Anak Krakatau (Indonésie)

Selon plusieurs témoins, l’Anak Krakatau a connu un épisode éruptif dans la soirée du 10 avril 2020, avec un volumineux panache de cendres et de matériaux incandescents qui a atteint  500 mètres de hauteur.
Malgré l’éruption, les autorités n’ont pas augmenté le niveau d’alerte du volcan qui reste à 2, sur une échelle de 4 niveaux, avec une zone d’exclusion de 2 kilomètres de rayon.
Source: VSI.

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Selon le centre de gestion des catastrophes (PVMBG), l’éruption s’est composée d’une première séquence éruptive qui a duré une minute et 12 secondes, suivie d’un deuxième événement qui a duré 38 minutes et 4 secondes. L’éruption s’est poursuivie jusqu’à samedi matin vers 6 h 00 (heure locale).
Certains internautes de Jakarta ont déclaré avoir entendu un fort grondement au moment de l’éruption, mais les autorités indiquent que ce n’est guère possible car les éruptions n’ont pas été entendues depuis le poste d’observation situé près de l’Anak Krakatau. Un volcanologue local pense que le bruit provoqué par l’éruption a pu résonner dans Jakarta car il y avait moins d’activité et de bruit dans la région en raison du confinement lié au COVID-19.
L’éruption a été relativement faible comparée aux événements survenus entre décembre 2018 et janvier 2019. Toutefois, les habitants du littoral de Kalianda dans le Sud Lampung sont partis, par peur d’un nouveau tsynami.
Source: The Jakarta Post.

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According to several eye witnesses, Anak Krakatau erupted late in the evening of April 10th, 2020, sending a massive plume of ash and incandescent material as high as 500 metres high.

Despite the eruption, authorities have not increased the volcano’s alert level which remains at 2, on a scale of 4 levels, with a 2-kilometre radius exclusion zone.

Source : VSI.

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According to the Center for Volcanology and Geological Disaster Mitigation’s (PVMBG), a first eruption lasted one minute and 12 seconds starting  A second event lasted 38 minutes and 4 seconds. The eruption continued until Saturday morning at about 6:00 a.m. (local time).

Some internet users in Jakarta said they heard a loud rumble but authorities doubted the assumption, saying the eruptions could not even be heard from the Anak Krakatau observation post. A local volcanologist suggested that the sound caused by the eruption could have echoed throughout Jakarta as there was less activity and noise in the area as a result of social restrictions over COVID-19.

The eruption was relatively small compared to eruptions that occurred between December 2018 and January 2019. Following the last eruptions, residents of the Kalianda coastline in South Lampung evacuated, fearing that a tsunami might occur again.

Source : The Jakarta Post.

Photo: C. Grandpey

Une forêt tropicale en Antarctique! // A rainforest in Antarctica!

Une étude initialement publiée dans la revue Nature et relayée par la presse scientifique nous informe que des traces fossiles d’une ancienne forêt tropicale, avec des racines, du pollen et des spores, ont été découvertes en Antarctique Occidental. Elles prouvent qu’il y a environ 90 millions d’années, la région n’était pas recouverte par la glace.
Au milieu du Crétacé (il y a 145 millions à 65 millions d’années), les dinosaures parcouraient la Terre et le niveau des océans était de 170 mètres plus élevé qu’aujourd’hui. La température à la surface de la mer sous les tropiques atteignait 35°C.
Ce climat très chaud a permis à une forêt tropicale de prendre racine en Antarctique. Des restes de cette forêt ont été découverts sous la glace dans une carotte de sédiments prélevée en 2017 par une équipe internationale de chercheurs sur le plancher océanique à proximité du glacier de Pine Island, dans l’ouest de l’Antarctique.
En découvrant la carotte, l’équipe scientifique a tout de suite réalisé qu’elle se trouvait devant quelque chose d’exceptionnel. La couche de sédiments datant d’il y a environ 90 millions d’années présentait une couleur bien différente de celles qui la surmontaient. De retour au laboratoire, les chercheurs ont introduit la carotte dans un scanner CT (Computed Tomography – Tomodensitométrie). L’image numérique obtenue montre un épais réseau de racines parcourant toute la couche de sol prélevée. Elle révèle également des pollens, des spores et les restes de plantes à fleurs très anciens, datant du Crétacé.
En analysant le pollen et les spores, un spécialiste de paléoécologie de l’Université de Northumbria en Angleterre a pu reconstruire la végétation et le climat il y a 90 millions d’années en Antarctique Occidental. Les nombreux restes de plantes indiquent que la côte de l’Antarctique Occidental était recouverte d’une forêt dense tempérée et marécageuse, semblable aux forêts que l’on rencontre en Nouvelle-Zélande aujourd’hui.
La carotte de sédiments a aussi révélé qu’au milieu du Crétacé l’Antarctique Occidental avait un climat doux, avec une température moyenne de l’air d’environ 12°C, semblable à celle de Seattle dans l’État de Washington. Les températures estivales étaient plus chaudes, avec une moyenne de 19°C. Dans les rivières et les marécages, l’eau atteignait probablement jusqu’à 20°C.
S’agissant de la météo, les précipitations à cette époque étaient comparables à celles du Pays de Galles ou de l’Angleterre aujourd’hui. Les températures qui viennent d’être mentionnées sont incroyablement chaudes si l’on prend en compte le fait que l’Antarctique a une nuit polaire de quatre mois, ce qui signifie qu’un tiers l’année n’est pas éclairé par la lumière du soleil avec tous ses bienfaits. Cependant, l’atmosphère était plus chaude surtout parce que la concentration de dioxyde de carbone était élevée, et même plus élevée qu’on ne le pensait, avant la découverte de la carotte de sédiments.
Avant le début de l’étude, la plupart des scientifiques pensaient que la concentration de dioxyde de carbone à l’échelle de la planète pendant le Crétacé était d’environ 1 000 ppm. Cependant, dans leurs modélisations, les chercheurs dû avoir recours à des niveaux de concentration de 1 120 à 1 680 ppm pour pouvoir atteindre les températures moyennes en Antarctique pendant cette période.
Les résultats des manipulations montrent à quel point des concentrations élevées de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone peuvent faire monter en flèche les températures, au point que l’Antarctique Occidental, aujourd’hui recouvert par la glace, a autrefois abrité une forêt tropicale. De plus, on se rend compte de l’importance de l’effet de refroidissement exercé par les calottes glaciaires d’aujourd’hui.
Grâce à l’étude, les scientifiques savent maintenant qu’il y avait quatre mois consécutifs sans soleil en Antarctique pendant le Crétacé. Toutefois, comme la concentration de dioxyde de carbone était très forte, le climat autour du pôle Sud était tempéré, et le continent dépourvu de glace.
Reste à savoir maintenant quelle a été la cause du refroidissement spectaculaire du climat en Antarctique, avec la formation d’une calotte glaciaire après la période chaude. La réponse à cette question constitue désormais un défi majeur pour les climatologues.

Source: Presse scientifique internationale, comme Live Science.

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 A study originally published in the journal Nature and relayed by the scientific press informs us that fossil traces – roots, pollen and spores – of an ancient rainforest have been unearthed in West Antarctica. They prove that about 90 million years ago, the region was not covered with ice.

During the middle of the Cretaceous period (145 million to 65 million years ago), dinosaurs roamed Earth and sea levels were 170 metres higher than they are today. Sea-surface temperatures in the tropics were as hot as 35 degrees Celsius.

This very warm climate allowed a rainforest  to take root in Antarctica. The rainforest’s remains were discovered under the ice in a sediment core that a team of international researchers collected from a seabed near Pine Island Glacier in West Antarctica in 2017.

As soon as the team saw the core, they knew they had something unusual. The layer that had formed about 90 million years ago was a different colour. More particularly, it clearly differed from the layers above it. Back at the lab, the team put the core into a CT (computed tomography) scanner. The resulting digital image showed a dense network of roots throughout the entire soil layer. The dirt also revealed ancient pollen, spores and the remnants of flowering plants from the Cretaceous period.

By analyzing the pollen and spores, a paleoecologist at Northumbria University in England, was able to reconstruct West Antarctica’s 90 million-year-old vegetation and climate. The numerous plant remains indicated that the coast of West Antarctica was a dense temperate, swampy forest, similar to the forests found in New Zealand today.

The sediment core revealed that during the mid-Cretaceous, West Antarctica had a mild climate, with an annual mean air temperature of about 12°C, similar to that of Seattle in Washington State. Summer temperatures were warmer, with an average of 19°C. In rivers and swamps, the water probably reached up to 20°C.

As far as the weather is concerned, the rainfall by that time was comparable to the rainfall of Wales or England, today. These temperatures are impressively warm, given that Antarctica had a four-month polar night, meaning that a third of every year had no life-giving sunlight. However, the world was warmer, in part, because the carbon dioxide concentration in the atmosphere was high, even higher than previously thought, according to the analysis of the sediment core.

Before the start of the study study, the general assumption was that the global carbon dioxide concentration in the Cretaceous was roughly 1,000 ppm. However, in the researchers’ model-based experiments, it took concentration levels of 1,120 to 1,680 ppm to reach the average temperatures during that period in Antarctica.

These findings show how potent greenhouse gases like carbon dioxide can cause temperatures to skyrocket, so much so that today’s freezing West Antarctica once hosted a rainforest. Moreover, it shows how important the cooling effects of today’s ice sheets are.

Thanks to the study, scientists now know that there could easily be four straight months without sunlight in the Cretaceous. But because the carbon dioxide concentration was so high, the climate around the South Pole was nevertheless temperate, without ice masses.

The question to be answered now is to know what caused the climate to dramatically cool with ice sheets forming again after Antarctic’s warmer period. The answers are now a major challenge for the international climate research community.

Source : International scientific press, like Live Science.

Vues de la forêt primaire sur l’Ile de Vancouver au Canada

Photos: C. Grandpey

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde ces derniers jours.

L’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a pris fin, mais l’OVPF met en garde contre les risques causés par les cheveux de Pelé qui sont retombés sur toute la zone sommitale du volcan. Le 7 avril 2020 sur sa page Facebook, l’Observatoire a demandé aux habitants, notamment aux fermiers, de décrire les cheveux de Pelé dans leur secteur afin de quantifier et analyser son impact. (voir carte ci-dessous)

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L’incandescence était visible la nuit et le matin dans le cratère sommital du Merapi (Indonésie) au cours des derniers jours. Un épisode éruptif le 2 avril a généré un panache de cendres qui s’est élevé à 3 km au-dessus du sommet. La morphologie du dôme de lave n’a pas beaucoup changé. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: CVGHM.

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Plusieurs émissions de cendres brunes s’élevant à 500 m au-dessus du sommet du Kerinci (Indonésie) ont été observées ces derniers jours. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et il est demandé au public de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: CVGHM.

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Des matériaux incandescents sont toujours expulsés par le cratère Jonggring-Seloko du Semeru (Indonésie). Les blocs incandescents qui se détachent des fronts de coulées de lave roulent jusqu’à 700-900 m du cratère. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester en dehors d’un rayon de 1 km du sommet et de 4 km sur le flanc SSE.
Source: CVGHM.

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La lave est toujours émise par le cratère principal de Karangetang (Indonésie) et parcourt 1,8 km dans plusieurs ravines sur les flancs sud-ouest et ouest. L’incandescence des deux cratères sommitaux est visible la nuit. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4).
Source: CVGHM.

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Le KVERT indique qu’une éruption accompagnée de puissantes explosions a été observée sur le Sheveluch (Kamchatka) dans la soirée du 8 avril 2020. Selon le VAAC de Tokyo , le panache de cendre est monté jusqu’à 10 km d’altitude. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange.

La couleur de l’alerte aérienne est également Orange pour le Klyuchevskoy.

Des explosions sont observées sur l’Ebeko (île de Paramushir / Russie), avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 2,2 km au-dessus du niveau de la mer. Une anomalie thermique a été identifiée sur les images satellites. La couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.

L’activité éruptive sur ces volcans peut poser des problèmes au trafic aérien dans la région.

Source: KVERT.

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Le Sangay (Equateur) reste très actif. Les panaches de cendres s’élèvent à 500-600 mètres au-dessus du sommet. Des signaux de lahars ont été enregistrés par le réseau sismique. Des blocs incandescents dévalent le flanc S du volcan.
Source: Instituto Geofosico.

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La sismicité reste élevée sur le Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). La webcam montre des panaches de vapeur s’élevant au-dessus du cratère sommital. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne reste à Orange.
La source ; AVO.

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A noter la belle activité sommitale de l’Etna (Sicile) qui m’a souhaité un bon anniversaire à sa façon. Merci à Joël Boyer d’avoir mis en ligne un assemblage d’images de la webcam L.A.V.E. sur le volcan (voir ci-dessous)

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Here is some news of volcanic activity around the world during the past days.

The eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) has come to an end but OVPF warns against the hazards caused by Pele’s hair that has fallen all over the summit area of the volcano. On April 7th, 2020 on its Facebook page,, the observatory asked residents, especially farmers, to report Pele’s hair in their areas in order to quantify and analyse its impact. (see map below)

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Incandescence was visible at night and in the morning in Merapi’s summit crater (Indonesia) during the past days. An eruption on April 2nd generated an ash plume that rose 3 km above the summit. The morphology of the lava dome has not much changed. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to stay outside the 3-km exclusion zone.

Source : CVGHM.

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Several brown ash emission rising 500 m above Kerinci’s summit (Indonesia) have been observed during the past days. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is warned to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source : CVGHM.

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Incandescent material is still ejected above Mt Semeru’s Jonggring-Seloko Crater (Indonesia). Incandescent blocks from lava flow fronts descend 700-900 m from the crater. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay outside a 1-km radius from the summit and 4 km on the SSE flank.

Source : CVGHM.

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Lava is still emitted by Karangetang’s Main Crater (Indonesia) and is travelling as far as 1.8 km down several drainages on the SW and W flanks. Incandescence from both summit craters is visible at night. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4).

Source : CVGHM.

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KVERT indicates that a strong explosive eruption took place at Sheveluch (Kamchatka) in the evening of April 8th, 2020. According to the Tokyo VAAC, the ash column rose up to 10 km above sea level. The aviation colour code was raised to Red, then lowered to Orange.

The aviation colour code is also Orange for Klyuchevskoy.

Explosions are observed at Ebeko (Paramushir Island / Russia), with ash plumes rising up to 2.2 km above sea level. A thermal anomaly has been identified in satellite images. The Aviation Colour Code remains at Orange.

Eruptiveg activity on these volcanoes could air traffic in the region.

Source: KVERT.

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A high level of activity is reported at Sangay (Ecuador). Ash plumes are rising 500-600 metres above the summit. Signals indicating lahars have been recorded by the seismic network. Incandescent blocks were seen descending the volcano’s S flank.

Source : Instituto Geofosico.

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Elevated seismicity is recorded at Shishaldin (Aleutians / Alaska). The webcam shows steam plumes rising from the summit craterl. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Colour Code remains at Orange.

Source ; AVO.

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It should be noted as well that Mt Etna is quite active these days. The volcano wished me a happy birthday in its own way. Thank you, Joël Boyer, for releasing these images of the L.A.V.E. webcam.

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Première carte élaborée par l’OVPF sur la dispersion et la concentration des cheveux de Pélé suite à l’éruption du Piton de la Fournaise.

L’intrusion magmatique sous la Péninsule de Reykjanes (Islande) // The magma intrusion beneath the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les personnes qui s’intéressent un tant soit peu à la géologie savent que l’Islande se trouve dans une zone d’accrétion, autrement dit sur un point de l’écorce terrestre où les plaques tectoniques Eurasiatique et Américaine s’écartent l’une de l’autre à raison de quelques centimètres chaque année. Cette situation géologique particulière induit une sismicité relativement élevée, mais les derniers événements observés sur la Péninsule de Reykjanes, dans le sud-ouest du pays, interpellent les scientifiques. Ils se demandent quelle peut être la cause de l’activité sismique intense et ils se posent une foule de question. Est-elle d’origine purement tectonique ? Pourquoi observe-t-on un soulèvement du sol ? S’agit-il d’une intrusion, magmatique ? Pourquoi n’y a-t-il pas d’éruption ? Comme il n’y a ni morts, ni dégâts matériels majeurs, les médias ne s’intéressent pas à l’Islande en ce moment. L’épidémie de COVID-19 a accaparé tous les regards. Pourtant, la situation sur la Péninsule de Reykjanes est fort intéressante.

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises ces dernières semaines, la sismicité est toujours intense dans la Péninsule de Reykjanes. Plus de 6 000 événements ont été enregistrés depuis le début de l’année 2020. J’ai indiqué que, selon l’Icelandic Met Office (IMO), il s’agit de l’activité la plus intense jamais enregistrée dans la région depuis le début de la surveillance numérique en 1991. Cette sismicité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes.
Outre l’activité sismique intense, les mesures GPS confirment qu’une intrusion magmatique a eu lieu dans la partie ouest de la Péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell, entre la mi-février et la première semaine de mars. Une modélisation situe l’intrusion à une profondeur de 8 à 13 km, probablement dans la partie inférieure de la croûte terrestre, à une plus grande profondeur que les deux intrusions magmatiques observées au niveau du Mt Thorbjörn.
Lors du premier épisode d’inflation en janvier-février, la déformation atteignait environ 3 à 4 mm par jour avec un soulèvement total de 6 cm pendant toute la période.
Dans l’épisode d’inflation actuel, la déformation semble beaucoup plus lente. Elle a atteint environ 7 à 8 cm depuis la fin janvier.
Le Conseil consultatif scientifique – Scientific Advisory Board (SAB) – islandais estime que l’explication la plus probable de l’inflation est une intrusion magmatique au cours de laquelle le magma force le passage horizontalement. Cette intrusion provoque une forte sismicité dans la zone au nord de Grindavík. Une modélisation montre que des fractures peuvent s’ouvrir dans la couche supérieure de la croûte, à 1 ou 2 km de profondeur, en raison des contraintes générées par l’intrusion proprement dite. Cette situation est susceptible de générer de nouveaux épisodes de sismicité dans la région.
Le 28 mars 2020, un essaim sismique a été enregistré à Eldey, ce qui prouve que l’activité affecte tous les systèmes volcaniques de la Péninsule et de la Dorsale de Reykjanes qui se trouvent en limite dee plaques tectoniques mentionnées précédemment. Il convient de noter que les systèmes volcaniques d’Eldey, Reykjanes, Svartsengi et Krýsuvík se trouvent à cheval sur ces limites de plaques. Le SAB estime qu’il est essentiel de surveiller l’activité en cours dans la Péninsule de Reykjanes dans son ensemble et non par secteur, et de comparer cette activité avec des événements plus anciens dans la région. On pourra ainsi essayer de comprendre la cause des phénomènes actuels et tenter de prévoir l’évolution possible de la situation.
Sources: OMI, SAB, The Watchers.

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Those who are interested in geology know that Iceland is in an accretion zone, a spot of the Earth’s crust where the Eurasian and American tectonic plates move away from one another at the rate of a few centimeters each year. This particular geological situation induces a relatively high seismicity, but the latest events observed on the Reykjanes Peninsula, in the southwest of the country, call out to scientists. They wonder what may be the cause of the intense seismic activity and they ask themselves a lot of questions. Is it of purely tectonic origin? Why do we observe an uplift from the ground? Is this a magma intrusion? Why is there no eruption? As there are no deaths or major material damage, the media is not interested in Iceland at this time. The COVID-19 epidemic has taken everyone’s attention. However, the situation on the Reykjanes Peninsula is very interesting.

As I put it several times before, seismicity is still intense at the Reykjanes Peninsula. More than 6 000 events have been recorded since the beginning of 2020. I have explained that, according to the Icelandic Met Office (IMO), it is the most intense activity ever recorded in the region since the beginning of digital monitoring in 1991. It is affecting all volcanic systems in the Reykjanes Peninsula and Reykjanes Ridge

Beside the intense seismic activity, GPS measurements give evidence of a new magma intrusion west of the Reykjanes Peninsula under Rauðhólar and Sýrfell, from mid-February until the first week of March.  A model places the intrusion at a depth of about 8 – 13 km, which is probably at the bottom of the Earth’s crust, at considerably more depth than the two magma intrusions at Thorbjörn.

During the first inflation episode in January-February, the deformation rate was about 3 – 4 mm per day with a total of 6 cm uplift during the whole period.

In the inflation episode that is ongoing now, the deformation rate looks much slower. In total, it has been about 7 – 8 cm since the end of January.

The Icelandic Scientific Advisory Board (SAB) believes that the most likely explanation of the inflation is a magma intrusion, with magma forcing its way horizontally. The magma intrusion causes a considerable amount of earthquakes in the area north of Grindavík. A model of the ongoing magma intrusion shows that fissures can open in the uppermost layer of the crust, at 1 – 2 km, because of the stress induced by the uplift itself. This might lead to more earthquakes in the area.

On March 28th, 2020, an earthquake swarm occurred in Eldey, indicating that the activity is affecting all volcanic systems in the peninsula and the ridge.The Reykjanes Peninsula and the Reykjanes Ridge are composed of plate boundaries. It should be noted that the Eldey, Reykjanes, Svartsengi and Krýsuvík volcanic systems lie right across the boundaries. The SAB believes that it is extremely important to monitor and investigate the ongoing activity in the Reykjanes Peninsula as a whole, and compare this activity with older events in the area to try to decipher the reasons and identify possible developments.

Sources: IMO, SAB, The Watchers.

L’activité sismique en 2020 sur le Péninsule de Reykjanes (Source: The Watchers)

On observe également plusieurs sites hydrothermaux sur la péninsule (Photo: C. Grandpey)