâce à la spectrométrie de masse de haute précision, l’équipe scientifique a également détecté une « empreinte » commune des gaz sur une grande distance, ce qui étaye l’idée que le rift est-africain est alimenté par un seul « super panache » plutôt que par plusieurs processus à moindre profondeur.
La nouvelle étude émet l’hypothèse d’une masse de matériaux à très haute température en provenance de la limite noyau-manteau sous l’Afrique de l’Est. La pression de cette masse fait s’écarter les plaques tectoniques et se soulever cette partie du continent africain qui se trouve ainsi à plusieurs centaines de mètres au-dessus de son niveau normal.
Pour déterminer si le rift est-africain est effectivement alimenté par un super panache, les chercheurs ont d’abord dû analyser les isotopes du néon car les gaz rares peuvent révéler le comportement de la Terre dans les profondeurs. Cependant, ces gaz sont également facilement contaminés, à la fois par l’atmosphère et par d’autres gaz rares qui se forment dans la lithosphère. En analysant les gaz rares du champ géothermique kényan, les scientifiques ont constaté que la contamination était minime. Ils ont également découvert que les caractéristiques isotopiques du néon avaient également été observées dans d’autres parties du système de rift, notamment dans les basaltes de l’Afar en Éthiopie et dans la vallée du Rift occidental, entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo. Selon ses auteurs, l’étude « fournit la première preuve géochimique de l’existence d’un manteau profond commun sous l’ensemble du système de rift est-africain ».
Ces données concordent également avec une étude de 2023 de la Virginia Tech qui a cherché à comprendre pourquoi le rift est-africain présentait des déformations parallèles, et non perpendiculaires, au rift. Leur analyse a étayé l’idée qu’un super panache à la source profonde devait propulser le magma vers le nord, donnant naissance à ces étranges déformations.
Bien que le rift est-africain semble relativement statique si l’on se place au niveau de l’espérance de vie humaine, il pourrait à terme déchirer l’Afrique en deux. Autrement dit, ce à quoi nous assistons actuellement pourrait un jour donner naissance à un nouvel océan. Cependant, toutes les rifts ne se transforment pas en océans. L’évolution géologique de notre planète dira un jour ce qu’il en est du rift est-africain.
Source : Popular Mechanics via Yahoo News.

Source: Wikipedia

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In East Africa, the East African Rift System (EARS) is one of the largest rift systems on Earth. It stretches over 6,400 kilometers from Ethiopia in the north to Malawi in the south. It is filled with rift valleys and active volcanic regions that include some of the world’s most famous volcanoes, like Mount Kilimanjaro and Ol Doinyo Lengai in Tanzania), or Erta Ale in Ethiopia. This volcanic activity means that eastern Africa is a geothermal hotspot. For example, a large majority of Kenya’s electricity is of geothermal origin.

Geothermal energy has positive side effects for scientists studying EARS. They can take advantage of the geothermal drilling to gain a better understanding of what is driving the geologic processes in the region. Although the running theory is that hot, buoyant deep-mantle upwelling drives the rifting process, it has been very difficult to figure out if this comes from one deep-sourced plume or multiple plumes along the EARS expanse.

In a new study published in the journal Geophysical Research Letters. , scientists at the University of Glasgow, using data gathered at the Menengai geothermal field in Kenya, analyzed of the noble gas neon and determined that it originates in the deep mantle, probably between the outer core and the mantle. Using high precision mass spectrometry, the scientific team also determined a common “fingerprint” of gases across a far distance, which supports the idea that EARS is powered by one singular “superplume” rather than multiple, shallower processes.

The new research suggests that a giant hot blob of rock from the core-mantle boundary is present beneath East Africa ; it is driving the plates apart and propping up the Africa continent so it is hundreds of meters higher than normal.

To investigate whether EARS is in fact powered by a superplume, the researchers first needed to analyze neon isotopes, as noble gasses can reveal deep Earth behavior. However, these gases are also easily contaminated, both by the atmosphere and by other noble gases formed in the lithosphere. However, by analyzing noble gases from the Kenyan geothermal field, scientists found that contamination was minimal. Additionally, they discovered that those same neon isotopic features had also been observed in other parts of the rift system, including in basalts from the Afar plume in Ethiopia, and in the Western Rift Valley between Uganda and the Democratic Republic of Congo. According to its authors, the study “provides the first geochemical evidence for a common deep mantle beneath the entirety of the East African Rift System.”

This data also aligns with a 2023 study from Virginia Tech that investigated why EARS displayed deformations parallel to the rift rather than perpendicular. Their analysis supported the idea that a deep-rooted superplume must be driving a northward-moving magma flow in order for these strange deformations to take shape.

While EARS appears somewhat static, at least, from a human lifespan perspective, the rift could eventually tear Africa in two. So, what we are now witnessing could one day result in the birth of an entirely new ocean. However, not all rifts turn into oceans, so we won’t know for sure until geologic history takes its course.

Source : Popular Mechanics via Yahoo News.

Persistance de la sismicité dans l’Afar (Éthiopie) // Continuing seismicity if the Afar region (Ethiopia)

Une sismicité relativement importante continue d’être enregistrée dans la région du volcan Dofen en Éthiopie depuis le 22 décembre 2024. Cette crise a été marquée par une série de séismes modérés à forts, l’ouverture d’importantes fissures dans le sol et l’apparition d’une bouche volcanique dans la région de l’Afar.
Un nouveau séisme de forte intensité et peu profond, enregistré par l’USGS avec une magnitude de M5,5, a frappé la région de l’Afar le 16 mars 2025. L’hypocentre se situait à 10 km de profondeur. L’épicentre se trouvait à 46 km au sud d’Awash et à 55 km à l’est du volcan Dofen. Le risque de victimes et de dégâts est faible. Une réplique modérée de magnitude M4,3 a également été enregistrée le 16 mars à 10 km de profondeur.
L’évacuation de 60 000 habitants a été ordonnée après le séisme de magnitude M5,7 du 4 janvier 2025, qui a provoqué l’apparition de larges fissures.
Le 3 janvier, une nouvelle bouche est apparue près du mont Dofen ; elle émettait de puissants jets de vapeur, de gaz, de roches et de boue, suscitant des inquiétudes quant à une éventuelle éruption.
L’activité sismique a par ailleurs suscité des inquiétudes quant à la stabilité structurelle du barrage de Kesem/Sabure, qui retient un volume d’eau important. Le barrage est censé résister à des séismes de magnitude M5,6. Cependant, l’activité sismique dans la région dépassant ce seuil, les scientifiques ont averti que toute défaillance structurelle pourrait entraîner des inondations catastrophiques, mettant en danger la vie de centaines de milliers d’habitants.
La région se situe dans le rift éthiopien qui fait partie du Système de rift est-africain (EARS), l’une des zones tectoniques les plus actives au monde. Cette région est sujette à de fréquents séismes, éruptions volcaniques et déformations du sol, principalement dues à l’accrétion des plaques tectoniques et à l’intrusion de magma sous la surface. Le rift africain se situe à la limite entre des plaques tectoniques divergentes, là où la plaque africaine est en train de se scinder en deux et donne naissance à la plaque somalienne et la plaque nubienne. La partie orientale de l’Afrique, autrement dit la plaque somalienne, s’éloigne du reste du continent, qui comprend la plaque nubienne. Les plaques nubienne et somalienne se séparent également de la plaque arabique au nord, créant ainsi un système de rift en « Y ». Ces plaques se croisent dans la région de l’Afar, en Éthiopie, en formant une « triple jonction ».
Source : The Watchers, USGS.

Source: USGS

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A significant seismicity has been recorded in Ethiopia’s Dofen volcano region since December 22nd, 2024. The crisis has been marked by a series of moderate to strong earthquakes, large ground fissures, and the opening of a powerful volcanic vent in the Afar region.

Another strong and shallow earthquake registered by the USGS as M5.5 hit the Afar region on March 16th, 2025. The hypocenter was located at a depth of 10 km. The epicenter was located 46 km south of Awash, and 55 km east of Dofen volcano. There is a low likelihood of casualties and damage. A moderate M4.3 aftershock was also recorded on March 16th at a depth of 10 km.

The evacuation of 60,000 residents was ordered after an M5.7 earthquake on January 4th, 2025, led to the appearance of large cracks.

On January 3rd, a new vent formed near Mount Dofen, releasing powerful jets of steam, gas, rocks, and mud, raising concerns about a potential eruption.

The seismic actuivity raised concerns about he structural stability of the Kesem/Sabure Dam which holds a substantial volume of water. The dam is supposed to withstand earthquakes up to M5.6. However, with seismic activity in the region exceeding that threshold, experts warned that any structural failure could lead to catastrophic flooding, endangering hundreds of thousands of lives.

The region lies within the Main Ethiopian Rift, part of the East African Rift System (EARS), one of the most tectonically active zones in the world. This region is prone to frequent earthquakes, volcanic eruptions, and ground deformation, mainly from ongoing tectonic plate divergence and magma intrusion beneath the surface. The rift lies on a developing divergent tectonic plate boundary where the African plate is in the process of splitting into two tectonic plates, the Somali plate and the Nubian plate. The eastern portion of Africa, the Somalian plate, is pulling away from the rest of the continent, that comprises the  Nubian plate. The Nubian and Somalian plates are also separating  from the Arabian plate in the north, thus creating a ‘Y’ shaped rifting system. These plates intersect in the Afar region of Ethiopia at what is known as a ‘triple junction’.

Source : The Watchers, USGS.