Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgOn observait ce matin vers 7h30 (heure locale)sur la webcam n°1 de L’Association Volcanologique Européenne une belle incandescence ainsi qu’une petite coulée de lave au niveau du Nouveau Cratère SE.

http://lave-volcans.eu/webcams_etna.php?numero=1

 

drapeau anglais.jpgThis morning, one could see at 7:30 or so (local time) on the webcam 1 of L’Associaton Volcanologique Européenne a strong incandescence as well as a short lava flow on the New SE Crater.

http://lave-volcans.eu/webcams_etna.php?numero=1

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Etude des mouvements de failles sur le Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

L’activité sismique a toujours été intense sur le Kilauea où les mouvements du magma sous l’édifice ont des répercussions à la surface. Les zones de rift (East Rift Zone et West Rift Zone) sont les preuves des forces colossales qui animent le volcan. Les épisodes de gonflement et de dégonflement du sommet – particulièrement nombreux ces derniers mois – trahissent la montée et la baisse du niveau de la lave. On remarquera enfin que, périodiquement, des séismes se produisent sur le Kilauea, en particulier sous le flanc sud qui a tendance à basculer sous la pression du magma. Outre des fracturations, ce basculement entraîne des glissements de failles assez lents (d’une durée d’une à deux journées) dans cette partie du volcan et les scientifiques du HVO pensent pouvoir enregistrer dans les prochaines semaines l’un de ces slow slip events (SSE).

Les scientifiques font remarquer que si un glissement de failles se produit brusquement, il peut provoquer un séisme de l’ordre de M 6 ou plus, comme en 1975 (M7,2) ou en 1989 (M6,2). Par contre, quand le glissement est lent, il peut être enregistré par des instruments. C’est ainsi que le HVO a pu enregistrer 10 SSE depuis novembre 2000. Leur périodicité n’est pas très régulière mais les dernières observations laissent penser que le prochain événement de ce type se produira vers la mi-juin 2012.

Le 17 juin 2007, une intrusion magmatique a provoqué l’ouverture d’une nouvelle fracture dans l’East Rift Zone, suivie d’une petite éruption le 19 de ce mois. Grâce aux GPS et tiltmètres en place dans ce secteur et sur le flanc sud, l’activité a pu être enregistrée, mais il a été difficile d’analyser les données concernant le SSE car elles étaient perturbées par le phénomène éruptif.

Les scientifiques du HVO voudraient pouvoir étudier les glissements de failles dans des circonstances plus neutres et comprendre en particulier pourquoi ce lent glissement s’accompagne parfois d’un tremor dans d’autres régions du monde. Ce dernier point sera toutefois extrêmement difficile à étudier sur le Kilauea avec la présence d’un tremor éruptif annexe.

S’agissant de la sismicité sur le Kilauea, les scientifiques du HVO voudraient savoir si les essaims sismiques enregistrés en février 2012 sont liés à une montée de magma sous le Kilauea. Ils voudraient aussi comprendre pourquoi les épisodes de gonflement et de dégonflement (D/I events) se sont accélérés en 2012.

 

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West Rift Zone du Kilauea (Photo: C. Grandpey)

 

Popocatepetl (Mexique)

L’activité du Popo reste forte avec des panaches de cendre, des projections incandescentes et des grondements qui inquiètent les populations sur ses flancs. Certains habitants les comparent aux « rugissements de la mer ».

Les autorités locales ont commencé à prendre des mesures pour le cas où la situation viendrait à empirer. La municipalité de Xalitzintla (2600 habitants) a prévu 50 bus en cas d’évacuation et les habitants seront prévenus par les policiers de la localité. Le maire pense que la moitié de la population acceptera de partir tandis que l’autre moitié refusera. Des masques anti-poussière sont mis à la disposition des habitants mais ne sont guère utilisés.

Le Président mexicain a assuré que les routes autour du volcan resteraient dégagées pour faciliter les évacuations et que des abris étaient prêts à accueillir d’éventuels réfugiés. Il espère que le Popocatepetl ne provoquera pas une nouvelle catastrophe, après l’épidémie de grippe porcine en 2009, les inondations et la sécheresse de 2012.

Comme ce fut le cas avec le Merapi en Indonésie, la plupart des habitants sur les flancs du Popo ne craignent pas le volcan et certains reconnaissent même qu’ils ressentent une forme de « relation personnelle », voire de la « tendresse » envers  lui. En effet, la cendre qui tombe est bienfaitrice ; elle fertilise le sol.

 

Si je devais formuler un pronostic concernant l’évolution de l’éruption du Popocatepetl, je serais plus optimiste que lors de celle du Merapi en 2010. Bien que situés tous les deux en zone de subduction, le Popo et son homologue indonésien n’ont pas la même morphologie et le passé éruptif du Popo est moins destructeur que celui du Merapi. On ne connaît pas d’éruptions du volcan mexicain dans les temps historiques ayant entraîné la mort de milliers de personnes. Il est vrai que les villages sur ses flancs ne sont pas à la merci d’un dôme de lave susceptible de s’écrouler en déclenchant des coulées pyroclastiques meurtrières. Comme on a pu le voir dans la photo aérienne que j’ai mise en ligne il y a quelques jours, le dôme de lave se trouve au fond du cratère et ne risque donc pas de s’écrouler sur les pentes du volcan. Il ne faudrait pas, bien sûr, qu’il se mette à croître rapidement et dépasse la lèvre.

Les nuages de cendre et les projections incandescentes accompagnées actuellement de forts rugissements sont, de mon point de vue, une bonne chose. Je rejoins l’opinion des scientifiques du CENAPRED qui indiquent que ces manifestations éruptives permettent une libération de l’énergie accumulée sous le volcan. Les projections incandescentes correspondent probablement à la destruction du dôme de lave. Il est dommage que le CENAPRED ne mette pas en ligne des photos aériennes du cratère.

Pour le moment, le seul problème réside dans les émissions de cendre et leurs retombées sur les zones habitées. Elles peuvent causer des problèmes respiratoires et gêner la vie de tous les jours. A long terme toutefois, cette cendre contribuera à fertiliser les champs et fera le bonheur des paysans.

 

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9 heures: Le Popocatepetl vu par la webcam en ce moment. L’activité semble stable. Le dernier bulletin du CENAPRED indiquait hier soir qu’il y avait moins de cendre dans les panaches.

21 heures: Confirmation de la baisse d’activité dans le dernier bulletin du CENAPRED. L’observatoire indique que 19 émissions de cendre de moyenne intensité ont été observées au cours des dernières 24 heures. C’est beaucoup moins que précédemment.

Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgDepuis le 20 avril au soir, on observe périodiquement une petite activité strombolienne dans le Nouveau Cratère SE (NCSE). Il se pourrait donc qu’un nouveau paroxysme secoue prochainement le volcan.

A noter que l’activité sismique peut à nouveau être observée sur le site de l’INGV. Deux nouvelles stations ont été installées. La première (EMPL) se trouve sur le Monte Parmentelli, un vieux cratère sur le flanc sud à 1200-1300 mètres d’altitude. L’autre station sismique (ECPN) se situe au Cratere del Piano, au SO des cratères sommitaux, près de la Bocca Nuova, à 3000 mètres d’altitude, à environ 1,5 km à l’ouest du NSEC, donc plus près de la zone active que précédemment. L’enregistreur du tremor (EBEL) se trouve encore plus près du cratère, à une distance de seulement 700 mètres.

Ces informations m’ont aimablement été fournies par Boris Behncke (INGV Catane)

 

drapeau anglais.jpgSince April 20th in the evening, slight strombolian activity can be observed within the New SE Crater (NSEC). Thus, a new paroxysm might occur shortly on the volcano.

Seismic activity can again be seen on the INGV website. Two new stations have been installed. These are the « Monte Parmentelli – EMPL » (an old crater on the south flank of Etna at about 1200-1300 m elevation) and « Cratere del Piano – ECPN » (at the southwestern base of the summit crater complex, near the Bocca Nuova, at about 3000 m elevation).  With ECPN, one can see the seismicity close to the summit. The station is little more than 1.5 km to the west of the new Southeast Crater. EBEL (which transmits the volcanic tremor graph) is still closer, about 700 m from the crater.

I was kindly given this information by Boris Behncke (INGV Catane).