Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : l’éruption continue

L’éruption du Piton de La Fournaise continue. On observe toujours deux bouches éruptives, une principale et une secondaire de plus faible activité légèrement en aval. La hauteur des fontaines de lave émises par la bouche principale fluctue entre 20 et 60 mètres suivant les périodes d’activité. L’intensité du tremor volcanique est très fluctuante. L’OVPF explique que ces fluctuations sont liées soit au comportement du cône en cours d’édification (construction, effondrement), soit à des libérations ponctuelles de poches de gaz piégées dans les conduits d’alimentation.

La lave se dirige vers le Grand-Brûlé mais le front de coulée ne progresse que très lentement. La première coulée qui se situait aux alentours de 1500 mètres d’altitude n’a progressé que d’une centaine de mètres dans les Grandes pentes. Elle a été rejointe par un second bras de lave. Cette lave se trouve à proximité du cratère Bonnet, en contrebas du GR2, au niveau du Nez coupé du Tremblet. L’OVPF indique que l’intensité de l’éruption est relativement stable, avec un faible débit. Il est donc fort peu probable qu’elle atteigne la RN2 dans le Grand-Brûlé.

L’éruption reste confinée (sans couvre-feu !!) à l’intérieur de l’Enclos. IL n’y a donc aucun risque pour la population.

Source : OVPF.

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The eruption of Piton de La Fournaise continues. There are still two eruptive vents, a main one and a secondary one of lower activity slightly downslope. The height of the lava fountains emitted by the main vent fluctuates between 20 and 60 metres depending on the period of activity. The intensity of the volcanic tremor fluctuates too. These fluctuations are linked to the behaviour of the cone which is being bult, but also to the punctual release of gas pockets that were trapped in the conduits of the supply system.

Lava is travelling towards the Grand-Brûlé but the flow front is progressing only very slowly. The first flow, which was around 1,500 metres above sea level, only progressed a hundred metres in the Grandes Pentes. It was joined by a second branch of lava. This lava is located near the Bonnet Crater, below the GR2, at the level of the Nez Coupé du Tremblet. OVPF indicates that the intensity of the eruption is relatively stable, with a low lava output. It is therefore highly unlikely that it will reach the RN2 in the Grand-Brûlé.

The eruption remains confined (no curfew !!) inside the Enclos. There is therefore no risk to the population.

Source: OVPF.

Les coulées de lave le 12 avril 2021 (Source : OVPF)

Réchauffement climatique et avalanches meurtrières en Suisse // Global warming and deadly avalanches in Switzerland

Plusieurs études ont montré que le réchauffement climatique accroît les risques d’avalanche. On observe de plus en plus de longues périodes sèches, froides et sans précipitations alternant avec des chutes de neige brèves mais abondantes. Les périodes sèches favorisent la formation de couches fragiles à la surface du manteau neigeux. Ces couches fragiles sont ensuite recouvertes par une nouvelle neige. Les conditions sont alors réunies pour un déclenchement d’avalanches de plaques. Les études montrent que 90% des accidents mortels sont causés par ce type se situation nivale. Très souvent, c’est le skieur qui déclenche l’avalanche qui va l’ensevelir.
De plus, avec la hausse en altitude de la limite pluie/neige, on observe une augmentation de la densité des couches supérieures du manteau neigeux par humidification. Cela signifie que les contraintes exercées sur les couches fragiles en dessous sont plus fortes et peuvent provoquer leur rupture.

Ces nouvelles conditions du manteau neigeux liées au réchauffement climatique expliquent en grande partie le bilan très lourd des avalanches en Suisse pendant l’hiver 2020-2021. 27 skieurs avaient perdu la vie le 31 mars 2021, date des dernières statistiques. C’est 50% de plus que la moyenne pendant cette la période hivernale. 296 personnes ont été surprises par des avalanches, soit une hausse de 67%. La moyenne était de 177 au cours des 20 dernières années.

Parmi toutes les avalanches, 215 ont été déclenchées par des skieurs ou des randonneurs, contre 113 au cours des 20 dernières années.  Au cours de cette même période, 18 skieurs avaient péri dans des avalanches. Au cours du seul hiver 2020-2021, 11 randonneurs a ski et 6 pratiquants du hors piste ont perdu la vie. L’accident le plus meurtrier a eu lieu dans la région de Verbier où 7 personnes – dont une championne olympique française de snowboard – ont été emportées à jamais par des avalanches.

Source : WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF.

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Several studies have shown that global warming increases the risk of avalanches. Long dry, cold and precipitation-free periods are increasingly observed, alternating with brief but heavy snowfalls. Dry periods favour the formation of fragile layers on the surface of the snowpack. These fragile layers are then covered with new snow. The conditions are then ripe for the triggering of plate avalanches. Studies show that 90% of fatal accidents are caused by this type of snow situation. Very often, the skier triggers the avalanche who will bury him.

In addition, with the increase in altitude of the rain / snow limit, one can observe an increase in the density of the upper layers of the snowpack by humidification. This means that the stresses exerted on the fragile layers below are greater and can cause them to break.

These new snowpack conditions linked to global warming largely explain the very heavy toll of avalanches in Switzerland during the winter of 2020-2021. 27 skiers had been killed on March 31st, 2021, the date of the latest statistics. This is 50% more than the average during this winter period. 296 people were surprised by avalanches, an increase of 67%. The average was 177 over the past 20 years.

Of all the avalanches, 215 were triggered by skiers or hikers, up from 113 in the past 20 years. During this same period, 18 skiers were killed in avalanches. During the winter of 2020-2021 alone, 11 ski tourers and 6 free-riders lost their lives. The deadliest accident took place in the Verbier region where 7 people – including a French Olympic snowboard champion – were swept away by avalanches forever.

Source: WSL Institute for Snow and Avalanche Research.

Photo: C. Grandpey

Solidarité caraïbe

Un article paru sur le site Martinique la 1ère montre que toute la Caraïbe se sent concernée par ce qui se passe à St Vincent-et-les-Grenadines avec l’éruption de La Soufrière. Toutes les îles sont prêtes à aider leur voisine en difficulté.

Il est vrai que la plupart des composantes de l’arc antillais sont sous la menace d’une éruption. On l’a vu avec celle de la Montagne Pelée et ses quelque 28 000 victimes en 1902, ou celle de Soufriere Hills à Montserrat en 1995. Plusieurs autres édifices volcaniques sur terre ou au fond de l’océan peuvent se réveiller à tout moment.

A l’occasion de l’éruption en cours sur la Soufrière de St Vincent, il est prévu d’accueillir à  la Barbade, à Sainte-Lucie et à Antigua 20 000 personnes réfugiées, sur  110 000 habitants de St Vincent. La  Martinique ne fait pas partie des hébergeurs potentiels, même si l’île dispose d’infrastructures performantes pour affronter une crise majeure.

La raison, c’est que la Martinique ne fait plus tout à fait partie de la Caraïbe, ce qui n’était pas le cas il n’y a pas si longtemps. L’article explique que l’île est certes un membre associé de la Caricom, mais elle n’y occupe plus une position centrale. Les relations avec les îles voisines de la Caraïbe sont irrégulières et épisodiques. Désormais, la Martinique est davantage tournée vers la France et l’Europe.

En revanche, les relations personnelles, comme les échanges sportifs et culturels restent bien présents. Si besoin est, la Martinique saura se mobiliser pour aider Saint Vincent à se sortir de ce mauvais pas. De plus, en fonction des vents, la Martinique n’est pas à l’abri de l’arrivée de cendres volcaniques ou d’un tsunami provoqué par de violents séismes. La distance entre la Martinique et Saint-Vincent n’est que de 177 kilomètres.

L’auteur de l’article explique que la solidarité des Martiniquais sera d’autant plus facile qu’il existe des relations anciennes très fortes avec Saint-Vincent. L’île a été l’un des refuges de des nèg mawon martiniquais lorsque l’esclavage a été interdit dans les possessions de la Grande-Bretagne, quinze ans avant celles de la France.

Auparavant, Saint-Vincent a été une plaque tournante de la rébellion des captifs africains échappés des bateaux négriers ou des plantations, alliés aux natifs de l’île, les Kalinagos – improprement appelés Caraïbes par les colons français. Ces opprimés n’ont pas cessé de guerroyer contre les colons et leurs milices. Des captifs évadés se sont établis dans l’île, s’y sont mariés et ont donné naissance à un peuple nouveau, les Garifunas, déportés plus tard en Amérique centrale par les Anglais.

Les souvenirs de cette époque montrent que les relations entre Martinique et Saint-Vincent ont de solides racines. La solidarité géographique et culturelle de Martinique vers Saint-Vincent ne sera pas donc un vain mot.

St Vincent sous la cendre de La Soufrière (Source : UWI)

Nouvelles de la Réunion, de Saint Vincent et d’Islande // News from St Vincent, Reunion Island and Iceland

Au quatrième jour de l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), le tremor éruptif s’est stabilisé après avoir connu le déclin habituel après la sortie de la lave, puis quelques fluctuations.

Les données satellitaires ont permis de tracer le contour précis de la coulée de lave qui, le 11 avril au soir, avait parcouru environ 3,2 km. Le front de coulée se situait au niveau du cassé des Grandes Pentes, vers 1690 m d’altitude. La lave devrait désormais avancer un peu plus rapidement en direction de la Route des Laves, mais elle a encore un long chemin à parcourir avant de l’atteindre. Si elle continue sa progression, la coulée devrait toutefois être visible depuis la route dans les heures qui viennent.

Comme indiqué précédemment, cette coulée est alimentée par deux bouches éruptives, une principale et une secondaire qui émettent des fontaines de lave de 30 à 60 mètres de hauteur. Le site éruptif est toujours bien visible depuis le Piton de Bert. Attention de stationner correctement les véhicules et de respecter les horaires du couvre-feu, sinon gare aux amendes.

Attention!! Bivouacs interdits à partir du 13 avril 2021 !

Malgré l’instauration d’un couvre-feu de 18h à 5h, plusieurs rassemblements ont été constatés, en particulier dans le secteur du volcan à l’occasion de l’éruption, avec notamment des pique-niques, des veillées festives et des regroupements de plus de 6 personnes.. Afin d’éviter l’apparition de chaines de contamination, la pratique du bivouac est interdite à compter du mercredi 13 avril, sur l’ensemble du territoire.

Source : Presse réunionnaise, OVPF.

Situation de la coulée de lave le 11 avril 2021

Crédit photo : C. Holveck

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À la lecture des médias locaux, il semble qu’aucune nouvelle éruption explosive ne se soit produite à La Soufrière de Saint-Vincent au cours des dernières heures. La presse s’attarde sur les coupures de courant dues à la cendre et sur les problèmes d’approvisionnement en eau. Les photos satellites montrent que le sommet du volcan est bouleversé. Il semble que la récente activité éruptive ait ouvert une nouvelle bouche et que les dômes de lave de 1979 et 2020-2021 aient disparu ou soient enfouis sous les matériaux émis par la dernière activité.

L’activité sismique de La Soufrière continue selon le schéma amorcé la veille. Le réseau sismique enregistre de courts épisodes de tremor de forte amplitude, chacun d’une durée d’environ 20 minutes, avec des intervalles de une à six heures. Ces épisodes de tremor semblent coïncider avec des périodes de fortes émissions de gaz et de cendre ou d’activité explosive. Le volcan continue d’émettre de grandes quantités de cendres. Les scientifiques de l’UWI affirment que les explosions et les retombées de cendres qui les accompagnent continueront probablement de se produire au cours des prochains jours.

84 abris hébergeant plus de 3 718 occupants sont désormais pleinement opérationnels. L’évacuation des personnes qui refusaient de quitter leurs localités se poursuit. La NEMO informe le public que, dans un effort pour protéger les droits, la vie privée, la santé (coronavirus) et la dignité des personnes dans les hébergemets d’urgence, les photos ou vidéos de personnes ne sont pas autorisées.

Dernière minute (à confirmer) : Une importante séquence explosive s’est produite sur La Soufrière vers 4h15 le 12 avril 2021.. Selon la NEMO, un effondrement du dôme a été observé, avec des coulées pyroclastiques le long des vallées sur la côte est et ouest.

Les scientifiques de l’UWI expliquent que le schéma éruptif s’est de nouveau modifié au cours des dernières heures.

Il y a maintenant quatre à cinq heures entre les explosions. Du magma juvénile est à présent émis lors des explosions. Il existe une incertitude quant à leur durée.

Les informations arrivent de manière désordonnée et dans un anglais souvent approximatif. Il est parfois difficile de faire le tri entre les événements  passés et la dernière actualité !

Source: Médias locaux.

Source: Capella Space.

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L’éruption se poursuit dans la Gelingadalur (Islande) sans changement significatif. A noter toutefois qu’une 4ème fracture a donné naissance à un nouveau point d’émission de lave entre les fractures du 5 et du 7 avril 2021. L’événement s’est produit le 11 avril sur le coup de 3 heures du matin (heure locale).

Les visiteurs du site éruptif doivent se méfier des gaz volcaniques et prendre en compte les nouvelles restrictions d’entrée en Islande. La zone est sous surveillance et contrôlée de midi à minuit. En dehors de ces horaires, il en va de la responsabilité de chacun.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une bone vidéo de l’éruption réalisée à l’aide d’un drone. La dernière partie en accéléré est un peu longue. C’est dommage car le reste est fort correct.

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On the fourth day of the Piton de la Fournaise eruption (Reunion Island), the eruptive tremor has stabilized after experiencing the usual decrease after lava emerged, then some fluctuations.

Satellite data made it possible to trace the precise outline of the lava flow which, on the evening of April 11th, had travelled about 3.2 km. The flow front was at the start of the Grandes Pentes, about 1690 m a.s.l. The lava should now move a little faster towards the Route des Laves, but it still has a long way to go before it reaches the road. At the curren rate, the flow should be visible from the road in the coming hours.

As I put it previously, this flow is supplied by two eruptive vents, a main and a secondary which emit lava fountains 30 to 60 meters high. The eruptive site is still clearly visible from the Piton de Bert. Visitors should park vehicles correctly and respect the curfew hours, otherwise they will be fined.

Source: Reunion press, OVPF.

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Reading the local news media, it seems no new powerful explosive eruption has occurred at St Vincent’s La Soufriere during the past hours. The press tells about the power outages because of the ashfall and the water supply problems. Satellite photos show that the summit of the volcano is completely changed. It looks as if the recent eruptive activity has opened up a large new vent, and the 1979 and 2020-21 lava domes are gone or buried.

Seismic activity at La Soufrière Volcano continued the pattern that began the day before. The seismic network recorded short episodes of high-amplitude seismic tremor, each lasting around 20 minutes, with gaps between them from one to six hours. The tremor episodes seem to coincide with periods of enhanced venting or explosive activity. The volcano continues to emit copious amounts of ash. UWI scientists say that explosions and accompanying ashfall are likely to continue to occur over the next few days.

84 shelters with more than 3718 occupants are now fully operational. The evacuation of persons who had previously remained behind in their communities continues. The National Emergency Management Organisation (NEMO) wishes to inform the public that in an effort to protect the rights, privacy, health (coronavirus) and dignity of persons living in the emergency shelters, unauthorized filming, video recording or taking of photos of persons will not be permitted in the emergency shelters.

Last minute (to be confirmed) : A large explosive eruption has occurred at the La Soufriere at about  4.15 am on April 12th, 2021.

According to NEMO, dome collapse and pyroclastic flows have ebbe observed along the valleys on the eastern and western coast.

UWI scientists explain that the eruptive pattern has changed over the last hours. There are now four to five hours between explosions. Fresh magma is being emitted in the ongoing explosions. There is uncertainty about their duration.

The news arrives in a disorderly manner and in an approximate English. It is sometimes difficult to sort out the past and the latest news!

Source : Local news media.

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The eruption is going on in Gelingadalur (Iceland) with no significant changes. Visitors should beware of the volcanic gases and take into account the new entry retrictions in Iceland. It should be noted, however, that new lava emerged from a 4th fissure between the 5 and 7 April fissures. The event occurred on April 11th, 2021 at about 3 o’ clock in the morning (local time).

The eruption site is monitored and controlled from noon to midnight. The rest of the time, it is everyone’s responsibility.