La fonte des glaciers d’Alaska (suite) // The melting of Alaskan glaciers (continued)

A l’intérieur du Kenai Fjords National Park dans le sud de l’Alaska, le glacier Exit est l’un des plus populaires de cet Etat. C’est l’un des plus accessibles, mais aussi l’un de ceux qui reculent le plus vite.
Sur le chemin qui conduit au pied du glacier, on peut voir des panneaux montrant 195 années de recul de la masse de glace. Lorsque j’ai visité le glacier en 2013, ces panneaux ont fait ressurgir dans ma mémoire ceux qui jalonnent l’accès au Glacier Athabasca au Canada ou à la Mer de Glace en France. Là aussi, le recul est impressionnant. A l’extrémité du sentier de l’Exit Glacier, le dernier panneau indique l’année 2010. On se trouve alors devant un vaste espace montrant à quel point le glacier a continué à reculer vers le haut de la vallée.
Le recul au cours de l’été 2016 a été de 76 mètres. C’est le plus important jamais enregistré au cours d’un seul été. Le 1er octobre de cette même année, les mesures effectuées par le National Park Service ont indiqué un recul de 88 mètres.
L’Exit Glacier est une langue de glace en provenance de l’Harding Icefield qui est beaucoup plus grand. Bien qu’il soit petit (36 kilomètres carrés), l’Exit Glacier est très populaire et symbolise le changement climatique. Il a été visité par le président Barack Obama lors de son voyage en Alaska en 2015.
D’autres glaciers d’Alaska reculent eux aussi de façon spectaculaire. C’est le cas du Mendenhall, près de Juneau. Les images d’archives exposées au Visitor Center montrent l’étendue du désastre.  Le Columbia, que j’ai visité à deux reprises dans le Prince William Sound, est l’un des glaciers les mieux étudiés au monde. Son recul l’a fait se diviser en deux branches, avec une glace moins épaisse qu’auparavant. Le glacier d’Eklutna, source de l’eau potable pour la ville d’Anchorage, est l’un des glaciers du Chugach State Park. Lui aussi est étroitement contrôlé, mais il perd une quantité importante de glace chaque année. Le glacier de Portage, à 80 kilomètres d’Anchorage, reste une destination touristique, même si les visiteurs doivent maintenant prendre un bateau et traverser le lac Portage pour atteindre le front du glacier.
L’Exit Glacier, qui a reçu 181 500 visiteurs en 2016, n’est pas le seul glacier de montagne de l’Alaska que l’on peut atteindre à pied, même si la marche d’approche se fait de plus en plus longue au fur et à mesure que le glacier recule. Il reste toutefois facilement accessible au sein d’un parc national. C’est un exemple parfait d’un recul glaciaire et il joue le rôle de laboratoire en temps réel du changement climatique. Les glaciers terrestres comme l’Exit, bien qu’ils ne représentent qu’un petit pourcentage de la glace mondiale, contribuent de manière significative à l’élévation mondiale du niveau de la mer et les visiteurs des fjords du Kenai peuvent observer ce phénomène de leurs propres yeux.
Chaque printemps et chaque automne, les employés du Kenai Fjords National Park se rendent au chevet du glacier Exit pour effectuer des mesures précises de la position de son front. Le glacier recule maintenant aussi bien en hiver qu’en été, phénomène observé depuis 2006. Depuis 2011, les températures quotidiennes moyennes d’octobre à mai au niveau du point le plus bas du glacier restent supérieures à zéro la moitié du temps.
Les photos aériennes et les archives historiques sont également utilisées pour suivre l’évolution du glacier. L’USGS, l’Université de l’Alaska et l’Université de Washington ont collecté les données altimétriques pour calculer les changements intervenus au cours des cinquante dernières années sur le glacier Exit et ailleurs en Alaska. La reconstruction d’un passé lointain nécessite également une analyse des données géologiques et des cernes de croissance des arbres de la région.
Le sentier d’accès de 2 kilomètres au glacier Exit se terminait par une boucle, mais les employés du Parc ont dû ajouter deux extensions, respectivement en 2006 et 2010, pour permettre d’atteindre le glacier. Il n’y aura pas d’autre extension parce que la langue glaciaire est maintenant entourée d’un terrain jugé abrupt et dangereux. Beaucoup de visiteurs du parc craignent que le glacier se retire trop loin et ne soit bientôt plus visible depuis le sentier d’accès.
Certains glaciers du Kenai Fjords National Park perdent davantage de glace que l’Exit. Ainsi, le Pedersen reculait en moyenne de 20 mètres par an entre 1951 et 1986, mais ce recul est passé à 123 mètres par an de 1994 à 2015. La petite mare que l’on observait il y a une vingtaine d’années devant le front du glacier est devenue un vaste lac. Un lac semblable s’est formé suite au recul du Bear Glacier, au sud de l’Exit. Le Bear Glacier est plus de cinq fois plus grand que l’Exit et il perd plus de 10 fois plus de glace chaque année.
Source: Alaska Dispatch News.

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One of the most popular glaciers of Alaska, one of the most accessible, is Exit Glacier in the Kenai Fjords National Park. It is also one of those which are retreating very fast.

On the road to the glacier’s toe, one can see signs marking 195 years of accelerating pullback. When I visited the glacier, I could rememberthe Athabasca Glacier in Canada or the Mer de Glace in France, whose access includes these signs of the past history of the glaciers. Beyond the last sign at Exit Glacier, which marks the 2010 edge, is a chasm of open space showing how Exit Glacier has continued its retreat up the valley.

The loss measured during the summer 2016 summer, 76 metres, was the biggest in any single summer on record. Over the year ending October 1st, after fall measurements were taken by the National park Service, the retreat was 88 metres.

Exit Glacier is a finger of ice that drops out of the much larger Harding Icefield. Even though it is small (36 square kilometres), it is highly popular and symbolic of climate change. It was visited by President Barack Obama during his 2015 trip to Alaska.

Other well-known and much-visited Alaska glaciers are shrinking noticeably. Mendenhall near Juneau is shedding ice. The archives at the Visitor Center show the extent of the disaster Columbia, which I visited twice in Prince William Sound, is one of the world’s best-studied glaciers. Its retreat has caused the terminus to split into two thinner branches. Eklutna Glacier, source of Anchorage’s drinking water and one of several glaciers in Chugach State Park, is well-studied and losing mass. Portage Glacier, 80 kilometres from Anchorage, remains a big tourist draw even though visitors now have to take a boat ride across Portage Lake to see its face.  .

Exit Glacier, which the Park Service says got over 181,500 visitors last year, is not Alaska’s only walk-up glacier, albeit with a walk that has been getting longer as the glacier shrivels. But it stands out for its location in an easily accessible national park, the in-your-face documentation of its retreat and its role as a real-time climate change laboratory. Land-terminating Alaska glaciers like Exit, though they make up only a tiny percentage of the world’s ice, are significant contributors to global sea-level rise, and visitors to Kenai Fjords are able to see that process up close.

Each spring and fall, park workers go to the glacier to get detailed measurements of its terminus position. The glacier is now retreating in winter as well as in summer, a pattern that has been consistent since 2006. Since 2011, average October-to-May daily temperatures at the glacier’s low elevations have been above freezing about half the time.

Aerial photography and historic photographic records are also used to track the glacier’s changes. The USGS and researchers from the University of Alaska and University of Washington have crunched altitude data to calculate changes in the past half century at Exit and elsewhere. Reconstructing the more distant past requires analysis of data from the region’s geology and tree rings.

On the 2-kilometre-long Exit Glacier trail, which once ended in a loop, the Park Service has had to make two significant extensions in 2006 and in 2010. There will be no more extensions because the toe of the glacier is now surrounded by steep and treacherous terrain. Many park visitors are worried that the glacier will retreat too far for them to see it easily,

Some Kenai Fjords glaciers are losing even more ice. Pedersen Glacier lost an average of 20 metres a year from 1951 to 1986, but that rate jumped to 123 metres a year from 1994 to 2015. A lake at the toe of the glacier that was tiny two decades ago is now substantial. A similar lake formation has occurred at retreating Bear Glacier, south of Exit. Bear Glacier is more than five times as big as Exit and is losing more than 10 times as much ice annually.

Source: Alaska Dispatch News.

Etapes du recul de l’Exit Glacier depuis 1950 (Source: National Park Service)

Langue de l’Exit Glacier en 2013 (Photo: C. Grandpey)

Columbia Glacier en septembre 2013 (Phoro: C. Grandpey)

Mendenhall Glacier en septembre 2016 (Photo: C. Grandpey)

Portage Glacier en septembre 2016 (Photo: C. grandpey)

Hawaiiens et télescopes // Hawaiians and telescopes

Au moins une centaine de manifestants sont rassemblés au sommet de l’Haleakala sur l’île de Maui depuis mardi pour protester contre la construction d’un télescope solaire sur le volcan considéré comme sacré par certains Hawaïens de souche.
Mercredi en début de journée, deux femmes et quatre hommes du groupe ont été arrêtés par les autorités locales. Ils essayaient d’empêcher un convoi de camions transportant des pièces destinées au télescope solaire Daniel K. Inouye d’atteindre le sommet de la montagne.
Il y a longtemps que les manifestants expriment leur opposition au projet car ils prétendent que le télescope va profaner cette terre sacrée.
Dans un communiqué, les responsables du projet de télescope ont déclaré que l’ensemble de miroirs de quatre mètres transporté par le convoi est arrivé à bon port malgré les manifestations. Dans une déclaration, ils ont ajouté que le projet avait été l’objet de concertations pour identifier et atténuer les impacts culturels et environnementaux associés à la construction de ce qui sera le télescope solaire le plus puissant au monde et dont la construction devrait être achevée d’ici à 2020. Son coût s’élève à 340 millions de dollars
La construction du TMT (Thirty-Meter Telescope) prévue sur le Mauna Kea sur la Grande Ile d’Hawaii, est actuellement à l’arrêt en raison de l’opposition de groupes d’Hawaiiens de souche et d’écologistes. La construction du télescope d’un coût de 1,4 milliard de dollars a été suspendue par une décision de la Cour suprême qui a invalidé son permis de construire.
Source: Journaux hawaïens.

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Over a hundred protesters have gathered on Haleakala Volvano on the island of Maui since Tuesday in an effort to stop a solar telescope from being built on the volcano considered to be sacred by some Native Hawaiians.

On early Wednesday, two women and four men from the group were arrested by local authorities following their attempt to block a truck convoy carrying parts for the Daniel K. Inouye Solar Telescope from reaching the summit of the mountain.

Protesters have long expressed opposition toward the project as they claim the telescope will desecrate the sacred land.

In a statement, officials of the telescope project said that the four-metre mirror system carried by the convoy has been secured and delivered properly despite the protests. The  statement added that the project made concerted efforts to identify and mitigate cultural and environmental impacts associated with the construction of what will be the world’s most powerful solar telescope.

Telescope officials indicate that the construction of the $340-million solar telescope is set to be completed by 2020.

The telescope being constructed on Mauna Kea on Hawaii Big Island, however, has stalled due to protests lead by Native Hawaiian and environmental groups. The construction of the $1.4-billion Thirty Meter Telescope has been stopped by a Supreme Court ruling that invalidated its building permit.

Source: Hawaiian newspapers.

Coucher de soleil et télescopes au sommet de l’Haleakala (Photo: C. Grandpey)

Télescope solaire sur le Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Hawaii : Nouvelles plaques minéralogiques // New license plates

Aux États-Unis, les plaques d’immatriculation sont censées montrer les principales caractéristiques des états. Par exemple, on peut voir un ours sur les plaques de l’Alaska et Delicate Arch (Parc National des Arches) sur celles de l’Utah. Jusqu’à présent, tout le monde savait que Hawaii était « Aloha State», ce qui garantissait un accueil chaleureux dans ces îles du Pacifique.
Deux nouvelles plaques minéralogiques viennent d’être conçues pour « marquer le début d’un nouveau siècle » pour les parcs de Maui et Big Island. Les habitants de ces deux îles sont invités à montrer leur fierté et leur soutien à leurs parcs nationaux en changeant leurs anciennes plaques.
Les nouvelles plaques d’immatriculation arborent des vues volcaniques, des espèces indigènes rares et l’année 1916, date de création des parcs. La plaque du Parc National des Volcans d’Hawaï présente le volcan Kilauea en éruption en 1983, avec une fontaine de lave jaillissant dans le ciel,  tandis que la plaque symbolisant le Parc National de l’Haleakala met en vedette la  bernache néné, le sabre d’argent, ainsi qu’un magnifique lever du soleil.
En plus d’une volonté de sensibilisation de la population à ces deux anciens parcs nationaux, les nouvelles plaques d’immatriculation permettront de recueillir des fonds pour soutenir des projets. Pour chaque plaque, 18 dollars seront affectés à des projets de protection des ressources naturelles  et à des initiatives pédagogiques, comme les programmes culturels sur les espèces en voie de disparition ou invasives ou encore la restauration forestière.
Source: Journaux hawaïens.

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In the U.S., license plates are supposed to show the main features of the states. For instance, one can see a bear on Alaska’s plates and Delicate Arch of the Arches National Park on Utah’s plates. Up to now, everybody knew that Hawaii was the “Aloha State”, which includes a warm welcome to the Pacific islands.

Now, two new license plates have been designed to “mark the start of a new century” for the Maui and Big Island parks. Residents of both islands are encouraged to show their pride and support for their national parks by switching out their old plates.

The new license plates are emblazoned with volcanic views, rare native species and the parks’ establishment date, 1916. The Hawaii Volcanoes National Park plate features its most iconic image, Kilauea Volcano erupting, shooting lava into the sky, in 1983, while the Haleakala National Park plate showcases Hawaii’s state bird, the nene, rare silversword and gorgeous sunrise.

In addition to bringing awareness to two of the oldest national parks, the new plates also help raise funds to support projects. From each plate, $18 is earmarked for Haleakala and Hawaii Volcanoes resource protection and education projects, such as cultural, endangered species, forest restoration, and invasive species programs the park offers the community.

Source : Hawaiian newspapers.

Source: West Hawaii Today

 

La sécurité sur le site de Kamokuna (Hawaii) // Safety at the Kamokuna lava entry (Hawaii)

Comme je l’ai écrit précédemment, le delta de lave sur le site de Kamokuna est susceptible de s’effondrer à tout moment et sans prévenir. Le HVO indique que plusieurs grandes fractures parcourent le delta sur toute sa largeur, parallèlement au littoral. Il est évident que ces fractures augmentent la probabilité d’un effondrement du delta. Une vidéo illustre la situation:
https://youtu.be/rt8rDdT5wO0

La Garde côtière continue d’assurer la sécurité des eaux navigables autour de l’entrée de lave. La zone de sécurité englobe toutes les eaux s’étendant à 300 mètres de l’entrée de la lave dans l’océan, dans toutes les directions.
Selon le HVO, d’importantes projections accompagnent les effondrements et peuvent aller dans toutes les directions, y compris dans la mer. En conséquence, un rayon de 300 mètres a été défini comme zone de danger autour du point d’entrée de la lave dans l’océan, que ce soit à l’intérieur des terres ou dans l’océan.
Sur terre, la zone de sécurité a été délimitée par des cordes. Toute personne non autorisée y pénétrant s’expose à des amendes allant jusqu’à 88 000 dollars ou un délit de catégorie D.
La mise en place de la zone de sécurité a débuté le 28 mars et devrait expirer le 28 septembre 2017.

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As I put it before, the lava delta at the Kamokuna lava entry might collapse at any moment and without warning. HVO indicates that several large cracks have developed in the lava delta, running parallel to the coastline and spanning the width of the delta. A video illustrates the situation:

https://youtu.be/rt8rDdT5wO0

The Coast Guard continues to enforce the temporary Kamokuna Lava Delta Safety Zone for the navigable waters surrounding the lava entry. The safety zone encompasses all waters extending 300 metres in all directions around the entry of the lava flow into the ocean.

According to HVO, large and dense fragments ejected during delta collapses can be thrown in all directions from the point of collapse, including out to sea. As a consequence, a radius of 300 metres was determined as a reasonable minimum high hazard zone around a point of ocean entry, inland or out to sea.

On land, the safety zone has been cordoned off. Anyone getting into the safety zone could face fines up to $88,000 or a Class D felony.

Enforcement of the safety zone began March 28th and is set to expire onn September 28th 2017.

Crédit photo: HVO