Activité volcanique sous-marine dans les Iles Eoliennes // Underwater volcanic activity in the Aeolian Islands

Le numéro de juin 2023 du National Geographic France consacre un chapitre à l’activité volcanique sous-marine au large de la Sicile, en particulier dans les Iles Eoliennes. Ces sept îles sont d’origine volcanique et deux volcans, la Fossa di Vulcano et le Stromboli, sont toujours actifs. L’accès au sommet du Vulcano est très réglementé et il est carrément interdit à Stromboli. A Vulcano, il suffit de s’avancer un peu dans la mer pour voir des bouillonnements dignes d’un jacuzzi. L’eau de mer est brassée par les gaz volcaniques et nous rappelle que cette zone de l’archipel est bien active. Au large de l’île de Panarea émerge l’îlot de Basiluzzo. Les fonds marins à proximité regorgent de bulles de gaz.

Une mission d’exploration « UNESCO – 1 Océan » a été menée dans les îles Eoliennes en 2022, dans le but d’améliorer nos connaissances sur les volcans sous-marins et le risque de tsunamis en Méditerranée. La mission a rapporté des images exceptionnelles.
L’archipel des Éoliennes est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO connu pour son intense activité volcanique. Le 13 mai 2022, le Stromboli a connu une nouvelle explosion majeure qui a généré un épais nuage de cendres et des glissements de terrain qui ont atteint la mer.
Cette éruption de surface était très visible, mais la majeure partie de l’activité volcanique mondiale est cachée à notre vue. Plus d’un million de volcans se trouvent sous l’eau et ils génèrent 80% de l’activité volcanique mondiale.
Dans le cadre de la Décennie des sciences océaniques (2021-2030), coordonnée par l’UNESCO, la mission d’exploration sous-marine « UNESCO – 1 Océan » s’est déroulée début juin 2022 non loin de Stromboli, au large de l’île de Panarea.
Les images tournées par Alexis Rosenfeld et le cinéaste italien Roberto Rinaldi nous emmènent au plus profond du cratère sous-marin de Panarea et le long du bord de la caldeira. A quelques mètres de profondeur seulement, des émissions permanentes de gaz, provenant directement de la chambre magmatique du volcan, s’échappent des entrailles de la Terre pour former d’impressionnants rideaux de bulles. Certains secteurs émettent plus d’un million de litres de gaz par jour.
A plus de soixante-dix mètres sous la surface, les plongeurs ont découvert un site exceptionnel : « The Smoking Land ». Il se compose d’une multitude de bouches hydrothermales qui expulsent des fluides acides à haute température.
Ces phénomènes sont surveillés quotidiennement par l’équipe du professeur Francesco Italiano, chef de la section de Palerme de l’INGV, que je salue ici. En effet, ils peuvent représenter un risque pour la population. Ces dernières années, les scientifiques ont noté une « instabilité » dans le comportement des volcans, avec la nécessité de recherches plus approfondies. Ils pensent qu’un « événement majeur » est possible. Francesco Italiano a déclaré : « Nous estimons que, selon un cycle naturel, il y a une éruption majeure dans cette zone tous les 70 ans. La dernière a eu lieu à la fin des années 1930. [En cas d’éruption] un des risques est le déclenchement d’un tsunami. Il pourrait toucher les îles en quelques minutes, ce qui signifie que nous devons réagir très rapidement. »
Source : UNESCO.

Voir aussi ma note du 4 mars 2018 intitulée « Les bouches hydrothermales de Basiluzzo. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/04/les-bouches-hydrothermales-de-basiluzzo-iles-eoliennes-sicile-the-hydrothermal-vents-of-basiluzzo-aeolian-islands-sicily/

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The June 2023 issue of National Geographic France devotes a chapter to the underwater volcanic activity off Sicily, in particular in the Aeolian Islands. These seven islands are of volcanic origin and two volcanoes, La Fossa di Vulcano and Stromboli, are still active. Access to the summit of Vulcano is strictly regulated and it is completely forbidden at Stromboli. At Vulcano, you just have to walk into the sea to see bubblings worthy of a jacuzzi. The sea water is brewed by volcanic gases and reminds us that this area of the archipelago is very active. Off the island of Panarea emerges the islet of Basiluzzo. The nearby seabed is full of gas bubbles.

A « UNESCO – 1 Ocean » exploration mission was carried out in the Aeolian Islands in 2022, with the goal of improving our knowledge of underwater volcanoes and the risk of tsunamis in the Mediterranean. The mission has brought back exceptional images.

The Aeolian Islands archipelago is a UNESCO World Heritage Site known for its intense volcanic activity. On May 13th, 2022, the Stromboli volcano experienced another major explosion that generated a thick cloud of smoke and landslides that reached the sea.

While this surface eruption was highly visible, most of the world’s volcanic activity is actually hidden from view. More than a million volcanoes are underwater, generating 80% of the world’s volcanic activity.

As part of the Decade for Ocean Science (2021-2030), coordinated by UNESCO, a « UNESCO – 1 Ocean » exploration mission conducted an underwater exploratory mission in early June 2022 not far from Stromboli, off the island of Panarea.

The images shot by Alexis Rosenfeld and Italian filmmaker Roberto Rinaldi take us deep into the Panarea underwater crater and along the rim of the caldera. At a depth of only a few metres, permanent gas eruptions, coming directly from the volcano’s magma chamber, escape from the bowels of the Earth to form impressive curtains of bubbles. Some areas release more than a million litres of gas a day.

Much deeper, more than seventy metres below the surface, an exceptional site has been discovered: The Smoking Land. It consists of a multitude of hydrothermal vents that expel acidic fluids at high temperatures.

These phenomena are monitored daily by the team of Professor Francesco Italiano, head of the Palermo section of the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV), because they can represent a risk for the population. In recent years, scientists have noted an « instability » in the behaviour of volcanoes that requires further research. They believe that a « major event » is possible. Francesco Italiano has declared: «  We estimate that, according to a natural cycle, there is a major explosion in this area every 70 years. The last one took place at the end of the 1930s. [In the event of an explosion] one of the risks is the formation of a tsunami. It could hit the islands in a few minutes, which means that we have to react very quickly. »

Source : UNESCO/

See my post of March 4th, 2018 : « The hydrothermal vents of Basiluzzo. »

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/03/04/les-bouches-hydrothermales-de-basiluzzo-iles-eoliennes-sicile-the-hydrothermal-vents-of-basiluzzo-aeolian-islands-sicily/

 

Bouillonnements et décoloration de l’eau de mer à Vulcano

Vue de Basiluzzo depuis Panarea (Photo: C. Grandpey)

Vue d’une cheminée hydrothermale (Image extraite de la vidéo)

Le Mayon s’agite aux Philippines // Unrest at Mayon (Philippines)

En raison d’une augmentation de l’activité volcanique, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Mayon de 1 à 2 le 5 juin 2023. L’Institut signale une augmentation de la fréquence des chutes de blocs au niveau du dôme de lave sommital. Cette hausse de l’activité laisse supposer qu’il y a des processus magmatiques peu profonds qui pourraient conduire à des éruptions phréatiques ou même précéder une éruption magmatique majeure.

Le 9 mai 2023, le dôme de lave avait augmenté de volume d’environ 83 000 m3 depuis le 3 février et de près de 164 000 m3 depuis le 20 août 2022. Le PHIVOLCS a enregistré 318 chutes de blocs depuis le 1er avril, et 26 séismes volcaniques sur la même période. Les paramètres de déformation du sol montrent que le volcan est en phase d’inflation depuis 2020, en particulier au nord-ouest et au sud-est.
Le public est prié d’éviter la zone de danger permanent (PDZ) d’un rayon de 6 km autour du volcan
L’éruption la plus violente du Mayon, en 1814, a tué plus de 1 200 personnes dans la ville de Cagsawa et a anéanti plusieurs autres localités. Cette éruption est décrite dans mon livre « Killer Volcanoes » aujourd’hui épuisé.

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Due to an increase in volcanic unrest, PHIVOLCS raised the alert level for Mayon from 1 to 2 on June 5th, 2023. The Institue reportsan increase in the frequency of rockfall events from the volcano’s summit lava dome.This increase in activity suggests that there are shallow magmatic processes that could lead to phreatic eruptions or even precede a major magmatic eruption​.

As of May 9th, 2023, the lava dome had increased in volume by approximately 83 000 m3 since February 3rd and a total of nearly 164 000 m3 since August 20th, 2022. PHIVOLCS has recorded a total of 318 rockfall events since April 1st, and 26 volcanic earthquakes for the same period. Ground deformation parametersshow that the volcano has been inflating, particularly on the northwest and southeast, since 2020.

The public is urged to avoid the 6-km radius Permanent Danger Zone (PDZ) around the volcano

Mayon’s most violent eruption, in 1814, killed more than 1 200 people in the town of Cagsawa and devastated several other municipalities. It is described in my book « Killer Volcanoes » which is sold out today.

Connu pour son cône parfait, le Mayon est redouté pour ses coulées pyroclastiques destructrices (Crédit photo: Wikipedia)

Erosion côtière en Alaska : causes et conséquences // Coastal erosion in Alaska : causes and consequences

Au cours de ma conférence « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », j’insiste sur les conséquences de la fonte de la glace de mer en Alaska. À mesure que la banquise arctique fond, les côtes déjà fragiles deviennent vulnérables ; elles se trouvent exposées aux vagues au moment des tempêtes. On assiste alors à une accélération de l’érosion qui affecte les personnes et la faune.
Jusqu’à ces dernières années, la glace de mer empêchait les vagues de l’océan de se fracasser contre la côte. Une épaisse couche de glace de mer absorbait la puissance des grosses vagues et les empêchait de déferler sur les plages et contre les falaises. Aujourd’hui, la glace de mer fond et s’éloigne du rivage. L’océan a donc le champ libre pour venir à sa guise saper les côtes et inonder les villages côtiers.

Crédit photo: Wikipedia

Contrairement aux rivages des latitudes moyennes, ceux de l’Arctique sont constitués de pergélisol. Avec des températures plus élevées en été, ce sol dégèle, rendant les côtes arctiques particulièrement sensibles à l’érosion. Le réchauffement de l’eau et l’élévation du niveau de la mer aggravent encore le problème, avec de plus grosses vagues qui viennent frapper les côtes.

Dégel du permafrost dans la toundra (Photo: C. Grandpey)

Deux événements se combinent souvent à l’automne dans l’Arctique : les tempêtes les plus fortes et la plus faible étendue de glace de mer. Après un été de fonte de la glace de mer qui ouvre de vastes étendues d’eau libre, les grosses tempêtes peuvent causer des dégâts considérables, contribuer à l’érosion du littoral et à la perte d’habitat terrestre.
Par exemple, en septembre 2022, le reliquat du typhon Merbok a frappé la côte ouest de l’Alaska avec des vents de force ouragan qui ont obligé à des évacuations, arraché des bâtiments de leurs fondations, sculpté de nouveaux rivages et envoyé entre un et deux mètres d’eau le long de 1 600 kilomètres de côtes. Pour de nombreuses communautés, les dégâts aux infrastructures ont été immédiats. Comme ces communautés dépendent également d’une économie de subsistance, la perte des ressources de la terre a laissé certains habitants dépourvus de réserves pour l’hiver.
Le sol de l’Arctique, autrefois gelé toute l’année, fait maintenant face à plusieurs mois de dégel. Certaines régions dégèlent plus rapidement et plus substantiellement que d’autres. Depuis les années 1990, les températures dans l’Arctique ont augmenté d’environ 0,6 °C par décennie, soit le double de la moyenne mondiale. Les données des services météorologiques de l’Alaska indiquent que de 1971 à 2019, le réchauffement de l’Arctique a été trois fois plus rapide que la moyenne mondiale. Une étude fait même état d’un réchauffement quatre fois plus rapide. Certaines estimations montrent un été sans glace de mer dès 2035. Avec moins de glace de mer pour empêcher les grosses vagues de s’écraser contre les côtes, l’érosion côtière va certainement s’amplifier.
Les températures plus chaudes de l’Arctique font également dégeler le pergélisol. La terre autrefois rigide et solide sous l’effet du gel devient un sol mou et humide qui s’effrite plus facilement sous les assauts des vagues. Le dégel du pergélisol libère également dans les eaux voisines et dans l’atmosphère des gaz à effet de serre autrefois emprisonnés, ce qui accélère le réchauffement climatique. Certaines estimations indiquent que les zones de pergélisol stockent environ 1 700 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sous forme de méthane et de dioxyde de carbone ; c’est environ le double du total actuel dans l’atmosphère. Un autre sous-produit du dégel du permafrost est le mercure. Autrefois congelé, il s’échappe désormais dans le sol et les eaux avoisinantes, avec un effet désastreux sur la chaîne alimentaire.

En Alaska, des villages entiers sont déjà confrontés à la nécessité de se déplacer à cause de l’érosion côtière. Le dégel du pergélisol et les vagues érodent le littoral arctique à raison de 50 centimètres par an en moyenne. Dans le nord de l’Alaska, le chiffre atteint 1,40 mètre par an. Sur certains zones littorales comme à Drew Point, en Alaska, l’érosion atteint 20 mètres par an.
Une étude de février 2022 explique que l’érosion pourrait doubler dans l’Arctique d’ici la fin du 21ème siècle. Au fur et à mesure que les scientifiques en sauront davantage sur le moment et l’ampleur de l’érosion côtière dans l’Arctique, les collectivités pourront prendre les mesures nécessaires pour essayer d’y faire face.
Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

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During my conference « Glaciers at risk », I insist on the consequences of the melting of the sea ice in Alaska. As Arctic sea ice melts, fragile coastlines become vulnerable to bigger waves from storms, leading to accelerated erosion that impacts people and wildlife.

Up to recent years, sea ice keeps the churning ocean from splashing up against the coast. A thick layer of sea ice absorbs the power of big waves, preventing them from slamming into beaches and sea cliffs. But as sea ice melts and recedes away from shore, the ocean can wear away coastlines and flood seaside villages.

Unlike shorelines in the mid-latitudes, Arctic shorelines have permafrost. With higher temperatures in the summer, these soils are thawing, making Arctic coasts especially sensitive to erosion. Warming water and sea level rise compound the issue further as bigger waves pound the coasts.

Two events often collide in the autumn in the Arctic: the strongest storms and lowest sea ice extent. After a summer of sea ice melt, with large areas of open water, large storms can do considerable damage and contribute to shoreline erosion and terrestrial habitat loss.

For example, in September 2022, remnants of Typhoon Merbok battered Alaska’s western coast with hurricane-force winds, forcing evacuations, uprooting buildings, carving out new shores, and surging one ti two meters of water along 1,600 kilometers of coastline. For many communities, the impact from damage to infrastructures was immediate. However, as these communities also rely on subsistence living, the loss of resources from the land left several residents vulnerable without stocks for the winter.

The Arctic’s soil, once frozen all year round, now faces several months of thaw, with some regions thawing faster and more substantially than others. Since the 1990s, temperatures in the Arctic have been increasing at roughly 0.6°C per decade, twice the rate of the global average. Data from Alaskan weather services indicaate that from 1971 to 2019, the rate of Arctic warming was three times as fast as the global average. Another study suggests a four-fold warming. Some estimates showi a summer free of sea ice as early as 2035. With less sea ice preventing big waves from crashing against the shores, coastal erosion is sure to increase.

Warmer Arctic temperatures are also thawing permafrost, turning once frozen-solid land into soft, wet soil that crumbles more easily with wave attacks. Permafrost thaw also releases once-frozen greenhouse gases into nearby waters and the atmosphere, feeding further warming. Some estimates state that permafrost zones store about 1,700 billion metric tons of carbon, both in methane and carbon dioxide form ; this is about twice the current total within the atmosphere. Another byproduct is the release of once-frozen mercury into soil and nearby waters, polluting the food chain.

In Alaska, entire villages are already facing the need for relocation from coastal erosion. Together, thawing permafrost and waves erode the Arctic coastline at an average rate of 50 centimeters per year. In northern Alaska, the rates are 1.4 meters per year, with some sections, like Drew Point, Alaska, eroding much as 20 meters per year.

A study from February 2022 suggests that erosion may double in the Arctic by the end of the 21st century. As scientists learn more about the timing and magnitude of coastal erosion in the Arctic, communities can develop necessary mitigation and adaptation resources.

Source : National Snow and Ice Data Center (NSIDC).

La fausse éruption du Mont Edgecumbe (Alaska) // Mt Edgecumbe’s fake eruption (Alaska)

Voici une histoire que j’aime beaucoup. Le 1er avril est le jour de l’année où les gens adorent véhiculer de fausses nouvelles ou bien jouer des tours à leurs amis. L’histoire qui s’est déroulée à Sitka (Alaska) le 1er avril 1974 fait partie de cette vieille tradition. Elle est également liée au monde des volcans ; c’est pour cela qu’elle a sa place sur ce blog.

Au cœur de l’Archipel Alexandre, sur la côte ouest de  l’Ile Baranof, dans le sud-est de l’Alaska, Sitka fait face à l’Océan Pacifique et au majestueux Mont Edgecumbe, volcan endormi dont la silhouette se dresse à une vingtaine de kilomètres de la ville. Sitka n’est accessible que par bateau ou par hydravion

Il faisait très beau à Sitka le matin du 1er avril 1974. Le mont. Edgecumbe dressait fièrement sa masse conique de l’autre côté du Sitka Sound. Lorsque les habitants se réveillèrent ce jour-là et lorsqu’ils regardèrent le volcan, ils n’en crurent pas leurs yeux: de la fumée sortait du cratère. C’était forcément le signe qu’une éruption était sur le point de se produire!

En fait, il ne s’agissait pas d’une éruption! L’un des habitants, Oliver – dit ‘Porky’ – Bickar, connu pour être un farceur, attendait ce jour-là depuis trois ans. Il avait récupéré de vieux pneus et attendait les bonnes conditions météorologiques pour jouer à sa façon un tour à la population.

La météo de ce 1er avril 1974 était parfaite. Porky se précipita vers le téléphone dans son magasin. Après avoir contacté plusieurs compagnies d’hélicoptères, il réussit à persuader d’Earl Walker de Petersburg de participer à son entreprise. Porky avait confectionné deux élingues de corde d’environ 45 mètres de long, avec sur chacune 50 vieux pneus de voiture. Il avait également rassemblé des chiffons recouverts d’huile, un bidon de carburant, une douzaine de bombes fumigènes et tout ce qui pouvait émettre une épaisse fumée noire.

À l’arrivée de son ami à bord de l’hélicoptère, et avec l’aide de deux complices, Porky et Earl chargèrent les pneus et les autres articles dans l’hélicoptère et décolèrent en direction du mont. Edgecumbe. Une fois à destination, ils déposèrent les pneus et les bombes incendiaires dans le cratère du volcan et y mirent le feu. Avant de repartir, ils peignirent à la bombe en grosses lettres sur la neige «APRIL FOOL’S» (Poisson d’avril).

Lorsque Porky demanda à la tour de contrôle – qui avait été informée de l’événement – la permission d’atterrir à Sitka, le contrôleur de l’aviation civile déclara: «Je vais vous guider afin que vous voliez le plus bas et les plus discrètement possible. » Porky avait effectivement prévenu l’aviation civile et la police de Sitka, mais avait oublié d’informer les garde-côtes! Quand ces derniers ont vu la fumée s’échapper du cratère, ils ont immédiatement pris la direction du volcan à bord d’un hélicoptère pour se rendre compte de la situation. Une fois sur place, le pilote de l’hélicoptère s’est retrouvé face à un tas de pneus en train de se consumer et l’inscription « poisson d’avril » écrite sur la neige!

Au même moment, de nombreux habitants de Sitka appelaient les stations de radio et les services de police pour savoir ce qui se passait sur le mont Edgecumbe. La plaisanterie a été relayée par la presse du monde entier. Elle a même atteint le vice-président d’Alaska Airlines qui a demandé à la tour de contrôle de Sitka de faire en sorte que les avions au départ de la localité survolent le volcan afin que les passagers puissent assister au spectacle.

Plus de quarante ans plus tard, la fausse éruption du mont Edgecumbe continue de figurer en bonne place sur la liste des 100 meilleurs canulars du 1er avril. La légende raconte que, lorsque le mont St. Helens est entré en éruption six ans plus tard, un habitant de Sitka a écrit à Porky et lui a dit: « Cette fois, vous êtes allé trop loin! »

Source: Sitka History Museum, l’un des endroits à visiter dans la ville.

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Here is a story I like very much. April 1st, also called April Fools’ Day by the Anglo-Saxons, is a day of practical jokes, hoaxes and when people enjoy playing tricks on their friends. The story that happened in Sitka (Alaska) on April 1st, 1974 belongs to this custom and is linked to the nearby volcano. This is the reason why I am telling it on this blog.  .

In the heart of the Alexander Archipelago, on the west coast of Baranof Island, in southeast Alaska; Sitka faces the Pacific Ocean and the majestic Mount Edgecumbe, a dormant volcano whose silhouette rises 20 km from the city. Sitka is only accessible by boat or floatplane

The morning of April 1st, 1974 was clear and beautiful.  Mt. Edgecumbe was clearly visible across Sitka Sound. When the Sitka residents woke up on that day and looked at the volcano, they could not believe what they saw: smoke was coming out of the volcano, the sure sign an aruption was about to happen!

Actually, it was NOT an eruption! One of the residents, life-long prankster Oliver “Porky” Bickar, had waited three years for that day. He had collected old tires and was waiting for the right weather conditions on April 1st one year to play his trick on the population.

The weather forecast for April 1st, 1974 was perfect. Oliver rushed to his shop and, after calling multiple helicopter charters, was able to enlist the services of Earl Walker from Petersburg. While waiting, Porky made two rope slings about 45 metres long, each holding 50 old car tires. He also gathered oily rags, a gallon of fuel, and a dozen smoke bombs, anything that would emit thick, black smoke.

Upon Earl’s arrival, and with the help of two accomplices, Porky and Earl loaded the helicopter and off they flew toward Mt. Edgecumbe.  They dropped the tires and incendiaries into the volcano’s crater. They spray-painted “APRIL FOOL’S” in big letters onto the snow and set their creation ablaze.

When asking the FAA control tower – which had been notified of the event – was asked for permission to land back in Sitka, the air-traffic controller, said, “I’ll bring you in as low and inconspicuously as possible.” Porky had notified the FAA and the Sitka Police Department, but had forgotten the Coast Guard!  When they saw the smoke coming out of the crater, the Coast Guard quickly climbed on board a helicopter to investigate, but the helicopter pilot soon found himself looking down at a pile of smoldering tires and a big April Fool’s sign in the snow!

By that time, numerous Sitka residents had called radio stations and the Police Department to know what was happening at Mt Edgecumbe. The prank went on to make AP news worldwide. News of Porky’s antics in Sitka even reached the Vice President of Alaska Airlines who called the Sitka station to instruct their departing plane to fly over the mountain, giving their passengers a front-row seat to the spectacle.

Over forty years later, the Eruption of Mount Edgecumbe continues to make the list of the Top 100 April Fool’s Day Hoaxes of All Time. Local legend even has it that, when Mount St. Helens erupted six years later, a Sitka resident wrote to Porky and said, “This time you’ve gone too far!”

Source : The Sitka History Museum, one of the places to visit in the city.

Source : Google Maps

Le mont Edgecumbe le 1er avril 1974 (Source : Sitka History Museum)