Les tourbières et le réchauffement climatique // Peat bogs and global warming

drapeau-francaisLes forêts sont réputées pour leur capacité à réguler le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, mais les tourbières jouent un rôle important, elles aussi. Elles couvrent environ 3 pour cent de la surface terrestre de la planète, surtout dans les latitudes nordiques, au Canada, en Alaska, en Europe et en Russie.
La tourbe est essentiellement composée de sphaigne et d’autres mousses qui retiennent une grande quantité d’eau et contiennent des éléments qui inhibent la décomposition. La tourbe se forme lentement au fil des siècles parce que la croissance annuelle dépasse la décroissance. Une quantité relativement faible de tourbe est extraite pour un usage domestique, mais la majeure partie reste là où elle est, et comme elle accumule le carbone sur une très longue période, elle contient plus de carbone que tous les arbres et les autres plantes de la planète, et presque autant que l’atmosphère est capable d’en absorber.
Comme les forêts, les tourbières sont menacées par le changement climatique. La hausse des températures peut assécher les tourbières, les rendant plus vulnérables aux incendies, et à une combustion en profondeur. Un feu de tourbe peut se consumer pendant des mois et libérer beaucoup de carbone.
Le monde a déjà subi d’importantes émissions de carbone à cause de la tourbe. Ainsi, en Indonésie l’année dernière, les tourbières ont été asséchées pour satisfaire l’agriculture. Elles sont devenues encore plus sèches à cause du phénomène El Niño et ont brûlé pendant des mois en générant une brume visible depuis l’espace et en provoquant des problèmes de santé à grande échelle. A leur maximum, en septembre et octobre, les feux dégageaient plus de carbone en une seule journée que l’ensemble de l’Union Européenne.
Un souci majeur aujourd’hui est que suite au changement climatique et à d’autres perturbations qui affectent les tourbières, l’ampleur des incendies augmentera, libérant de plus en plus de carbone dans l’atmosphère. Le gigantesque incendie qui a détruit au printemps une grande partie de Fort McMurray au Canada a brûlé des tourbières ainsi que des arbres. En juin, les arbres ne brûlaient plus en dehors de la ville, mais les hommes retournaient la tourbe avec des pelleteuses sur les points chauds où le feu continuait de couver. Dans le grand feu de forêt de mai 2011 qui a ravagé tout un secteur de la ville de Slave Lake dans l’Alberta, la tourbe a continué à brûler pendant l’hiver, et ce sont les pluies de printemps et la fonte de la neige qui sont venues à bout de l’incendie.
La tourbe résiste en général assez bien à la combustion, car la sphaigne, qui est majoritaire dans une tourbière, contient beaucoup d’eau. Malgré tout, le réchauffement, climatique perturbe ce système végétal et génère un cycle vicieux. Quand la tourbe est plus sèche, davantage d’oxygène est fourni aux racines des arbres et d’autres végétaux. Cela favorise leur croissance, ce qui signifie qu’ils utilisent plus d’eau et assèchent encore plus la tourbe. En grandissant, les arbres apportent également plus d’ombre, ce qui favorise la croissance d’autres mousses qui, parce qu’elles retiennent moins l’humidité que la sphaigne, résistent moins bien au feu. Lorsque la tourbière s’enflamme, l’incendie peut prendre de grandes proportions car la combustion se propage plus profondément dans la tourbière.
D’autres activités, comme l’assèchement artificiel des tourbières au profit des arbres ou pour l’exploitation du pétrole et du gaz, peuvent également favoriser les incendies. Normalement, une tourbière se remet lentement d’un incendie, avec l’apparition par étapes de certaines mousses et autres végétaux jusqu’à ce que les sphaignes deviennent majoritaires. Mais un violent incendie peut retarder ou même stopper la convalescence de la tourbière.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisForests are known for their ability to regulate carbon dioxide in the atmosphere, but peatlands play an important role, too. Peatlands cover about 3 percent of the Earth’s land surface, mostly in northern latitudes in Canada, Alaska, Europe and Russia.

Peat is made up of sphagnum and other mosses, which hold a large amount of water and contain compounds that inhibit decomposition. The peat slowly builds up over centuries because the annual growth exceeds the decay. A relatively small amount of peat is mined for domestic use, but most of it stays where it is, and because it accumulates carbon over such a long time, it contains more carbon than is in all the world’s trees and plants, and nearly as much as the atmosphere does.

Like forests, peatlands are threatened by climate change. Warming temperatures can dry out bogs, making them more susceptible to fires, and to deeper, more intense burning. A peat fire, which can smolder like a cigarette for months, can release a lot of carbon.

The world has already had vast releases of carbon from peat, in Indonesia. Last year, bogs that had been drained for agriculture, and were drier because of El Niño-related warmth, burned for months, creating a haze visible from space and causing widespread health problems. At their peak in September and October, the fires released more carbon per day than was emitted by the European Union.

A major worry today is that as climate change and other disturbances affect peatlands, the intensity of fires will increase, releasing more carbon into the atmosphere. The enormous spring wildfire that destroyed much of Fort McMurray in Canada burned bogs as well as trees. In June, the trees were no longer on fire outside the town, but crews were overturning peat with backhoes in an effort to extinguish smoldering hot spots. In a large wildfire in May 2011 that burned in and around the town of Slave Lake in Alberta (Canada), some peat continued to burn through the winter, until spring rains and melting snow finally extinguished it.

Peat is generally resistant to burning, because sphagnum moss, which is dominant in a healthy bog, holds a lot of water. Warming, however, alters the system. Drier peat allows more oxygen to get to the roots of trees and other vegetation. This causes them to grow bigger, which means they use more water, further drying the peat. As trees grow, they also provide more shade, which favors the growth of other mosses that, because they hold less moisture than sphagnum, are less fire resistant. When the bog does catch fire, it may be more severe, with the combustion spreading deeper into the peat.

Other disturbances, like draining bogs to grow trees or to produce oil and gas, can also make a fire more severe. Normally a bog recovers slowly after a wildfire, with certain mosses and other vegetation taking over in stages until sphagnum mosses dominate. But an intense fire can delay or even halt recovery.

Source: Alaska Dispatch News.

Tourbiere

En Irlande et en Ecosse, on utilise encore la tourbe pour se chauffer, et l’eau des tourbières donne une saveur particulière au whisky… (Photo: C. Grandpey)

Bonne nouvelle pour l’environnement avant la COP 21 // Good news for the environment before the Paris climate conference

drapeau francaisLa compagnie qui gère le projet d’oléoduc Keystone XL prévu pour relier l’Alberta (Canada) au Texas (Etats-Unis) a demandé au Département d’Etat américain d’en suspendre l’examen. La décision est intervenue car il était de plus en plus probable que l’administration Obama rejette la demande de permis de construction de ce pipeline, ce qu’elle a fait le 6 novembre dernier.
Certains opposants au projet pensent que la compagnie TransCanada a voulu retarder le processus d’examen du projet dans l’espoir qu’une administration républicaine plus conciliante arrivera à la Maison Blanche en 2017 et l’approuvera. Chose rassurante, Hillary Clinton et ses principaux rivaux pour la nomination présidentielle démocrate ont déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient à la construction du Keystone KL. Par contre, sans réelle surprise, tous les principaux candidats présidentiels républicains soutiennent le projet.
Le pipeline de 1890 kilomètres de long a pendant longtemps animé le débat américain sur le changement climatique. S’agissant du transport du pétrole depuis les sables bitumineux de l’Alberta, les adversaires du projet affirment qu’il nécessiterait d’énormes quantités d’énergie et d’eau, ce qui augmenterait les émissions de gaz à effet de serre. Ils expriment aussi des inquiétudes quant aux fuites susceptibles de polluer les nappes souterraines qui approvisionnent en eau les agriculteurs des Grandes Plaines.
Les partisans de l’oléoduc font remarquer qu’il va créer des emplois et stimuler l’indépendance énergétique. Ils disent aussi que les pipelines sont plus sûrs que les trains pour transporter les hydrocarbures et pointent du doigt les récents cas de déraillements de trains transportant du pétrole.
Le Keystone XL partirait de l’Alberta au Canada et traverserait le Montana, le Dakota du Sud et le Nebraska, où il rejoindrait des pipelines existants pour transporter plus de 800.000 barils de pétrole brut par jour vers les raffineries de la côte du Golfe du Texas.
Les retards dans l’approbation du projet ont provoqué des frictions entre les Etats-Unis et le gouvernement conservateur du précédent Premier ministre canadien Stephen Harper. Harper a mal accepté la réticence d’Obama à approuver le pipeline et cela a nui aux relations entre les deux pays. Bien que le nouveau premier ministre canadien, le libéral Justin Trudeau, soutienne le projet Keystone, il pense que les relations avec les USA ne devraient pas être altérées.
Le Canada a besoin d’infrastructures pour exporter sa production de pétrole en provenance des sables bitumineux de l’Alberta. Le pays dépend à 97% des Etats-Unis pour ses exportations d’énergie. L’Alberta possède les troisièmes réserves de pétrole au monde, avec une estimation de 170 milliards de barils. Mais la forte baisse du prix du pétrole rend moins viable l’exploitation de la plupart des nouveaux sables bitumineux.
Source: Journaux américains.

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drapeau-anglaisThe company behind the proposed Keystone XL pipeline from Canada to Texas has asked the U.S. State Department to suspend its review of the project. The move comes as it bacame likely taht the Obama administration would reject the pipeline permit application, which it did on November 6th.
Some pipeline opponents contended that TransCanada hoped to delay the review process in hopes that a more sympathetic Republican administration will move into the White House in 2017 and approve it.
Hillary Rodham Clinton and her main challengers for the Democratic presidential nomination are already on record as opposing Keystone. All of the leading Republican presidential candidates support the pipeline.
The 1,179-mile pipeline has long been a flashpoint in the U.S. debate over climate change. Critics oppose the pipeline which would transport oil tapped from the Alberta oil sands, saying it requires huge amounts of energy and water and increases greenhouse gas emissions. They also express concern that pipeline leaks could potentially pollute underground aquifers that are a critical source of water to farmers on the Great Plains.
Pipeline supporters maintain it will create jobs and boost energy independence. They also say pipelines are a safer method of transporting oil than trains, pointing to recent cases of oil train derailments.
The pipeline would be built from Canada through Montana, South Dakota and Nebraska, where it would connect with existing pipelines to carry more than 800,000 barrels of crude oil a day to refineries along the Texas Gulf Coast.
Delays in approving the pipeline have caused friction between the U.S. and the outgoing Canadian Conservative government of Prime Minister Stephen Harper. Harper was frustrated by Obama’s reluctance to approve the pipeline and the issue damaged U.S-Canada relations. Although incoming Liberal Prime Minister Justin Trudeau, who is sworn in Wednesday, supports Keystone, he argues relations with the U.S. should not hinge on the project.
Canada needs infrastructure in place to export its growing oil sands production. Canada relies on the U.S. for 97 percent of its energy exports. Alberta has the world’s third largest oil reserves, with 170 billion barrels of proven reserves. But a sharp decline in the price of oil makes many of the new oil sands projects less viable.
Source : American newspapers.

Oleoduc

Vue de l’oléoduc trans-alaskien qui devait servir de modèle à celui entre l’Alberta et le Texas.

(Photo: C. Grandpey)

Ma Transcanadienne de Vancouver à Toronto: 2) L’Alberta

Une fois la Colombie Britannique traversée, la route a commencé à s’élever en s’approchant des premiers contreforts des Montagnes Rocheuses. J’avais hâte de retrouver les paysages glaciaires que j’avais eu l’occasion d’admirer en 2005 lors d’un précédent voyage dans cette région. Le recul des glaciers sous l’effet du réchauffement climatique est aussi visible dans les Rocheuses qu’en Alaska. La comparaison des photos ne laisse aucun doute. Le recul est particulièrement visible sur le glacier d’Athabasca qui a perdu plusieurs centaines de mètres pendant les 9 années écoulées. En 2005, j’avais pu marcher sur la langue glaciaire, ce qui est tout à fait impossible maintenant. Une dépression s’est creusée devant le glacier et le cours d’eau qui l’emprunte interdit tout passage. Une zone de sécurité avec un cordon de protection a d’ailleurs été mise en place pour empêcher tout accident.

La neige a fait son apparition à Jasper et à Banff pendant que je séjournais dans ces deux localités, avec une belle couche de 20 centimètres à Banff et dans les environs. Sous le soleil et le ciel bleu qui ont fait suite à cette perturbation hivernale, les paysages présentaient une grande beauté, que ce soit les sommets ou les lacs Louise, Peyto ou Moraine. Je comptais rencontrer quelques ours, mais ils n’ont pas daigné sortir de la forêt pour me saluer. Par contre, les mouflons et surtout les wapitis étaient souvent visibles le long des routes. C’est actuellement l’époque du rut chez les elk et les mâles sont particulièrement agressifs comme j’ai pu m’en rendre compte en approchant d’un peu trop près une bête aux bois superbes…!

L’évolution du glacier Athabasca au fil des ans:

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Le glacier aujourd’hui:

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D’autres glaciers suivent la même voie:

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Lac Peyto:

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Lac Moraine:

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Lac Louise:

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Après la neige…:

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Rencontres le long de la route:

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Monsieur est de mauvaise humeur ! :

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(Photos:  C.  Grandpey)