Grindavik ! (1) Le problème social // The social problem

Le 10 novembre 2023, face à une hausse alarmante de la sismicité et à une possible intrusion magmatique sous Grindavik, les autorités islandaises ont ordonné l’évacuation du port de pêche qui abrite environ 3 800 habitants sur la péninsule de Reykjanes.

 

Fractures dans Grindavil (Crédit photo: Iceland Review)

Au cours des jours suivants, on a constaté que plusieurs maisons avaient été complètement détruites par l’activité sismique.

Les habitants espéraient rentrer chez eux pour Noël car la fréquence des secousses avait diminué, mais à la mi-décembre, une puissante éruption a commencé au niveau de la chaîne de cratères Sundhnuks, et elle a duré trois jours. Grindavik a été épargnée par cet événement qui s’est produit à environ 3 km de la bourgade, mais d’autres fissures ont ensuite été découvertes à l’intérieur même de la ville. Il n’était donc pas question pour les habitants de revenir chez eux. Les autorités ont décidé de commencer à  colmater les fractures dans le sol et à réparer les infrastructures endommagées. Le 10 janvier 2024, un ouvrier qui travaillait dans la ville est tombé dans l’une des crevasses. Après une brève recherche, les opérations de secours ont dû être interrompues en raison des risques encourus.
Quatre jours plus tard, le 14 janvier, une nouvelle éruption commençait, près de Grindavik.

 

Image webcam

Dans les semaines qui ont précédé l’événement, le gouvernement avait décidé d’ériger des digues de protection pour tenter d’empêcher la lave de s’écouler vers la ville et la centrale géothermique de Svartsengi. Pendant les premières heures de l’éruption, les digues de terre ont montré leur efficacité, même si la lave a réussi à ouvrir une brèche dans le rempart de protection. Une petite coulée de lave s’est dirigée vers la ville, mais les digues de terre ont réussi a retenir la majeure partie du flot de lave.
Le 14 janvier vers midi, une autre fissure s’est ouverte en aval des digues, à moins de 100 mètres des maisons de Grindavik. La ville n’avait donc plus de protection. Il n’y avait vraiment rien à faire pour sauver les maisons.

 

Source : Met Office

Devant leur téléviseur, les Islandais n’ont pu que regarder la lave engloutir les premières maisons. Bien que l’éruption ait été de courte durée, trois d’entre elles ont été détruites.
Aujourd’hui, au mois de février, les habitants de Grindavik sont dispersés à travers le pays, dans l’incapacité de revenir vivre dans leur ville. Certains ont une dent contre le gouvernement islandais et estiment qu’il n’a pas réussi à lever l’incertitude que ressent la population quant à son avenir. Ils reprochent aux autorités d’avoir pris des mesures dans l’urgence, sans parler de l’avenir de la ville. Ils disent que les informations fournies aux habitants de Grindavik ont semé la confusion au lieu de résoudre les problèmes. Un habitant a déclaré : « Il est clair que les intervenants n’étaient en aucun cas préparés à un événement comme celui-ci, ce qui est absolument incroyable quand on sait que les secousses sismiques et les éruptions ont commencé il y a trois ans. »
Il est vrai que la vie des habitants de Grindavik est bouleversée depuis le 10 novembre 2023. Les autorités ne leur ont pas fixé de date de retour et on ne sait pas s’il sera possible de vivre un jour dans la ville en toute sécurité, Même si les habitants y sont autorisés à revenir, certains seront probablement trop traumatisés pour continuer à habiter à Grindavik. Des familles doivent également faire face au fardeau financier des prêts immobiliers et des hypothèques sur les maisons dans lesquelles elles ne peuvent pas vivre.
Les Islandais et leur gouvernement sont pourtant prêts à aider la population en détresse. Les habitants de Grindavik bénéficient d’aides au logement et un projet de loi parlementaire vise à atténuer leurs problèmes. Une habitante a déclaré qu’elle aurait souhaité que la lave détruise sa maison. Ainsi, l’incertitude prendrait fin. Elle serait indemnisée et pourrait démarrer une nouvelle vie ailleurs dans le pays.
Source : BBC News, Yahoo Actualités.

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 On November 10th, 2023, faced with an alarming number of earthquakes and suspicions of magma beneath the town, Iceland’s authorities ordered the evacuation of Grindavik, a fishing port home to approximately 3,800 residents on the Reykjanes Peninsula.

Over the following days it became clear that several homes had been completely ruined by seismic activity. Residents hoped to return home as the frequency of the earthquakes diminished, but in mid-December, a strong eruption began in the nearby Sundhnuks crater series, lasting three days. Grindavik was spared by that time as the eruption took place about 3km away, but additional fissures were subsequently discovered in the town, prompting authorities to close them and begin repairing damaged infrastructure. Tragedy struck on January 10th, 2024 when a man working in the town fell through one of the crevasses. After a brief search, the operation was halted due to the dangers involved.

Four days later, on January 14th,, another eruption began, close to Grindavik. In the weeks leading up to the eruption, the government had decided to erect protective walls in an attempt to prevent lava from flowing towards Grindavik and the nearby Svartsengi geothermal power plant. For the first few hours the protective walls proved helpful, though a fissure had managed to break through one of the walls. That meant some lava flowed toward the town, but the walls kept most of it at bay.

Around noon on January 14th, another fissure opened behind the walls, less than 100m away from houses in Grindavik, leaving the town completely unprotected. There was really nothing that could be done to save the houses. Glued to their TVs, Icelanders watched as lava engulfed the first houses. Though the eruption was short-lived, three houses were lost.

Now into February the people of Grindavik find themselves scattered across the country, unable to live in their hometown. Some residents bear a grudge against the Icelandic government and feel it has not sufficiently managed to help ease the uncertainty that the town’s population feel about their future. They reproach the authorities for taking actions have been characterised by haste and bewilderment, and they say that information given to the residents of Grindavik has confused people rather than solving problems. One resident has declared :  » It is clear the responders were in no way prepared for an event like this, which is absolutely incredible considering that these earthquakes and eruptions started three years ago. »

It is true that the lives of Grindavik’s residents have been upended since November 10th, 2023. They have not been given a return date by authorities, and it is not clear if the town will ever be safe to live in. Even if residents are allowed back, some may be too traumatised to return. They also face the financial burden of mortgages on houses they cannot live in.

Icelanders and their government are united in offering help. The town’s residents are receiving housing benefit and parliamentary bill will aim to alleviate their problems. However, one resident said that she wished the lava had destroyed her house. Thus, there would be an end to the uncertainty. She would be compensated and could build a new life.

Source : BBC News, Yahoo News.

Islande : éruption et géothermie // Iceland : eruption and geothermal energy

Le Met Office islandais indique qu’aucune activité éruptive n’a été observée lors d’un survol du site éruptif à l’aide d’un drone le 9 février 2024 à midi. Cela laisse supposer que l’éruption est en phase terminale. Les séismes d’origine volcanique ne sont plus détectés par les capteurs sismiques. Les données publiées par le Met Office islandais montrent qu’environ 15 millions de mètres cubes de lave ont été émis au cours des sept premières heures de l’éruption du 8 février 2024. C’est supérieur au volume de magma estimé sous le secteur de Svartsengi quelques jours avant le début de l’événement. Cela signifie que le débit moyen de lave au cours des sept premières heures de l’éruption était d’environ 600 m3 par seconde. Une image radar satellite obtenue le 8 février a montré un affaissement de surface de 10 cm dans la région de Svartsengi,

L’éruption du 8 février a montré la dépendance de l’Islande à l’énergie géothermique pour l’eau chaude et l’électricité. Si le réseau électrique a été épargné, la lave a recouvert la canalisation de Njarðvíkur qui achemine l’eau chaude de la centrale géothermique de Svartsengi vers les villes du Suðurnes : Vogar, Reykjanesbær, Garður, Sandgerði et Grindavík. L’événement a provoqué une panne d’eau chaude dans tout le Suðurnes. Des travaux ont immédiatement débuté pour installer une conduite d’eau auxiliaire afin de rétablir l’eau chaude. En attendant la fin des travaux, les habitants de cette région et les structures essentielles comme les maisons de retraite ont reçu en urgence d’autres moyens de chauffage.
Pour faire face à la panne d’eau chaude, de nombreux habitants ont fait la queue pour acheter des radiateurs électriques, des réservoirs de gaz et d’autres appareils de chauffage. Plusieurs écoles de la ont été fermées et l’aéroport international de Keflavík a également été privé d’eau chaude. Toutefois, les vols n’ont pas été affectés.
Il était prévu que la distribution d’eau chaude soit rétablie en cours ou en fin de journée le 9 février. ​

Source : Met Office, Iceland Review.

Le 8 février au soir, l’éruption montrait déjà des signes de déclin (Image webcam)

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The Icelandic Met Office says that no eruptive activity was observed in a drone-flight over the eruptive site carried out at noonon February 9th, 2024. This suggests that the eruption is ending. Volcanic tremor is no longer being detected on seismic sensors. Data released by the Icelandic Met Office shows that about 15 million cubic meters  of lava flowed in the first seven hours of the eruption on February 8th, 2024. This is higher than the estimated volume of magma beneath the Svartsengi region a few days before the start of the event. This means that the average magma flow during the first seven hours of the eruption was about 600 m3 per second. A satellite radar image released on February 8th  showed surface subsidence of 10 cm in the Svartsengi area,

The February 8th eruption has shown Iceland’s dependence on geothermal energy for hot water and electricity. If the electric network was spared, lava flowed over and breached the Njarðvíkur conduit, a pipeline that transports hot water from the Svartsengi geothermal power plant to the towns in Suðurnes: Vogar, Reykjanesbær, Garður, Sandgerði, and Grindavík. The event caused a hot water outage across Suðurnes. Efforts have been made to establish an auxiliary water pipeline to restore hot water, with residents and critical facilities like nursing homes that received emergency heaters in the meantime.

In response to the hot-water outage, many residents waited in long lines to buy electric radiators, gas tanks, and heater fans. Several schools in the area were closed, and the Keflavík International Airport was likewise without hot water. However, flights were not affected.

There was optimism that the pipeline would be able to start supplying hot water later today or this evening.

Source : Met Office, Iceland Review.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

Une éruption phréatique s’est produite au sommet du Mayon (Philippines) le 4 février 2024. L’événement a duré 169 secondes. Il a généré un panache de cendres de 1 200 m de hauteur, des éboulements et des coulées pyroclastiques. Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 et les autorités rappellent au public d’éviter la zone de danger permanente de 6 km.
Source : PHIVOLCS.

Crédit photo: PHIVOLCS

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Comme on pouvait s’y attendre, une nouvelle éruption a débuté le 8 février 2024 sur la péninsule de Reykjanes (Islande). A 5h30 (heure locale), une intense activité sismique a été enregistrée au niveau de la ligne de cratères de Sundahnúk, au nord-est du mont Sýlingarfell. Environ 30 minutes plus tard, une éruption a commencé sur le site. L’annonce de l’éruption par les instruments a été la plus courte observée par le Met Office sur la péninsule de Reykjanes depuis le début de l’essaim sismique du mois d’octobre 2023. En comparaison, l’éruption du 14 janvier 2024 a été annoncée cinq heures avant son déclenchement.
La fissure éruptive s’est allongée à la fois vers le nord et vers le sud pendant les premières minutes. Les premières images ont montré que l’éruption avait lieu à peu près au même endroit que le 18 décembre 2023. La fissure éruptive mesurait environ 3 km de long et les fontaines de lave avaient une hauteur de 50-80 mètres. Le débit semblait légèrement inférieur à celui de l’éruption de décembre. L’activité éruptive a décliné pendant la journée du 8 février. En fin de soirée, elle semblait quasiment terminée.

Ce matin (9 février), on n’aperçoit que quelques points d’incandescence résiduels le long de la fracture éruptive.
Source : MetOffice. .
L’évolution de l’éruption est régulièrement décrite sur ce blog.

Source: Met Office

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Comme je l’ai écrit précédemment, la sismicité a diminué sur le Kilauea (Hawaï) le matin du 1er février 2024, avec 15 à 20 événements par heure. Ils se situaient à des profondeurs de 1 à 4 km avec des épicentres à proximité de Pu’ukoa’e, 8 à 11 km au sud-ouest de la caldeira. Les données sismiques et de déformation montrent que le magma continue à se déplacer le long du système de failles. Les modèles révèlent que 30 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés dans la région sud-ouest de la caldeira. Les instruments ont détecté près de 40 microradians d’inflation le 1er février, mais le 2 février, les données de déformation indiquaient une déflation. La sismicité et la déformation du sol ont diminué de manière significative les 2 et 3 février, signe que l’intrusion magmatique avait ralenti ou s’était arrêtée, et que la probabilité d’une éruption avait diminué. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été revus à la baisse.
Source : HVO.

Tout est calme dans le cratère de l’Halema’uma’u (Image webcam)

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L’éruption du Lewotobi (Île de Flores / Indonésie) se poursuit au niveau du Cratère Laki-laki. L’incandescence au niveau du sommet et de la coulée de lave sur le flanc NE est visible sur les images de la webcam. Les panaches de cendres s’élèvent généralement à 700 m au-dessus du sommet. Le 2 février 2024, une coulée pyroclastique a dévalé le flanc nord sur 500 m de distance. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester en dehors de la zone d’exclusion de 4 à 6 km, selon les endroits.
Source : PVMBG.

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De fréquentes éruptions phréatiques de faible intensité se poursuivent sur le Poás (Costa Rica). Environ 600 événements sont enregistrés chaque jour, même si la plupart d’entre eux n’éjectent pas de matériaux à plus de 50 m de hauteur. Seuls quelques événements éjectent des matériaux à plus de 100 m. Le 6 février 2024, une incandescence était visible au niveau de la bouche active sur les images de la webcam. Elle était probablement due à la combustion de soufre natif. Ce phénomène a été observé pour la dernière fois en 2019.
Source : OVSICORI.

Incandescence déjà visible dans le cratère du Poás en avril 2017 (Image webcam)

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Le Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD) rappelle qu’une émission de lave à Ambrym (Vanuatu) a commencé le 13 janvier 2024 et a duré quatre jours, avec une coulée à l’intérieur du cratère du Benbow. Par la suite, des émissions de vapeur ont été observées jusqu’au 31 janvier. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5). Le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanente A avec un rayon de 1 km autour du cratère du Benbow et un rayon de 2 km autour du cratère du Marum. Il est aussi conseillé de rester à 500 m des fissures au sol créées par l’éruption de décembre 2018.

Source: Vanuatu GeoHazards

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile) à partir de trois bouches dans la zone cratèrique N (une bouche dans le cratère N1 et deux dans le cratère N2), dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’activité a également lieu à partir de deux bouches dans le cratère en S2 dans la zone C-S (cratère centre-sud). Des explosions de faible intensité se produisent au rythme de 2 à 5 par heure dans la zone N2 et éjectent des matériaux jusqu’à 80 m de hauteur. Les explosions d’intensité variable dans le secteur S2 (zone C-S) se produisent à raison de 5 à 9 événements par heure. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre niveaux).
Source : INGV.

Source: INGV

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A phreatic eruption occurred at the summit of Mayon (Philippines) on February 4th, 2024. The event lasted 169 seconds. It generated a 1 200 m tall ash plume, rockfalls and pyroclastic flows. The Volcano Alert Level remains at 2 and authorities are reminding the public to avoid the 6 km Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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As expected, a new eruption started on February 8th, 2024 on the Reykjanes Peninsula (Iceland). At 5:30 am (local time), an intense seismic activity started on the Sundahnúk crater row, north of Sýlingarfell.north-east of Mount Sýlingarfell. Around 30 minutes later, a volcanic eruption started at the site. The notice for the eruption was the shortest the Met Office has seen from the Reykjanes peninsula since the earthquake swarm started in October. In comparison, the notice for the eruption on January 14th was five hours. The eruptive fissure lengthened both towards north and south during the first minutes.Eruptive activity declined all through February 8th. By the end of the day, it looked as if the eruption was nearly over.

This morning (February 9th),one can only see a few residual points of incandescence along the eruptive fissure.

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As I put it before, seismicity decreased on Kilauea (Hawaii) by the morning of 1 February, 2024, with 15-20 earthquakes per hour. The events continued to be located at depths of 1-4 km with epicenters in the vicinity of Pu’ukoa’e, 8-11 km SW of the caldera. Seismic and deformation data suggested that magma continued to move along the fault system. Models suggested that as much as 30 million cubic meters of magma had accumulated in the region SW of the caldera. Instruments detected almost 40 microradians of inflation on 1 February, but by 2 February the deformation data indicated deflation. Earthquake and ground deformation rates decreased significantly during 2-3 February, suggesting that the intrusion of magma had slowed or stopped and that the likelihood of an eruption had decreased.Both the Volcano Alert Level and the Aviation Color Code were lowered.

Source : HVO.

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The eruption at Lewotobi (Flores Island / Indonesia) continues within the Laki-laki Crater. Incandescence at the summit and from the lava flow on the NE flank is visible in webcam images. Ash plumes usually rise 700 m above the summit. On 2 February 2024, a pyroclastic flow descended the N flank as far as 500 m. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay outside of the 4-6-km exclusion zone, according to location.

Source : PVMBG.

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Small, frequent phreatic eruptions continue at Poás (Costa Rica). Around 600 events are recorded each day, though most of the events do not eject material more than 50 m high, and only a few ejected material more than 100 m. On 6 February 2024, incandescence at the vent was visible in webcam images and was attributed to the combustion of native sulfur. This phenomenon was last visible in 2019.

Source : OVSICORI.

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The Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD) reports that lava effusion in Ambrym (Vanuatu) began on 13 January 2024 and lasted for four days, producing a lava flow in Benbow Crater. Since then, steam emissions have been observed through 31 January. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5). The public is asked to stay outside the Permanent Danger Zone A, defined as a 1-km radius around Benbow Crater and a 2-km radius around Marum Crater, and to stay 500 m away from the ground cracks created by the December 2018 eruption.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily) from three vents in Area N (one at N1 and two at N2), within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from two vents at S2 in Area C-S (South-Central Crater) in the crater terrace. Low-intensity explosions occur at a rate of 2-5 per hour at Area N2 and eject material as high as 80 m above the vents. Variable-intensity explosions in sector S2 (Area C-S) average 5-9 per hour. The Alert Level is kept at Yellow (the second level on a four-level scale).

Source : INGV.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Islande : c’est reparti ! // Iceland : new eruption !

9 heures (heure Paris / 8 heures – heure Reykjavik) :  A 5h30 ce matin (heure locale), une intense activité sismique a débuté sur la péninsule de Reykjanes (Islande), au niveau de la chaîne de cratères de Sundahnúkscrater row, au nord-est du mont Sýlingarfell.

Source: IMO

Environ 30 minutes plus tard, une éruption a commencé sur le site. A noter que ‘annonce de l’éruption par les instruments a été la plus courte que le Met Office ait observée sur la péninsule de Reykjanes depuis le début de l’essaim sismique du mois d’octobre 2023. En comparaison, l’annonce de l’éruption du 14 janvier 2024 était de cinq heures.

Image webcam

La fissure éruptive s’est étirée à la fois vers le nord et vers le sud pendant les premières minutes.

Image webcam

Les premières images montrent que l’éruption a lieu à peu près au même endroit que le 18 décembre 2023. La fissure éruptive mesure environ 3 km de long, depuis le mont Sundhnúkur au sud et s’étend vers la partie orientale du mont Stóra-Skógfell. Les fontaines de lave ont entre 50 et 80 m de hauteur. La lave s’écoule actuellement principalement vers l’ouest et le débit semble être légèrement inférieur à celui du début de l’éruption de décembre.

Pour le moment, aucune infrastructure n’est menacée par l’éruption. par précaution, le Blue Lagoon a tout de même été évacué.

Source : MetOffice.

Mise à jour de la carte de risques le 8 février 2024 :

Source: Met Office

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14h00 : L’intensité de l’éruption semble commencer à décliner. Toutefois, l police islandaise avertit qu’il existe un risque de pénurie d’eau chaude sur la péninsule de Reykjanes. Il est demandé aux aux habitants de Suðurnes d’attendre le plus longtemps possible avant d’utiliser leur chauffage électrique. Il est également demandé aux habitants et aux professionnels de baisser le chauffage de leur logement et de ne pas utiliser d’eau chaude dans les douches, baignoires ou spas.
Le message officiel explique que « la coulée de lave se dirige maintenant vers la partie du réseau qui transporte l’eau chaude de la centrale électrique de Svartsengi vers Fitjar dans Reykjanesbær. Si la coulée de lave passe au-dessus réseau, il est probable qu’aucune eau chaude ne partira de Svartsengi, ce qui entraînera une pénurie d’eau chaude à Reykjanes, Suðurnes, Grindavík et Vogar. Au vu de la progression de la lave en ce moment, cela pourrait arriver dans les prochaines heures.
Pour faire face à de tels événements, une nouvelle conduite d’eau chaude est en cours d’installation dans le sol de cette zone. Une section d’environ 500 mètres de long a déjà été installée, où il sera possible de se connecter au cas si les anciennes conduites sont détruites, mais il faudra quelques jours pour que les nouvelles canalisations soient opérationnelles.

En ce qui concerne les transports, la lave émise par l’éruption du 8 février a de nouveau traversé la route principale menant à Grindavik.

Image webcam

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17 heures : Comme je l’ai écrit dans ma précédente mise à jour, l’intensité de l’éruption diminue et le Mt Office fait état d’une déflation du sol suite à l ‘émission de la lave.

Après le rideau de fontaines de lave décrit ce matin, l’activité s’est concentrée sur 3 points de la fissure éruptive qui s’était ouverte ce matin. C’est un peu le même processus que celui observé lors de l’éruption du 18 décembre 2023, où l’activité s’était limitée à quelques bouches quelques heures après le début de l’éruption.

Image webcam

Un panache sombre avec un mélange de cendres et de vapeur s’élevait d’une partie de la fissure éruptive, dû à l’interaction du magma avec les eaux souterraines, ce qui entraînait une petite activité explosive. On a appris un peu plus tard que la lave avait recouvert la canalisation de Njarðvík qui transporte l’eau chaude de Svartsengi vers la péninsule sud. C’est ce qui explique le panache de vapeur dense qui s’élevait de l’endroit où la canalisation a éclaté. Il n’y a désormais plus d’eau chaude dans la partie supérieure de Keflavík, à Sandgerði et à Garður.

 

Image webcam

A l’heure de cette mise à jour, il semble bien que l’éruption soit en train de vivre ces dernières heures car il y a très peu d’activité le long de la fissure éruptive, avec dex points d’activité peu intense.

 

Image webcam

Source  : IMO et médias d’information islandais.

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20 heures : L’intensité de l’éruption continue de diminuer. Ce soir, l’activité se limite à deux ou trois endroits de la fissure éruptive. L’activité explosive provoquée par le contact entre la lave et le réseau d’eau est en grande partie terminée, bien que quelques nuages de vapeur s’élèvent encore de certaines parties de la fissure.
Parallèlement au déclin de l’éruption, les signaux de déformation détectés au niveau du dyke ont diminué, ce qui indique que le magma ne s’élève plus des profondeurs avec autant de pression qu’auparavant. Peu de temps après le début de l’éruption, l’activité sismique a considérablement diminué et elle est restée faible jusqu’à présent.
La carte ci-dessous montre les contours de la coulée de lave révélés par une image satellite obtenue à 12h31 aujourd’hui 8 février. L’image satellite montre que la lave s’est écoulée jusqu’à environ 4,5 km à l’ouest du site éruptif. À titre de comparaison, le champ de lave formé lors de l’éruption du 18 décembre 2023 est également représenté sur la carte. On s’aperçoit que les dernières coulées de lave ont recouvert en partie le champ de lave de décembre 2023.

Source  : Met Office.

En violet clair le champ de lave de février 2024 et en violet foncé celui de décembre 2023.

Tout cela tend à montrer que l’éruption actuelle va bientôt prendre fin. Reste à voir si un nouveau soulèvement du sol reprendra dans le secteur de Svartsengi. Si tel était le cas, cela signifierait qu’une autre éruption est en préparation…

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9:00 am (Paris time / 8:00am Reykjavik time) : At 5:30 this morning (local time), an intense seismic activity started on the Reykjanes Peninsula (Iceland), on the Sundahnúkscrater row, north of Sýlingarfell.north-east of Mount Sýlingarfell. Around 30 minutes later, a volcanic eruption started at the site. It should be noyed that the notice for the eruption was the shortest the Met Office has seen from the Reykjanes peninsula since the earthquake swarm started in October. In comparison, the notice for the eruption on January 14th was five hours.

The eruptive fissure lengthened both towards north and south during the first minutes.

The first images suggest that the eruption takes place at a similar location as the eruption of December 18th 2023. The eruptive fissure is approximately 3 km long, from Mount Sundhnúkur in the south and stretches towards the eastern part of Mount Stóra-Skógfell. Lava fountains are 50-80 meters high. Lava flows mostly towards west at the moment and the flow seems to be slightly less than at the start of the December eruption.

For the moment, no infrastructure is threatened by the eruption. As a precaution, the Blue Lagoon was evacuated.

Source : Met Office.

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2:00 pm : It looks as if the intensity of the eruption has started decreasing. However, the Icelandic police warns that there is a risk of a hotwater shortage on the Reykjanes peninsula. Residents in Suðurnes are asked to wait as long as possible to use electric heating. Residents and the professional community are also asked to lower their house-based heating systems and not use hot water to bathe in showers, bathtubs or hot tubs.

The official message states that “the flow of lava is now moving toward a plumbing hug that transports hot water from Svartsengi power station to Fitjar in Reykjanesbær. If the flow of lava passes over the hub, it seems no hot water will flow from Svartsengi, resulting in a hot water shortage in Reykjanes, Suðurnes, Grindavík and Vogar. As the flow rate is currently, this could happen in the next few hours.

In response to such events, a new hot-water pipe is being constructed in the ground in this area. A section of about 500 meters long has been constructed, where the plan is to connect in case the old plumbing hub is destroyed, but it may take some days to get the new pipes operational.”

As far as transport is concerned, lava emitted by the 8 February eruption has again crossed the main road leading to Grindavik (see image above).

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08:00 pm : The intensity of the eruption continues to decrease. Tonight, eruptive activity is limited to two or three locations on the eruptive fissure. The explosive activity caused by the contact between lava and the water network is mostly over although minor steam clouds still rise from some parts the fissure.

Together with the decrease of the eruption, the deformation signals detected at the dyke area diminished, indicating that magma is no longer ascending with as much pressure as before. Soon after the onset of the eruption, seismic activity decreased significantly and has remained low thus far.

The map below shows outlines of the lava flow as it was seen on a satellite image taken at 12:31 today, February 8th. The satellite image shows that lava flowed about 4.5 km to the west from the eruptive site. For comparison, the lava flow field which formed in the eruption of December 18th, 2023 is also shown on the map. The latest lava flows partly covered the lava flow formed in December 2023.

Source : IMO.

All this tends to show that the current eruption will soon come to an end. There remains to be seen whether new ground uplift will start again in the Svartsengi area. Should it happen, it wouls mean another eruption is in the making…