Ambae (Vanuatu): impact de l’éruption de 2017-2018 // Impact of the 2017-2018 eruption

Le dernier article « Volcano Watch » publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) est consacré aux volcans d’Ambae au Vanuatu. Au début, l’article nous rappelle que le Pacifique abrite des dizaines de systèmes volcaniques actifs. La plupart des volcans boucliers basaltiques du Pacifique sont liés aux points chauds qui ont façonné les îles hawaïennes et de nombreuses chaînes d’îles polynésiennes et micronésiennes. Ces volcans boucliers volumineux issus de points chauds ont été pour la plupart édifiés par des éruptions effusives, périodiquement interrompues par des cycles d’activité explosive. Il existe d’autres grands volcans boucliers le long des zones de subduction bordant l’Océan Pacifique, mais ils peuvent se comporter très différemment du Kilauea et du Mauna Loa à Hawaii.
L’île d’Ambae est un grand volcan bouclier basaltique situé le long de la zone de subduction entre les Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le Pacifique Sud. Depuis 1995, Ambae a connu plusieurs épisodes explosifs. Ambae a l’aspect d’ une version miniature du Mauna Loa. L’île mesure 14 km de large et 39 km de long avec des pentes douces et une végétation dense. Comme le Mauna Loa, le sommet a un grand cratère et plusieurs autres plus petits.
Les cratères d’Ambae sont remplis d’eau à la couleur vive qui sont le signe d’un système profond d’eaux souterraines à haute température et riches en soufre. À Ambae, ce sont ces grands lacs de cratère et les eaux souterraines qui contribuent aux éruptions phréatiques ou phréatomagmatiques.
Ambae a connu deux forts épisodes d’éruptions explosives modérées et parfois violentes en 2017-2018 qui ont fait suite à une activité mineure au cours de la décennie précédente. Le premier épisode s’est produit en octobre 2017 et a recouvert l’île de cendres, avec des gaz et des pluies acides qui ont causé des dégâts aux cultures, ainsi qu’une pollution de l’eau et des problèmes respiratoires. Ces impacts, aggravés par un manque de nouvelles précipitations pour remplacer l’eau potable qui avait été polluée, ont entraîné l’évacuation d’environ 11 000 habitants. L’activité éruptive a diminué peu de temps après, ce qui a permis à la population locale de revenir sur l’île vers le début de l’année suivante.
L’activité éruptive au Vanuatu est surveillée par le Département de météorologie et de géorisques [GeoHazards] du Vanuatu (VMGD) à l’aide de données sismiques et de visites périodiques sur le terrain par des volcanologues. Après le premier épisode éruptif, une activité volcanique de faible intensité s’est poursuivie avec de petites émissions de gaz et de cendres. A la saison des pluies d’octobre à avril, les cendres remobilisées se sont transformées en lahars.
En juillet et août 2018, le VMGD et une équipe de chercheurs basée en Nouvelle-Zélande sont arrivés à Ambae pour collecter des échantillons de cendres et d’eau, acquérir des données sismiques et acoustiques et documenter les impacts des éruptions. Au moment où les scientifiques se trouvaient sur place, ils ont été confrontés à des éruptions explosives de plus en plus nombreuses. La plus importante a généré des panaches de cendres à plus de 9100 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui a affecté le trafic aérien du Pacifique Sud.
Le réseau sismique-acoustique nouvellement déployé a enregistré la majeure partie de la deuxième phase de l’éruption et ces données ont ensuite été analysées par des chercheurs de Nouvelle-Zélande, du Vanuatu et des États-Unis. Les données ont montré en détail le moment et la taille des explosions. Elles montrent non seulement l’activité sismique provoquée par l’éruption, mais aussi les sons émis par le volcan. À l’heure actuelle, la surveillance au Vanuatu est effectuée par l’intermédiaire de l’observation en temps réel des données sismiques transmises au centre de surveillance à distance de Port Vila, la capitale. L’observation acoustique des volcans du Vanuatu n’en est qu’à ses débuts, mais le déploiement temporaire des instruments illustre l’intérêt de ces données à des fins de surveillance.
La nouvelle phase éruptive a entraîné la deuxième évacuation complète d’Ambae en août 2018. Toutefois, alors que l’éruption de 2018 sur l’île d’Hawaï a attiré l’attention du monde entier, l’éruption d’Ambae a eu un impact mondial plus important en raison de l’énorme quantité de gaz émis. Heureusement, l’éruption s’est terminée plus tard dans l’année et les habitants d’Ambae ont pu rentrer chez eux en toute sécurité. Fin septembre 2019, les scientifiques sont retournés à Ambae pour récupérer les stations sismiques et acoustiques temporaires. Les agriculteurs d’Ambae, qui étaient revenus plus tôt dans l’année, ont signalé des récoltes abondantes, peut-être en raison des sols enrichis par les dernières retombées de cendres.
Source : USGS/HVO.

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The latest « Volcano Watch » article released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the volcanoes of Ambae in Vanuatu. To begin with, the article reminds us that the Pacific is home to dozens of active volcanic systems. Most basaltic shield volcanoes in the Pacific are related to the hotspots that created the Hawaiian Islands and many of the Polynesian and Micronesian island chains. These massive hotspot shield volcanoes are built largely by eruptions of lava that are periodically interrupted by cycles of explosive activity. There are other large shield volcanoes found along subduction zones rimming the Pacific Ocean, but they can behave very differently from Kilauea and Mauna Loa.

The island of Ambae is a large basaltic shield volcano that lies along the subduction zone between Fiji and Papua New Guinea in the South Pacific. Since 1995, Ambae has experienced several explosive episodes. Ambae looks like a smaller version of Mauna Loa. The island is14 km wide and 39 km across with gentle slopes and dense vegetation. Like Mauna Loa, the summit has more than one large crater.

The craters at Ambae are filled with colorful lake water which testifies to a deep system of heated, sulfur-rich groundwater beneath the summit. At Ambae, these large crater lakes and associated groundwater contribute to phreatic or phreatomagmatic eruptions.

Ambae had two strong episodes of moderate to large explosive eruptions in 2017–2018 after mostly minor activity during the previous decade. The first episode occurred in October 2017 and covered the island with ash, gas, and acid rain causing crop damage, water pollution, and respiratory problems. These impacts, compounded by a lack of new rainfall to replace affected drinking water, forced the evacuation of about 11,000 residents. Eruptive activity waned shortly after, which prompted the local population to begin to return to the island around the start of the new year.

Eruptions and their impacts in Vanuatu are monitored by the Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD) using transmitted seismograph data and periodic island site visits by volcano scientists. After the first episode, low-level volcanic activity continued with minor gas and ash discharge from the volcano. Remobilized ash also turned into mudflow lahars throughout the rainy season, from October to April.

In July and August 2018, VMGD and a New Zealand-based research team arrived at Ambae to collect ash and water samples, acquire seismograph and acoustic data, and document the impacts of the eruptions. By coincidence, the field teams and local residents were met by new and increasing explosive eruptions. The largest of these eruptions produced ash plumes over 9,100 meters above sea level which affected South Pacific air traffic.

The newly deployed seismic-acoustic array captured most of the second phase of eruption and these data were subsequently analyzed by researchers from New Zealand, Vanuatu, and the United States. The data showed in detail the timing and size of explosions on the volcano. They show not only the ground shaking from the eruption but also the sounds of the volcano. At present, monitoring in Vanuatu is conducted by real-time observation of transmitted seismic data to the remote monitoring center in the capital of Port Vila. Acoustic observation of Vanuatu volcanoes is in its infancy, but the temporary deployment illustrates the value of such data for monitoring purposes.

The new eruption phase ultimately forced the second full evacuation of Ambae in August 2018. Interestingly, while the 2018 eruption on the Island of Hawaii received global attention, the Ambae eruption had a larger global impact due to the huge amount of gas released. Fortunately, the eruption ended later that year and local Ambae residents were able to return safely to their homes. In late September 2019, scientists returned to Ambae to remove the temporary seismic and acoustic stations. Local farmers, who had returned earlier in the year reported abundant crops, possibly a result of the newly rejuvenated ash-rich soils.

Source: USGS / HVO.

Archipel du Vanuatu et modélisation de l’île d’Ambae (Source: Wikipedia)

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