Grindavik (Islande) : et maintenant ? // Grindavik (Iceland) : What now?

Hier, 10 novembre 2024, marquait le premier anniversaire de la série de puissants séismes qui ont entraîné l’évacuation immédiate de Grindavík sur la péninsule de Reykjanes. Six éruptions ont eu lieu le long de la chaîne de cratères de Sundhnúksgígar depuis le début de l’activité et de nombreux habitants de Grindavík restent sans trop savoir de quoi leur avenir sera fait.
Un nouveau rapport du cabinet du Premier ministre fait un état des leiux et se penche sur l’avenir de Grindavík. Les dépenses et investissements engagés par l’État islandais suite à la catastrophe sont estimés à 80 milliards de couronnes islandaises (538 millions d’euros) pour les années 2023 et 2024. La plus grande partie, 51,5 milliards de couronnes (346 millions d’euros), est liée à Þórkatla, la société d’investissement publique qui a acheté les maisons des habitants de Grindavík qui souhaitent les vendre. Par ailleurs, 9,9 milliards de couronnes (67 millions d’euros) ont été dépensés pour la construction des digues de protection autour de Grindavík et Svartsengi.
La majorité des structures à Grindavík n’ont cependant subi que peu ou pas de dégâts. Au final, certaines personnes ont choisi de rester chez elles, malgré le risque d’une nouvelle éruption.
63 habitationss ont été endommagées de manière irréparable. Au total, 523 dossiers sont en cours de traitement par l’Assurance islandaise pour les catastrophes naturelles. Parmi eux, 363 concernent des logements résidentiels. La plupart des dégâts ont été causés par les séismes, plus que par les coulées de lave qui ont atteint trois maisons lors d’une des éruptions.
D’après le rapport du Premier ministre, des décisions devront être prises rapidement à propos de l’avenir de Grindavík dont les finances ont été fortement impactées par les événements de l’an dernier. Même si 1 600 habitants sont officiellement enregistrés, la population réelle de Grindavík semble être aujourd’hui plus proche de 100. Les élections municipales approchent en 2026 et des décisions devront être prises rapidement. S’agissant de la reconstruction de la ville, le rapport du Premier Ministre conseille de faire preuve de patience, car on ne sait pas pendant combien de temps l’activité volcanique va se poursuivre.
Source : Iceland Review.

La lave et les séismes ont fortement endommagé Grindavik (Crédit photo: Iceland Review)

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Yesterday, 10 November 2024, marked the one year anniversary of the devastating string of earthquakes that triggered the immediate evacuation of Grindavík in the Reykjanes peninsula. Six volcanic eruptions have taken place in Sundhnúksgígar since activity began and many Grindavík residents remain without a permanent secure home.

A new report from the Prime Minister’s office outlines the costs and looks to the future of Grindavík. The total expenditure and investment costs of the Icelandic state following the disaster are estimated at ISK 80 billion (538 million euros) for the years of 2023 and 2024. The largest part, ISK 51.5 billion (346 million euros), is related to Þórkatla, the public investment company that has bought the residential properties of the Grindavík inhabitants who wish to sell. A further ISK 9.9 billion (67 million euros) was spent on the building of protective barriers to protect Grindavík and Svartsengi area.

The majority of Grindavík properties, however, have sustained no or little damage. In fact, some people still choose to remain in their homes, despite the regular threat of a new eruption.

63 properties were damaged beyond repair. A total of 523 cases are being processed by the Natural catastrophe insurance of Iceland, 363 of them relating to residential housing. Most of the damage was done by the earthquakes rather than the lava flows that reached three houses during one of the eruptions.

According to the Prime Minister’s report, decisions will need to be made about the future of the Grindavík municipality, whose finances will otherwise be devastated. Even with 1,600 residents registered, the real population of Grindavík seems to be closer to 100. Municipal elections are coming up in 2026 and decisions will need to be made in time. Regarding any reconstruction of the town, the report advises patience, as it is unclear for how long volcanic activity will continue.

Source : Iceland Review.

Nouveau paroxysme sur l’Etna (Sicile)? // New paroxysm on Mt Etna (Sicily)?

La visibilité est nulle sur l’Etna, mais les instruments montrent qu’à partir de 9h40 UTC, le tremor volcanique a connu une hausse rapide en amplitude pour atteindre des valeurs élevées. La source a été localisée au niveau de la Bocca Nuova. Vers 10h45 UTC, des retombées de cendres ont été signalées sur Milo et Torre Archirafi.

Après avoir atteint une amplitude maximale à 10h10 UTC, le tremor volcanique a commencé à diminuer. Il se pourrait donc qu’un nouveau paroxysme ait eu lieu sur le volcan, mais les mauvaises conditions météo n’ont pas permis de l’observer avec les webcams.

Source : INGV.

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Visibility is zero on Mt Etna, but instruments show that from 09:40 UTC the volcanic tremor went through a rapid increase in amplitude to reach high values. The source was located at the Bocca Nuova. Around 10:45 UTC, ashfall was reported at Milo and Torre Archirafi.
After reaching a maximum amplitude at 10:10 UTC, the volcanic tremor began to decrease.

A new paroxysm may have occurred on the volcano, but the bad weather conditions did not allow to observe it through the webcams.

Source : INGV.

Vendée Globe : entre empreinte carbone et intérêt scientifique

Il y a quelques jours, je me trouvais aux Sables d’Ononne (Vendée), histoire d’aller jeter un coup d’oeil aux 40 embarcations Imoca des concurrents du Vendée Globe 2024. J’ai toujours admiré ces navigateurs qui se lancent dans une course de 45 000 kilomètres en solitaire autour du monde, sans escale et sans assistance, et dont le départ est donné aujourd’hui 10 novembre 2024..

Malgré une réservation sur Internet, j’ai dû faire la queue pendant près d’une heure avant de pouvoir accéder aux pontons. En patientant, je me disais que je participais à une sacrée empreinte carbone car la grande majorité des personnes autour de moi étaient venues, elles aussi, en voiture, et souvent de beaucoup plus loin que moi.

Des bateaux moins polluants.

En réfléchissant encore davantage, je me disais que la construction de ces monocoques de compétition de 18 mètres de long contribuait largement à cette empreinte carbone. J’ai donc fait une recherche sur Internet et une séquence diffusée sur France Info a apporté une réponse à la question que je me posais.

Même si ces bateaux fonctionnent à la voile, ils traînent dans leur sillage quelques tonnes de CO2. Lors de leur fabrication, pas moins de 600 tonnes d’équivalent CO2 sont envoyées dans l’atmosphère. À titre de comparaison, chaque Français en émet huit tonnes par an en moyenne. De plus, cette empreinte carbone de la construction des Imoca n’a cessé d’augmenter ces dernières années.

L’avenir semble malgré tout prometteur et devrait améliorer la situation au niveau de l’empreinte carbone car certains navigateurs ont trouvé des solutions pour la réduire. Près de Nantes, le skipper Armel Tripon (qui ne participe pas à ce Vendée Globe) fait construire son futur voilier de course avec des rouleaux de fibres de carbone mis au rebut par l’industrie aéronautique. Il en a récupéré gratuitement trois tonnes pour réaliser 70% de son bateau. Au final, les émissions de CO2 ont été divisées par deux. Le skipper compte aller plus loin avec la fabrication des pièces d’accastillage (les poulies permettant de manœuvrer le bateau) à partir de titane recyclé qu’il compte récupérer dans les hôpitaux car non utilisé pour les prothèses orthopédiques. Aujourd’hui, l’équipe d’Armel Tripon a déjà stocké deux tonnes de ce titane hors d’usage et s’apprête à mettre en place une filière industrielle pour le recycler.

Certaines des voiles qui se dressent fièrement le long des pontons des Sables d’Olonne sont fabriquées avec des matériaux non polluants. C’est ainsi qu’à Carnac (Morbihan), l’atelier All Purpose – l’un des fabricants de voile qui équipent des bateaux du Vendée Globe – intègre 50% de fibre de lin dans la fabrication de la grand-voile. Ce lin, récolté en Normandie, remplace en partie les fibres synthétiques et permet donc d’améliorer l’empreinte carbone. D’autres fibres naturelles sont à l’étude, comme le chanvre ou l’ortie dont les fibres étaient déjà utilisées au Moyen-Age pour faire des cordes d’arc.

L’intérêt scientifique.

Les skippers du Vendée Globe participent certes à une compétition sportive de très haut niveau, mais ils contribuent aussi à faire avancer la science environnementale. Un article paru dans le numéro de novembre 2024 du National Geographic nous apprend que pour la première fois, au cours de l’épreuve 2024, la moitié de la flotte sera impliquée dans un projet scientifique en collaboration avec l’IFREMER. Cela permettra à l’Institut français d’accéder aux zones méconnues de l’Atlantique Sud.

Les skippers seront en charge de trois missions : 1) larguer des bouées météo et des flotteurs du réseau mondial Argo permettant de déterminer en temps réel la température et la salinité de l’océan, ainsi que d’autres paramètres ; 2) effectuer des prélèvements d’eau, en particulier pour évaluer sa teneur en microplastiques et analyser l’ADN environnemental ; 3) réaliser des mesures visant à mieux comprendre l’évolution de la circulation océanique. (J’ai insisté à plusieurs reprises sur ce blog sur les profonds changements qu’entraînerait l’effondrement de l’AMOC).

L’objectif de ces différentes mesures est de mieux comprendre les effets du réchauffement climatique et l’impact de l’Homme sur l’Océan. [Photos: C. Grandpey]

Très forte activité éruptive du Lewotobi (Indonésie) // Very strong eruptive activity at Lewotobi (Indonesia)

Comme je l’ai écrit précédemment, l’activité au niveau du cône Laki-laki du Lewotobi (île de Flores / Indonésie) est très élevée et s’est encore intensifiée le 7 novembre, avec de multiples éruptions de forte intensité qui ont envoyé des panaches de cendres jusqu’à 16,7 km au-dessus du niveau de la mer.
Une autre puissante éruption à 20h47 UTC le 8 novembre a propulsé des cendres jusqu’à 15,2 km au-dessus du niveau de la mer, suivie d’une puissante explosion à 00h50 UTC le 9 novembre. Le sommet du nuage de cendres atteignait 15,8 km au-dessus du niveau de la mer, selon le VAAC de Darwin.
L’éruption du 3 novembre a plongé les villages proches du volcan dans l’obscurité tandis que les bombes et autres matériaux volcaniques endommageaient 2 300 maisons et tuaient 9 personnes, tout en provoquant des pannes de courant. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence et étendu l’aide à plus de 10 000 habitants impactés par l’éruption.
Le gouvernement indonésien a lancé le 6 novembre des plans de relocalisation permanente des habitants près du volcan, sans préciser combien de personnes seront relocalisées. L’effort de relocalisation concernera en priorité les habitants vivant dans un rayon de 7 km du cratère, zone considérée comme très vulnérable.
Le niveau d’alerte reste à 4 sur 4 et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue au Rouge.
Sources : The Watchers, CVGHM.

L’activité éruptive du Lewotobi le 8 novembre 2024

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As I put it before, activity at Lewotobi Laki-laki (Flores Island / Indonesia) is very high and intensified again on November 7th, with multiple high-level eruptions ejecting ash up to 16.7 km above sea level.

Another high-level eruption at 20:47 UTC on November 8th ejected ash up to 15.2 km a.s.l. followed by another powerful explosion at 00:50 UTC on November 9th, with the top of the ash cloud reaching 15.8 km a.s.l., according to the Darwin VAAC

The eruption on November 3rd plunged nearby villages into darkness while lava bombs and volcanic debris damages 2 300 homes, killing 9 people and leading to power outages. Authorities have declared a state of emergency, extending assistance to over 10 000 affected residents.

The Indonesian government initiated plans for a permanent relocation of residents near the volcano on November 6th, without specifying how many people will be relocated. The relocation effort will focus on moving residents living within a 7 km radius of the crater, an area deemed highly vulnerable.

The Alert Level remains at 4 of 4 and the Aviation Color Code at Red.

Sources : The Watchers, CVGHM.