Popocatepetl (Mexique): Vers un retour à la normale?

drapeau francaisLes derniers rapports du CENAPRED laissent supposer que l’activité du Popocatepetl est en train de revenir à des niveaux normaux. Malgré les mauvaises conditions météorologiques, l’observatoire a pu détecter les «exhalations» habituelles, accompagnées d’émissions de vapeur d’eau, de gaz et parfois de petites quantités de cendre. L’incandescence est toujours visible de nuit au niveau du cratère.
Un survol a été effectué le 15 Juillet. Il a permis de constater que le dôme observé lors du survol précédent a été détruit par les explosions de ces derniers jours. À sa place, on peut voir un nouveau cratère de 200 mètres de diamètre et de 20 à 30 mètres de profondeur (voir image ci-dessous). A en juger par les images, le dôme est encore relativement profond dans le cratère, de sorte que le risque de coulées pyroclastiques provoquées par son effondrement est très faible.
Le niveau d’alerte est abaissé à la couleur Jaune, Phase 2.

 

drapeau anglaisCENAPRED’s latest reports suggest that activity at Popocatepetl is going back to normal levels. Despite poor weather conditions, the observatory could detect the usual “exhalations” accompanied by emissions of steam, gas and sometimes small amounts of ash. Incandescence is still seen at night over the volcano.

An overflight was performed on July 15th. It allowed to see that the dome reported on the previous overflight was destroyed by the explosions which occurred in recent days. In its place, one can see a new crater 200 metres in diameter and 20 to 30 metres deep (see image below). Judging from the images, the dome is still deep within the crater, so that the risk of pyroclastic flows triggered by its collapse is quite low.
The alert level has been downgraded to Yellow, Phase 2.

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Facebook au secours de la volcanologie ! // How Facebook can help volcanology !

drapeau francaisLes réseaux sociaux deviennent de plus en plus populaires de nos jours mais une équipe de chercheurs de l’Université d’Alaska à Fairbanks les utilise différemment, avec les mises à jour quasiment en temps réel d’un travail sur le terrain en Italie.
Leur page Facebook « Social window: Volcano Research in Italy — 2013 » permet de mieux connaître la vie quotidienne et les activités de l’équipe sur les flancs du Stromboli. Les scientifiques y testent un moyen peu coûteux de surveiller les volcans et de collecter des données en utilisant des webcams classiques et en comparant les images recueillies avec celles fournies par les dispositifs d’imagerie thermique gourmands en énergie généralement utilisés dans les volcans. Cette nouvelle expérience pourrait permettre de contrôler les volcans du monde entier plus facilement et à moindre coût.
La plupart des caméras utilisées par l’équipe scientifique sont semblables à celles que l’on voit tous les jours, mais avec une finalité différente. Par exemple, les chercheurs utilisent les petites caméras de sécurité habituellement fixées au plafond d’une boutique pour la surveillance ou les webcams  placées sur un ordinateur pour la visiophonie sur Internet. Comme le dit un chercheur: «Ces dispositifs permettent non seulement d’économiser beaucoup d’argent, mais beaucoup de gens ont accès à ce type d’appareils. »
Toutefois, il est impossible – du moins pour le moment – de surveiller tous les volcans du monde de cette façon et publier les résultats sur Facebook. Stromboli est parfait parce que le volcan est à portée des signaux Internet mais le système ne fonctionnerait pas dans des endroits éloignés comme les îles Aléoutiennes.
Dans quelques années, on assistera probablement à une amélioration des connexions Internet et des médias sociaux, de la même façon que les caméras se sont améliorées considérablement au cours de la dernière décennie. On peut raisonnablement penser que pratiquement chaque point de la Terre sera plus accessible. Les caméras fonctionneront à partir du téléphone – avec possibilité de géolocalisation – et elles seront capables de produire une énorme quantité d’images sur les réseaux sociaux. La collecte de ces images contribuera sans aucun doute à réaliser une sorte de surveillance instantanée des volcans par un très grand nombre de personnes.

De belles idées certes, mais qui ne pourront être mises en pratique si les interdictions d’accès aux zones actives continuent à être imposées aux visiteurs par les autorités!

Source : Anchorage Daily News.

 

drapeau anglaisSocial networks are getting more and more popular these days and a University of Alaska Fairbanks research team is using them in a new way, posting near-realtime updates of volcano research from Italy.

Their Facebook page « Social window: Volcano Research in Italy — 2013 » is a look into the daily life and activities of the research team on the flanks of Stromboli volcano in Sicily.

The team is testing an inexpensive way to monitor and collect data from volcanoes using off-the-shelf webcams and comparing the images to data collected by expensive, power-hungry thermal imaging devices typically used at the volcanoes. This new experience could allow volcanoes around the world to be more easily and affordably monitored.

Many of the cameras the team is using are similar to what people see every day, just with different purposes. For example, the scientists use small security dome cameras normally seen mounted on the ceiling of a shop for surveillance, or webcams that sit on top of computer for Internet video calling. Says one researcher: “These devices not only save a lot of money, but many people have access to these sorts of devices.”

However, it is impossible – at least for the time being – to monitor all the volcanoes of the world in this way and release the results on Facebook. Stromboli is ok because it’s within walking distance of Internet signals but a trip to remote places like the Aleutians wouldn’t work.

In a few years, we may expect Internet connections and social media to get better, just as cameras improved vastly over the last decade. With almost everywhere on the Earth more accessible, and phone based cameras with geolocation producing a huge amount of images on social media, gathering those images may contribute to making a sort of “flash mob volcano monitoring”.

These are great ideas but they won’t be developed if local authorities keep forbidding the access to active volcanoes!

Source : Anchorage Daily News.

Stromboli-blog-3

L’accès (payant!) au Stromboli n’est autorisé qu’avec les guides locaux

(Photo:  C. Grandpey)

Episode explosif sur le Merapi (Indonésie) // Explosive episode at Mount Merapi (Indonesia)

drapeau francaisSelon la presse asiatique, le Merapi a connu un épisode éruptif explosif entre 4 heures et 5 heures ce matin (heure locale). Le volcan a émis des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 1000 mètres de hauteur, obligeant des centaines de personnes à fuir leurs villages sur ses pentes. L’événement a eu lieu au cours d’une période de fortes pluies de sorte que les nuages ​​cachaient la zone sommitale. Le volcan est d’ailleurs invisible sur les webcams. Le bruit de l’explosion a été entendu à 30 kilomètres, mais aucun autre événement éruptif n’a été observé et le niveau d’alerte du volcan n’a pas été relevé.
La dernière grande éruption du Merapi en 2010 a tué plus de 300 personnes. Elle est décrite en détail dans mon livre « Killer volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisAccording to the Asian press, Mount Merapi went through an explosive eruptive episode between 4 and 5 o’clock this morning (local time). The volcano spewed gas and ash up to 1,000 metres high, forcing hundreds of people to flee their villages along its slopes. The event took place during a period of heavy rain so that the clouds concealed the summit area. By the way, the volcano can’t be seen on the webcams. The sound was heard 30 kilometres away, but no other eruptive event was observed and the volcano’s alert level was not raised.

Mount Merapi’s last major eruption in 2010 killed more than 300 people. It is fully described in my book “Killer volcanoes” (see left-hand column of this blog)..

Les geysers de Yellowstone

drapeau francaisLe 16 février 2013, dans une note intitulée « A l’intérieur des geysers », j’ai expliqué comment deux géologues russes ont essayé de comprendre leur fonctionnement en introduisant une caméra très robuste à l’intérieur des conduits de six d’entre eux dans la célèbre Vallée des Geysers au Kamchatka.

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/16/a-linterieur-des-geysers-inside-geysers/

Le site web Live Science (http://www.livescience.com/) consacre aujourd’hui un article à ce sujet en faisant référence aux geysers de Yellowstone. On nous explique que les geysers et les volcans ont un comportement un peu similaire, avec toutefois deux différences majeures : leur alimentation (lave pour les uns, eau pour les autres) et leur ponctualité, celle des geysers étant souvent remarquable alors que les éruptions restent encore extrêmement difficiles à prévoir.

En 2010, Shaul Hurwitz, chercheur en hydrologie à l’USGS de Menlo Park en Californie a invité 13 de ses collègues à travers le monde à venir étudier pendant une semaine le fonctionnement du Lone Star Geyser dans le parc de Yellowstone. Le Lone Star est un geyser très esthétique qui se manifeste régulièrement toutes les trois heures. Les chercheurs ont mesuré la quantité d’eau rejetée, les mouvements du sol, les ondes sismiques et sonores et ils ont enregistré une vidéo à haute vitesse avec des images visibles et infrarouges.

Ces données ont permis de mieux comprendre le processus éruptif de ce geyser. Les résultats de l’étude ont été publiés au mois de juin dans le Journal of Geophysical Research.

L’éruption du Lone Star Geyser se déroule en 4 phases distinctes, avec un signal géophysique propre à chacune d’elles. Pendant que la pression s’accumule dans le sous-sol, une phase « préliminaire » avec des émissions répétées d’eau et de vapeur annonce l’éruption proprement dite qui commence avec des projections d’eau et de vapeur à des vitesses comprises entre 58 et 101 km/h. Ces vitesses ont pu être calculées en filmant les particules projetées avec une caméra haute vitesse. L’éruption fait ensuite place à un épisode post-éruptif très calme qui se termine par une phase de re-remplissage du geyser.

Les scientifiques font remarquer que des geysers comme le Lone Star ou le Vieux Fidèle se trouvent à proximité des zones volcaniques actives qui ont récemment (à l’échelle géologique) secoué la caldeira de Yellowstone et où le magma est susceptible de chauffer l’eau sous la surface. Les geysers apparaissent quand des points d’obturation empêchent l’eau et la vapeur de s’élever vers la surface, phénomène qui emprisonne des bulles et se termine par l’éruption du geyser. Ce processus avait été parfaitement étudié au Kamchatka (voir ma note du 16 février).

Dans le cas présent, les chercheurs ont estimé que la quantité de chaleur émise par le Lone Star Geyser était équivalente à une puissance de 1,4 mégawatts, ce qui suffirait pour alimenter 1000 foyers pendant une heure. Toutefois, cette chaleur représente à peine 0,1 % de toute celle émise par la caldeira de Yellowstone. De plus, il ne faut pas oublier que cette chaleur se disperse à la surface et est libérée par les autres sources du Parc. Au final, si l’on prend en compte tous les geysers de Yellowstone, Shaul Hurwitz estime que « la quantité totale de chaleur produite est relativement négligeable ».

 

drapeau anglaisOn February 16th 2013, in a note entitled « Inside geysers, » I explained how two Russian geologists tried to understand how they work by introducing a sturdy camera inside the ducts of six of them in the famous Valley of Geysers in Kamchatka.

http://volcans.blogs-de-voyage.fr/2013/02/16/a-linterieur-des-geysers-inside-geysers/

The website Live Science (http://www.livescience.com/) has just published an article about this topic with a reference to the geysers of Yellowstone. We are told that geysers and volcanoes have a somewhat similar behaviour, but with two major differences: their plumbing (lava for the ones, water for the others) and punctuality; indeed, the geysers are often remarkably punctual whereas eruptions are still very difficult to predict.
In 2010, Shaul Hurwitz, a hydrology researcher at the USGS in Menlo Park, California, invited 13 of his colleagues around the world to study for a week-long experiment at the Lone Star Geyser in Yellowstone Park. The Lone Star is a very aesthetic geyser that regularly erupts every three hours. The researchers measured the amount of water discharged, the ground motion, seismic and sound waves and they recorded a high-speed video with visible and infrared images.
These data allowed to better understand the eruptive process of the geyser. The results of the study were published in June in the Journal of Geophysical Research.
The Lone Star Geyser erupts in four distinct phases, each with a unique geophysical signal. As pressure builds up underground, a « preplay » phase, with pulses of steam and water, signals the coming outburst. Then, the eruption starts, with water and steam fountaining at 58 to 101 km/h. The researchers tracked particles in the jetting water with the high-speed camera to calculate the speed. A quiet post-eruption phase follows, finishing with a recharge phase while the geyser cone refills.

The scientists note that geysers like Lone Star and Old Faithful are located close to active volcanic areas that recently (geologically speaking) shook the Yellowstone caldera and where magma is likely to heat subsurface water. Geysers form when choke points prevent water and steam from rising underground, trapping bubbles that eventually explode into an eruption. This process had been fully studied in Kamchatka (see my note of 16 February).
In the case of Yellowstone, the researchers estimate that the amount of heat emitted by the Lone Star Geyser is about 1.4 megawatts, which is enough energy to power 1,000 homes for one hour. But the heat amounts to less than 0.1 percent of the total heat output from the whole Yellowstone caldeira. In addition, we should not forget that this heat that escapes to the surface is radiated by other sources in the Park. Finally, if one takes into account all the geysers of Yellowstone, Shaul Hurwitz believes that « the total heat ouput is relatively negligible. »

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Le Lone Star Geyser, l’un de mes préférés à Yellowstone  (Photo: C.  Grandpey)