Hausse d’activité du Takawangha (Aléoutiennes / Alaska) // Increased activity at Takawangha (Aleutians / Alaska)

Situé à l’extrémité ouest des îles Andreanof dans les Aléoutiennes, le Takawangha est un jeune volcan avec une caldeira remplie de glace. Il se trouve dans une dépression entre le volcan Tanaga à l’ouest et des volcans plus anciens et profondément érodés à l’est. Le volcan a une lave basaltique à basaltique-andésite et son sommet est en grande partie recouvert de glace, à l’exception de cinq cratères holocènes qui, au cours des derniers milliers d’années, ont produit des éruptions explosives et des coulées de lave qui ont atteint les flancs inférieurs. Aucune éruption historique n’est connue, bien que la datation au Carbone 14 indique que des éruptions explosives se sont produites au cours des derniers siècles.
L’AVO indique que la sismicité à proximité du Takawangha a augmenté au cours des derniers jours et s’est intensifiée au cours des dernières 24 heures. Les séismes les plus importants ont des magnitudes comprises entre M 2,0 et M 3,0, avec des hypocentres à des profondeurs d’environ 3 à 6 km sous le niveau de la mer. Cette activité peut être due au mouvement du magma sous le volcan. Aucune activité éruptive n’a été détectée dans les données satellitaires ou autres données de surveillance. En raison de cette hausse de l’activité, l’AVO a relevé la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE et le niveau d’alerte volcanique à ‘Advisory’ (surveillance conseillée).
Source : AVO, Smithsonian Institution.

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Located at the western tip of the Andreanof Islands in the Aleutians, Takawangha is a youthful volcano with an ice-filled caldera. It lies across a saddle from historically active Tanaga volcano to the west; older, deeply eroded volcanoes lie adjacent to the east. The summit of the basaltic to basaltic-andesite volcano is largely ice covered, with the exception of five Holocene craters that during the last few thousand years produced explosive eruptions and lava flows that reached the lower flanks. No historical eruptions are known, although radiocarbon dating indicates explosive eruptions have occurred within the past several hundred years.
The Alaska Volcano Observatory indicates that the umber of small earthquakes detected near Takawangha has increased over the past few days and has intensified over the past 24 hours. The earthquakes, the largest, with magnitudes between M 2.0 and M 3.0, have hypocenters at depths of about 3 to 6 km below sea level. This activity may be due to the movement of magma beneath the volcano. No eruptive activity has been detected in satellite or other monitoring data. Because of this increase in activity, AVO has raised the Aviation Color Code to YELLOW and Alert Level to ADVISORY.

Source: AVO, Smithsonian Institution.

Flanc Est du Takawangha (Crédit photo: AVO)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

L’INGV indique qu’à partir de 6h15 (UTC) le 16 novembre 2022, le réseau de caméras de surveillance du Stromboli (Sicile) a observé une augmentation de l’activité du cratère Nord, avec un débordement de lave le long de partie supérieure de la Sciara del Fuoco. L’événement s’est accompagné d’une hausse de l’amplitude du tremor volcanique qui est ensuite revenu à son niveau précédent. Aucun changement significatif n’est signalé dans la fréquence et l’amplitude des explosions. Retour à la normale le 17 novembre avec disparition de la coulée de lave.
Source: INGV.

 

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Dans un bulletin diffusé le 15 novembre 2022, l’INGV indique que dans l’après-midi de ce même jour, on a observé sur l’Etna (Sicile) une hausse de l’amplitude du tremor volcanique avec une source dans le secteur de la Bocca Nuova, à environ 3000 m d’altitude. Les stations de surveillance inclinomètrique ont également observé des variations significatives correspondant à un soulèvement de la zone sommitale n’excédant toutefois pas un microradian. Aucun phénomène éruptif n’a été enregistré par les instruments. Retour à la normale par la suite.

A noter que la neige a fait son apparition sur le sommet du volcan.

Source: INGV.

 

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À la mi-novembre, les données satellitaires ont montré une importante émission de SO2 sur l’île d’Ambae (Vanuatu). La sismicité a également légèrement augmenté. Les habitants des parties sud et nord de l’île ont signalé une forte odeur de SO2 et entendu des explosions. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est invité à rester à l’extérieur d’un rayon de 2 km des bouches actives du lac Voui et à l’écart des ravines lors de fortes pluies.
Source : GéoHazards.

Activité éruptive dans le Lac Voui (Source: GeoHazards)

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La lente émission de lave se poursuit sur le Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). La sismicité est faible. Des températures de surface élevées sont visibles sur les images satellites. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.
Source : AVO.

Source : AVO

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Sur le Kilauea (Hawaï), la lave continue d’être émise par une bouche dans la partie inférieure de la paroi ouest du cratère de l’Halema`uma`u. La lave alimente le lac de lave et se répand sur le plancher du cratère. Le 9 novembre 2022, les émissions de SO2 atteignaient 600 tonnes par jour. La partie active du lac reste à un niveau stable. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique restent respectivement à Orange et Watch (Vigilance).
Source : HVO.

Crédit photo: HVO

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Une activité volcanique mineure est toujours observée dans la région du Taupo (Nouvelle-Zélande), avec une persistance de la sismicité et des déformations du sol depuis le dernier bulletin émis par GeoNet le 11 octobre 2022.
La fréquence et l’intensité de la sismicité ont varié depuis leur hausse au début du mois de mai. Après un pic de 30 à 40 événements par semaine de juin à septembre, le nombre de séismes a chuté au cours du dernier mois à 10 – 12 événements par semaine, avant de remonter au cours des deux dernières semaines à plus de 20 événements par semaine.
En plus de l’activité sismique, les instruments GPS autour du lac continuent d’observer des mouvements du sol horizontaux et verticaux, probablement liés au magma et aux fluides hydrothermaux à l’intérieur du volcan. Selon les scientifiques de GeoNet, cette activité pourrait se poursuivre au cours des semaines ou des mois à venir, à des rythmes ou des intensités variables.
Il y a eu 17 épisodes semblables d’activité dans la région du Taupo au cours des 150 dernières années et aucun n’a débouché sur une éruption.
Le niveau d’alerte volcanique a été relevé à 1 le 20 septembre 2022 et est resté inchangé depuis cette date.
Source : GeoNet.

Le lac Taupo (Photo: C. Grandpey)

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Des panaches de cendres sont fréquemment observés sur les images de la webcam de l’Anak Krakatau (Indonésie). Ils s’élèvent jusqu’à 200 – 300 m au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : CVGHM.

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Des panaches de gaz et de vapeur sont encore observés sur le Mayon (Philippines). Les émissions de SO2 étaient en moyenne de 276 tonnes par jour début novembre. Une faible incandescence est parfois observée la nuit au niveau du cratère. Les données GPS et inclinomètriques montrent que le volcan a légèrement gonflé, en particulier sur les flancs NO et SE, depuis 2020. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et il est rappelé au public de rester en dehors de la Zone de danger permanent de 6 km de rayon.
Source : PHIVOLCS.

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L’éruption du Reventador (Equateur) se poursuit, avec de fréquentes explosions et des séismes longue période, ainsi que des épisodes de tremor harmonique. Les panaches de gaz, de vapeur et de cendres s’élèvent jusqu’à 1,3 km au-dessus du sommet. L’incandescence du cratère est parfois visible la nuit et une coulée de lave reste active sur le flanc NE. Une avalanche incandescente a été observée sur le flanc N dans la nuit du 9 novembre 2022 ; le 10 novembre, elle avait parcouru 800 m en aval du cratère.
Source : Instituto Geofisico.

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La sismicité reste élevée sur le Nevado del Ruiz (Colombie). Certains signaux correspondent à des émissions de gaz et de cendres. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 6 à 7 km au-dessus du niveau de la mer. Plusieurs anomalies thermiques ont été identifiées au niveau du cratère Arenas sur les images satellites. Le niveau d’alerte reste à 3 (Jaune, le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Servizio Geologico Colombiano.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about volcanic activity around the world.

INGV indicates that from 6:15 a.m. (UTC) on November 16th, 2022, the network of surveillance cameras at Stromboli (Sicily) observed an increase in the activity of the North crater, with a lava overflow along part upper part of the Sciara del Fuoco. The event was accompanied by an increase in the amplitude of the volcanic tremor which then returned to its previous level. No significant change is reported in the frequency and amplitude of the explosions. The situation was normal again on November 17th and the lava flow had disappeared.
Source: INGV.

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In a bulletin issued on November 15th, 2022, INGV indicates that in the afternoon of the same day, an increase in the amplitude of the volcanic tremor was observed on Mt Etna (Sicily) with a source in the Bocca Nuova area, about 3000m above sea level. The inclinometric monitoring stations also observed significant variations corresponding to an uplift of the summit area not exceeding one microradian. No eruptive phenomenon was recorded by the instruments.
Snow has appeared on the summit area of the volcano.
Source: INGV.

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By mid November, satellite data showed a large SO2 emission from Ambae (Vanuatu). Seismicity also slightly increased. Residents on the southern and northern parts of the island reported a strong smell of SO2 and heard explosions. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay outside a 2-km radius from the active vents in Lake Voui, and away from drainages during heavy rains.

Source: GeoHazards.

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Slow lava effusion continues at Great Sitkin (Aleutians / Alaska). Seismicity is low. Elevated surface temperatures are identified on satellite images. The Volcano Alert Level remains at Watch and the Aviation Color Code is kept at Orange.

Source: AVO.

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Lava continues to be emitted by a vent in the lower W wall of Kilauea’s Halema`uma`u Crater (Hawaii). It flows into the lava lake and onto the crater floor. On November 9th, 2022, SO2 emissions reached 600 tonnes per day. The active part of the lake remains at a steady level. The Aviation Color Code and the Volcano Alert Level are kept at Orange and Watch, respectively.

Source: HVO.

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Minor volcanic unrest continues at Taupo (New Zealand), with continued seismicity and ground deformation since the last bulletin issued by GeoNet on October 11th, 2022.

The rate of seismicity has varied since the increase started in May. After a peak of about 30 – 40 events per week from June to September, the number of earthquakes dropped over the last month to about 10 – 12 per week, before rising again over the last two weeks to over 20 events per week.

In addition to seismic activity, GPS instruments around the lake continue to observe both horizontal and vertical changes, probably associated with magma and hydrothermal fluids inside the volcano. According to GeoNet scientists, this activity could continue for the coming weeks or months at varying rates or intensities.

There have been 17 previous episodes of unrest at Taupo over the past 150 years and none have resulted in an eruption.

The Volcanic Alert Level was raised to 1 on September 20th, 2022 and has been unchanged since that time.

Source: GeoNet.

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Ash plumes are frequently observed in webcam images of Anak Krakatau (Indonesia). They rise as high as 200 – 300 m above the summit. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source: CVGHM.

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Gas-and-steam plumes are still observed at Mayon (Philippines). SO2 emissions averaged 276 tons per day in early November. Faint crater incandescence is sometimes observed at night. GPS and tilt monitoring data show that the volcano had been slightly inflated, especially on the NW and SE flanks, since 2020. The Alert Level remains at 2 (on a 0-5 scale) and the public is reminded to stay outside the 6-km-radius Permanent Danger Zone.

Source: PHIVOLCS.

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The eruption of Reventador (Ecuador) continues, with frequent explosions and long-period earthquakes, as well as periods of harmonic tremor. Gas, steam, and ash plumes rise as high as 1.3 km above the summit. Crater incandescence is occasionally visible at night and the lava flow on the NE flank is active. An incandescent avalanche was visible on the N flank during the night of November 9th, 2022 ; by November 10th, it had traveled to 800 m below the crater.

Source: Instituto Geofisico.

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Seismicity remains elevated at Nevado del Ruiz (Colombia). Some of the signals are associated with gas-and-ash emissions. Ash plumes rise up to 6 -7 km above sea leval. Several thermal anomalies in Arenas Crater have been identified in satellite images.The Alert Level remains at 3 (Yellow; the second level on a four-color scale).

Source: Servizio Geologico Colombiano.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

Eruption sous-marine dans le Pacifique ? // Submarine eruption in the Pacific Ocean ?

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises, nous savons tout ce qui se passe sur la planète Mars, mais nous ne savons que très peu de choses sur les profondeurs de nos propres océans.

Dans une note publiée le 11 janvier 2018, l’indiquais que de nouveaux enregistreurs permettront peut-être aux scientifiques de cartographier beaucoup plus rapidement les éruptions sous-marines. À l’aide d’hydrophones nouvelle génération, des scientifiques de l’Observatoire des Volcans d’Alaska (AVO) et de l’US Geological Survey (USGS) avaient à cette époque enregistré les sons très différents émis par les éruptions de deux volcans, dont celle de l’Ayhi en 2014.

L’Ayhi est un volcan sous-marin qui fait partie de l’arc volcanique des Mariannes, une chaîne qui présente plus de 60 volcans actifs et qui s’étire sur 960 kilomètres à l’ouest et parallèlement à la Fosse des Mariannes, le point le plus profond sur Terre. L’Ahyi présente une forme conique. Son point culminant se trouve à 79 mètres sous la surface de l’océan. Il est situé à environ 18 kilomètres au sud-est de l’île de Farallon de Pajaros, également connue sous le nom d’Uracas. Il n’y a pas de stations de surveillance à proximité de l’Ahyi, ce qui limite la possibilité de détecter et d’analyser l’activité volcanique dans le secteur.

Selon l’USGS, tout indique que l’Ahyi a commencé à entrer en éruption à la mi-octobre. Les scientifiques cherchent à voir si l’activité se limite à une sismicité peu profonde ou si des matériaux sont émis par le cratère. Ils scrutent les données satellitaires pour voir si la surface de l’océan est décolorée, ce qui pourrait laisser supposer que des matériaux sortent effectivement du volcan. Rien pour le moment ne laisse penser que cette éruption va s’intensifier et devenir un événement majeur. Cependant,il est demandé aux marins d’éviter la zone.
L’activité d’une source volcanique sous-marine a été détectée le mois dernier par des capteurs hydroacoustiques à Wake Island, à environ 250 km. Avec l’aide du Laboratoire de géophysique de Tahiti et les données des stations sismiques de Guam et du Japon, les scientifiques ont analysé les signaux et déterminé que la source de l’activité était probablement le volcan sous-marin Ahyi. L’activité était toutefois en baisse ces derniers jours.
Source : The Seattle Times.

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As I put it several times before, we know everything that happens on Mars, but we know very little about the depths of our own oceans.

In a post published on January 11th, 2018, I indicated that new recordings may help scientists map these incredible events much more quickly. Using a new generation of hydrophones, scientists from the Alaska Volcano Observatory (AVO) and the U.S. Geological Survey (USGS) had recorded the very different sounds of two volcanoes, with Ayhi erupting in 2014.

Ahyi seamount is part of the Mariana Volcanic Arc, which is a chain of over 60 active volcanoes stretching over 960 kilometers west of and parallel to the Mariana Trench, the world’s deepest point. Ahyi is a large conical submarine volcano. Its highest point is 79 meters below the surface of the ocean. It is located about 18 kilometers southeast of the island of Farallon de Pajaros, also known as Uracas. There are no local monitoring stations near Ahyi Seamount, which limits the ability to detect and characterize volcanic unrest there.

According to USGS, all indications are that the Ahyi Seamount began erupting in mid-October. Scientists are looking to see if the activity is limited to shallow earthquakes or if material exploded from the crater. They are checking satellite data to see if there is discolored water, which could suggest material is coming out of the volcano. There’s nothing right now that suggests that this eruption will intensify and become a major event. However, mariners are asked to avoid the immediate area.

Activity from an undersea volcanic source was picked up last month by hydroacoustic sensors some 250 km away at Wake Island. With help from the the Laboratoire de Geophysique in Tahiti and data from seismic stations in Guam and Japan, scientists analyzed the signals and determined that the source of the activity was likely Ahyi Seamount. Activity has been declining in recent days.

Source: The Seattle Times.

Source : NOAA

Image bathymétrique de l’Ahyi (Source: NOAA)

La technologie InSAR au service des volcans // InSAR technology to monitor volcanoes

En mars et décembre 2015, j’ai rédigéé plusieurs notes à propos de l’utilisation de la technologie InSAR en volcanologie, en particulier pour contrôler les déformations des Champs Phlégréens (Italie) et du Kilauea (Hawaii). Aujourd’hui, un article publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (le HVO) aborde à nouveau ce sujet.

Les satellites sont devenus essentiels pour surveiller les volcans actifs. En particulier, ils permettent de garder un oeil sur des volcans difficiles d’accès, et ils offrent des perspectives impossibles à obtenir depuis le sol. Les satellites en orbite autour de la Terre peuvent fournir des images classiques d’un lieu, mais également des images thermiques. Ils peuvent aussi mesurer des quantités et des types de gaz, des changements de gravité et de topographie.
Une avancée majeure a été l’arrivée de l’InSAR (Radar interférométrique à synthèse d’ouverture) pour mesurer de petites variations de surface du sol sur un édifice volcanique. Les satellites radar à synthèse d’ouverture (RSO) envoient à intervalles réguliers des ondes radar qui rebondissent sur la Terre et reviennent vers le satellite. Il faut deux ensembles d’ondes concernant la même zone pour mesurer les changements dans le temps. S’il n’y a pas eu de changement de forme du volcan pendant le laps de temps entre les images, les signaux parcourent la distance dans le même laps de temps. Cependant, si le volcan a changé au cours de processus d’inflation ou de déflation, il sera plus proche ou plus éloigné dans la deuxième image. Il faudra donc plus de temps à l’onde radar pour parcourir la distance entre le satellite et le sol, puis revenir au satellite.
En attribuant à deux ondes décalées une couleur basée sur la taille du décalage, on obtient un ensemble unique de couleurs en bandes qui représentent le nombre de longueurs d’onde séparant les deux images. C’est ainsi que se conçoivent les interférogrammes. Les anneaux concentriques de couleur montrent le niveau d’inflation ou de déflation de la surface d’un volcan.
Si l’InSAR est utile pour surveiller les mouvements à la surface d’un volcan, les scientifiques sont parfois confrontés à des difficultés. Les images InSAR recueillies à partir d’un satellite sont souvent perturbées par des signaux liés aux changements de l’atmosphère terrestre entre les passages du satellite. Ce « bruit atmosphérique » est particulièrement apparent avec les changements de topographie. Sur les volcans actifs très hauts, comme le Mauna Loa, les flancs pentus peuvent amplifier les signaux atmosphériques, laissant supposer à tort qu’un changement significatif s’est produit.

À première vue, l’image de gauche (A) pourrait sembler montrer une inflation simultanée du Mauna Kea et du Mauna Loa. Cependant, on sait, grâce aux instruments GPS du HVO, que le Mauna Kea ne montre pas de déformation significative. Les scientifiques peuvent donc conclure que les signaux InSAR sur le Mauna Loa ne sont probablement pas fiables dans ce cas précis. L’image B est un autre exemple d’interférogramme InSAR avec un bruit atmosphérique important. Une légère déformation du Mauna Loa et la zone de rift sud-est du Kilauea est visible sur ces images, mais reste difficile à discerner du bruit atmosphérique.

Une autre méthode consiste à comparer plusieurs images InSAR. Les satellites RSO capturent des images dans les directions ascendante (vers le nord) et descendante (vers le sud) lorsqu’ils orbitent autour de la Terre. En créant une deuxième image InSAR, avec le même laps de temps, mais à partir de différentes « directions de visée » RSO, il est possible de comparer deux interférogrammes du même événement. Si la déformation est réelle sur la zone étudiée, les deux images InSAR provenant de directions opposées montrent des niveaux de mouvement similaires.
Les scientifiques du HVO utilisent constamment les satellites et d’autres outils pour analyser le mouvement du magma dans les volcans d’Hawaii afin d’essayer d’identifier les signes d’éruptions imminentes.
Source : USGS/HVO.

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In March and December 2015, I wrote several posts about the use of InSAR technology in volcanology, in particular to monitor deformations of the Phlegraean Fields (Italy) and Kilauea (Hawaii). Today, an article published by the Hawaii Volcano Observatory (HVO) addresses this subject again.

Satellites have become one of the fundamental tools used to monitor active volcanoes. In particular, they allow to monitor volcanoes that are otherwise hard to access and provide perspectives that are not possible to get from the ground. Satellites orbiting the Earth can provide normal “pictures” of a place, but can also provide thermal images, measure amounts and types of gases, changes in gravity and topography.

One of the most revolutionary advances has been the use of InSAR (Interferometric Synthetic Aperture Radar) to measure small changes in shape over an entire volcano. Synthetic Aperture Radar (SAR) satellites send timed radar waves that bounce off the Earth back to the satellite. It takes two sets of waves of the same area to measure change over time. If there has been no change to the volcano for the time between images, the signals travel the distance in the same amount of time. However, if the volcano has changed by either inflating or deflating, the volcano will be closer or further away in the second image. It will take more time for the radar wave to travel the distance from satellite to the ground, then back to the satellite.

If the difference between two offset waves are assigned a color based on the size of the offset, they produce a unique set of banded colors that represent the number of wavelengths separating the two images. This process produces interferograms. Concentric rings of color relate to the amount of surface inflation or deflation of a volcano.

While InSAR is useful for monitoring volcanic motions, it is not without problems. The nature of how InSAR images are gathered from a radar satellite often unintentionally captures signals associated with the changes in the Earth’s atmosphere between satellite passes in addition to ground surface change. This additional “atmospheric noise” is especially apparent with changes in topography. At active volcanoes that are very tall, like Mauna Loa, the sloping flanks can magnify atmospheric signals, falsely suggesting that significant change has occurred.

At first glance, the left image (A) above could seem to show both Mauna Kea and Mauna Loa inflating at the same rate simultaneously. However, we know from the HVO GPS instruments that Mauna Kea shows no evidence for significant deformation, so scientists can conclude that the InSAR signals on Mauna Loa are mostly likely unreliable in this specific instance. Image B is another example of an InSAR interferogram with heavy atmospheric noise. Some slight deformation on Mauna Loa and the Southeast Rift Zone of Kilauea is visible in these images, yet still hard to discern from the atmospheric noise.

Another method is to compare multiple InSAR images. SAR satellites capture images in both ascending (traveling northward) and descending (traveling southward) directions as they orbit the planet. By creating a second InSAR image, with the same time span, but from different SAR “look directions,” it is possible to compare two interferograms of the same event. If the deformation is real over the survey area, then both InSAR images from opposing directions would show similar rates of motion.

HVO scientists are constantly using these and other tools to track the movement of magma within Hawaii’s volcanoes in order to identify the warning signs of impending eruptions.

Source: USGS / HVO.