Soufriere Hills (Ile de Montserrat)

drapeau francais.jpgL’activité sismique restait relativement élevée la semaine dernière sur le volcan Soufriere Hills, après les essaims volcano-tectoniques enregistrés les 22 et 23 mars. L’événement le plus significatif avait une magnitude de M 3,5, l’un des plus importants depuis le début de l’éruption.

Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 1320 tonnes par jour, avec un minimum de 264 tonnes et un maximum de 4594 tonnes, la troisième valeur enregistrée au cours des 10 dernières années. Les émissions les plus intenses ont été observées les 24 et 26 mars.

L’activité fumerolienne accompagnée d’émissions de cendre qui avait débuté le 23 mars a culminé avant midi avant de décliner lentement pour cesser en fin d’après-midi. Au moment le plus intense, la cendre jaillissait jusqu’à environ 150 mètres de hauteur. Le 28 mars, seule subsistait l’activité fumerolienne à l’intérieur de la fracture d’effondrement.

L’épisode d’activité du 23 mars est le plus significatif depuis la pause marquée par l’éruption il y a plus de deux ans. Les événements sismiques volcano-tectoniques les plus importants ont probablement été causés par un accroissement de la pression sous le volcan suite à une montée de magma. Les émissions de cendre avaient, de toute évidence, une origine phréatique.

Ce type d’activité s’était déjà produit sur le volcan Soufriere Hills plusieurs mois avant la reprise d’une extrusion de magma, comme en 2005 et 2008.

L’activité du 23 mars est là pour rappeler que le volcan reste très actif. Des coulées pyroclastiques peuvent se produire à tout moment, y compris dans Gages d’où elles peuvent atteindre rapidement Plymouth. De plus, le risque de lahars reste élevé, en particulier dans Belham Valley

Le niveau d’alerte est maintenu à 2.

Source : MVO.

 

drapeau anglais.jpgSeismic activity was still high last week, following the large swarms of VT earthquakes that were recorded on March 22nd and 23rd. The magnitude of the largest event in the swarms was 3.5, making this one of the largest VT earthquakes since the start of the eruption.

The average SO2 emissions reached 1,320 tonnes per day with a minimum of 264 tonnes per day and a maximum of 4,594 – the third-highest value recorded in the last ten years. The highest values were between March 24th and 26th.

The ash venting and fumarolic activity that started in the morning of March 23rd peaked before noon and then slowly declined until it stopped in the late afternoon. At its peak, black jets of ash were seen rising about 150 metres high. Observations on March 28th showed only fumarolic activity from the vents inside the collapse scar.

The episode of March 23rd was the most significant activity at the Soufriere Hills since the current pause began more than two years ago. The large VT earthquakes are likely to have been caused by increasing pressure below the volcano from uprising magma while the ash venting was probably phreatic in origin. This type of activity had occurred before at Soufriere Hills up to several months prior to restarts in magma extrusion, for example in 2005 and in 2008.

The 23 March activity is a reminder that the volcano is still active. Pyroclastic flows can occur at any time without warning on any side of the volcano, including Gages from where they can travel rapidly into Plymouth. Besides, lahars remain a hazard, especially in the Belham valley..

The Hazard Level is kept at 2.

Source : MVO.

 

 

Etude des zones d’accrétion (Islande & Ethiopie)

drapeau francais.jpgUne équipe internationale de chercheurs sous la tutelle de l’Université de Leeds a étudié l’emplacement et le comportement des chambres magmatiques au niveau des dorsales océaniques. Ils ont travaillé dans l’Afar (Ethiopie) et en Islande, les deux seules régions du globe où ces dorsales émergent à la surface de la mer.

Les résultats des études ont été publiés dans la revue Nature Geoscience ; ils apportent un nouvel éclairage sur les zones où le magma est stocké et sur ses déplacements dans les réseaux d’alimentation géologiques. Pouvoir déterminer l’emplacement et le comportement des chambres magmatiques pourrait permettre d’identifier plus rapidement les premiers signes d’une éruption volcanique.

Les scientifiques ont utilisé les images fournies par le satellite Envisat de l’Agence Spatiale Européenne pour mesurer les mouvements du sol avant, pendant et après les éruptions. Ils ont ensuite mis au point des simulations informatiques montrant le processus d’accrétion.

(Remarque personnelle : Simuler le processus d’accrétion sur ordinateur est une bonne idée, mais cela ne permettra pas de prévoir les éruptions. Seul l’aspect « mécanique » du phénomène est susceptible d’être étudié par l’informatique qui est une science exacte, contrairement au processus éruptif qui ne l’est pas).

L’une des études a montré que les chambres magmatiques qui ont alimenté une éruption en novembre 2008 ne se trouvaient qu’à un kilomètre de profondeur alors que l’on pensait généralement qu’elles se trouvaient à plus de 3 km. Il est inhabituel de trouver des chambres magmatiques peu profondes dans des zones d’accrétion lente somme le rift de l’Afar où les plaques tectoniques s’écartent à la même vitesse que poussent les ongles de la main. Selon un scientifique qui a participé à cette étude, « il est vraiment surprenant de voir une chambre magmatique si proche de la surface de la Terre dans une zone où les plaques s’écartent très lentement. Les résultats changent notre approche des volcans ».

(Remarque personnelle : Cette affirmation n’est qu’en partie vraie. Déjà dans les années 60, Haroun Tazieff avait déclaré qu’il était persuadé que le magma se trouvait à très faible profondeur dans cette partie du monde).

Un autre scientifique de l’équipe a remarqué que le sol avait commencé à se soulever quatre mois avant l’éruption, sous l’augmentation de pression du magma dans l’une des chambres volcaniques. La compréhension de ces signes précurseurs est essentielle pour pouvoir prévoir les éruptions.

L’éruption de 2008 dans l’Afar va permettre aux scientifiques de mieux comprendre les phénomènes volcaniques au niveau des zones d’accrétion. La plupart de ces zones se situent en général à au moins deux mille mètres de profondeur, ce qui rend leur accès extrêmement difficile. Les nouvelles connaissances obtenues en Ethiopie vont aider les chercheurs à mieux comprendre les volcans islandais dont les éruptions peuvent avoir un impact sur le Royaume Unis.

(Remarque personnelle : Pourquoi seulement le Royaume Uni ? D’autres pays européens sont susceptibles d’être affectés par une éruption en Islande ! Egoïsme britannique ?

D’autre part, je suis toujours surpris de constater que nous sommes capables d’envoyer des sondes sur la planète Mars et que nous hésitons à explorer le fond des océans, certes moins médiatiques que l’espace !)

Source : Physorg.

 

drapeau anglais.jpgInternational teams of researchers, led by the University of Leeds, studied the location and behaviour of magma chambers on the Earth’s mid-ocean ridge system. They worked in Afar (Ethiopia) and Iceland – the only places where mid-ocean ridges appear above sea level.

The studies, published in Nature Geoscience, reveal new information about where magma is stored and how it moves through the geological plumbing network. Finding out where magma chambers lie and how they behave can help identify early warning signs of impending eruptions.

Scientists used images taken by the European Space Agency satellite Envisat to measure how the ground moved before, during and after eruptions. Using this data, they built and tested computer models to find out how rifting occurs.

(Personal remark: Testing computer models of rifting is a good idea but can’t help predicting eruptions. It can only help understand the « mechanical » aspect of this phenomenon).

Data in one study showed magma chambers that fed an eruption in November 2008 in the Afar rift were only about 1 km below the ground whereas the standard model had predicted a depth of more than 3 km. It is highly unusual for magma chambers to lie in shallow depths on slow spreading centres such as the Afar rift, where tectonic plates pull apart at about the same speed as human fingernails grow. According to the scientist who led the study, « it was a complete surprise to see that a magma chamber could exist so close to the Earth’s surface in an area where the tectonic plates move apart so slowly. The results have changed the way we think about volcanoes. »

(Personal remark: This is only partly true. French volcanologist Haroun Tazieff said in the 1960s  he thought that magma was shallow in that part of the world).

Another scientist noticed that the ground started « uplifting » four months before the eruption, due to new magma increasing pressure in one of the underground chambers. Understanding these precursory signals is fundamental to predicting eruptions.

The 2008 eruption in Afar helps scientists to learn more about volcanoes at spreading centres. Most spreading centres are under 2 km of water at the bottom of the ocean, making detailed observations extremely challenging. The new knowledge derived from Ethiopian volcanoes will help scientists understand volcanoes in Iceland, where eruptions can have a big impact in Europe.

Personal remark: I have always been surprised to see we are able to send probes to Mars and still reluctant to study the bottom of the oceans!

Source: Physorg.

rift-islande.jpg
Site remarquable d’accrétion en Islande: la faille d’Almannagja.
(Photo: C. Grandpey)

Etna (Sicile / Italie) [suite]

On peut lire sur le site Etna Walk une description détaillée du paroxysme du 1er avril 2012, avec une petite vidéo illustrant une partie de cet événement.

http://www.etnawalk.it/News/Read/103

Voici la traduction de l’article :

L’activité strombolienne débutée le 31 mars au soir s’est intensifiée pendant la nuit, avec des explosions de plus en plus violentes.

Vers 2h30 (heure locale) le matin du 1er avril, la lave a commencé à s’écouler lentement depuis la lèvre orientale du cône de scories.

A 3h45, on a observé une réactivation de la partie haute de la fracture éruptive sur le versant SE avec une coulée de lave qui, en une dizaine de minutes, a atteint la base E du cône. Dans le même temps, l’activité strombolienne s’est transformée en une fontaine de lave donnant naissance à une colonne de gaz et de matériaux pyroclastiques de plusieurs km de hauteur qui s’est ensuite dirigée vers l’E.

Vers 4h05, une fracture éruptive orientée est-ouest s’est ouverte sur le flanc E du cône en donnant tout d’abord naissance à une petite coulée pyroclastique vers la Valle del Bove, puis à une nouvelle coulée de lave qui a parcouru quelques centaines de mètres au nord de la précédente, avant de s’arrêter à 2500 mètres d’altitude. L’ouverture de cette nouvelle fracture a fait s’effondrer une portion du cône dans sa partie supérieure, côté NE. La retombée de matériaux pyroclastiques sur les parties S et SE de cet effondrement a contribué a édifier un rempart d’une hauteur pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres.

L’activité explosive a atteint son point culminant vers 4h30 et est restée intense pendant environ une heure, avec des fontaines de lave de plusieurs centaines de mètres de hauteur.

Cet épisode d’activité a ensuite commencé à diminuer rapidement pour cesser définitivement vers 5h45.

La coulée de lave la plus méridionale dans la Valle del Bove est entrée en contact avec la neige en produisant, vers 5h30, de volumineux panaches de vapeur de plusieurs centaines de mètres de hauteur.

Le paroxysme a pris fin définitivement vers 7 heures. Le front des coulées s’est arrêté vers 2050 mètres d’altitude. Une fois de plus, la morphologie du cône s’est modifiée pendant cet événement avec une hausse de la partie sommitale et un effondrement sur le versant NE, suite à l’ouverture de la fracture mentionnée ci-dessus.

Des retombées de cendre et lapilli ont été observée en différents secteurs E et SE du volcan.

 

Restrictions d’accès à l’Etna:

Comme cela était prévisible, l’interdiction d’accès au sommet de l’Etna vient d’être prolongée jusqu’au 30 avril 2012, avec les même conditions que précédemment: au-dessus de 2920 mètres d’altitude côté sud (Torre del Filosofo) et 2990 mètres côté nord (Punta Lucia).

 

 

Etna (Sicile / Italie)

drapeau francais.jpgLe rapport de l’INGV à propos de la dernière activité de l’Etna confirme et complète ce que j’écrivais précédemment. Le 5ème paroxysme de l’année 2012 – le 23ème de la série commencée en janvier 2011 – a débuté aux toutes premières heures du 1er avril, presque 14 jours après l’épisode précédent. Comme ses prédécesseurs, cet événement a offert un spectacle de fontaines de lave en provenance du cratère proprement dit et de bouches sur le versant SE du cône. On a aussi observé une colonne de gaz et de téphra, ainsi que des coulées de lave qui se sont dirigées vers la Valle del Bove. Le moment le plus intense a duré environ une heure et demie pour se terminer un peu avant l’aube. Des retombées de lapilli et de cendre ont affecté le secteur SE du volcan, en particulier entre Monterosso et Zafferana Etnea, mais aussi entre Acireale et Giarre plus en aval .

 

drapeau anglais.jpgINGV’s report about Mount Etna’s latest activity largely confirms what I wrote in my previous note about the volcano. The fifth paroxysm of the year at the New Southeast Crater – the 23rd since the beginning of the series of paroxysms in January 2011 – occurred during the early morning hours of April 1st, almost 14 days after the previous episode. As its predecessors, this paroxysm was characterized by tall lava fountains from vents within the crater and on the southeastern flank of its cone, a column of gas and tephra, and lava flows descending toward the Valle del Bove. The paroxysmal phase lasted about one hour and a half, ending shortly before daybreak. Ash and lapilli fell over the southeastern sector of the volcano, affecting in particular the area between Monterosso and Zafferana Etnea, but also the area between Acireale and Giarre further downslope.

Tremor-Etna.jpg
Le tremor montre que le dernier paroxysme a été tout à fait semblable à ses précdécesseurs.