Etna (Sicile) : nouvelle pluie d’interdictions

Suite à l’épisode éruptif observé sur l’Etna le 13 août 2023 au soir, les maires de Nicolosi (versant sud) et de Linguaglossa (versant nord) se sont empressés de publier des ordonnance d’interdiction d’accès au volcan.

Le 14 août 2023, le maire de Nicolosi a publié ordonnance rappelant l’interdiction d’accès au sommet du volcan « au-dessus de 2500 mètres. au-dessus du niveau de la mer ». Cette interdiction ne concerne toutefois pas « les personnes de sécurité et de secours, les forces de police, le personnel de la Protection civile et du parc de l’Etna qui effectuent des activités dans la zone; le personnel scientifique qui travaille dans la zone sommitale à des fins de protection civile et d’étude ; les guides alpins/volcanologiques et le personnel du C.A.I. autorisé conformément à la loi ; les journalistes et photographes professionnels équipés de carte professionnelle, sous réserve qu’ils sont accompagnés par des personnes autorisées, conformément à la loi. »
La police est chargée de l’exécution de cette ordonnance. Les contrevenants seront déférés à l’Autorité judiciaire conformément à l’art. 650c.p.

Cliquer pour accéder à OS-19-2023_del_14_agosto_2023.pdf

Dans le même temps, le maire de Linguaglossa a publié une ordonnance similaire. Suite à la crise éruptive de l’Etna le 13 août au soir et la présence de cendre sur la piste d’Etna Nord, , l’ordonnance interdit les excursions à haute altitude sur le versant nord du volcan « jusqu’à nouvel ordre. »

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La politique adoptée par les maires des villages etnéens (versants nord et sud) rejoint celle mise en place par le Préfet de l’île de la Réunion pour le Piton de la Fournaise : dès que ces volcans entrent en éruption, on verrouille tout tant que l’éruption n’est pas terminée. S’agissant de l’Etna, l’interdiction à la zone sommitale à des personnes non autorisées, ou non accompagnées par des personnes accréditées, est interdit, sous peine d’amendes.

On pourra comparer cette politique d’interdictions à tout va avec celle pratiquée par les autorités islandaises qui font tout leur possible pour que les touristes puissent accéder au site de l’éruption, en faisant toutes les recommandations nécessaires.

On me fera bien sûr remarquer que le relief qui permettait l’accès aux dernières éruptions islandaises n’a rien à voir avec la zone sommitale de l’Etna ou celle du Piton de la Fournaise. Des mesures de sécurité sont évidemment nécessaires, mais entre la politique libérale islandaise et celle restrictive pratiquée en Sicile et à la Réunion, il y a une bonne marge qui devrait faire réfléchir les autorités qui gèrent ces deux volcans.

Episode éruptif sur l’Etna (Sicile) // Eruptive episode on Mt Etna (Sicily)

Un épisode éruptif a commencé au Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna à 20h40 heure locale – 18h40 UTC le 13 août 2023. L’activité a évolué en fontaine de lave au cours des deux heures suivantes.
L’activité sismique a soudain augmenté vers 18h00 UTC et a rapidement atteint des niveaux élevés. L’épicentre de cette activité était situé juste en dessous du CSE, à environ 2,8 km au-dessus du niveau de la mer.
La couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’Orange et enfin au Rouge. Ce dernier niveau avait été mis en place précédemment le 21 mai 2023 et avant cela, le 3 juin 2022.
Des retombées de cendres ont été observées dans la zone Rifugio Sapienza – Piano Vetore, au sud du volcan.
À 21h30 UTC, l’activité strombolienne initiale a évolué en fontaine de lave. On a également observé une coulée de lave sur le flanc sud du CSE.
L’événement était souvent difficile à observer à cause de la mauvaise visibilité au sommet de l’Etna.
L’activité s’est calmée aux premières heures du 14 août.
Source : INGV, La Sicilia.

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An eruptive episode started at Mt Etna’s Southeast Crater at 20:40 local time – 18:40 UTC on August 13th, 2023. The activity increased to lava fountaining over the next couple of hours.

Seismic activity suddenly increased at around 18:00 UTC, and rapidly reached high levels, with the epicenter of this activity situated just below the Southeast Crater, approximately 2.8 km above sea level.

The Aviation Color Code was raised from Yellow to Orange and finally to Red. It had previously been set to Red on May 21st, 2023, and before that, on June 3rd, 2022.

Ashfall was observed in the Rifugio Sapienza – Piano Vetore area, south of the volcano.

By 21:30 UTC, the initial Strombolian activity transitioned to lava fountaining. Observers also noted a lava flow making its way down the southern flank of the Southeast Crater.

The event was often difficult to observe because of the cloud cover.

The activity subsided during the early morning hours of August 14th.

Source : INGV, La Sicilia.

L’Etna le 14 août 2023 au matin (capture écran webcam)

La dernière trouvaille des climato-sceptiques // The latest find from climate skeptics

Ces dernières semaines, certains scientifiques ont déclaré que les vagues de chaleur actuelles observées dans le monde pourraient avoir été causées par la puissante éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai dans l’archipel des Tonga en janvier 2022. La communauté scientifique a vite réagi et remis les choses au point : le réchauffement climatique est bien la principale cause des températures extrêmes enregistrées cette année ; ce n’est pas l’éruption du volcan sous-marin l’an dernier.
Bien que l’éruption volcanique puisse être un facteur aggravant, les scientifiques expliquent qu’elle n’a pas l’impact que lui attribuent les climato-sceptiques qui minimisent en permanence le rôle du réchauffement climatique. Ces mêmes scientifiques insistent sur le fait que l’éruption ne doit pas être utilisée pour réduire l’impact du réchauffement climatique sur les vagues de chaleur de cette année. Leur article, publié dans la revue scientifique Nature Climate Change, précise que l’éruption peut contribuer au dépassement des 1,5 °C de réchauffement décidé par le groupe d’experts sur le climat lors de l’Accord de Paris. Elle peut provoquer un réchauffement d’environ 0,04 ou 0,05 °C, ce qui est minime.
Le réchauffement climatique et El Niño sont actuellement les principaux vecteurs de la chaleur extrême dans le monde. Les scientifiques rappellent que la cause la plus importante du réchauffement climatique est l’activité humaine, la deuxième étant probablement l’événement El Niño qui s’est installé au cours de l’an passé. Même si l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai joue un rôle, elle ne doit pas être utilisée pour minimiser celui du réchauffement climatique causé par l’activité humaine.
La combustion de combustibles fossiles reste le principal moteur du réchauffement climatique, bien que d’autres activités humaines telles que l’agriculture soient également des contributeurs majeurs. Le rapport de l’ONU a expliqué que chaque demi-degré Celsius de réchauffement planétaire entraînera des augmentations « clairement perceptibles » de l’intensité et de la fréquence des événements extrêmes comme les vagues de chaleur, les fortes précipitations et les sécheresses agricoles et écologiques.
Source : Yahoo Actualités.

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In recent weeks, some scientists said that the current heat waves around the world might have been caused by the massive eruption of Hunga-Tonga-Hunga Ha’apai in the Tonga archipelago in January 2022. However, the scientific community reacted and said that global warming was the major driver of this year’s extreme temperatures, not last year’s eruption of the underwater volcano.

While the eruption of the volcano may be an aggravating factor, the scientists say it is not having the impact attributed to it by conservative commentators who have downplayed the role of global warming. They insist that the eruption should not be used to undercut the influence of global warming on this year’s heat waves. Their paper, published in the scientific journal Nature Climate Change, said the eruption probably increases the likelihood of temporarily exceeding 1.5°C of warming decided by the UN’s climate panel during the Paris Agreement. It could cause warming of about 0.04 or 0.05°C, which is a really small amount.

Climate change and El Niño are currently the main drivers of the extreme heat around the world. The scientists recall that the most important driver of global warming is human activity, the second most important probably is the El Niño event that has been building over the last year. Even if the eruption is playing a role, it should not be used to undercut the role of global warming..The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) determined in 2021 based on the body of available evidence that global warming was “unequivocally” caused by human activity.

Burning fossil fuels is the main driver of global warming, though other human activities such as agriculture are also major contributors to the problem. The UN report warned that each half degree Celsius of planetary warming would cause “clearly discernible” increases in intensity and frequency of hot extremes like heat waves, heavy precipitation and agricultural and ecological droughts.

Source : Yahoo News.

Le panache éruptif du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai (Source: NASA)

Et si les courants marins s’arrêtaient dans l’Atlantique? // What if ocean currents collapsed in the Atlantic?

L’une des conséquences les plus redoutées du réchauffement climatique actuel est l’arrêt de l’AMOC, abréviation de Atlantic Meridional Overturning Circulation, en français : circulation méridienne de renversement de l’Atlantique . Une nouvelle étude publiée le 25 juillet 2023 dans la revue Nature Communications prédit que l’arrêt de cette circulation pourrait se produire d’ici le milieu du siècle, peut-être même dès 2025.
Il convient de rappeler que les courants océaniques qui composent l’AMOC fonctionnent comme des tapis roulants qui transportent l’eau chaude des latitudes sud vers l’Atlantique Nord. La chaleur du sud fait s’enfoncer l’eau plus froide et plus salée – donc plus lourde – dans le nord. L’océan Pacifique n’a pas le même type de salinité, et c’est la raison pour laquelle l’eau autour de l’Alaska a tendance à être plus froide qu’en Scandinavie, même si on se trouve à la même latitude.
L’AMOC pourrait cesser de fonctionner si trop d’eau douce était ajoutée à l’océan, réduisant sa salinité. Dans ce genre de situation, les eaux océaniques deviendraient moins lourdes, ce qui provoquerait l’arrêt des courants de l’AMOC. Cette arrivée d’eau douce pourrait provenir de la fonte des calottes glaciaires, de l’augmentation du ruissellement des rivières et de l’augmentation des précipitations, ensemble de phénomènes provoqués par le réchauffement climatique.
Les auteurs de l’étude ont passé au peigne fin les données de température de surface de la mer dans l’Atlantique Nord en remontant jusqu’en 1870, ce qui permet de comprendre la stabilité historique de l’AMOC. Après avoir effectué de nouvelles analyses, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que l’AMOC devient de plus en plus instable avec le temps. Les mécanismes qui maintiennent cette stabilité sont en train de disparaître.

Les analyses effectuées par les auteurs de l’étude tendent à montrer que l’AMOC cessera de fonctionner entre 2025 et 2095, probablement au milieu du siècle, mais ils préviennent que cet arrêt pourrait se produire plus tôt. Un tel événement entraînerait à coup sûr une élévation rapide du niveau de la mer et une forte baisse des températures dans l’hémisphère nord.
Il y a un certain scepticisme dans le monde scientifique quant aux conclusions de la nouvelle étude. Certains chercheurs rappellent que selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) il est peu probable que l’AMOC s’arrête si l’on se réfère aux modèles climatiques actuels. Plusieurs autres chercheurs ont mis en évidence les incertitudes rendant difficile la détermination du moment où le point de basculement de l’AMOC se produira. Cependant, il convient de noter que le GIEC a été maintes fois critiqué pour avoir été trop modéré dans ses conclusions face aux pressions politiques. La plupart des scientifiques font également remarquer que le réchauffement climatique s’accélère plus vite que la plupart des prévisions faites dans le passé.
Comme d’habitude, les scientifiques expliquent que la situation est tout à fait réversible, à condition de réagir assez rapidement et de réduire dans de larges proportions nos émissions de gaz à effet de serre. Ils ajoutent qu’une fois que nous aurons franchi le point de basculement – avec irréversibilité de la situation – il faudra plusieurs décennies avant que débute un arrêt complet de l’AMOCc ce qui laisse le temps de faire baisser les concentrations de gaz à effet de serre.

Désolé, mais c’est refuser de voir la vérité en face et laisser le problème aux prochaines générations ! Parfaitement stupide et honteux.
Source : Yahoo Actualités.

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One of the most feared consequences of the current global warming is the collapse of AMOC, short for Atlantic meridional overturning circulation. A new study published on July 25th, 2023 in Nature Communications predicts the collapse could occur by the middle of the century, possibly even as early as 2025.

It is worth reminding the public that the ocean currents that comprise AMOC work like conveyor belts to carry warm water from the southern latitudes into the North Atlantic. Heat from the south causes colder, saltier water in the north (which is heavier) to sink. The Pacific Ocean lacks the same kind of salinity, and it’s the reason water around Alaska tends to be colder than in Scandinavia, even though they share the same latitude.

AMOC can be shut down if too much fresh water is added to the ocean, which reduces its salinity. In this kind of situation, ocean waters become less heavy, which basically causes the AMOC currents to stop. That infusion of freshwater could come from the melting of ice sheets, increased river runoff, and increased precipitation, all phenomena that are driven by global warming..

The authors of the study looked at sea surface temperature data of the North Atlantic stretching back to 1870, which can help tunderstand the historical stability of AMOC. After running new analyses, the researchers came to conclude that AMOC is getting more unstable over time. Mechanisms that maintain regularity are falling apart.

The authors’ analyses suggest AMOC will collapse sometime between 2025 and 2095—likely in the middle of the century, but they warn it may happen sooner. Such an event would likely lead to rapid rises in sea levels, and a sharp decrease in temperatures across the Northern Hemisphere.

There is some skepticism among other scientists about the new study’s conclusions. They point out that the latest report from the U.N.’s Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said it was unlikely that AMOC would collapse based on current climate models. Several other researchers have cautioned that uncertainties make it difficult to pinpoint when the AMOC tipping point will occur. However, it should be noted that the IPCC has been criticized again and again for moderating its conclusions in the face of political pressure. Most experts have also underlined that global warming has blown past most predictions made in the past.

As usual, scientists say the situation is all reversible, provided we react quickly enough ans reduce in large proportions the emissions of greenhouse gases. They add that once we cross the tipping point, it will be several decades before a full collapse of AMOC begins, which gives time to bring down greenhouse gas concentrations.

Sorry, but this is refusing to see the problem to day and leaving it for the next generations ! Definitely stupid and shameful.

Source : Yahoo News.

Vue de la circulation océanique dans le monde (Source: NOAA)