Les sargasses perturbent le Vendée Globe !

J’ai alerté à plusieurs reprises sur la présence de vastes bancs de sargasses aux Antilles et sur le risque sanitaire pour la population quand ces algues viennent s’échouer sur le rivage.

Ces grandes algues brunes, de plus en plus abondantes à cause du réchauffement des eaux océaniques, ont posé de sérieux problèmes à certains navigateurs du Vendée Globe au moment où ils avançaient à hauteur de l’arc antillais à l’ouest et des îles du Cap Vert à l’est. :

Clément Giraud à bord du bateau Compagnie du Lit – Jiliti raconte : « Il y a encore beaucoup d’algues, des sargasses. Je ne fais que relever l’hydrogénérateur. Je les voyais bien sur les plages aux Antilles quand j’étais petit, mais je ne les voyais pas en autant de quantité. Je dois souvent arrêter le bateau, il faut à chaque fois enlever les algues coincées dans tous les appendices. Il y en a partout, le bateau ressemble à une poissonnerie, ça sent très fort. C’est des guirlandes de Noël sur les filières. »

De son côté, Benjamin Dutreux qui barre OMIA-Water Family a été, lui aussi, confronté aux sargasses : « Le jour va se lever dans quatre heures environ, mais le gros problème en fait, ce sont les sargasses ! Il y en a partout et je passe mon temps à les enlever de l’hydrogénérateur… Je verrais mieux de jour, mais c’est vraiment un gros problème : peut-être que j’ai traversé une zone où il y en a beaucoup, mais là, c’est impressionnant. Je fais des marches arrière… et je m’inquiète de mon hydrogénérateur parce que mon moteur est mal en point : c’est pour cela que ces algues me gênent beaucoup parce que mon énergie vient essentiellement de cet accessoire indispensable… »

Echouage de sargasses à la Martinique (Photo : C. Grandpey)

Le Vendée Globe, les satellites et le réchauffement climatique

Il y a quelques jours, je me suis rendu aux Sables-d’Olonne afin de voir les bateaux qui vont participer au prochain Vendée Globe, course autour du monde en solitaire et sans assistance, dont le départ sera donné le 6 novembre prochain.

Je ne suis pas vraiment un amoureux de la mer et des foules qui s’y pressent, mais le côté sportif de cette compétition et l’affrontement des éléments m’ont toujours fasciné. Pas évident de se retrouver seul sur un bateau dans les 40èmes Rugissants ou les 50èmes Hurlants !

Dans le Village du Vendée Globe, j’ai remarqué et apprécié les explications données au grand public sur le rôle joué par les satellites en dehors de la course proprement dite :

« …. Tout au long de la course, les skippers du Vendée Globe parcourent les zones impactées par le réchauffement climatique. Des changements mesurés et mis en avant par les satellites.

Le niveau moyen des mers est un très bon indicateur du réchauffement climatique,  sans doute meilleur que la température moyenne de la Terre. Les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines provoquent un déséquilibre énergétique de notre planète. Elle accumule de la chaleur dont 93% est stockée dans les océans. Le reste fait fondre les glaces et réchauffe l’atmosphère.

L’accent est également mis sur la menace qui pèse sur les espèces marines dont l’évolution est, elle aussi, contrôlée grâce aux données satellitaires… »

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Photo: C. Grandpey

Le Vendée Globe: un sacré défi!

L’océan et ses tempêtes font partie des forces brutes de la Nature qui m’ont toujours fasciné, au même titre que les volcans et leurs éruptions que l’Homme n’arrivera jamais à dompter. J’aime aussi les gens (femmes ou hommes) qui se lancent des défis. J’ai eu moi-même l’occasion de m’en lancer sur le vélo, par exemple en escaladant les grands cols des Alpes et des Pyrénées. Certains trouveront cela ridicule et inutile. Me concernant, ces expériences m’ont beaucoup apporté, tant dans ma vie personnelle que professionnelle.

Il est donc logique que je sois admiratif des marins qui se lancent à l’assaut des vagues des océans du globe, en particulier des 40èmes Rugissants ou des 50èmes Hurlants. Le samedi 10 novembre sera donné le départ du Vendée Globe, une course en solitaire à laquelle participeront vingt navigateurs.

J’avais donc décidé, comme il y a quatre ans, de me rendre hier aux Sables d’Olonne pour voir ces bateaux et, éventuellement, leurs skippers. Malgré la foule incroyable qui avait eu la même idée, j’ai pu admirer à loisir ces Formule 1 des mers et parfois les marins. J’ai même pu échanger quelques mots avec Mike Golding, Arnaud Boissières ou Samantha Davies.

Une fois la course lancée, je suivrai son évolution sur Internet… Avec les progrès techniques, je pense que, bientôt, le tour du monde en 80 jours imaginé par Jules Verne ne sera plus un rêve. Quand j’ai demandé à Samantha Davies si elle pensait que c’était réalisable, elle m’a répondu : « Who knows? ». J’ai cru déceler un certain optimisme dans sa voix…

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Mike Golding semble avoir déjà la tête dans la course…

(Photo: C. Grandpey)