Merapi: l’opération de nettoyage a commencé

drapeau francais.jpgAlors que le Merapi s’est calmé, la vie est loin d’être redevenue normale. Des milliers de personnes vivent encore dans des camps et une opération de nettoyage a commencé sur les flancs du volcan. L’une des principales tâches est l’élimination des cadavres d’animaux qui ont été tués pendant l’éruption. En effet, si on les abandonnait en l’état, ils pourraient provoquer des maladies infectieuses graves. Très souvent, les animaux ont été tués par l’écroulement des étables sous le poids de la cendre et il est alors très difficile de les extraire. Le nombre d’équipes prévu pour effectuer cette besogne pénible et malsaine est très insuffisant. On estime actuellement à 2395 le nombre de cadavres d’animaux qu’il faudra détruire.

Les villageois et les équipes de nettoyage se débrouillent souvent avec les moyens du bord et incinèrent les vaches avec ce qui leur tombe sous la main, que ce soit l’huile de friture ou les planches récupérées dans des bâtiments effondrés. Les autorités, quant à elles, préfèrent utiliser du combustible comme l’huile moteur, les pneus et le gas-oil. Il faut compter trois jours pour incinérer une vache d’un poids moyen de 300 kilos.

Un habitant du village de Balerante affirme que lui et ses voisins ont réussi à incinérer entre 25 et 30 vaches par jour. Ils les ont faites brûler là où elles se trouvaient car il n’était pas possible de les déplacer et de les enterrer.

En plus de l’incinération, le bureau du  Ministère de l’Agriculture en poste dans la province de Yogyakarta a recours à d’autres méthodes pour éviter la propagation des maladies. Quand les conditions le permettent, les cadavres sont enterrés, après pulvérisation d’antibactériens. On estime qu’il faudra deux ou trois semaines pour éliminer la totalité des cadavres de bovidés.

Source : The Epoch Times.

 

drapeau anglais.jpgMount Merapi has calmed down, but life is far from back to normal. Thousands of people are still evacuated and a cleaning operation is under way. One task the teams have to contend with is burning all the cattle that were killed during the eruption. Indeed, if the carcasses were left unattended, they could cause outbreaks of infectious diseases. Very often, the carcasses are buried under collapsed cowsheds, and it takes time to dig them out. The number of teams to perform this difficult and unhealthy job is not sufficient. An estimated 2,395 head of dead cattle will have to be destroyed.
The residents and team members have been improvising, burning the cows with whatever materials available, such as used cooking fuel and debris from fallen buildings. However, the authorities had rather use fuel, including used motor oil, tires, and diesel fuel. To burn one cow takes up to three days, because the average weight of each cow is almost 300 kilos. A resident of Balerante Village said he and nis neighbours have been burning 25-30 cows per day. They burnt them on the spot because it was not possible to remove the cows and bury then.  

Apart from burning the carcasses, the Department of Agriculture in Yogyakarta Province is using other methods to prevent disease outbreaks from the dead cows. When conditions permit, some carcasses are buried, but are first sprayed with antibacterials. The Department of Agriculture estimates that it will take two to three weeks to dispose of all the dead cows.

Source : The Epoch Times.

Bromo (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais.jpgL’administration qui gère la partie orientale de l’île de Java a prévu 20 sites pour y installer des camps de réfugiés au cas où l’activité du Bromo s’intensifierait et justifierait une évacuation de la population. L’administration est prête pour gérer l’évacuation de 699 personnes vivant dans un rayon de 3 km du Bromo, 2800 dans un rayon de 6 km et 6000 dans un rayon de 10 km. Il a également été demandé aux autorités locales de prendre en compte le nombre de têtes de bétail que possède chacun des habitants.

Une signalisation routière a été mise en place pour faciliter le processus d’évacuation.

Source : The Jakarta Post.

 

drapeau anglais.jpgThe East Java administration has prepared 20 locations for refugee shelters in anticipation of an evacuation should Mt. Bromo’s activity continue to increase. The administration is ready to evacuate at least 699 residents living in villages within a 3-kilometre radius of the volcano.
The number of evacuees would rise to 2,800 if the authorities expanded the exclusion zone to a 6-kilometre radius, and 6,000 for a 10-kilometre radius. Local authorities have also been asked to take into account the number of cattle that each resident owned.
Road signs leading to the shelters have been put up to speed up the evacuation process.

Source: The Jakarta Post.

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Eruption du Bromo en 1995 (Photo: C. Grandpey)

Le Merapi: un volcan et des hommes

Alors que le bilan de l’éruption du Merapi est actuellement de 324 morts, on peut se poser une double question : pourquoi le volcan a-t-il tué autant de personnes et pourquoi les autorités n’ont-elles pas mis en place plus tôt une zone de sécurité de 20 km, au lieu de le faire par étapes, avec le résultat que l’on sait ?

Aujourd’hui, tandis que la fureur du Merapi décline chaque jour un peu plus, le volcanologue indonésien responsable de la surveillance du volcan essaye d’expliquer les difficultés qu’il lui a fallu affronter pour convaincre la population de fuir le danger.

Dès le 25 octobre, les volcanologues indonésiens avaient élevé le niveau d’alerte à son maximum car ils avaient réalisé que le Merapi avait accumulé une énergie considérable et qu’une éruption était imminente même si, contrairement à l’accoutumée, on ne voyait pas croître un dôme incandescent à son sommet. Cette absence d’incandescence a fait croire aux villageois qu’une éruption n’était pas sur le point de se produire et qu’il n’y avait donc aucune raison de partir.

Malheureusement, le 26 octobre, le lendemain de l’alerte maximale, le Merapi entrait en éruption avec des nuées ardentes dévastatrices et mortelles. Pourtant, le pire restait à venir et le 5 novembre des coulées pyroclastiques encore plus puissantes faisaient monter en flèche le nombre de morts et de personnes gravement brûlées.

On peut se demander pourquoi, à ce moment-là, autant  de villageois étaient encore présents sur le volcan. Le responsable de la surveillance du Merapi indique que le problème est moins une affaire de prévision éruptive que de communication avec la population. La relation entre cette dernière et le volcan est très différente de celle que l’on trouve dans des pays comme les Etats-Unis, par exemple. En effet, la plupart des habitants qui vivent sur les flancs du Merapi pensent connaître les humeurs de leur volcan et ne tiennent donc pas compte de l’avis des volcanologues. Ils se fient à leur intuition, à une espèce de sixième sens qui leur fait croire que la montagne peut être comprise et domptée. Se référant à ce type de croyance, les volcanologues locaux parlent de vaudou, un mélange d’animisme et d’hindouisme qui existait avant l’arrivée de l’Islam en Indonésie. Un contact français en Indonésie m’expliquait récemment que certains de ses amis javanais étaient persuadés qu’un homme-démon vivait à l’intérieur du Merapi. D’autres habitants affirment que l’éruption du volcan a permis expier les pêchés de certains de leurs concitoyens.

L’autre élément à retenir est le lien qui unit les Indonésiens à la terre. Les pentes du Merapi sont extrêmement fertiles. Les volcanologues doivent en permanence veiller à maintenir un équilibre : mettre les gens hors de danger d’une part, mais en même temps leur permettre de rester le plus longtemps possible dans leurs fermes. Si l’on évacue les gens très longtemps et qu’une éruption ne se produit pas, la crédibilité des volcanologues est vite mise en cause et leurs prévisions sont laissées pour compte. C’est pour cela qu’il faut procéder avec beaucoup de doigté, ne pas hésiter à convoquer les chefs des villages, leur expliquer que le volcan va entrer en éruption et qu’il faut convaincre les personnes sous leurs ordres de quitter les lieux. Les efforts des volcanologues se heurtent aussi à la confiance des habitants vis-à-vis du gardien du Merapi. Cette fois, Maridjan avait refusé de quitter sa demeure mais avait demandé aux autorités de faire évacuer les gens de son village. Certains ont accepté, d’autres sont restés avec le gardien et sont morts près de lui. 

Il y a aussi la rumeur. Les villageois du Merapi font volontiers confiance à l’opinion de leurs voisins ou aux animateurs de la radio locale qui se prennent pour des volcanologues et font des prévisions hasardeuses sur le comportement du volcan.

Tout cet univers rend donc quasiment impossible une évacuation immédiate et à grande échelle des zones menacées par les coulées pyroclastiques. Quand on examine la situation depuis l’Europe, on se dit que l’ampleur de la catastrophe était prévisible car le volcan avait déjà tué des dizaines de milliers de personnes dans le passé. On se dit qu’il aurait fallu, d’emblée, mettre en place une zone de sécurité de 20 km autour du monstre. On se dit qu’il aurait fallu décréter la loi martiale dès le 26 octobre et demander à la police et à l’armée d’évacuer de force la population sur les flancs du volcan. Malheureusement, de telles mesures radicales sont envisageables sur des volcans américains ou japonais, mais pas en Indonésie où, comme on vient de le voir, de nombreux autres paramètres doivent être pris en compte. Ceux qui seront présents lors de la prochaine éruption du Vésuve réaliseront vite que, même en Europe, la situation est difficile à gérer lors d’une éruption majeure et que les mesures d’autorité se heurtent à de nombreux obstacles !  

Tungurahua (Equateur)

drapeau francais.jpgUne éruption soudaine du Tungurahua a envoyé une colonne de cendre à plus de 7 km dans le ciel. Selon l’Institut Géophysique, l’événement s’est produit lundi à 22h35 avec des matériaux incandescents qui ont jailli dans les airs avant de retomber sur les pentes du volcan. La colonne de cendre était verticale et parcourue d’éclairs. La première séquence éruptive, relativement puissante, a été suivie d’autres de moindre importance.

L’éruption a été confirmée par la chaîne de télévision  Latin America’s News in English:

 http://news.ntn24.com/news/112410-ecuador-volcano-spews-vapor

 

drapeau anglais.jpgA sudden eruption of the Tungurahua volcano sent a column of ash more than seven km into the sky. According to the Geophysical Institute, the eruption occurred at 10:35 pm on Monday and the incandescent material shot into the air and then descended onto the slopes of the volcano. The powerful eruption was followed by smaller ones. The column of ash from the first eruption was vertical and flashes of light could be seen inside it.  

The eruption was confirmed by the TV channel Latin America’s News in English:

 http://news.ntn24.com/news/112410-ecuador-volcano-spews-vapor