Nouvelle séquence explosive sur le Stromboli (Sicile) // New explosive episode on Stromboli (Sicily)

L’INGV indique ce matin que le 26 juillet 2024 à 19h16 UTC – 21 heures, heure locale – une séquence explosive a été observée au sommet du Stromboli. L’analyse des sismogrammes met en évidence un événement d’une durée d’environ 3 minutes pouvant être corrélé à la plus grosse explosion. Le tremor a montré une hausse brutale et soudaine à partir de 19h00 UTC. Vers 19h30, l’amplitude est revenue à des valeurs moyennes.
Voici une vue de l’explosion diffusée sur les réseaux sociaux :

https://twitter.com/DiBonaNick4329/status/1816944538407092253?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1816944538407092253%7Ctwgr%5E6355733da5123f9e5d58b10d3293342444bc7658%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwatchers.news%2F2024%2F07%2F27%2Fmajor-explosion-at-stromboli-volcano-italy-3%2F

Image thermique de l’explosion (Source: INGV)

Le Stromboli est devenu vraiment imprévisible, voire violent, ce qui justifie les restrictions mises en place localement. En particulier, il n’est pas possible de se rendre en barque devant la Sciara del Fuoco. Le risque de coulée pyroclastique reste trop élevé.

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INGV indicates this morning that on July 26th, 2024 at 19:16 UTC – 21:00 local time – an explosive sequence was observed at the summit of Stromboli. Analysis of the seismograms highlights an event lasting about 3 minutes that can be correlated with the largest explosion. The tremor showed a sharp and sudden increase from 19:00 UTC. Around 19:30, the amplitude returned to medium values. Click on the link above to see the event.
Stromboli has become truly unpredictable, even violent, which justifies the restrictions enforced locally. In particular, it is not possible to go by boat in front of the Sciara del Fuoco. The risk of pyroclastic flow remains too high.

Islande : une éruption avant le 15 août ? // Iceland : an eruption before August 15th ?

Dans sa dernière mise à jour (23 juillet 2024), le Met Office islandais a indiqué que l’accumulation de magma sous Svartsengi se poursuivait à un rythme soutenu. Il y avait une forte probabilité d’une nouvelle intrusion magmatique et d’une éruption dans les semaines à venir. On estime qu’un volume compris entre 13 et 19 millions de mètres cubes doit s’être accumulé dans le réservoir avant que se déclenche la prochaine éruption. Selon les modélisations, le volume de recharge devrait approcher les 16 millions de mètres cubes dans les prochains jours. Le Met Office estime donc qu’une nouvelle intrusion magmatique et une éruption sont fortement probables dans les deux à trois prochaines semaines.

Graphique montrant l’évolution de l’inflation due à l’accumulation de magma dans le réservoir de Svartsengi depuis novembre 2023.

Quelques jours après le rapport du Met Office, Loftmyndir ehf., une entreprise spécialisée dans la cartographie et la photographie aérienne, a publié une nouvelle carte de Grindavík qui permet de visualiser le champ de lave autour de la ville. L’entreprise indique que sa superficie est de 13,6 km² et que le volume total de lave est de près de 150 millions de mètres cubes.

Certains scientifiques islandais pensent que la lave pourrait à nouveau entrer dans Grindavik en utilisant les fissures existantes. D’autres pensent que cela n’arrivera pas. Au final, c’est la Nature qui décidera !

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In its latest update (Juky 23rd, 2024), the Icelandic Met Office wrote that magma accumulation under the Svartsengi region continued at a steady rate. There was the increased likelihood of a new dike intrusion and an eruption in the coming weeks. It is estimated that a volume between 13 to 19 million cubic meters needs to be recharged before the next eruption is triggered. According to model calculations, the total recharge volume is likely to approach 16 million cubic meters. The Met Office thought that a new magma intrusion and an eruption was considered highly probable within the next two to three weeks.

A few days after the Met Office’s report, Loftmyndir ehf., a company which specializes in mapping and aerial photography, published a new map of Grindavík which helps visualize the flow and accumulation of lava. The company indicated that the area of the lava field in Grindavik is 13.6 km², and the total volume is nearly 150 million cubic meters.

Some Icelandic scientists think that lava could enter again Grindavik using existing fissures. Others think this will not happen. We just need to wait to see what Nature will decide !

Prévision éruptive : on piétine // Eruptive prediction : hardly any progress

Les dernières informations que j’ai diffusées à propos du Kilauea (Hawaï) et de la péninsule de Reykjanes (Islande) montrent toutes les incertitudes qui entourent actuellement la prévision éruptive. A Hawaï comme en Islande, on s’attend à une éruption, mais on ne sait ni quand, ni où elle se produira, ni même si elle se produira !

Le HVO le regrette mais ne peut faire autrement. Le 23 juillet 2024, au cours de la même journée, l’observatoire hawaïen a modifié à deux reprises le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne!

En Islande, le Met Office évoque la possibilité d’une arrivée de lave à l’intérieur de la ville de Grindavik, après avoir écarté cette éventualité il y a quelques semaines. De plus, scientifiques et universitaires ne sont pas tous d’accord quant à la prévision des événements.

Plus près de nous, la situation sur l’Etna et le Stromboli montre la faiblesse de la prévision éruptive. Les paroxysmes sur l’Etna se déroulent selon le même processus (activité strombolienne suivie de fontaines de lave), mais rien ne permet à l’aéroport de Catane d’anticiper les retombées de cendres sur les pistes. A l’occasion de chaque épisode éruptif, les vols sont suspendus.

A Stromboli, les derniers événements (effondrements accompagnés de coulées pyroclastiques sur la Sciara del Fuoco) ont justifié le déclenchement de l’alerte Rouge, avec les restrictions que cela suppose, et le désarroi des habitants,  au cœur de la saison touristique.

Le Kilauea, l’Etna, le Stromboli sont truffés d’instruments auxquels se sont ajoutées ces dernières années les mesures satellitaires, que ce soit au niveau thermique ou de la déformation des édifices volcaniques. Malgré ces innovations, nous n’avançons pas en matière de prévision éruptive.

S’agissant des trois volcans que je viens de mentionner, les risques pour la population sont limités. Il en va tout autrement avec les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique. Le très lourd bilan de l’éruption du Fuego (Guatemala) en 2018 montre à quel point nous sommes démunis. L’événement a provoqué une chamaillerie entre l’INSIVUMEH et la CONRED, qui se sont accusés mutuellement du terrible bilan.

Aujourd’hui quand un de ces volcans explosifs menace d’entrer en éruption, on met en place le principe de précaution, ce qui semble une sage décision. Faute de pouvoir prévoir, mieux vaut mettre des gens à l’abri plutôt que de les exposer au danger. Il arrive toutefois que le volcan ne laisse pas le temps de mettre en place ce principe de précaution. L’explosion de White Island en 2019 et ses 22 morts montre, si besoin est, les failles de la prévision éruptive.

Pour le moment, nous ne savons pas faire grand-chose, mais ce serait une erreur de ne pas continuer à améliorer la technologie de surveillance des monstres de feu…

Le tracé du tremor éruptif montre la soudaineté avec laquelle se déclenchent les paroxysmes sur l’Etna. Difficile d’anticiper. (Source : INGV)

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The latest information I have released about Kilauea (Hawaii) and the Reykjanes Peninsula (Iceland) shows all the uncertainties that currently surround eruption prediction. In Hawaii as in Iceland, an eruption is expected, but nobody knows when, where or even if it will happen!
HVO regrets this uncertainty but cannot do otherwise. On July 23rd, 2024, the Hawaiian observatory changed the volcanic alert level and the aviation color code twice during this same day.
In Iceland, the Met Office mentions the possibility of lava arriving inside the city of Grindavik, after having ruled out this possibility a few weeks ago. In addition, scientists at the Met Office and at the University of Iceland do not all agree on the prediction of events.
Closer to us, the situation on Mount Etna and Stromboli shows the weakness of the eruption prediction. The paroxysms on Mt Etna occur according to the same process (strombolian activity followed by lava fountains), but nothing allows Catania airport to anticipate the ashfall on the runways. On the occasion of each eruptive episode, flights are suspended.
At Stromboli, the latest events (collapses accompanied by pyroclastic flows on the Sciara del Fuoco) justified the triggering of the Red alert, with the restrictions that this implies, at the heart of the tourist season.
Kilauea, Etna, Stromboli are full of instruments to which satellite measurements have been added in recent years, whether fot temperature measurement or the deformation of the volcanic edifice. Despite these innovations, we are not making progress in terms of eruptive prediction.
Regarding the three volcanoes that I have just mentioned, the risks for the population are low. It is quite different with the explosive volcanoes of the Pacific Ring of Fire. The very heavy toll of the eruption of Fuego (Guatemala) in 2018 shows how helpless we are. The event caused a squabble between INSIVUMEH and CONRED, that blamed each other for the terrible toll.
Today, when one of these explosive volcanoes threatens to erupt, we establish the precautionary principle, which seems a wise decision. It is better to shelter people rather than expose them to danger. However, sometimes the volcano does not give time to put in place this precautionary principle. The explosion of White Island in 2019 and its 22 deaths shows, if need be, the flaws of eruption prediction.
For the moment, we cannot do much, but it would be a mistake not to continue to improve the technology for monitoring volcanoes…

Jasper (Rocheuses canadiennes) ravagée par le feu // Jasper (Canadian Rockies) ravaged by fire

Comme je l’ai écrit précédemment, l’Amérique de l’Ouest est confrontée à une vague de chaleur et à une sécheresse sévères, le scénario parfait pour déclencher des incendies de forêt. L’un d’entre eux, probablement provoqué par la foudre lors d’un orage, vient de ravager la ville de Jasper, l’un des joyaux touristiques de l’Alberta au Canada. D’énormes foyers, progressant de manière ultra rapide, ont détruit jusqu’à la moitié de la localité riche en histoire. Les flammes sont toujours hors de contrôle. Les pompiers tentent de sauver autant de bâtiments que possible et de contenir les flammes gigantesques (jusqu’à 100 mètres de haut) qui ont englouti la ville des deux côtés.
Des rues entières ont été rasées par les flammes. Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent des décombres fumants là où se trouvaient autrefois des maisons, et les restes calcinés de voitures. Aucune victime n’a été signalé. Quelque 20 000 touristes et 5 000 habitants ont fui la région.
Lors d’une conférence de presse le 25 juillet 2024, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, en larmes, a parfois eu du mal à décrire l’ampleur des dégâts, mais elle a déclaré que « potentiellement 30 à 50 % » des bâtiments ont été détruits.
2,5 millions de personnes visitent chaque année la région de Jasper et le parc national de Banff, situé à proximité.
L’incendie se trouvait à 5 km de Jasper lorsqu’il a été poussé par les vents violents vers la ville en « moins de 30 minutes », selon des témoins. L’incendie de Jasper marque une nouvelle année de conditions difficiles pour l’Alberta. En 2023, 2,2 millions d’hectares ont brûlé dans cette province entre le 1er mars et le 31 octobre.
En dehors de l’Alberta, il y a plus de 45 incendies de végétation actifs en Colombie-Britannique et d’autres font rage en Californie, en Oregon, dans l’Etat de Washington, au Montana et dans l’Utah aux États-Unis. Les climatologues affirment que le réchauffement climatique pourrait favoriser la présence de la foudre dans les forêts des régions septentrionales du globe, augmentant ainsi le risque d’incendies de forêt.
Source : La BBC et les médias canadiens.

Voici une vidéo illustrant la situation à Jasper :

Je suis très triste quand je vois les images de Jasper proposées par les médias canadiens. J’aime beaucoup cette région des Rocheuses avec ses glaciers et de magnifiques sites comme le lac Maligne et sa faune abondante. (Photos : C. Grandpey)

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As I put it before West America is facing a heatwave and severe drought, the perfect scenario to start wildfires. One of them, rpobably triggerred by lightning during a storm, has just ravaged the town of Jasper, one of Alberta’s tourist jewels in Canada. Huge, fast-moving wildfires have destroyed up to half of the historic town, and the blazes are still out of control as firefighters try to save as many buildings as possible, and to contain the towering flames (up to 100 meters high) which engulfed the town from two sides.

Entire streets have been levelled by the flames, with video showing smouldering rubble where homes once stood and the charred remains of cars. While no deaths have been reported, some 20,000 tourists and 5,000 residents have fled the area.

During a news conference on July 25th,, a tearful Alberta Premier Danielle Smith struggled at times to recount the scale of the damage, but said « potentially 30 to 50 percent » of buildings had been destroyed.

Some 2.5 million people visit the park, and nearby Banff National Park, each year.

The fire was 5km outside of Jasper when it was pushed by the winds to the town in « less than 30 minutes », according to witnesses. The Jasper fire marks another year of difficult conditions for the province. In 2023, a record 2.2 million hectares burned in Alberta between 1 March and 31 October.

Outside Alberta, there are more than 45 active blazes in British Columbia and fires are burning in California, Oregon, Washington, Montana and Utah in the US. Climate scientists say global warming could bring more lightning to forests in northern reaches of the globe, increasing the risk of wildfires.

Source : The BBC and Canadian news media.