Les super éruptions de Yellowstone // Yellowstone’s super eruptions

Attraction touristique majeure aux États-Unis, Yellowstone est l’un des rares volcans du monde à avoir connu des super éruptions. Ces événements comptent parmi les plus extrêmes et les plus redoutés sur Terre. Les super volcans émettent d’énormes quantités de matériaux – au moins 1 000 fois plus que l’éruption du Mont St. Helens en 1980 – et ils sont capables de modifier le climat de la planète.
La dernière super éruption de Yellowstone se serait produite il y a environ 630 000 ans. Certains scientifiques affirment que le volcan est en retard dans son cycle éruptif, ce qui signifie qu’une éruption pourrait se produire à court terme. Heureusement, les cycles éruptifs n’ont jamais été clairement démontrés en volcanologie et il n’y a actuellement aucun signe d’une éruption imminente dans le Parc National de Yellowstone.
Une nouvelle étude publiée dans la revue Geology explique que deux super éruptions ont récemment été identifiées à Yellowstone, en relation avec le déplacement du point chaud sous la région. L’une d’elles a été probablement l’événement le plus cataclysmique jamais observé. Au final, les résultats de l’étude indiquent que le point chaud qui donne naissance aujourd’hui à l’activité hydrothermale dans le Parc National de Yellowstone est peut-être en train de décliner en intensité.
Les auteurs de l’étude ont utilisé un ensemble de techniques scientifiques pour analyser les dépôts volcaniques répartis sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés. Ils ont découvert que ceux que l’on croyait appartenir à plusieurs éruptions mineures sont en fait d’immenses nappes de matériaux volcaniques émis par deux super éruptions il y a environ 9,0 et 8,7 millions d’années. La plus jeune, la super éruption de Grey’s Landing, est à ce jour l’événement le plus important observé dans l’ensemble de la province volcanique de Snake-River-Yellowstone.
L’équipe scientifique, qui comprend des chercheurs de l’Université de Leicester, du British Geological Survey et de l’Université de Californie à Santa Cruz, estime que la super éruption de Grey’s Landing était 30% plus puissante que la détentrice du record précédent, celle de Huckleberry Ridge. Elle a eu des effets dévastateurs à l’échelle locale et au niveau de la planète. L’éruption de Grey’s Landing a recouvert de verre volcanique à haute température une zone de la taille du New Jersey où tout a été brûlé et stérilisé à la surface du sol. Tout ce qui se trouvait dans cette région a été enfoui et très probablement vaporisé pendant l’éruption. Les particules de cendre ont probablement saturé la stratosphère, avec des retombées d’abord sur l’ensemble des Etats-Unis, puis l’ensemble de la planète.
Les deux super éruptions qui viennent d’être découvertes se sont produites pendant le Miocène, il y a 23-5,3 millions d’années. Elles portent à six le nombre de super éruptions enregistrées au Miocène dans la province volcanique de Yellowstone-Snake River. Cela signifie que la fréquence des super éruptions au niveau du point chaud de Yellowstone au cours du Miocène était, en moyenne, une fois tous les 500 000 ans.
En comparaison, deux super éruptions ont eu lieu au cours des trois derniers millions d’années dans ce qui est maintenant le Parc National de Yellowstone. Il semble donc que le point chaud de Yellowstone connaisse un très net déclin de sa capacité à produire des super éruptions.
Les chercheurs font remarquer que leur étude n’a pas pour but d’évaluer le risque d’une nouvelle super éruption à Yellowstone. Leurs recherches démontrent que la fréquence des super éruptions à Yellowstone semble être d’une fois tous les 1,5 million d’années. Comme je l’ai écrit plus haut, la dernière super éruption a eu lieu il y a 630 000 ans, ce qui laisse supposer qu’il faudra attendre jusqu’à 900 000 ans avant que se produise une autre éruption de cette ampleur. Cependant, cette estimation est loin d’être exacte et il faut continuer à surveiller l’activité volcanique dans la région.
Source: Geological Society of America.

La prévision éruptive à court terme pose toujours de gros problèmes. Inutile de dire que nous sommes bien incapables de prévoir ce qui se produira à Yellowstone dans les prochaines décennies ou les prochains siècles !

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 A major tourist attraction in the United States, Yellowstone volcano lists among the few volcanoes of the world that went through super eruptions. Super eruptions are some of the most extreme events on Earth. They eject enormous volumes of material – at least 1,000 times more than the 1980 eruption of Mount St. Helens – and have the potential to alter the planet’s climate.

The latest super eruption at Yellowstone is said to have occurred about 630,000 years ago and some scientists affirm that the volcano is late in its eruptive cycle, which means an eruption would happen in the short term. Fortunately, eruptive cycles have never clearly been proved in volcanology and there are currently no signs of an impending eruption.

A new study published in Geology announces the discovery of two newly identified super-eruptions associated with the Yellowstone hotspot track, including what researchers believe was the volcanic province’s largest and most cataclysmic event. The results indicate the hotspot, which today fuels hydrothermal activity in Yellowstone National Park, may be waning in intensity.

The scientists used a combination of techniques to correlate volcanic deposits scattered across tens of thousands of square kilometres. They discovered that deposits previously believed to belong to multiple, smaller eruptions were in fact colossal sheets of volcanic material from two previously unknown super-eruptions at about 9.0 and 8.7 million years ago. The younger of the two, the Grey’s Landing super-eruption, is now the largest recorded event of the entire Snake-River-Yellowstone volcanic province.

The team, which   includes researchers from the University of Leicester, the British Geological Survey and the University of California, Santa Cruz, estimates the Grey’s Landing super-eruption was 30% larger than the previous record-holder (the well-known Huckleberry Ridge Tuff) and had devastating local and global effects. The Grey’s Landing eruption enamelled an area the size of New Jersey in searing-hot volcanic glass that instantly sterilized the land surface. Anything located within this region was probably buried and most likely vaporized during the eruption. Particulates probably choked the stratosphere, raining fine ash over the entire United States and gradually encompassing the globe.

Both of the newly discovered super-eruptions occurred during the Miocene, namely 23-5.3 million years ago. These two new eruptions bring the total number of recorded Miocene super-eruptions at the Yellowstone-Snake River volcanic province to six. This means that the recurrence rate of Yellowstone hotspot super-eruptions during the Miocene was, on average, once every 500,000 years.

By comparison, two super-eruptions have, so far, taken place in what is now Yellowstone National Park during the past three million years. It therefore seems that the Yellowstone hotspot has experienced a three-fold decrease in its capacity to produce super-eruption events, which is a very significant decline.

The reserachers indicate that the findings of their study have little bearing on assessing the risk of another super-eruption occurring today in Yellowstone. They have demonstrated that the recurrence rate of Yellowstone super-eruptions appears to be once every 1.5 million years. As I put it above, the last super-eruption there was 630,000 years ago, suggesting we may have up to 900,000 years before another eruption of this scale occurs. However, this estimate is far from exact and monitoring of volcanic activity in the region should continue.

Source :  Geological Society of America.

Short-term eruptive prediction is still a problem. Needless to say that we are fully unable to predict what will happen at Yellowstone in the next decades or centuries.

Déplacement du point chaud de Yellowstone en millions d’années (Source : Wikiwand)

Coupe sud-ouest / nord-est sous Yellowstone obtenue grâce à l’imagerie sismique (Source: University of Utah)

Photos : C. Grandpey

La Suisse veut exporter son CO2 en Norvège // Switzerland wants to export its CO2 to Norway

Dans une note publiée le 17 juin 2016, j’abordais le projet CarbFix lancé en Islande à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. Cette centrale exploite une source de vapeur produite par le magma à faible profondeur, en sachant que du CO2 et des gaz soufrés d’origine volcanique sont émis en même temps que la vapeur. Le but est de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Vous pourrez lire cette note en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

La Suisse s’intéresse elle aussi au stockage du gaz carbonique. C’est ainsi que les usines de retraitement des déchets appellent la Confédération à créer un vaste réseau de pipelines pour exporter leur CO2 vers la Norvège, où il serait stocké dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord.

Les 30 usines suisses de retraitement des déchets produisent chacune plus de 100 000 tonnes de CO2 par an. Deux d’entre elles, celle de Monthey (Valais) et de Linth (Glaris), ont lancé des projets pilotes visant à éliminer ces émissions et elles veulent piéger le gaz carbonique à l’aide de filtres.

Les 30 usines suisses de traitement des déchets rejettent plus de 4 millions de tonnes de CO2 par an, soit 4,5% des émissions totales de la Suisse. Par le passé, des canalisations évacuaient et traitaient les eaux usées. Aujourd’hui, il serait souhaitable de créer un réseau pour évacuer le CO2. Ce réseau pourrait être relié à d’autres grands émetteurs de CO2 comme les cimenteries ou l’industrie chimique. Selon le président de l’Association suisse des exploitants d’installations de traitement des déchets (ASED),« sans capture du CO2 à grande échelle, nous ne parviendrons pas à atteindre les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. »

Comme la Suisse ne dispose pas de capacité de stockage suffisante, les incinérateurs veulent relier leurs usines à un réseau de pipelines qui permettrait d’exporter ce gaz carbonique vers le nord de l’Europe et plus particulièrement la Norvège. Le pays stocke déjà avec succès du CO2 dans d’anciens gisements de gaz naturel sous la mer du Nord depuis 1996 et il s’apprête d’ici 2024 à ouvrir de nouveaux réservoirs pour y enfouir du CO2 européen.

L’enfouissement du CO2 dans des couches géologiques profondes est toutefois contesté. Selon Greenpeace, « il n’est pas encore prouvé que le CO2 qu’on envoie dans ces couches géologiques y reste; on n’est pas sûr qu’il n’y ait pas de fuite. Or, du CO2 qui s’échapperait dans la mer mettrait en danger l’écosystème marin. »

Malgré ces risques, la Confédération helvétique a déjà assuré son soutien au projet des usines d’incinération.

Exporter du CO2 à l’étranger est toutefois aujourd’hui encore interdit. Pour que la Suisse puisse stocker son CO2 sous la mer, elle devra ratifier les modifications de la Convention de Londres, un accord international qui protège les mers de la pollution.

Source : Radio Télévision Suisse (RTS).

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In a post released on June 17th, 2016, I referred to the CarbFix project launched in Iceland next to a geothermal power plant outside Reykjavik. This plant basically taps a source of steam above Iceland’s shallow magma chambers, but some volcanic CO2 and sulphur gas come along with it. The goal is to capture that gas and stick it back underground. That’s done with an injection well drilled down into basalt bedrock. You can read my post by clicking on this link:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

Switzerland too is interested in storing carbon dioxide. The waste reprocessing factories are calling on the Confederation to create a vast network of pipelines to export their CO2 to Norway, where it would be stored in former natural gas fields under the North Sea.
The 30 Swiss waste reprocessing plants each produce more than 100,000 tonnes of CO2 per year. Two of them, Monthey (Valais) and Linth (Glaris), have launched pilot projects to eliminate these emissions and they want to trap carbon dioxide by using filters.
The 30 Swiss waste treatment plants emit more than 4 million tonnes of CO2 per year, or 4.5% of Switzerland’s total emissions. In the past, pipes evacuated and treated wastewater. Today, a good idea would be to create a network to remove CO2. This network could be linked to other large CO2 emitters such as cement factories or the chemical industry. According to the president of the Swiss Association of Waste Treatment Plant Operators (ASED), « without large-scale CO2 capture, we will not be able to meet the commitments made under the Paris agreement. »
As Switzerland does not have sufficient storage capacity, the incinerators want to connect their factories to a network of pipelines which would allow this carbon dioxide to be exported to the north of Europe and more particularly to Norway. The country has already successfully stored CO2 in former natural gas fields under the North Sea since 1996 and is preparing to open new storage capacities by 2024 to bury European CO2 there.
The burial of CO2 in deep geological layers is however disputed. According to Greenpeace, « it is not yet proven that the CO2 that we pump in these geological layers remains there, we are not sure that there is no leak. The CO2 that would escape in the sea would endanger the marine ecosystem. »
Despite these risks, the Swiss Confederation has already provided support for the incineration plant project.
However, exporting CO2 abroad is still prohibited today. Fot Switzerland to be allowed to store its CO2 under the sea, the country will have to ratify the modifications of the London Convention, an international agreement which protects the seas from pollution.
Source: Radio Télévision Suisse (RTS).

La centrale géothermique islandaise impliquée dans le projet CarbFix (Photo : C. Grandpey)

Nouvelles coulées de lave au large de Mayotte ? // New lava flows off Mayotte island ?

Depuis deux ans, l’île de Mayotte fait face à une importante crise sismo-volcanique. Elle se traduit par la présence d’un essaim sismique très actif qui a débuté le 10 mai 2018 à l’Est des côtes de Mayotte. Plusieurs milliers d’événements ont été enregistrés et plusieurs centaines de secousses ont été ressenties par la population mahoraise. Le séisme le plus significatif, d’une magnitude de M 5,9, a eu lieu le 15 mai 2018 et a fortement inquiété les habitants.

Les scientifiques ont découvert que la cause de cette intense sismicité était l’éruption d’un volcan sous-marin d’une hauteur de 800 mètres et d’un diamètre de 4-5 km à sa base. Il est situé à 3500 mètres de profondeur.

Le réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (REVOSIMA) a lancé deux campagnes de surveillance du volcan sous-marin au mois de mai.

La première campagne, Mayobs 13-2, s’est déroulée du 4 au 11 mai. Opérée par l’IFREMER, l’IPGP, le BRGM et le CNRS elle a permis « d’acquérir des relevés du fond marin et des images de la colonne d’eau sur une surface d’environ 1500 km2 à l’Est de l’île de Mayotte« .
Grâce à ces relevés, les scientifiques ont constaté que le volcan sous-marin découvert en mai 2019 à 50 km à l’est des côtes de Mayotte « ne montre pas d’évolution majeure depuis le mois d’août dernier ». En revanche, le relief du fond marin a été modifié sur un secteur de 5 km2 au Nord-Ouest du volcan et cela pourrait résulter de nouvelles coulées de lave, d’autant plus que deux nouveaux panaches de fluides chauds à 1400 m de profondeur ont été identifiés.
La deuxième campagne, Mayobs 13-1 s’est déroulée du 6 au 19 mai à bord du Champlain de la Marine nationale. Elle a consisté à récupérer des sismomètres disposés au fond de la mer. Ceux-ci ont pour mission d’affiner la surveillance du volcan en complément de sismomètres disposés à terre. Leurs donnés vont être rendues publiques à la fin du mois de juin. D’autres sismomètres ont été immergés pour une nouvelle série de mesure qui durera 6 mois.

Depuis le mois de juillet 2018, conséquence de l’éruption sous-marine, l’île de Mayotte s’est déplacée vers l’Est de 20 à 23 cm et s’est enfoncée de 9 à 17cm selon la localisation.

Source : La 1ère France Info, Le Journal de Mayotte.

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For the past two years, Mayotte has faced a major seismic-volcanic crisis. The island went through a very active seismic swarm that started on May 10th, 2018 off the eastern coast. Several thousand events have been recorded and several hundred tremors have been felt by the Mahoran population. The largest earthquake with a magnitude M 5.9 occurred on May 15th, 2018 and caused a wave of anxiety among the population.
Scientists have discovered that the cause of this intense seismicity was the eruption of an underwater volcano 800 meters high and 4-5 km in diameter at its base. It is located 3500 meters deep.
The Mayotte volcanological and seismological monitoring network (REVOSIMA) launched two underwater volcano monitoring campaigns in May.
The first campaign, Mayobs 13-2, ran from May 4th to 11th. Operated by IFREMER, IPGP, BRGM and CNRS, it « enabled the acquisition of seabed surveys and images of the water column over an area of ​​approximately 1,500 km2 east of  Mayotte Island « .
Thanks to these surveys, scientists have found that the underwater volcano discovered in May 2019 50 km east of the coast « has not shown any major evolution since last August ». On the other hand, the relief of the seabed has been modified over an area of ​​5 km 2 to the northwest of the volcano and this could result from new lava flows, especially since two new plumes of hot fluids at 1400 m deep have been identified.
The second campaign, Mayobs 13-1, took place from May 6th to 19th on the French Navy ship Champlain. It consisted in recovering seismometers set up at the bottom of the sea. Their mission is to refine the monitoring of the volcano in addition to seismometers on land. Their data will be made public at the end of June. Other seismometers have been submerged for a new series of measurements which will last 6 months.
Since July 2018, as a result of the underwater eruption, the island of Mayotte has moved east 20 to 23 cm and sank 9 to 17 cm depending on the location.
Source: La 1ère France Info, Le Journal de Mayotte.

Pollution au mazout dans l’Arctique : Un désastre écologique majeur // Diesel pollution in the Arctic : a major environmental disaster

Comme je l’ai écrit précédemment, le président russe Vladimir Poutine a déclaré l’état d’urgence à Norilsk (Sibérie) le 4 juin 2020, à la suite du déversement de 20 000 tonnes de mazout dans cette région située au-dessus du cercle polaire arctique. Pour  le World Wildlife Fund (WWF), la catastrophe est la deuxième plus importante de la Russie moderne après la marée noire de 1994 dans la région de Komi au nord-ouest du pays. Greenpeace Russie a comparé l’événement à la marée noire causée par le pétrolier Exxon Valdez en 1989.
La pollution s’est produite lorsqu’un réservoir de combustible d’une centrale électrique près de Norilsk s’est effondré le 29 mai. Vladimr Poutine s’est mis en colère et a demandé à l’entreprise pourquoi il n’avait été informé de l’accident que deux jours plus tard
Des centaines de personnes ont été déployées pour essayer d’endiguer la pollution, mais elles n’ont réussi à récupérer que 340 tonnes de mazout à ce jour. Le combustible, facilement identifiable par sa couleur rouge, s’est répandu dans la rivière Ambarnaya les 31 mai et 1er juin. Cette rivière se jette dans le lac Pyasino, un important plan d’eau et la source de la rivière Pysaina.
Le déversement du mazout est probablement dû à la rupture des piliers qui soutiennent le réservoir de stockage en raison de la fonte du pergélisol. Il y a quelques jours, j’ai indiqué que des températures normalement douces étaient enregistrées en Sibérie. La fonte du permafrost est bien sûr liée au réchauffement climatique et a déjà provoqué d’autres problèmes, notamment des dégâts aux routes et aux maisons, ainsi que des perturbations à l’agriculture et à l’élevage dans toute la Sibérie.
Ce n’est pas la première fois que la société Norilsk Nickel provoque une catastrophe environnementale. Elle a déjà été responsable de la « rivière de sang » en Sibérie en 2016, avec pour conséquence une immense zone aquatique morte à cause d’une pollution par des déchets métallurgiques.
Selon le coordinateur des projets de l’Arctique pour le WWF Russie, l’accident actuel a aura conséquences catastrophiques pendant plusieurs années. On observera inévitablement des poissons morts, des oiseaux avec le plumage englué et des animaux empoisonnés. Le vice-ministre russe des ressources environnementales a déclaré qu’il faudrait au moins 10 ans pour que l’écosystème local retrouve un équilibre.
Source: The Watchers, WWF.

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As I put it previously, President Vladimir Putin declared a state of emergency in Norilsk, Siberia, on June 4th, 2020, following a 20,000 tonne-oil spill in the region which is locates above the Arctic Circle. The World Wildlife Fund (WWF) described the disaster as the second largest in modern Russian history since the 1994 oil spill in the north-western region of Komi. Greenpeace Russia compared it to the 1989 Exxon Valdez tanker spill.

The spillage occurred when a fuel tank at a power plant near the city collapsed on May 29th. Putin criticized the company, questioning why he was only informed of the spill two days later

Hundreds of personnel have been deployed to clean up the spill but they have gathered only around 340 tons so far. The oil, which is identified by a red streak, could clearly be seen in the Ambarnaya River on May 31st and June 1st. This river flows into Lake Pyasino, a major body of water and source of the Pysaina River.

The leakage was most probably due to the collapse of the pillars that support the storage tank because of the melting of permafrost. A few days ago, I indicated that normally mild temperatures are recorded in Siberia. Permafrost thawing is of course linked to climate change and has triggered issues, including damage to roads and houses, as well as disruptions to agriculture and herding throughout Siberia.

The Norilsk Nickel company is not new to environmental disasters. They were already responsible for the « blood river » in Siberia in 2016, a huge dead zone in the water due to metallurgical waste.

According to the coordinator of Arctic projects for WWF Russia, the current incident has led to catastrophic consequences that will last for years. Dead fish, polluted plumage of birds, and poisoned animals will inevitably be observed. The Russian deputy minister of national resources and the environment said that it would take at least 10 years for the local ecosystem to recover.

Source: The Watchers, WWF.

La pollution vue par le satellite Sentinel-2 de l’ESA