Le Premier Ministre japonais à Pearl Harbor aujourd’hui // Japanese Prime Minister to visit Pearl Harbor today

drapeau-francaisHawaii est certes un archipel volcanique, mais c’est aussi un Etat américain chargé en Histoire. L’un des points forts se situe le 7 décembre 1941 à 7h53 quand une armada de kamikaze japonais déferla sur la base américaine de Pearl Harbor sur l’Ile d’Oahu, tout près de Honolulu.

40 avions-torpilleurs étaient au coeur de l’attaque. Seize attaquèrent par le nord-ouest tandis que les vingt-quatre autres arrivèrent par le sud. Les marins américains pensaient qu’il s’agissait d’appareils américains. Les Japonais avaient misé sur des attaques simultanées. Le croiseur Raleigh fut touché, tout comme le vieux cuirassé Utah. Au Sud, les cuirassés Oklahoma, West Virginia, California furent endommagés avant l’arrivée des 49 bombardiers de type « Kate ». Divisés en dix groupes espacés de 200 mètres, leurs cibles principales étaient les cuirassés Maryland, Tennessee et Arizona qui sera coulé, victime de huit bombes.

Le bilan de l’attaque de Pearl Harbor est lourd côté américain. L’attaque japonaise a coûté la vie à 2 340 soldats et 50 civils. Les forces américaines ont perdu 166 avions alors que 21 navires présents dans la rade furent détruits ou endommagés. L’attaque a précipité l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale

Aujourd’hui, Pearl Harbor est un lieu de pèlerinage pour de nombreux Américains et étrangers dont je fais partie. Un jour que je séjournais à Honolulu, j’ai acheté une visite organisée de Pearl Harbor par la mer. Le bateau est entré dans la rade tandis que la bataille se déroulait sur un écran géant sur le pont du bateau. C’était très impressionnant. Aujourd’hui, l’Arizona Memorial chevauche la coque du cuirassé coulé.

Ce mardi 27 décembre 2016 est un jour à marquer d’une pierre blanche car Barack Obama reçoit, pour la première fois dans l’histoire le Premier Ministre japonais Shinzo Abe sur le site de Pearl Harbor à l’occasion des 75 ans du bombardement de la base navale américaine. C’est le premier chef de gouvernement japonais à se rendre sur les lieux depuis 1941.

Le Premier Ministre japonais a reçu le Président Obama sur le site d’Hiroshima en mai dernier dans un effort de réconciliation entre les deux nations

D’un point de vue diplomatique, ce déplacement permet d’envoyer un message à l’administration Trump concernant le partenariat entre Washington et Tokyo. Le président élu a envoyé plusieurs signaux contradictoires sur ses intentions diplomatiques en Asie du Sud-Est. Parmi les points de tension, Shinzo Abe est par exemple un fervent défenseur de l’accord trans-Pacifique initié par Barack Obama, mais très critiqué par Donald Trump.

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drapeau-anglaisHawaii is a volcanic archipelago, but it is also an American State with a solid historical background. One of the major events took place on 7 December 1941 at 7:53 am when a Japanese kamikaze armada rushed on the US base at Pearl Harbor on the island of Oahu, near Honolulu.
40 torpedo planes were at the heart of the attack. Sixteen attacked from the northwest while the remaining twenty-four arrived from the south. American sailors thought they were American aircraft. The Japanese had bet on simultaneous attacks. Cruiser Raleigh was hit, as was the old battleship Utah. To the south, the battleships Oklahoma, West Virginia and California were damaged before the arrival of the 49 « Kate » bombers. Divided into ten groups spaced 200 meters apart, their main targets were the battleships Maryland, Tennessee and Arizona which was sunk by eight bombs.
The toll of the Pearl Harbor attack was heavy on the American side. The Japanese attack killed 2,340 soldiers and 50 civilians. US forces lost 166 aircraft while 21 ships in the harbor were destroyed or damaged. The attack precipitated the entry of the United States in the Second World War

Today, Pearl Harbor is a place of pilgrimage for many Americans and foreigners. I was one of them. One day, while staying in Honolulu, I bought an organized tour of Pearl Harbor by the sea. The boat entered the harbor while the battle was unfolding on a giant screen on the deck of the boat. It was very impressive. Today, the Arizona Memorial straddles the hull of the sunk battleship.

This Tuesday, December 27th 2016 is a very special day because Barack Obama welcomes for the first time in history the Japanese Prime Minister Shinzo Abe on the site of Pearl Harbor on the occasion of the 75th anniversary of the bombing of the American naval base. He is the first Japanese head of government to visit the scene since 1941.
The Japanese Prime Minister welcomed President Obama at the Hiroshima site last May in an effort to reconcile the two nations
From a diplomatic point of view, this trip sends a message to the Trump administration concerning the partnership between Washington and Tokyo. The president-elect sent several contradictory signals about his diplomatic intentions in Southeast Asia. Among the points of tension, Shinzo Abe is for example a fervent defender of the trans-Pacific agreement initiated by Barack Obama, but very criticized by Donald Trump.

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L’Arizona Memorial (Photo: C. Grandpey)

Le « Panorama du Kilauea » de Jules Tavernier et le « Cyclorama du Kilauea » de Lorrin Thurston

drapeau-francaisDans le numéro de septembre 2016 de la revue de L’Association Volcanologique Européenne (LAVE), Dominique Decobecq a consacré deux pages à Jules Tavernier, peintre français du XIXe siècle qui s’est rendu à Hawaï en 1884. Il est rapidement devenu célèbre avec des toiles montrant le lac de lave qui débordait fréquemment dans le cratère de l’Halema’uma’u à cette époque. Jusqu’à sa mort en mai 1889, il a peint des tableaux de différentes tailles montrant des vues emblématiques de l’activité du lac de lave. De nos jours, ces peintures sont très recherchées et très coûteuses. Jules Tavernier n’était pas le seul à peindre le Kilauea. À la fin du 19ème siècle, plusieurs artistes s’évertuaient à transposer sur leurs toiles les couleurs vives du lac de lave qui s’agitait sur le volcan.

En 1888, Tavernier a franchi une étape supplémentaire et il a créé une représentation virtuelle du Kilauea, baptisée le «Panorama du Kilauea». Il s’agissait d’une toile de 3 mètres de haut disposée autour d’un cercle d’un périmètre de 27 mètres.
Le Daily Bulletin (un journal de Honolulu) a décrit en ces termes l’expérience vécue par le spectateur: «A partir de la plate-forme où se trouve le visiteur [avec la toile autour de lui], la scène devient impressionnante. Debout au centre du cratère, avec l’Halema’uma’u … et la Volcano House situés au bon endroit, la scène semble extrêmement réaliste. Plus le visiteur regarde, plus il a l’impression qu’il se trouve réellement à l’intérieur du Kilauea. Le « Panorama du Kilauea » a été exposé dans le Royaume d’Hawaï pendant un certain temps avant d’être expédié aux États-Unis. Il a finalement abouti à Washington, D.C., pour une exposition publique. Malheureusement, il ne reste aucune trace, ni aucune photo de cette précieuse toile.
Quelques années plus tard, Lorrin A. Thurston, un homme politique à la tête de descendants de missionnaires américains et d’expatriés dans le Royaume d’Hawaï, cherchait un moyen de promouvoir le tourisme à Hawaii et d’encourager les Américains à y s’établir. Il a proposé une exposition d’Hawaï à la World Fair de Chicago de 1893. Après le succès du «Panorama du Kilauea» de Jules Tavernier, Thurston a pensé qu’un grand «Cyclorama» du Kilauea pourrait être une bonne façon de faire connaître Hawaï. Le Cyclorama de Thurston avait 15 mètres de haut et une circonférence de 120 mètres, soit plus de quatre fois la taille du Panorama de Tavernier. Le « Cyclorama du Kilauea » de Thurston, accompagné d’expositions agricoles et d’un village hawaïen, avec musiciens et des danseurs de hula, a ensuite été exposé à la Midwinter Fair de San Francisco en 1894-1895 et à l’occasion de plusieurs autres expositions sur le continent américain au début du 20ème siècle.
On ne sait pas si les réalisations de Tavernier et Thurston ont vraiment attiré les visiteurs américains à Hawaï, mais elles ont certainement représenté pour des milliers de gens un moyen peu coûteux de se rendre sur le volcan Kilauea.
Source: USGS / HVO.

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drapeau-anglaisIn the September 2016 issue of the bulletin of L’Association Volcanologique Européenne (L.A.V.E.), Dominique Decobecq has devoted two pages to Jules Tavernier, a French painter of the 19th century who travelled to Hawaii in 1884. He became rapidly famous with paintings showing the lava lake which frequently overflowed within Halema’uma’u Crater. Until his death in May 1889, he produced paintings of various sizes that have remained iconic views of the lava lake’s activity during that period and which are much sought after and very expensive on the market today. Jules Tavernier was not alone. In the late 19th century, several artists were perfecting the portrayal of the fiery hues of Kilauea’s lava lake.   Tavernier created several paintings of various sizes that have remained iconic views of the lava lake’s activity during that period.

In 1888, Tavernier went one step further and created a virtual reality depiction of Kilauea volcano, the “Panorama of Kilauea,” a 3-metre-tall canvas arranged in a circle with a 27-metre circumference.

The Daily Bulletin (a Honolulu newspaper) described the viewer’s experience: “On reaching the platform [at the center surrounded by the canvas] from which the visitor gazes, the scene becomes impressive. Standing in the very center of the crater, with Halemaumau … and the Volcano House in their proper positions they appear as realistic as can be. The longer the visitor gazes, the stronger becomes the impression, until he fancies that he is actually in Kilauea.” The “Panorama of Kilauea” was exhibited in the Hawaiian Kingdom for a while before being shipped to the United States. It eventually ended up in Washington, D.C., for public exhibition. Unfortunately, neither this valuable canvas nor any photos of it have ever been found.

A few years later, Lorrin A. Thurston, a rising political leader of American missionary descendants and expatriates in the Hawaiian Kingdom, was looking for ways to accelerate tourism and to encourage Americans to settle in Hawaii. He proposed a Hawaii exhibit at the Chicago World’s Fair to open in 1893. After the success of Tavernier’s “Panorama of Kilauea”, Thurston thought that a larger “Cyclorama” of Kilauea could be used advantageously to advertise Hawaii. Thurston’s Cyclorama was 15 metres high with a circumference of 120 metres, more than four times the size of Tavernier’s panorama. Thurston’s Kilauea Cyclorama, accompanied by agricultural exhibits and a Hawaiian village, including musicians and hula dancers, was later exhibited at the San Francisco Midwinter Fair in 1894–1895, and at several more mainland expositions into the early 20th century.

It is unknown how effective these exhibits were at attracting American visitors to Hawaii, but they certainly provided an inexpensive way for thousands to experience Kilauea Volcano.

Source: USGS / HVO.

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Volcano at Night, toile de Jules Tavernier, exposée au Honolulu Museum of Art

Bogoslof (Alaska) & Sabancaya (Pérou)

drapeau-francaisUn quatrième épisode éruptif a débuté sur le Bogoslof le lundi 23 décembre vers 14h05 (heure locale). Les données satellitaires montrent que le panache a atteint une altitude d’environ 9000 mètres. L’activité a diminué depuis mais justifie le maintien de l’alerte érienne à la couleur Rouge.

Source : AVO

Le Sabancaya reste bien actif, avec une hausse de la sismicité au cours des derniers jours. Comme on peut le voir sur les images de la webcam, la colonne de cendre monte jusqu’à environ 3000 mètres de hauteur. On n’observe pas de déformation significative de l’édifice volcanique. Les émissions moyennes de SO2 s’élèvent à 3400 tonnes par jour.

Source: INGEMMET.

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drapeau-anglaisA fourth ash-producing eruption started at Bogoslof at 14:05 (local time) on December 26th 2016. Cloud-top temperatures from satellite suggest a cloud height of around  9,000 a.s.l. The aviation Colour Code has again been raised to RED.

Source: AVO.

Sabancaya remains quite active, with an increase in seismicity in the past days. As can be seen on the webcam images, the ash column rises up to about 3,000 metres above the volcano. No significant deformation of the volcanic edifice has been observed. SO2 emissions reach an average of 3,400 tonnes per day.

Source: INGEMMET.

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Vue du panache du Sabancaya (webcam INGEMMET)

Surge glaciaire // Glacial surge

drapeau-francaisLe 18 décembre 2016, j’ai publié une note à propos de l’effondrement du Glacier Aru au Tibet. J’indiquais que cet effondrement était différent de ceux observés sur certains autres glaciers comme le Kolka en Sibérie dont une section de 2,5 km avait, en 2002, parcouru 18 km en 6 minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Il est peu probable que le glacier tibétain ait connu un tel phénomène car sa taille ne semble pas suffisante pour le déclencher.

Une surge glaciaire est un événement brutal et bref au cours duquel un glacier avance très rapidement. Elle peut durer de quelques minutes à plusieurs semaines. Le glacier peut avancer de quelques dizaines à plusieurs centaines de mètres par jour, contre quelques centimètres à quelques dizaines de centimètres le reste du temps. On trouve parfois le mot « surge » traduit par « crue » ce qui, à mon avis, prête à confusion. Une crue glaciaire, comme les jökulhlaup en Islande, fait référence à la hausse brutale du cours d’eau qui s’échappe d’un glacier suite à la fonte de ce dernier, par la chaleur d’un volcan par exemple.

Les surges glaciaires se divisent en deux catégories. Les glaciers d’Alaska présentent des surges avec une phase initiale soudaine, une vitesse de progression extrêmement élevée (de l’ordre de plusieurs dizaines de mètres par jour) et un arrêt soudain, souvent avec une décharge de l’eau stockée par le glacier. Les surges observées au Svalbard présentent un comportement différent. La phase initiale est plus lente, suivie d’une phase d’accélération plus lente elle aussi (de l’ordre de quatre ou cinq mètres par jour). Le retour au calme peut prendre des années.

S’agissant de la fréquence des surges, elles sont la plupart du temps périodiques, avec un intervalle de plusieurs années entre deux événements). On les rencontre en Alaska, dans le grand nord canadien, en Antarctique, au Groenland et au Svalbard. Dans son livre La complainte de l’ours, Jean-Louis Etienne évoque la surge du glacier Nergribreen dans le Storfjord en 1935.

Le phénomène reste mal connu mais une théorie proposée en 1969 suggère que l’eau accumulée dans le glacier lui fait atteindre une masse critique au-delà de laquelle il ne peut plus supporter son propre poids. Le front du glacier se disloque alors et sa partie centrale se met à avancer extrêmement rapidement, côtoyée par des masses latérales avançant à allure normale. Au cours de ce processus, d’énormes quantités d’eau peuvent être libérées en charriant des blocs de glace de plusieurs centaines de tonnes ainsi que des rochers.

D’autres surges peuvent être provoquées par un déséquilibre du glacier à la suite d’un apport de neige trop rapide. Elles peuvent aussi faire suite à un arrêt de l’avancée d’un glacier qui se met alors à s’épaissir. Une autre cause peut être un substrat rocheux trop meuble. Une fois la surge terminée, on assiste en général à un retrait glaciaire temporaire dû au déficit en glace.

Le glacier Variegated en Alaska propose l’un des meilleurs et des plus spectaculaires exemples de surges. Il fait partie d’un ensemble glaciaire qui termine sa course dans le Russell Fjord, en amont de la Baie de Yakutat. Une surge a eu lieu au début de l’année 1982 et s’est poursuivie jusqu’en 1983, à raison d’une avancée de 80 mètres par jour pour le front du glacier. Le Variegated avait déjà connu d’autres surges en 1906, dans les années 1920, en 1947 et 1964-1965. Des études ont permis de démontrer le lien entre la pression interne de l’eau et la vitesse de progression du glacier. Au cours de la surge de 1982, seule la surface du glacier s’est déplacée dans un premier temps à une vitesse d’environ 10 mètres par jour puis, à partir d’octobre 1982, c’est l’ensemble du glacier qui s’est mobilisé. La vitesse de progression a atteint 65 mètres par jour pour le glacier proprement dit et 80 mètres par jour pour la partie frontale.

Voici une vidéo en accéléré montrant la surge du Variegated en 1982-1983 :

https://youtu.be/HZaknW8m6tI

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On December 18th, 2016, I published a note about the collapse of the Aru Glacier in Tibet. I indicated that this collapse was different from those observed on some other glaciers such as the Kolka in Siberia, a 2.5 km section of which in 2002 traveled 18 km in 6 minutes, killing more than 100 people. It is unlikely that the Tibetan glacier experienced such a phenomenon because its size does not seem sufficient to trigger it.
A glacial surge is a brutal and brief event in which a glacier advances very quickly. It can last from a few minutes to several weeks. The glacier can advance from a few tens to several hundred meters a day, versus a few centimeters to a few tens of centimeters the rest of the time. The word « surge » is sometimes translated as « flood », which, in my opinion, is confusing. A glacial flood, such as the jökulhlaup in Iceland, refers to the sudden rise of the stream that escapes from a glacier following the melting of the glacier by the heat of a volcano, for example.
Glacial surges are divided into two categories. The glaciers of Alaska have surges with a sudden initial phase, an extremely high rate of progression (of the order of several tens of meters per day) and a sudden stop, often with a discharge of the water stored by the glacier . The surges observed at Svalbard show a different behaviour. The initial phase is slower, followed by a slower acceleration phase (of the order of four or five meters per day). The return to calm can take years.
As for the frequency of surges, they are mostly periodic, with an interval of several years between the events. They are found in Alaska, the great Canadian North, Antarctica, Greenland and Svalbard. In his book La complainte de l’ours, Jean-Louis Etienne evokes the surge of the Nergribreen glacier in the Storfjord in 1935.
The phenomenon remains poorly known but a theory proposed in 1969 suggests that the water accumulated in the glacier makes it reach a critical mass beyond which it can no longer bear its own weight. The front of the glacier dislocates and its central part begins to advance extremely rapidly, while side masses are advancing at normal pace. During this process, enormous amounts of water can be released, carrying ice blocks of several hundred tons as well as rocks.
Other surges can be caused by an imbalance of the glacier due to the too rapid supply of snow. They can also follow a stopping of the advance of a glacier which then begins to thicken. Another cause may be the bedrock which too soft. Once the surge is complete, there is usually a temporary glacial shrinkage due to the ice deficit.
The Variegated Glacier in Alaska offers one of the best and most spectacular examples of surges. It is part of a glacial ensemble that ends its race in the Russell Fjord, upstream of Yakutat Bay. A surge took place at the beginning of 1982 and continued until 1983, at a rate of 80 meters per day for the front of the glacier. The Variegated had already experienced other surges in 1906, in the years 1920, 1947 and 1964-1965. Studies have demonstrated the link between the internal pressure of the water and the rate of progression of the glacier. During the 1982 survey, only the surface of the glacier first moved at a speed of about 10 meters per day and then, as of October 1982, the glacier as a whole mobilized. The speed of advance reached 65 meters per day for the glacier itself and 80 meters per day for the frontal part.
Here is an accelerated video showing the Variegated Surge in 1982-1983:
https://youtu.be/HZaknW8m6tI

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Source: University of Alaska Fairbanks