Arctique : la « dernière zone de glace » sous la menace du réchauffement climatique // Arctic : the Last Ice Area under the threat of global warming

Une nouvelle étude nous apprend que la « dernière zone de glace » au nord du Canada et du Groenland a disparu pendant les mois d’été dans le passé et cette disparition se produira malheureusement de nouveau, et probablement plus tôt que prévu.
La glace de mer arctique suit un cycle saisonnier chaque année. Elle occupe de plus en plus d’espace dans l’Océan Arctique pendant l’automne et l’hiver, allant même jusque dans l’Atlantique Nord et le Pacifique Nord au moment où elle atteint son maximum en février ou mars. Actuellement, près des trois quarts de cette glace de mer est saisonnière, ce qui signifie qu’elle fond au printemps et en été. La partie qui subsiste après la saison de fonte est la glace de mer permanente.
Les archives des quatre dernières décennies montrent que la quantité de glace qui subsiste toute l’année diminue. Dans les années 1980, les minimums de glace de mer de septembre couvraient une surface d’environ 7 millions de kilomètres carrés. L’étendue minimale la plus faible jusqu’à présent, en 2012, était inférieure à la moitié de cette surface. Alors que les températures de la planète augmentent en raison des émissions de gaz à effet de serre et que l’Arctique continue d’être l’une des régions du monde qui se réchauffe le plus rapidement, la quantité de glace qui survit à la fonte estivale continue de diminuer.
Au cœur de l’étendue de glace qui survit à la fonte chaque année se trouve une région connue sous le nom de « dernière zone de glace. » Elle s’étend du nord du Groenland jusqu’aux îles les plus septentrionales de l’archipel canadien. Selon le World Wildlife Fund, c’est la seule région de l’Arctique où il y aura de la glace de mer toute l’année à partir de 2040. Il se peut que les océans se réchauffent suffisamment pour faire fondre cette glace, mais en raison de l’abri fourni par les îles et le Groenland, on pense qu’elle pourra résister plusieurs décennies de plus que le reste de la banquise. Si c’est le cas, elle fournira un dernier refuge à la faune et aux organismes arctiques qui dépendent de la glace pour survivre.
Cependant, selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs du Danemark, de Suède et des États-Unis, cette « dernière zone de glace » a déjà fondu dans le passé, et alors que les températures mondiales continuent d’augmenter, nous approchons rapidement du point de basculement où cette glace disparaîtra à nouveau.
Les chercheurs ont foré les fonds marins au nord du Groenland, dans la mer de Lincoln, et ils ont extrait des carottes qui ont révélé comment les sédiments se sont déposés dans la région au fil du temps. En analysant les carottes couche par couche, ils ont recherché les éléments chimiques spécifiques produits par les algues qui adhèrent à la face inférieure de la glace de mer. Ils ont pu ainsi construire une chronologie montrant à quelle époque les algues étaient présentes, et donc le moment où il y avait de la glace dans cette région.
Selon un co-auteur de l’étude, « les modèles climatiques montrent que la glace de mer estivale dans cette région fondra dans les décennies à venir, mais on ne sait pas si cela se produira dans 20, 30, 40 ans ou plus. Il suffit que les températures augmentent juste un un peu pour que la glace fonde. » La chronologie mentionnée ci-dessus a révélé qu’il y a environ 10 000 ans, il y a eu une période de plus de 1 000 ans pendant laquelle la glace de mer a complètement disparu de l’Arctique, même de la « dernière zone de glace », pendant les mois d’été.
Les températures dans l’Arctique se rapprochent rapidement aujourd’hui de ce qu’elles étaient lorsque la glace de la « dernière zone de glace » est devenue saisonnière au début de l’Holocène, il y a environ 10 000 ans. Selon l’étude, cette transition vers la glace de mer arctique saisonnière dans la Mer de Lincoln et dans la « dernière zone de glace » se produira probablement lorsque le réchauffement climatique atteindra 2 ° C au-dessus des températures préindustrielles. L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indique qu’en 2020, le globe est déjà 1,2 ° C plus chaud qu’il ne l’était à la fin du 19ème siècle.
Si la glace de mer devait à nouveau fondre complètement en été, le premier problème concernerait la perte désastreuse d’habitat. L’augmentation de la surface d’eau sombre (par opposition à la surface où la glace réfléchit le soleil) signifierait la fin de l’albédo. Il y aurait donc encore plus de chaleur piégée dans l’océan et une accélération de la crise climatique.
Un autre co-auteur de l’étude a déclaré : « La mauvaise nouvelle est que nous sommes susceptibles de voir cela se produire très bientôt. La bonne nouvelle est que nos données montrent que la tendance est réversible si nous réduisons les émissions de gaz à effet de serre et si nous nous fixons des objectifs politiques ambitieux. Si nous réussissons à maintenir les températures stables ou peut-être même les faire chuter, la glace de mer reviendra dans la région. L’étude est un signal d’alarme, car nous savons que cela se produira. Nous devons agir dès maintenant si nous voulons que cela change. »
Source : Yahoo Actualités.

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New research reveals that the « Last Ice Area » north of Canada and Greenland disappeared during the summer months in the past and it will do so again, perhaps sooner than we think.

Arctic sea ice goes through a seasonal cycle each year. It grows and spreads across the Arctic Ocean through northern autumn and winter, even pushing into the North Atlantic and North Pacific by the time it reaches its maximum in February or March. Currently, nearly three-quarters of this sea ice is seasonal, meaning that it melts away through the spring and summer. The portion that survives the melt season is called year-round sea ice.

Over the past four decades, records show that the amount of ice that survives year-round is dwindling. In the 1980s, the September sea ice minimums measured around 7 million square kilometres. The lowest minimum extent so far, in 2012, was less than half that. As global temperatures rise due to greenhouse gas emissions, and the Arctic continues to be one of the fastest warming regions of the world, the amount of ice that survives the summer melt will continue to diminish.

Within the extent of the ice that survives each year’s melt is a region known as the Last Ice Area. It stretches from just north of Greenland through the northernmost islands of the Canadian Archipelago. According to the World Wildlife Fund, this is the only region of the Arctic where we will have year-round sea ice as of 2040. The oceans could warm enough to melt this ice as well, but due to the shelter provided by the islands and Greenland, it is thought that it could hold out decades longer than the rest of the sea ice. This would provide a crucial last bastion for Arctic wildlife and organisms that depend on the ice to survive.

However, according to a new study by researchers from Denmark, Sweden, and the United States, even this Last Ice Area has melted away in the past, and as global temperatures continue to rise, we are quickly approaching a tipping point where we could see it disappear again.

The researchers drilled down into the sea floor north of Greenland, in the Lincoln Sea, and pulled out samples that revealed how sediments were deposited in the area over time. Going through the samples layer by layer, they looked for specific chemicals produced by algae that cling to the underside of sea ice, and were able to construct a timeline showing when the algae were present, and thus when there was ice in that region.

According to one co-author of the study, « climate models have suggested that summer sea ice in this region will melt in the coming decades, but it’s uncertain if it will happen in 20, 30, 40 years, or more. Temperatures only have to increase a little before the ice will melt. » The above-mentioned timeline revealed that around 10,000 years ago, there was a more than 1,000-year-long period when sea ice completely disappeared from the Arctic, even from the Last Ice Area, during the summer months.

Temperatures in the Arctic now are quickly approaching what they were when the ice of the Last Ice Area became seasonal back in the early Holocene, roughly 10,000 years ago. According to the study, this transition to seasonal Arctic sea ice in the Lincoln Sea and Last Ice Area will likely occur when global warming reaches 2°C above pre-industrial temperatures. The World Meteorological Agency says that, as of 2020, the globe is already 1.2°C warmer than it was in the late 19th century.

If the ice were to completely melt in the summer again, the devastating loss of habitat would be only the first problem. The increased area of dark water surface (as opposed to bright reflective ice surface) would mean the end of the albeido and even more heat being trapped in the ocean and an acceleration of the climate crisis.

Another co-author of the study has declared : « The bad news is that we can see this happening very soon. The good news is that our data shows the trend is reversible and we can do something about it if we reduce greenhouse gas emissions and set ambitious political goals. If we can keep temperatures stable or perhaps even make them fall, the sea ice would return to the area. The study is a wake-up call, because we know that it will happen. We have to act now so we can change it. »

Source : Yahoo News.

 

Etendue maximale de glace de mer arctique hivernale jamais enregistrée (à gauche) en mars 1979, et étendue minimale estivale (à droite), en septembre 2012. (Source : NSIDC)

Alerte sur le Nevado del Ruiz (Colombie) // Alert on Nevado del Ruiz (Colombia)

Une quarantaine de familles vivant sur les pentes supérieures du Nevado del Ruiz (Colombie) ont été évacuées après une augmentation de l’activité sismique. Le Service Géologique Colombien (SGC) a relevé le niveau d’alerte de Jaune à Orange, en indiquant qu’ « une éruption plus importante que n’importe quelle autre au cours des 10 dernières années pourrait se produire dans les jours ou les semaines à venir. » Tout le monde se souvient de l’éruption de 1985 avec des coulées de boue qui ont englouti la ville d’Armero, tuant 25 000 habitants.
Dans son communiqué, le SGC a déclaré qu’il y a eu des éruptions mineures sur le volcan au cours des 10 dernières années mais que son activité sismique a commencé à augmenter le 24 mars 2023, avec des milliers de secousses quotidiennes, un nombre jamais observé depuis que le SGC a commencé à surveiller l’activité volcanique du Nevado del Ruiz.
Une quarantaine de familles ont été évacuées et les écoles de la région travailleront en distanciel. Le parc naturel de Los Nevados a été fermé aux touristes.
Le niveau d’alerte du Nevado del Ruiz a été relevé,pour la dernière fois en 2012. Le volcan a alors été maintenu à l’Orange pendant plus d’un mois en avril et est passé au Rouge pendant deux jours en juin. Cependant, aucune éruption majeure ne s’est produite à cette époque.
Source : La BBC.

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About 40 families living on the upper slopes of Nevado del Ruiz (Colombia) are being evacuated after an increase of seismic activity. The Colombia’s Geological Service (SGC) has raised the alert level from Yellow to Orange, warning that an eruption bigger than any in the past 10 years could occur in the coming days or weeks. One can remember the 1985 eruption of the volcano. It triggered mudslides that engulfed the town of Armero., killing 25,000 residents.

In a statement, the SGC said that there have been minor eruptions at the volcano over the past 10 years but that its seismic activity started to increase on March 24th, 2023, with thousands of daily tremors, an unprecedented number since they began monitoring the volcano’s activity.

Around 40 families have been evacuated and schools in the area will switch to online classes. The nearby Los Nevados natural park has been closed to tourists.

The last time the alert level at Nevado del Ruiz was raised was in 2012, when it was kept at Orange for over a month in April and increased to Red for two days in June. However, no major eruption occurred that time.

Source : The BBC.

Sources: Wikipedia et SGC

Volcans des Iles Aléoutiennes (Alaska) // Aleutian volcanoes (Alaska)

Loin de tout, difficiles l’accès, les Iles Aléoutiennes s’étirent sur quelque 2000 kilomètres au large du sud-ouest de l’Etat d’Alaska dont elles font administrativement partie. L’archipel est composé de 300 îles volcaniques entre la Péninsule d’Alaska à l’est et le Kamtchatka à l’ouest. Les Aléoutiennes se prolongent vers l’ouest par les îles Komandorski ou îles du Commandeur administrées par la Russie.

 

Source: AVO

Quand on regarde une carte, on se rend vite compte que les Iles Aléoutiennes s’étirent selon un axe semi-circulaire, résultat de la subduction de la plaque pacifique sous la plaque nord-américaine.

La zone de subduction a donné naissance à une série d’îles au large (les Aléoutiennes) ainsi qu’une ligne de volcans en bordure du continent (la Chaîne des Aléoutiennes sur la Péninsule d’Alaska) . Cette zone marque l’interface où la plaque océanique Pacifique, plus dense, plonge sous la plaque continentale nord-américaine. Au fur et à mesure que la plaque Pacifique descend, la chaleur de l’intérieur de la Terre la fait fondre et le magma liquide remonte à la surface en formant une ligne de volcans.

Source: Wikipedia

Le long de la partie nord et centrale de l’arc, la vitesse de subduction est de 6 à 8 centimètres par an, là où les deux plaques ont un mouvement relatif opposé. Mais dans la partie extrême sud de l’arc, les deux plaques glissent l’une contre l’autre et l’activité volcanique est réduite. À l’est de l’arc actuel, et séparées de celui-ci par plusieurs centaines de kilomètres, se trouvent les montagnes Wrangell.
Les volcans de la zone de subduction présentent généralement une forme symétrique avec une pente raide près de la bouche éruptive et plus douce ensuite. Ces stratovolcans produisent une large gamme de produits volcaniques, notamment de nombreuses roches andésitiques, avec des couleurs allant du vert au rouge, en passant par le gris. Elles contiennent souvent des cristaux de feldspath blanc bien visibles.

 

Volcan Cleveland (Source: AVO)

Le magma généré par les volcans de subduction est moins fluide que celui des volcans hawaïens ou islandais, et il ne s’écoule donc pas facilement de la bouche éruptive. C’est ce qui explique le dynamisme explosif des éruptions car le magma éprouve des difficultés à se frayer un chemin vers la surface. Des nuages de cendres spectaculaires montent haut dans le ciel et des coulées pyroclastiques dévalent les pentes du volcan lorsqu’une éruption se produit. Si ces matériaux chauffés à haute température se déposent sur la neige et la glace, ils provoquent leur fonte et génèrent des lahars qui peuvent s’étirer sur des kilomètres.

Coulée pyroclastique sur l’Augustine en 1986 (Crédit photo: AVO)

La plus grande éruption des dernières décennies a été celle du Katmai en 1911. Toutefois, on sait aujourd’hui que les dépôts pyroclastiques qui recouvrent depuis 1912 la célèbre Vallée des Dix mille Fumées au nord-ouest du volcan n’ont pas été formés par l’éruption du mont Katmai mais par celle du Novarupta, la plus puissante du 20ème siècle, qui s’est déroulée en même temps, du 6 juin à octobre 1912. La Vallée des 10 000 Fumées s’est formée lorsqu’une coulée pyroclastique de 35 km3 a rempli une ancienne vallée fluviale. Le dépôt de cendres chaudes de 60 mètres d’épaisseur a chauffé le ruisseau et l’eau souterraine sous la coulée pyroclastique, transformant l’eau en vapeur et produisant les « fumées » qui ont disparu de nos jours.

 

Photo: C. Grandpey

Les volcans aléoutiens entrent en éruption de manière sporadique et leur étude est trop récente pour prédire un taux de récurrence. Les volcans Pavlov, Akutan et Shishaldin sont les plus actifs de l’arc. L’Augustine est le plus actif de Cook Inlet, avec des éruptions environ tous les 11 ans.

 

Photo: C. Grandpey

La plupart des volcans des Aléoutiennes sont situés dans des zones reculées, et leurs éruptions affectent donc peu les populations. Les plus grands dangers sont générés par les nuages de cendres car les îles se trouvent sur la trajectoire des lignes aériennes entre l’Amérique et l’Asie. On se souvient du drame évité de justesse quand un Boeing de la KLM a traversé un nuage de cendres émis par le Mont Spurr en 1989.

Aujourd’hui, la surveillance des volcans des Aléoutiennes est effectuée par l’Alaska Volcano Observatory (AVO). Dans une note publiée le 22 octobre 2015, j’ai expliqué les difficultés rencontrées par l’AVO pour surveiller ces volcans situés loin de tout. Il existe certes des stations sismiques au sol, mais ce sont souvent les images  satellites – si la couverture nuageuse le permet – qui fournissent les données de surveillance le plus précieuses.

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Lost in the ocean, difficult to access, the archipelago of the Aleutian Islands stretches over some 2000 kilometers off the south-west of the State of Alaska of which they are administratively part. The archipelago is made up of 300 volcanic islands stretching between the Alaska Peninsula to the east and Kamchatka to the west. The Aleutian Islands extend westward through the Komandorski Islands or Commander Islands administered by Russia.

When you look at a map, you quickly realize that the Aleutian Islands are aligned along a semi-circular axis, the result of the subduction of the Pacific plate under the North American plate.
The subduction zone gave rise to a series of offshore islands (the Aleutians) as well as a line of volcanoes bordering the continent (the Aleutian Range on the Alaskan Peninsula). This zone marks the interface where the denser Pacific oceanic plate dips beneath the North American continental plate. As the Pacific plate descends, heat from the Earth’s interior melts it, and liquid magma rises to the surface forming a line of volcanoes.

Along the northern and central part of the arc, the rate of subduction is 6 to 8 centimeters per year, where the two plates have opposing relative motion. But in the extreme southern part of the arc, the two plates slide against each other and volcanic activity is reduced. To the east of the current arc, and separated from it by several hundred miles, are the Wrangell Mountains.
Subduction zone volcanoes generally exhibit a symmetrical shape with a steep slope near the eruptive vent and a gentler slope thereafter. These stratovolcanoes produce a wide range of volcanic products, including many andesitic rocks, with colors ranging from green to red to gray. They often contain conspicuous white feldspar crystals.

The magma generated by subduction volcanoes is less fluid than that of Hawaiian or Icelandic volcanoes, and so it does not flow easily from the eruptive vent. This explains the explosive dynamism of the eruptions because the magma finds it difficult to make its way to the surface. Huge ash clouds rise high in the sky and pyroclastic flows travel down the slopes of the volcano when an eruption occurs. If these materials heated to high temperatures are deposited on snow and ice, they cause them to melt and generate lahars that can stretch for kilometers.

The biggest eruption in recent decades was that of Katmai in 1911. However, we now know that the pyroclastic deposits that have covered the famous Valley of Ten Thousand Smokes to the northwest of the volcano since 1912 were not formed by the eruption of Mount Katmai but by that of Novarupta. It was the most powerful event of the 20th century ; it took place at the same time, from June 6th to October 1912. The Valley of 10,000 Smoke formed when a pyroclastic flow of 35 km3 filled an old river valley. The 60-meter-thick hot ash deposit heated the creek and groundwater beneath the pyroclastic flow, turning the water into steam and producing the « smokes » that have disappeared today.

Aleutian volcanoes erupt sporadically and their study is too recent to predict a rate of recurrence. The Pavlov, Akutan and Shishaldin volcanoes are the most active in the arc. Augustine is the most active in Cook Inlet, with eruptions approximately every 11 years

Most volcanoes in the Aleutians are located in remote areas, so their eruptions have little impact on people. The greatest dangers are generated by the ash clouds because the islands are in the path of the airlines between America and Asia. We should remember the tragedy narrowly avoided when a KLM Boeing crossed an ash cloud emitted by Mount Spurr in 1989.
Today, the monitoring of Aleutian volcanoes is carried out by the Alaska Volcano Observatory (AVO). In a note published on October 22nd, 2015, I explained the difficulties encountered by AVO in monitoring these volcanoes located far from everything. There are seismic stations on the ground, but it is often the images provided by satellites – cloud cover permitting – that provide the most valuable monitoring data.

Disparition à court terme des glaciers autrichiens // Austrian glaciers will disappear shortly

L’information n’est pas vraiment une surprise. Selon le Club alpin autrichien, les glaciers de ce pays ont reculé en 2022 « plus que jamais », à cause du réchauffement climatique.
En moyenne, les 89 glaciers autrichiens observés par le Club alpin ont reculé de 28,7 mètres, contre 11 mètres en 2021. Le rapport indique que « jamais auparavant les mesures des glaciers effectuées par le Club alpin – qui remontent à 1891 – n’ont montré un tel recul qui est une conséquence évidente de l’intensification du réchauffement climatique d’origine anthropique. »
Au train où vont les choses, les glaciers autrichiens devraient disparaître au plus tard en 2075. Le Club Alpin demande une meilleure protection des glaciers en Autriche où le ski est roi : « Le développement touristique des zones glaciaires ne se justifie plus au moment où la crise climatique a déjà un impact énorme sur les glaciers. »
Selon une étude publiée dans la revue Science en janvier 2023, la moitié des 215 000 glaciers sur Terre et un quart de leur masse fondront d’ici la fin du siècle. Cela se produira même si le réchauffement climatique peut être plafonné à 1,5°C, l’ambitieux objectif de l’Accord de Paris qui, selon de nombreux scientifiques, est désormais hors de portée. On estime actuellement que la température moyenne de la planète augmente de 2,7°C, ce qui entraînera une disparition presque complète des glaciers en Europe centrale, dans l’ouest du Canada; dans la partie continentale des États-Unis et en Nouvelle-Zélande.

J’ai personnellement attiré l’attention sur la situation des glaciers autrichiens après un voyage dans ce pays en 2020.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/09/27/lagonie-des-glaciers-alpins-de-la-mer-de-glace-france-au-pasterze-autriche-7eme-partie/

Je me suis rendu auprès du Pasterze, le plus grand glacier d’Autriche dans les Hohen Tauern, dominées par le Grossglockner, le plus haut sommet du pays. Au terminus de la route, on a une bonne vue sur ce qui reste du Pasterze. Un funiculaire permettait aux visiteurs de descendre sur le glacier en 1963. La surface de la glace était alors au niveau de la station inférieure du funiculaire. Le problème, c’est que le glacier a perdu de son épaisseur et a considérablement reculé depuis cette époque. Aujourd’hui, il faut descendre une pente raide pour atteindre la glace, ce qui suppose une bonne condition physique pour remonter la pente !
La zone d’accumulation duPasterze se situe à 3 453 m d’altitude, mais on s’aperçoit rapidement qu’elle n’est plus alimentée et que le glacier continue de reculer. Comme pour la Mer de Glace ou le glacier du Rhône, les images d’archives affichées sur la plate-forme d’observation montrent la vitesse de recul du glacier. Au train où vont les choses, il aura disparu bien avant la fin du 21e siècle.

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The piece of news comes as no surprise. According to the country’s Alpine Club, Austrian glaciers ln 2022 retreated « more than ever », because of global warming.

On average, 89 Austrian glaciers observed by the organisation have become 28.7 metres shorter, compared to 11 metres in 2021. The Alpine Club’s report says that « never before in the history of the Alpine Club’s glacier measurement service, which dates back to 1891, has there been a greater loss of glaciers. The drastic glacier retreat undoubtedly makes the consequences of the anthropogenic massively intensified climate change clear. »

At the current rate of warming, glaciers in Austria are likely to disappear at the latest in 2075. The Alpine Club asks for a better protection of glaciers in the ski-mad Alpine nation : « The touristic development of glacier areas is simply no longer justifiable at a time when the climate crisis is already having an enormous impact on the glaciers. »

Half of the Earth’s 215,000 glaciers and a quarter of their mass will melt away by the end of the century, according to a study published in the journal Science in January 2023.

This will happen even if global warming can be capped at 1.5 degrees Celsius, the ambitious Paris Agreement target that many scientists now say is beyond reach. Global mean temperature is currently estimated to be increasing by 2.7 degrees Celsius, which would result in a near-complete loss of glaciers in Central Europe, Western Canada and the continental United States and New Zealand.

I personnaly drew attention to the situation of the Austrian glaciers after a journey to this country in 2020.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/09/27/lagonie-des-glaciers-alpins-de-la-mer-de-glace-france-au-pasterze-autriche-7eme-partie/

I visited Pasterze, Austria’s largest glacier in the Hohen Tauern dominated by Grossglockner, the country’s highest peak. At the end of the road, one gets a good view of what remains of Pasterze. A funicular allowed visitors to descend on the glacier in 1963. The surface of the ice was then at the level of the funicular’s lower station. The problem is that the glacier has lost height and has retreated considerably since that time and today’svisitors need to descend on foot. A good physical condition is necessary.
The accumulation area at the source of Pasterze lies 3,453 m above sea level, but one quickly realizes that it can no longer feed the glacier which continues to retreat. As with the Mer de Glace or the Rhône glacier, the archive images displayed on the observation deck show the speed of the glacier’s retreat. At the rate things are going, it will be gone long before the end of the 21st century.

Photo: C. Grandpey