Volcans du monde // Volcanoes of the world

L’activité éruptive des derniers jours a principalement concerné le Sakurajima (Japon), le Cleveland et Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska). Voir mes notes sur ces volcans. Dans son dernier rapport hebdomadaire, la Smithsonian Institution fournit des informations sur d’autres volcans.

Lors d’un survol effectué le 5 novembre 2019, les scientifiques ont pu observer le dôme de lave numéro 85 au fond du cratère intérieur du Popocatepetl (Mexique). Le dôme a un diamètre de 210 m, une hauteur de 80 m et une forme irrégulière. Le cratère intérieur présente un diamètre de 350 m et une profondeur de 90 m. Comme d’habitude, l’activité du Popocatepetl consiste en émissions de vapeur et de gaz, avec parfois un peu de cendre. Des explosions projettent des matériaux incandescents sur les flancs supérieurs du volcan. Des événements éruptifs observés le 9 novembre ont généré des panaches de cendre qui se sont élevés à 2 km au-dessus du cratère. D’autres explosions similaires ont été enregistrées les 10 et 11 novembre. Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune, Phase 2.
Source: CENAPRED.

Un épisode éruptif a été détecté sur le Merapi (Indonésie) le 9 novembre 2019. Il a duré deux minutes et 40 secondes. Une coulée pyroclastique a parcouru 2 km le long de la ravine de la rivière Gendol et un panache de cendre s’est élevé à environ 1,5 km au-dessus du sommet. De petites retombées de cendre ont été signalées dans des zones situées à l’ouest, jusqu’à 15 km du sommet. L’événement n’a pas eu d’impact majeur sur la morphologie du dôme de lave. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4). Il est demandé à la population de rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source: CVGHM.

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Eruptive activity in the past days mainly concerned Sakurajima (Japan) and Cleveland and Shishaldin (Aleutians / Alaska). See my notes about these volcanoes. In its latest weekly report, the Smithsonian Institution gives information about other volcanoes.

During an overflight on November 5th, scientists were able to observe lava dome number 85 in the bottom of Popocatepetl’s inner crater (Mexico). The dome was 210 m in diameter, 80 m thick, and had an irregular surface. The inner crater remained 350 m in diameter and was 90 m deep. As usual, activity at Popocatepetl currently consists of steam-and-gas emissions, some of which contain ash. Explosions eject incandescent material onto the upper flanks of the volcano. Eruptive events on November 9thgenerated ash plumes that rose 2 km above the crater. Other similar explosions were recorded on November 10yth and 11th. The alert level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

An eruptive episode was detected on Merapi (Indonesia) on November 9th, 2019. It lasted two minutes and 40 seconds. A pyroclastic flow travelled 2 km down the Gendol drainage and an ash plume rose around 1.5 km above the summit. Minor ashfall was reported in areas to the west as far as 15 km away. The event did not notably impact the morphology of the lava dome. The alert level remains at 2 (on a scale of 1-4), and residents are warned to stay outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

Le cratère du Popocatepetl le 5 novembre 2019 (Source: CENAPRED)

Islande: Message de sécurité // Iceland: Safety message

Voici un message de sécurité très important à l’attention des personnes qui ont l’intention de se rendre en Islande. De nombreux touristes visitent la plage de Reynisfjara sur la côte sud. L’endroit est célèbre pour son sable noir et les orgues basaltiques sur les falaises, mais la plage est extrêmement dangereuse à cause des vagues puissantes qui y déferlent. Plusieurs touristes ont perdu la vie par manque de prudence et pour ne pas avoir tenu compte des mises en garde affichées sur les panneaux installés sur la plage.
Dernier exemple du danger causé par les vagues, un Chinois d’une trentaine d’années a été surpris par l’une de ces vagues impressionnantes sur la plage de Reynisfjara. Les journaux islandais expliquent que l’homme était fort et qu’il a réussi à sauver sa peau en s’accrochant à quelque chose de stable. Il s’est toutefois blessé à l’épaule et a dû être conduit à l’hôpital.
Voici une courte vidéo montrant les vagues en train de déferler sur la plage :
https://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2019/11/12/close_call_on_reynisfjara_beach_video/

On voit à quelle vitesse l’eau monte sur la plage. Si vous vous trouvez trop près de l’eau lorsque les vagues se retirent, vous êtes sûr de vous faire surprendre au moment où elle remonte. Vous n’aurez pas le temps de fuir et d’échapper au danger. Ne pas oublier non plus que l’eau est très froide et qu’il y a un risque d’hypothermie rapide si vous tombez dedans.

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Here is a very important safety message to the attention of the persons who intend to go to Iceland. Many tourists visit Reynisfjara Beach on the south coast. The place is famous for its black sand and the basaltic organs on the cliffs, but the beach is extremely dangerous because of the powerful waves. Several tourists have lost their lives because they were not cautious enough despite the warnings on the signposts that have been set up on the beach.

Last example of the danger caused by the waves, a Chinese man in his thirties was caught in one of these impressive waves on Reynisfjara beach. The Icelandic newspapers say he was strong and managed to save himself and hold on to something steady, but in doing so, he injured his shoulder and had to be taken to hospital.

Here is a short video showing the waves breaking onto the beach.

https://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2019/11/12/close_call_on_reynisfjara_beach_video/

One can see how fast the water comes up on to the beach. If you go to close to the water when the waves are retreating, you are sure to be caught when they come up again. You won’t have time to flee and escape the danger. Just remember as well that the water is very cold and there is a danger of rapid hypothermia if you fall in it.

Image extraite de la vidéo

L’ « acqua alta » à Venise, dans la logique du réchauffement climatique

Une marée haute d’une ampleur sans précédent a noyé Venise le 12 novembre 2019. L’« acqua alta » est un événement qui se produit régulièrement dans la Cité des Doges à cette époque de l’année, mais elle a atteint cette fois-ci des proportions extraordinaires, favorisée par un puissant sirocco qui a fait déferler les vagues sur la Place Saint-Marc, jusqu’à l’intérieur de la basilique.

Cette marée haute exceptionnelle a atteint une hauteur de 1,87 m, le plus haut niveau enregistré depuis 53 ans. C’est la deuxième plus haute marée à Venise depuis le début des relevés en 1923, derrière celle de 1,94 m le 4 novembre 1966. Ce qui est le plus préoccupant, c’est qu’une inondation comme celle du 12 novembre 2019 s’est seulement produite cinq fois dans l’histoire de la basilique San Marco érigée en 828 et reconstruite après un incendie en 1063. Sur les 5 épisodes précédents, trois ont eu lieu au cours des 20 dernières années, la dernière fois l’an dernier, en 2018. Les événements sont donc en train de s’accélérer, ce qui n’est guère une surprise au vu du contexte climatique actuel. A noter que dans le même temps, des pluies torrentielles accompagnées de très fortes rafales de vent se sont abattues sur tout le Veneto.

L’eau montante a submergé les terrasses des cafés, emportant les tables et les chaises. Les passerelles des hôtels situés le long du Grand Canal ayant été emportées par les flots, les clients des vaporetti ont été contraints d’entrer dans les établissements par les fenêtres.

La hauteur de l’eau (1,87 mètre) indiquée précédemment ne signifie pas que toute la ville ait été recouverte de cette façon. Il faut retrancher de cette hauteur le niveau moyen de la ville, qui se trouve entre 1 mètre et 1,30 mètre.

Pour protéger la ville de cette « acqua alta » qui endommage le patrimoine artistique, il existe le projet Mose (acronyme de MOdulo Sperimentale Elettromeccanico). Il s’agit d’un ouvrage en cours de réalisation qui prévoit un système de protection formé de rangées de vannes mobiles escamotables permettant d’isoler la lagune de Venise de la Mer Adriatique durant les phénomènes de hautes marées dépassant un niveau établi (110 cm) et jusqu’à un niveau maximum de 3 mètres. Le système est en cours de construction depuis 2003, mais le surcoût et les malfaçons ont entraîné de nombreux retards. La livraison du MOSE est à l’heure actuelle prévue pour une inauguration en 2020

Ce qui se passe actuellement à Venise devrait nous faire réfléchir. C’est l’exemple même du phénomène qui menacera les côtes françaises à très court terme. Chez nous, les dernières grandes marées ont eu lieu par beau temps et sans vent. Si la houle s’était manifestée, les côtes auraient inévitablement subi les assauts des vagues. Les prévisions concernant l’élévation du niveau des océans pour les prochaines décennies sont particulièrement alarmistes mais, hormis des enrochements ici et là, aucune politique d’envergure n’a été mise en place dans notre pays. On connaît la suite : le jour où les événements vont se déchaîner, on commencera par pleurer devant le nombre de victimes et devant les dégâts subis par les habitations. Ensuite on cherchera les responsables, en se gardant bien d’accuser le réchauffement climatique qui, lui, ne saurait être mis en examen…

lmage d’archive montrant le Palazzo Ducale au cours de l' »acqua alta  » record du 4 novembre 1966

La nouvelle île de l’archipel des Tonga (suite) // The new island of the Tonga archipelago (continued)

Comme je l’ai écrit dans une note précédente, une nouvelle éruption sous-marine a été détectée sur le volcan Metis Shoal (Iles Tonga), également connu sous le nom de Lateiki. Elle a donné naissance au banc de ponce observé à la surface de la mer en août 2019 L’éruption a finalement donné naissance à une nouvelle île à la fin du mois d’octobre. Elle se trouve à environ 120 mètres à l’ouest d’une ancienne île, aujourd’hui disparue. La nouvelle île mesure environ 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Pour le moment, elle est trois fois plus grande que la précédente, mais comme elle est faite de pierre ponce, elle subira probablement les assauts de l’océan avant de disparaître elle aussi.

Le site Web The Watchers a publié de bonnes images de l’éruption et de la nouvelle île prises par le satellite Sentinel-2 de l’ESA. L’éruption a émis de volumineux panaches de vapeur, mais aucune trace de cendre n’a été identifiée par le VAAC de Wellington. .
Source: The Watchers.

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As I put it in a previous post, a new underwater eruption at Tongan Metis Shoal volcano, also known as Lateiki, the source of a massive amount of pumice detected in August 2019, resulted in the creation of a new island by the end of October. It was created about 120 metres west of a previous island which is now gone. The new island is about 400 metres long by 100 metres wide at the moment. As such, it is three times bigger than the previous one. As it is made of pumice, it will probably be washed away, just like the preceding ones.

The website The Watchers has released good images of the eruption and the new island taken by ESA’s Sentinel-2 satellite. The eruption emitted voluminous steam plumes and no ash was identified by the Wellington VAAC. .

Source : The Watchers.

L’éruption observée par le satellite SEntinel-2 le 30 octobre 2019

Découverte de la plus grande caldeira sur Terre? // Discovery of the largest caldera on Earth ?

Selon un article publié dans la revue Marine Geology, une équipe de chercheurs parmi lesquels des membres de GNS Science (Nouvelle-Zélande) a identifié un ancien volcan de très grande taille, avec ce qui pourrait bien être la plus grande caldeira connue sur Terre. Elle se trouve sur la crête de Benham Rise, un plateau océanique au large de la côte des Philippines. En raison de sa taille impressionnante, on lui a donné le nom du dieu philippin du soleil et de la guerre, Apolaki, qui peut se traduire par « seigneur géant ».
La découverte d’une si grande caldeira soulève des questions sur le volcanisme de Benham Rise il y a environ 48 à 41 millions d’années et sur les conditions particulières qui ont entouré la formation de la caldeira d’Apolaki. Si la découverte est confirmée par d’autres recherches, Apolaki deviendra officiellement la plus grande caldeira connue sur Terre.
La caldeira de Benham Rise, d’environ 150 km de diamètre, peut être comparée aux plus grands cratères d’impact sur Terre. Parmi les plus grands figure le Chicxulub, large de 200 km environ, produit par l’impact de l’astéroïde qui a probablement fait disparaître les dinosaures il y a 66 millions d’années. Toutefois, l’étude publiée dans la revue Marine Geology montre que la caldeira d’Apolaki a plus de points communs avec les caldeiras qu’avec les cratères d’impact. Le sommet en forme de cratère de Benham Rise est semblable en taille aux caldeiras observées sur Mars, comme Olympus Mons. Il est également comparable à celles de Vénus, comme Colette et Sacajawea. Les scientifiques pensent que la caldera d’Apolaki a connu plusieurs effondrements et une phase de résurgence.
Il ne faudrait pas oublier que 80% des fonds océaniques de notre planète ne sont pas cartographiés. La découverte de l’immense caldeira d’Apolaki pourrait être une incitation à davantage d’études sur les fonds marins et pourrait conduire à des découvertes inattendues.
Source: The Watchers.

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According to an article published in the journal Marine Geology, a team of researchers including members from New Zealand GNS Science have identified an ancient mega-volcano with what could be the largest known caldera on Earth. The feature is on the crest of Benham Rise, an oceanic plateau off the Philippines coast. Due to its massive size, it was named after Filipino mythical god of the sun and war, Apolaki, whose name also translates to « giant lord ».

The discovery of such a large caldera raises questions about volcanism in the Benham Rise around 48-41 million years ago and what special conditions were present for the Apolaki caldera to form. If the team’s conclusions are confirmed by further research, it will officially become the largest known caldera on Earth.

The caldera on Benham Rise, about 150 km in diameter, can be compared to the biggest impact craters on Earth. The largest known identified craters on Earth include Chicxulub, about 200 km wide, produced by the impact of the asteroid that probably made dinosaurs extinct 66 million years ago. However, the study published in the journal Marine Geology shows it has more in common with calderas than impact craters. The crater-like summit of Benham Rise could be compared in size to calderas on Mars, such as Olympus Mons. It is also comparable to that of Venus, such as Colette and Sacajawea. Scientists believe that the Apolaki caldera went through multiple collapse events and a resurgence phase.

One should bear in mind that 80% of the world’s ocean floor is unmapped. The discovery of the huge Apolaki caldera might be a push for more study about the depth of the seafloor  and could lead to more rare discoveries.

Source : The Watchers.

Source: NAMRIA

Source:  GNS Science

Stromboli (Sicile)

La Protection Civile vient de faire passer la couleur du niveau d’alerte du Stromboli d’Orange à Jaune, suite à une réunion du 7 novembre de la Commission nationale pour la prévision et la prévention des risques majeurs.

Le niveau d’alerte Jaune indique un « état de déséquilibre potentiel du volcan, » avec une activité de type strombolien pouvant être intense et se prolonger dans le temps, avec de possibles coulées de lave d’intensité faible ou moyenne le long de la Sciara del Fuoco, ainsi que de faibles émissions de lave confinées à la zone du cratère. En conséquence, l’interdiction de navigation à moins d’un mille marin (1,852 km) dans la portion de mer située en face de la Sciara del Fuoco et l’interdiction des excursions au-dessus de 290 mètres d’altitude restent en vigueur.

Source : La Sicilia.

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The Civil Protection has just lowered the colour of the alert level for Stromboli from Orange to Yellow, following a meeting on November 7th of the National Commission for Prediction and Prevention of Major Hazards.
The Yellow alert level indicates a « state of potential imbalance of the volcano, » with Strombolian type activity that can be intense and prolonged over time, with possible low or medium intensity lava flows along the Sciara del Fuoco, as well as low lava emissions confined to the crater area. Consequently, the prohibition of navigation within one nautical mile (1,852 km) in the stretch of sea opposite the Sciara del Fuoco and the prohibition of excursions above 290 metres above sea level remain in force .
Source: Sicilia.

Photo: C. Grandpey

Hausse d’activité du Shishaldin (Aléoutiennes / Alaska) // Increased activity at Shishaldin (Aleutians / Alaska)

L’Alaska Volcano Observatory (AVO) indique que l’activité du Shishaldin a considérablement augmenté au cours des dernières 24 heures et que des fontaines de lave étaient visibles sur les images de la webcam pendant la soirée et la nuit. Des températures de surface très élevées ont également été détectées au sommet et sur les flancs du volcan. Des émissions de cendre faibles à modérées ont aussi été observées.
La sismicité au cours de la journée écoulée a considérablement augmenté. Le tremor s’est stabilisé mais est resté élevé au cours des dernières heures.
Le niveau d’alerte volcanique reste à Vigilance et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

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The Alaska Volcano Observatory (AVO) indicates that activity at Shishaldin has increased significantly over the past day with fire-fountaining observed in web camera views throughout the evening and night. Strongly elevated surface temperatures have been observed at the summit and along the flanks of the volcano. Minor to moderate ash have also been observed.

Seismicity over the past day increased significantly. The seismic tremor has stabilized and remains high over the past hours.

The current volcano alert level is Watch. The aviation colour code is Orange.

Cette vue du Shishaldin obtenue grâce au satellite Sentinel-2 le 24 octobre 2019 montre l’incandescence dans le cratère sommital ainsi qu’un petit panache de vapeur. Le cratère est rempli de lave qui s’échappe vers le nord-ouest et alimente une coulée d’environ 800 mètres de long. (Source : ESA)