Icebergs de l’Antarctique // Antarctica’s icebergs

Souvenez-vous : en 2016, les télévisions du monde entier ont montré une image spectaculaire diffusée par la NASA. Il s’agissait d’une énorme fracture qui d’était ouverte dans la plate-forme glaciaire Larsen C en Antarctique occidental.

En juillet 2017, la plate-forme a fini de se fracturer et a libéré l’un des plus grands icebergs de l’histoire. Dénommé A68, on avait à l’époque, comparé sa taille à celle du département de la Lozère.

Les scientifiques du monde entier scrutent aujourd’hui ce colosse de glace qui dérive vers l’Océan Atlantique. Toutefois, les glaciologues se veulent rassurants. En effet, après avoir quitté la froideur de l’Antarctique, l’iceberg géant va se trouver confronté aux eaux océaniques plus chaudes qui devraient le faire fondre rapidement.

De plus, ce bloc de glace ne devrait pas faire monter le niveau des océans étant donné qu’il faisait partie d’une plate-forme glaciaire qui, elle-même, baigne dans l’eau de mer. On se trouve dans la configuration du glaçon qui fond lentement dans un verre.

Selon les spécialistes, A68 devrait subir le destin de l’iceberg B15, formé en 2000 dans la barrière de Ross – elle aussi en Antarctique – et qui détient le record du plus grand iceberg jamais mesuré, avec 11 000 km2. Aujourd’hui, le B15 n’a pas totalement disparu, mais il ne mesure plus que 200 km2. Il flotte près des îles Sandwich, dans l’Océan Atlantique.

En soi, l’A68 ne présente donc pas vraiment de danger. Ce que craignent les scientifiques, c’est qu’en se détachant, il ait encore davantage fragilisé la plate-forme glaciaire Larsen C qui retient actuellement les glaciers continentaux de tout l’Ouest Antarctique. Cette barrière de glace du nord-ouest de la mer de Weddell, s’étend le long de la côte orientale de la péninsule Antarctique. Elle présente une superficie de près de 50 000 km2 pour une épaisseur de glace d’environ 350 mètres. Cette protection littorale se fissure lentement depuis plusieurs années et le processus s’est brutalement accéléré depuis 2018. La fracture s’étend désormais sur 80 km et il ne reste plus que 20 km pour retenir l’étendue de glace qui se détache. En conséquence, Larsen C risque fort de perdre à très court terme une surface de plus 5 000 km²

Si un tel événement se produit – ce qui est fort probable – cela va changer fondamentalement l’aspect de la péninsule antarctique et risque de provoquer d’autres fracturations. Les scientifiques craignent que le recul de la banquise dû au réchauffement climatique ne provoque une accélération du glissement des glaciers vers la mer. Une telle situation se traduirait inévitablement par une élévation du niveau de l’eau à l’échelle mondiale.

Source : Presse scientifique internationale.

Vous pourrez lire plusieurs articles relatifs au détachement de l’iceberg A68 sur mon blog entre janvier 2017 et octobre 2018. Il vous suffit pour cela de taper A68 dans le petit moteur de recherche de la colonne de droite.

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Remember: in 2016, televisions around the world showed a spectacular NASA image with a huge fissure that had opened in the Larsen C ice shelf in Western Antarctica.
In July 2017, the ice shelf released one of the largest icebergs in history. Called A68, its size was compared at the time to that of the French department of Lozère.
Scientists around the world are now scrutinizing this huge block of ice that is drifting towards the Atlantic Ocean. However, glaciologists are reassuring. Indeed, after leaving the cold Antarctica, the giant iceberg will be confronted with warmer ocean waters which should make it melt quickly.
In addition, this block of ice should not raise the level of the oceans since it was part of an ice shelf which, itself, lies on sea water. It is like an icicle slowly melting in a glass of water.
Experts say A68’s fate will be similar to what happened to the B15 iceberg, formed in 2000 in the Ross Barrier – also in Antarctica – and which was the largest iceberg ever measured, with 11,000 square kilometres. Today, B15 has not completely disappeared, but it only measures 200 km2. It is floating near the Sandwich Islands in the Atlantic Ocean.
A68 is therefore not really dangerous. What scientists fear is that by detaching itself, it has further weakened the Larsen C ice shelf which currently holds continental glaciers all over West Antarctica. This northwestern barrier of the Weddell Sea extends along the eastern coast of the Antarctic Peninsula. It covers an area of ​​almost 50,000 km2 with an ice thickness of about 350 metres. This coastal protection has been slowly cracking for several years and the process has accelerated suddenly since 2018. The fissure now extends over 80 km and there is only a 20-km length left to retain the extent of ice that is coming off. As a result, Larsen C is likely to lose an area of ​​more than 5,000 km² in the very short term.
If such an event occurs – which is very likely – it will fundamentally change the morphology of the Antarctic Peninsula and may cause further fracturing. Scientists fear that the retreat of the ice shelf due to global warming will accelerate the slide of glaciers towards the sea. Such a situation would inevitably result in a rise in water levels worldwide.
Source: International scientific press.

You can read several articles related to the detachment of the A68 iceberg on my blog between January 2017 and October 2018. All you have to do is type A68 in the small search engine in the right-hand column.

Vue de la Péninsule antarctique et de la Barrière de Larsen (Source : Wikipedia)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : Première éruption de 2020 ! // First eruption in 2020 !

11h45 (heure métropole): On l’attendait depuis des semaines; elle est enfin arrivée! Dans son bulletin du lundi 10 février à 10h40 (heure locale), l’OVPF indiquait que depuis 10h27 une crise sismique était enregistrée sur les instruments. Cette crise sismique s’accompagnait de déformation rapide, ce qui indiquait que le magma était en train de quitter le réservoir magmatique et se propageait vers la surface. Selon l’Observatoire, une éruption était probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures.

En fait, c’est l’excellent Journal de l’Ile qui nous apprenait que la première éruption de l’année 2020 avait débuté en fin de matinée (heure locale). A 12h45, le front le plus actif des coulées se trouvait sur le flanc Est du volcan à 1600 mètres d’altitude, un peu en dessous du cratère Jean que l’une des coulées était en train de longer.

Il reste encore plusieurs centaines de mètres à parcourir pour que la lave atteigne les Grandes pentes qui basculent vers le Grand-Brûlé. L’histoire montre qu’au cours. des premières heures d’une éruption comme celle-ci, située en contrebas du cratère Dolomieu, les coulées progressent rapidement en raison de la forte pente du cône sommital. Ensuite, à la base du cône, vers 1900 mètres d’altitude, elles rencontrent un long replat de près de deux kilomètres où elles perdent de leur vitesse et s’étalent. La lave atteindra-t-elle la RN 2 ? Il est encore trop tôt pour le dire.

L’accès à l’Enclos est bien sûr interdit.

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13 heures (heure métropole) : Dans un nouveau bulletin diffusé à 11h15 (heure locale), l’OVPF indique que suite à la crise sismique mentionnée précédemment, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis 10h50 environ. D’après les enregistrements de l’Observatoire, la source de ce tremor est localisée sur le flanc Est du volcan. Aucune confirmation visuelle d’un début d’éruption n’a pu être faite pour l’instant sur les webcams du fait de la couverture nuageuse. Néanmoins des fumerolles ont été aperçues depuis le littoral confirmant le début d’éruption à l’intérieur de l’Enclos.

Suite à un survol effectué vers 13h30, l’OVPF précise que plusieurs fissures se sont ouvertes sur le flanc est du volcan, entre la zone sommitale et 2000 m d’altitude. Les fontaines de lave ne dépassent pas 10 mètres de hauteur.  De toute évidence, je pense que l’on ne devrait pas avoir affaire à un événement majeur. L’éruption a mis beaucoup de temps à se déclarer, avec une inflation et une sismicité hésitantes sur une longue période.

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17 heures (heure métropole) : L’éruption qui a débuté ce matin se poursuit à l’heure actuelle. Comme lors des événements précédents, l’intensité du tremor diminue progressivement depuis l’ouverture des fissures éruptives.

A noter que la crise sismique qui a accompagné l’ascension du magma vers la surface a inclus 210 secousses sous la zone sommitale du volcan.

Au cours d’une reconnaissance aérienne en début d’après midi, plusieurs fissures ont pu être localisées sur le flanc Est du cône terminal entre la partie haute du cône terminal et 2000 m d’altitude. L’ensemble de ces fissures s’étend sur une distance d’environ 1 km. Du fait de la localisation des fissures éruptives et des fortes pentes dans le secteur, la lave avait atteint la cote 1700 m à 13h15 (heure locale) et le front de coulée se situait à moins de 150 m de la rupture de terrain qui débouche sur les Grandes Pentes. Très logiquement, le front de coulée était fortement ralenti par la zone de replat qui se trouve à cet endroit.

Source : OVPF.

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11:45 (Paris time): We had been waiting for it for weeks; it is happening right now! In its bulletin of Monday February 10th, 2020 at 10:40 am (local time), OVPF indicated that since 10:27 am a seismic crisis had been recorded on the instruments. This seismic crisis was accompanied by rapid deformation, which indicated that magma was leaving the magmatic reservoir and was ascending to the surface. According to the Observatory, an eruption was likely in the next few minutes or hours.
In fact, the Journal de l’Ile told us that the first eruption in 2020 started late in the morning (local time). At 12:45 p.m., the most active front of the lava flows was on the eastern flank of the volcano at 1600 metres above sea level, a little below Jean Crater that one of the flows was skirting.
There are still several hundred metres for lava to reach the Grandes Pentes (Great Slopes) which switch to the Grand-Brûlé. History shows that in the course. from the first hours of an eruption like today’s, located below Dolomieu Crater, the lava flows progress rapidly because of the steep slope of the summit cone. Then, at the base of the cone, around 1900 metres above sea level, they reach a long flat area of ​​almost two kilometres where they lose speed and spread out. Will lava reach RN 2? It is still too early to tell.

Access to the Enclos is forbidden.

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1:00 p.m. (Paris time): In a new bulletin released at 11:15 a.m. (local time), OVPF indicates that following the seismic crisis mentioned previously, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma near the surface has been recorded since 10:50 a.m. or so. According to Observatory records, the source of this tremor is located on the eastern flank of the volcano. No visual confirmation of an eruption could be made for the moment on the webcams because of the cloud cover. However, fumaroles were seen from the shore, confirming the start of the eruption inside the Enclos.

Following an overflight carried out around 1:30 p.m., OVPF specifies that several fissures opened on the eastern flank of the volcano, between the summit area and 2000 m a.s.l. The lava fountains do not exceed 10 metres in height. Obviously, I think we shouldn’t be dealing with a major event. The eruption took a long time to start, with hesitant inflation and seismicity over a long period.

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5:00 p.m. (Paris time): The eruption that started this morning continues right now. As in previous eruptions, the intensity of the tremor has gradually decreased since the opening of the eruptive fissures.
It should be noted that the seismic crisis which accompanied the magma ascent towards the surface included 210 tremors under the summit area of ​​the volcano.
During an overflight in the early afternoon, several fissures could be located on the eastern flank of the summit cone between the upper part of the cone and 2000 m above sea level. All of these fissures extend over a distance of about 1 km. Due to the location of the eruptive fissures and the steep slopes in the area, the lava reached 1,700 m a.s.l. at 1:15 p.m. (local time) and the lava front was less than 150 m from the slope break which leads to the Great Slopes. Very logically, the flow front was greatly slowed down by this flat area.
Source: OVPF. .

Photos: C. Grandpey

Première image de l’éruption mise en ligne par l’OVPF

Sismicité du début d’éruption (Source: OVPF)

Mayotte : Sérieuses mesures de prévention // Mayotte: Serious prevention measures

Vous connaissez le proverbe française : Mieux vaut prévenir que guérir. Les autorités mahoraises semblent l’avoir bien compris et envisagent des mesures pour le cas où la situation sismique et volcanique évoluerait dans le mauvais sens. L’essaim sismique découvert à environ 5 à 15 km à l’est de Mayotte est pris très au sérieux par le gouvernement. D’importants moyens sont mis en oeuvre pour l’étudier alors que l’éruption sous-marine se poursuit à 50 km à l’est. Des études scientifiques et des actions de prévention à grande échelle vont ponctuer les prochains mois.

L’activité sismique a diminué ces derniers mois à Mayotte, à l’exception de deux séismes ressentis début janvier. Malgré tout, l’éruption sous-marine se poursuit et la sismicité également. On enregistre entre 25 à 40 séismes quotidiennement, avec des magnitudes généralement inférieures à M 3.5.

Les autorités sont toutefois préoccupées par l’essaim sismique découvert juste à côté des côtes mahoraises, à environ 5 km à l’est, entre 25 et 40 km de profondeur. Les scientifiques pensent que cette sismicité est d’origine volcanique, et l’hypothèse de conséquences pour Mayotte n’est pas écartée : intensification des secousses ? Seconde éruption plus proche des côtes, voire sur terre ? La volcanologie actuelle ne permet pas d’aller plus loin dans les prévisions.

Pour parfaire les connaissances scientifiques de ce phénomène encore bien mystérieux, l’Etat français a décidé de renforcer le réseau de surveillance. Comme je l’ai indiqué précédemment, des scientifiques compétents vont être recrutés pour surveiller la sismicité 24 heures sur 24 Des moyens maritimes sont aussi prévus. Le Marion-Dufresne sera de retour fin avril ou début mai. Un navire privé devrait être également affrété pour d’autres études. Les capteurs de fond de mer seront modernisés pour fournir des données en temps réel. A terre, on va contrôler plus étroitement les émissions de CO2.

La sécurité civile élabore de son côté avec les scientifiques une échelle d’alerte afin de prévenir le préfet, et à travers lui la population, de tout risque éventuel. Par exemple, le rectorat va élaborer un programme pour que les élèves acquièrent, dès le début de leur scolarité, les bons gestes en cas d’alerte sismique. A plus grande échelle, la préfecture a planifié des exercices d’évacuation dans plusieurs communes de Mayotte. L’objectif est de “permettre à la population de savoir ce qu’elle doit faire si un risque nous menace sur la côte est” et de “lui donner un certain nombre de repères.” L’île sera par ailleurs équipée en sirènes d’alerte dès octobre 2020 pour alerter sur le risque tsunami.
Source : Journal de Mayotte.

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You know the French proverb: Prevention is better than cure. The Mahoran authorities seem to have understood this well and are considering measures in the event of a dangerous evolution of the seismic and volcanic activity. The seismic swarm discovered about 5 to 15 km east of Mayotte is taken very seriously into account by the government. Significant means are used to study it while the underwater eruption continues 50 km to the east. Large-scale scientific studies and preventive actions will punctuate the coming months.
Seismic activity has decreased in recent months in Mayotte, with the exception of two earthquakes felt in early January. However, the underwater eruption continues and so does the seismicity. Between 25 and 40 earthquakes are recorded daily, with magnitudes generally less than M 3.5.
Authorities are concerned, however, about the seismic swarm discovered just off the coast of Mayotte, about 5 km east, between 25 and 40 km deep. Scientists believe that this seismicity has a volcanic origin, and the hypothesis of consequences for Mayotte is not ruled out: intensification of tremors? Second eruption closer to the coast, or even on land? Current volcanology does not allow us to go further in the prediction.
To improve scientific knowledge of this very mysterious phenomenon, the French State has decided to strengthen the surveillance network. As I mentioned earlier, competent scientists will be recruited to monitor seismicity 24 hours a day. Maritime means are also planned. The Marion-Dufresne will be back in late April or early May. A private ship should also be chartered for other studies. Sea bottom sensors will be modernized to provide real-time data. On land, scientists will monitor CO2 emissions more closely.
Civil security, for its part, is developing an alert scale with the scientists in order to warn the prefect, and through him the population, of any possible risk. For example, the rectorate will develop a program so that students may acquire, from the start of their schooling, the right gestures in the event of an earthquake alert. On a larger scale, the prefecture has planned evacuation exercises in several municipalities in Mayotte. The objective is to “allow the population to know what to do if a risk threatens us on the east coast” and “to give it a certain number of benchmarks.” The island will also be equipped with sirens from October 2020 to warn of the tsunami risk.
Source: Journal de Mayotte.

L’avenir incertain des stations de ski

Il y a quelques jours, on transportait la neige par camions à Gérardmer (Vosges) pour donner l’illusion que la saison de ski n’était pas fichue. En décembre 2019, je signalais que dans la station Montclar Les 2 Vallées (Alpes du Sud), on héliportait – à coups de milliers d’euros – la neige des sommets vers le bas du domaine où le manteau neigeux n’avait pas résisté au redoux. L’enneigement a pourtant été précoce et abondant au début de l’hiver, mais comme souvent ces dernières années, le mercure a ensuite dégringolé dans le thermomètre.

Le changement climatique est plus brutal dans les Alpes qu’ailleurs en France. Selon la revue Arctic, Antarctic, and Alpine Research, depuis la fin du 19ème siècle, on observe une augmentation moyenne des températures de 2°C. La hausse est de 2,8°C en hiver et de 1,5°C en été. De plus, on a observé dans les Alpes suisses entre 1970 et 2015 que la couverture neigeuse a été amputée de 8,9 jours par décennie à une altitude comprise entre 1139 et 2540 mètres.

Alors que commencent les vacances de février, les stations de ski sont exposées à cette fonte de la neige et bon nombre d’entre elles ont déjà fermé leurs portes par manque de poudreuse. Selon les dernières statistiques, 169 stations ont cessé leurs activités depuis 1951. Il y a eu une première volée de fermetures entre 1986 et 1990, à cause d’une succession d’hivers sans neige. Au début, les fermetures ont concerné des domaines skiables équipés de deux ou trois remontées mécaniques, mais depuis les années 2000, des stations mieux équipées ont cessé leurs activités.

Sur les 169 fermetures, 45% ont été causées par le manque d’enneigement. Les autres raisons sont la concurrence économique entre les stations, la mauvaise gestion financière ou les changements de pratiques sociétales. En particulier, la population skieuse française est vieillissante. Par manque d’argent, beaucoup de jeunes n’ont plus les moyens de s’offrir ce luxe. Ils représentaient 20% de la clientèle des stations en 1995, contre 14% aujourd’hui. Selon l’Observatoire des domaines skiables de France, la fréquentation globale des stations stagne depuis 2008.

En France, le pic du nombre de stations en service a été atteint au début des années 1990, avec plus de 500 domaines skiables en activité. C’est alors que le lent déclin s’est amorcé, même si recensait encore 414 stations en 2018, année funeste avec cinq fermetures.

Ce sont logiquement les massifs de moyenne montagne, davantage touchés par le recul de l’enneigement à cause de leur basse altitude, qui enregistrent le plus de fermetures de domaines. Ainsi, dans le Massif Central, le nombre de stations a chuté de 40 en 1985 à 18 en 2019. La situation est la même dans le Jura, les Vosges et à un degré moindre les Pyrénées. Les stations des Alpes en plus haute altitude sont mieux protégées même si elles comptent aussi des victimes. De 350 en 1990, elles sont passées à moins de 300 aujourd’hui. Dans les Alpes du Nord, une station comme Sixt-Fer-à-Cheval n’a pas résisté. On peut aussi citer la station Saint-Honoré 1500, au sud de Grenoble. Malgré ces difficultés, la France se classe au troisième rang mondial en nombre de journées-skieurs par an, derrière les États-Unis et l’Autriche.

Face à l’accentuation du réchauffement climatique, il faudra que les domaines skiables s’adaptent, par exemple en multipliant les canons à neige au bord des pistes, à condition que le réchauffement climatique ne s’accélère pas comme il le fait aujourd’hui.. Cette solution provisoire est fortement critiquée par les écologistes car les réserves collinaires en altitude retiennent une eau qui n’atteindra jamais les vallées.

Les stations de ski de moyenne montagne, comme celle de Villars-de-Lans rachetée par l’ex-basketteur Tony Parker dans le Vercors, seront de plus en plus menacées et les canons à neige seront inopérants pendant des périodes de plus en plus longues. Il faut donc s’attendre à de nouvelles fermetures de stations de ski, avec leur cortège de difficultés car l’économie locale dépend directement ou indirectement des revenus du ski.

Adapté d’un article paru sur le site slate.fr.

En Auvergne, les canons à neige sauvent ce qu’ils peuvent. La météo n’est guère favorable aux chutes de neige dans les prochains jours.