Mémoires volcaniques // Volcanic memories

Dans un récent article « Volcano Watch », les scientifiques de l’Observatoire des volcans d’Hawaï nous expliquent que l’on peut comprendre le comportement d’un volcan actif en analysant les séismes, les déformations du sol, les émissions de gaz et les coulées de lave.
La tâche devient beaucoup plus compliquée si un volcan ne s’est pas manifesté pendant des centaines, voire des milliers d’années. Dans ce cas, la tradition orale peut être d’un grand secours. Depuis des temps immémoriaux, nos ancêtres enregistrent des événements dans leurs mémoires et les transmettent à travers des histoires, des poèmes et des chansons. C’est ainsi que naissent des mythes, des légendes ou des traditions orales.
Les meilleures histoires trouvent généralement leurs source dans des événements réels. Les traditions orales hawaïennes regorgent d’histoires passionnantes, comme celle des deux chefs de Kahuku qui sont devenus les deux collines de Nāpuʻuapele. Elles sont parfois en relation directe avec des éruptions ayant vraiment existé.
Ailleurs dans le monde, le temps et l’embellissement artistique ont dissimulé de nombreuses éruptions volcaniques dans les traditions orales. En Australie, les histoires du peuple Bungandidj (Boandik) racontent comment un géant nommé Craitbul a parcouru le sud-est du pays avec sa famille, à la recherche d’une maison. Ils se sont d’abord installés sur le mont Muirhead. Ils ont creusé leur four de cuisson et se préparaient à passer la nuit lorsqu’ils ont été réveillés par un bullin, un oiseau local qui hurlait pour les avertir de la présence d’un esprit maléfique. La famille a décidé de fuir et a construit un nouveau four sur le Mont Schank. Malheureusement, le bullin a de nouveau crié et a chassé la famille qui est repartie. Finalement, ils se sont installés sur le Mont. Gambier. Tout fut paisible jusqu’au jour où l’eau a percé le sol et a détruit le feu utilisé pour la de cuisine. De nouveaux fours furent creusés, mais chaque fois l’eau éteignait les flammes, laissant des trous béants là où se trouvaient les fours. Craitbul et sa famille déménagèrent une dernière fois et s’installèrent définitivement dans une grotte à flanc de montagne. Cette histoire rappelle plusieurs éruptions qui se soldèrent par la formation de quatre lacs de cratère sur un volcan de type maar, le Mont Gambier qui entra en éruption dans le sud-est de l’Australie il y a environ 4 500 ans. De nombreux récits de l’est de l’Australie décrivent des éruptions volcaniques dont les aborigènes ont été témoins, avec des récits transmis de génération à génération pendant des millénaires.
Une autre légende, transmise oralement depuis des siècles en Islande raconte la grande rivalité entre le dieu Thor et le géant Hrungnir. L’histoire commence par un martèlement de sabots au moment où, invité par le père de Thor, Odin, Hrungnir part de Jötunheim, le pays des géants, pour se rendre à Asgard, le pays des dieux. Les dieux ont invité Hrungnir à un festin, mais bientôt ce dernier devient brutal et violent, menaçant de tuer les dieux. Il défie Thor en duel, et les deux personnages s’affrontent brutalement dans la nuit. À un moment donné, Hrungnir essaie de se protéger en se dressant au sommet de son grand bouclier de pierre, certain que Thor allait l’attaquer sous la Terre. Au lieu de cela, Thor lance d’en haut son puissant marteau qui entre collision avec la pierre à aiguiser de Hrungnir. Les coups pleuvent dans les airs avec un bruit de tonnerre, une pluie d’étincelles et de fragments brisés…comme pendant une éruption !
Les événements terrestres comme les éruptions volcaniques disparaissent de la mémoire en une génération ou deux, mais les grandes histoires deviennent des mythes, des légendes ou des traditions orales dont on se souvient beaucoup plus longtemps. Les auteurs de cet article « Volcano Watch » pensent qu’il faut écouter les histoires que nos ancêtres nous ont transmises pour obtenir des indices sur l’histoire de la Terre.
Il y a quelques années, j’ai écrit un livre intitulé « Mémoires volcaniques » avec mon ami Jacques Drouin. L’ouvrage ne se trouve plus en librairie mais nous avons encore quelques exemplaires à bas prix. Il suffit de m’envoyer un e-mail si vous êtes intéressé(e) : grandpeyc@club-internet.fr

—————————————————-

In a recent « Volcano Watch » article, scientists at the Hawaiian Volcano Observatory explain us that we can understand the behaviour of an active volcano through earthquakes, deformation, gas emissions and lava flows.

The task becomes far more difficult if a volcano has not been active for hundreds or even thousands of years. In that case, oral history can be of a great help. Since time out of mind, our ancestors have been recording events in their memories and passing them down through stories, poetry and song. Today, we call them myths, legends or oral traditions.

Good stories are usually rooted in real events. Hawaiian oral traditions are full of riveting stories, like the one about the two chiefs of Kahuku who became the two hills of Nāpuʻuapele. They can be traced in some cases directly to the eruptions they record.

In other parts of the world, time and artistic embellishment have disguised many volcanic eruptions in oral traditions. In Australia, the dreaming stories of the Bungandidj (Boandik) people tell of a giant named Craitbul who travelled across the southeastern part of the country with his family in search of a home. First, they settled at Mt. Muirhead. They dug their cooking oven and were settled in for the night when they were awakened by a shrieking bullin (bird) warning them of an evil spirit. They fled their home and built a new cooking oven at Mt. Schank.Again, the bullin shrieked and chased the family from their rest. Eventually, they settled at Mt. Gambier. All was peaceful until one day water rose from the ground and destroyed their cooking fires. They dug their ovens again and again and each time water rose to douse the flames, leaving gaping holes where their ovens once were. Finally, Craitbul and his family moved one last time and settled for good in a cave on the side of the peak. This dreaming recalls several eruptions, ending with the formation of four crater lakes at a maar volcano, Mt. Gambier in southeast Australia, about 4,500 years ago. Many dreaming stories from eastern Australia describe volcanic eruptions that Aboriginal people had witnessed and passed down in story for thousands of years.

Another legend, passed down orally for hundreds of years in Iceland recounts a great duel between the god Thor and giant Hrungnir. It begins with the pounding of hooves as Thor’s father Odin raced Hrungnir from Jötunheim, the land of the giants, to Asgard, the land of the gods. The gods invited Hrungnir for a feast, but soon he became loud and boastful, saying that he would kill the gods. He challenged Thor to a duel, and the two clashed brutally into the night. At one point, Hrungnir tries to protect himself by standing atop his great stone shield, thinking Thor would attack him from beneath the Earth. Instead, Thor hurled his mighty hammer from above. It collided with Hrungnir’s whetstone in mid-air with a thunderclap, showering the land with sparks and shattered fragments.

Rumbling hooves, bellowing giants on enormous stone shields, sparks and shattered stone raining from above sounds like an eruption.

Earth events fade from memory within a generation or two, but great stories become myths, legends or oral traditions that are remembered far longer. The authors of this « Volcano Watch » article think it is wise to listen to stories that our ancestors have passed to us for clues about Earth’s history.

Some years ago, I wrote a book entitled « Mémoires volcaniques – Volcanic memories – with my friend Jacques Drouin. The book can no longer be found in bookshops but we still have a few copies. Just send me an e-mail if you are interested (grandpeyc@club-internet.fr).

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai a perturbé l’ionosphère // The Hunga Tonga-Hunga Ha’apai eruption disturbed the ionosphere

L’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, le volcan sous-marin des Tonga, en janvier 2022, est exceptionnelle et représente un trésor pour les scientifiques qui ne cessent de faire de nouvelles découvertes.Ils ont déjà publié une analyse qui montre que cette éruption a généré le plus haut panache volcanique de tous les temps (57 km), avec pénétration de la stratopause, la limite supérieure de la stratosphère.
Aujourd’hui, une équipe internationale de chercheurs a découvert que l’éruption a perturbé les signaux satellites à grande échelle. Les scientifiques ont utilisé des observations ionosphériques satellitaires et terrestres pour montrer qu’une onde de pression atmosphérique déclenchée par une éruption volcanique est capable de produire une bulle de plasma équatoriale (EPB) dans l’ionosphère, avec de fortes perturbations causées aux communications par satellite. Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue Scientific Reports.
L’ionosphère s’étend d’une altitude d’environ 80 à 1 000 km. C’est la région de la haute atmosphère terrestre où les molécules et les atomes sont ionisés par le rayonnement solaire, ce qui donne naissance à des ions chargés positivement. La zone avec la plus forte concentration de particules ionisées, la région F – 150 à 800 km de la surface de la Terre – joue un rôle crucial dans les communications radio longue distance car elle réfléchit et réfracte les ondes radio utilisées par les systèmes de suivi par satellite et GPS vers la surface de la Terre. Cependant, des trous peuvent se former dans cette région F, créant une structure en forme de bulle appelée EPB (Equatorial Plasma Bubble) qui peut retarder les ondes radio. et dégrader les performances du GPS.
L’équipe de chercheurs, qui comprenait principalement des scientifiques japonais collaborant avec diverses institutions, a utilisé le satellite Arase pour détecter les survenues d’EPB, le satellite Himawari-8 pour vérifier l’arrivée initiale des ondes de pression atmosphérique, et des observations ionosphériques au sol pour suivre les mouvements de l’ionosphère.
Ces scientifiques ont observé une structure irrégulière de la densité électronique au niveau de l’équateur après l’arrivée des ondes de pression générées par l’éruption volcanique. Ils ont également fait une découverte surprenante. Pour la première fois, ils ont montré que les fluctuations ionosphériques commencent quelques minutes à quelques heures plus tôt que les ondes de pression atmosphérique impliquées dans la génération des bulles de plasma. Cela signifie que le modèle du couplage géosphère-atmosphère-cosmosphère qui existait jusqu’à présent et qui stipulait que les perturbations ionosphériques ne se produisent qu’après l’éruption, doit être révisé.
De plus, les chercheurs ont constaté que l’EPB s’étend beaucoup plus loin que prévu par les modèles classiques. Cette découverte montre qu’il y a intérêt à prêter attention au lien entre l’ionosphère et la cosmosphère lorsque des phénomènes naturels extrêmes, tels que l’éruption du Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, se produisent.
Les résultats de ces recherches présentent un intérêt du point de vue scientifique, mais aussi du point de vue de la météo spatiale et de la prévention des catastrophes.
Source : The Watchers, un excellent site qui publie des articles et des informations en relation avec la science et l’environnement.

——————————————-

The eruption of Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, the underwater volcano in Tonga, in January 2022 was exceptional and a treasure for scientsists who keep making new discoveries. For instance, they have already an analysis that showed this eruption created the highest volcanic cloud ever recorded. For the first time, a volcanic plume has been seen to penetrate the stratopause, the upper limit of the stratosphere.

This time, an international team found that the eruption disrupted satellite signals. The researchers used both satellite and ground-based ionospheric observations to show that an air pressure wave triggered by the volcanic eruptions could produce an equatorial plasma bubble (EPB) in the ionosphere, severely disrupting satellite-based communications. The findings were published in the journal Scientific Reports.

The ionosphere is the region of the Earth’s upper atmosphere where molecules and atoms are ionized by solar radiation, creating positively charged ions. The area with the highest concentration of ionized particles, the F-region, plays a crucial role in long-distance radio communication, reflecting and refracting radio waves used by satellite and GPS tracking systems back to the Earth’s surface. However, irregularities in the F-region, such as the movement of plasma, electric fields, and neutral winds, can cause the formation of a localized irregularity of enhanced plasma density, creating a bubble-like structure called an EPB that can delay radio waves and degrade the performance of GPS.

The team, that mainly included Japanese scientists in collaboration with various institutions, used the Arase satellite to detect EPB occurrences, the Himawari-8 satellite to check the initial arrival of air pressure waves, and ground-based ionospheric observations to track the motion of the ionosphere.

They observed an irregular structure of the electron density across the equator that occurred after the arrival of pressure waves generated by the volcanic eruption.

The group also made a surprising discovery. For the first time, they showed that ionospheric fluctuations start a few minutes to a few hours earlier than the atmospheric pressure waves involved in the generation of plasma bubbles. This suggests that the long-held model of geosphere-atmosphere-cosmosphere coupling, which states that ionospheric disturbances only happen after the eruption, needs revision.

Furthermore, the researchers found that the EPB extended much further than predicted by the standard models. This discovery suggests that we should pay attention to the connection between the ionosphere and the cosmosphere when extreme natural phenomena, such as the Tonga event, occur.

The results of this research are significant not only from a scientific point of view but also from the point of view of space weather and disaster prevention.

Source : The Watchers, an excellent website that releases articles and information linked to science and the environment.

Hunga Tonga-Hunga Ha’apai, l’éruption de tous les superlatifs (Source: NASA)

Nouveau volcan sous-marin // New underwater volcano

Un article publié sur le site web Live Science nous informe qu’une expédition océanographique dans l’Arctique a permis de découvrir un volcan sous-marin qui émet de la boue et du méthane à l’intérieur d’un autre cratère plus grand qui s’est probablement formé lors d’une éruption majeure à la fin de la dernière période glaciaire.
Les chercheurs ont découvert cette formation géologique étrange à environ 130 kilomètres au sud de Bear Island dans la mer de Barents. Le volcan, baptisé Borealis Mud Volcano, est seulement le deuxième du genre découvert dans les eaux norvégiennes.
Un volcan de boue sous-marin est une structure géologique formée par une expulsion de fluide boueux et de gaz, principalement du méthane. Le Borealis Mud Volcano mesure environ 7 mètres de diamètre et 2,50 mètres de hauteur. Le 7 mai 2023, les scientifiques ont utilisé un robot télécommandé pour obtenir des images du petit édifice qui émet en permanence un fluide boueux, qui, selon les chercheurs, est riche en méthane. Il est bon de rappeler que le méthane est un puissant gaz à effet de serre une fois qu’il atteint l’atmosphère et contribue au réchauffement climatique.
Le volcan se trouve au milieu d’un autre cratère beaucoup plus grand, qui mesure 300 mètres de large et 25 mètres de profondeur. L’ensemble se trouve à 400 mètres sous la surface de la mer et résulte probablement d’une puissante éruption de méthane à la fin la dernière période glaciaire, il y a 18 000 ans.
Les flancs du volcan regorgent de vie animale qui se nourrit de croûtes carbonatées, autrement dit des croûtes minérales qui se forment lorsque des micro-organismes consomment du méthane et produisent du bicarbonate. Les chercheurs ont également observé des anémones de mer, des éponges, des coraux, des étoiles de mer, des araignées de mer et divers crustacés.
Le seul autre volcan de boue connu dans les eaux norvégiennes est le Håkon Mosby Volcano. Cet édifice de 1 km de diamètre a été découverte à 1 250 mètres sous la surface, sur le plancher océanique au sud du Svalbard en 1995.
Les volcans de boue sous-marins sont difficiles à détecter et à cartographier, mais les chercheurs estiment qu’il pourrait y en avoir des centaines ou des milliers sur le plancher océanique à l’échelle mondiale. (NDLR : Une fois de plus, on remarquera que nous connaissons mieux la surface de Mars que les fonds de nos propres océans !) Ces volcans offrent une fenêtre sur les processus géologiques qui se produisent en profondeur sous la croûte terrestre, car ils émettent principalement de l’eau, des minéraux et des sédiments fins à ces profondeurs. Ils offrent des indices sur les environnements et conditions antérieurs sur Terre. Ils pourraient aussi donner un aperçu des systèmes sur d’autres planètes.
Source : Live Science.

——————————————-

An article released on the Live Science website informs us that ocean explorers in the Arctic have discovered an underwater volcano spewing mud and methane from inside another, larger crater that probably formed after a catastrophic eruption at the end of the last ice age.

Researchers spotted the unusual feature about 130 kilometers south of Norway’s Bear Island in the Barents Sea. The volcano, dubbed Borealis Mud Volcano, is only the second of its kind discovered in Norwegian waters.

A submarine mud volcano is a geological structure formed by an expulsion of muddy fluid and gas, predominantly methane. The Borealis Mud Volcano measures roughly 7 meters in diameter and is about 2.5 meters tall. On May 7th, 2023, the scientists used a remote-controlled rover to capture footage of the small mount continuously emitting a muddy fluid, which the researchers say is rich in methane. Methane is a powerful greenhouse gas once it reaches the atmosphere and contributes to climate change.

The volcano sits in the middle of another, much larger crater, which is 300 meters wide and 25 meters deep. The volcanic edifice sits 400 meters below the sea surface and likely resulted from a sudden and massive methane eruption after the last glacial period, 18,000 years ago.

The volcano’s flanks are teeming with animal life feeding off carbonate crusts, namely mineral crusts formed when microorganisms consume methane and produce bicarbonate as a byproduct. The researchers also observed sea anemones, sponges, corals, starfish, sea spiders and diverse crustaceans.

The only other known mud volcano in Norwegian waters is the Håkon Mosby volcano. This 1-km-wide feature was discovered 1,250 meters below the water’s surface on the seabed south of Svalbard in 1995.

Underwater mud volcanoes are difficult to spot and map, but researchers estimate there could be hundreds or thousands of them on the seafloor globally. (Personal note : Once again, we know the surface of Mars better than the seafloor of our own oceans!) These volcanoes provide a rare window into geological processes occurring deep below Earth’s crust, since they spout mainly water, minerals and fine sediment from these depths. They also offer clues about previous environments and conditions on Earth, and could give an insight into systems on other planets.

Source : Live Science.

Le Borealis Mud Volcano photographié par le robot télécommandé (Source : UiT/AKMA3)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

S’agissant de l’activité récente du Popocatepetl (Mexique) et de l’Etna (Sicile), merci de consulter les derniers bulletins publiés ces derniers jours.

Dans un bulletin émis le 23 mai 2023, l’INGV indique que l’épisode éruptif observé sur l’Etna est maintenant terminé.

Les dernières mises à jour du CENAPED indiquent que le tremor haute fréquence est presque constant sur le Popocatepetl. Les émissions de vapeur, de gaz et de cendres sont continues, avec parfois des projections de matériaux incandescents sur de courtes distances sur les flancs du volcan. Les panaches de cendres s’élèvent jusqu’à 3,7 km au-dessus du sommet et des retombées sont encore observées dans plusieurs localités.

Source: CENAPRED

++++++++++

Dans une mise à jour publiée le 22 mai 2023, le HVO indique que le Kilauea (Hawaii) n’est pas en éruption mais que la zone sommitale montre actuellement des signes d’activité significatifs. La sismicité est à un niveau élevé et a augmenté au cours de la semaine écoulée. Plus de 100 événements ont été enregistrés le 20 mai, dont un de M 3,7 qui a été ressenti dans le Parc national et dans les localités environnantes.
Le niveau de déformation du sol est également en hausses au sommet du Kilauea. L’inflation est supérieure à celle qui a précédé l’éruption sommitale du 5 janvier 2023.
Les émissions de gaz restent faibles, en relation avec l’absence d’activité éruptive au sommet.
Ces observations indiquent que le magma s’accumule sous la surface de la région sommitale du Kilauea.
Dans la conclusion de son bulletin, le HVO écrit qu’« une éruption au sommet du Kilauea ne semble pas imminente, bien que les paramètres ci-dessus laissent supposer qu’une éruption pourrait se produire sans prévenir ou presque. »

Bien que le Kilauea soit truffé d’instruments de mesure, personne ne peut dire si et quand une éruption se produira. Un bulletin semblable a déjà été publié par l’Observatoire il y a plusieurs semaines. Seule Madame Pelé sait quand une éruption se produira !

Source: HVO

++++++++++

Une hausse de l’activité volcanique sous-marine a été observée sur le volcan sous-marin Ahyi (îles Mariannes du Nord) le 21 mai 2023. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune et le niveau d’alerte volcanique a été élevé à Advisory (surveillance conseillée).
Les premiers signes de ce regain d’activité ont été observés par des capteurs de pression sous-marins à Wake Island, située à 2 270 km à l’est de l’Ahyi. Une zone d’eau de mer décolorée avait été remarquée il y a plusieurs mois sur une image satellite au-dessus de la bouche active.
Les capteurs hydroacoustiques installés à Wake Island enregistrent des signaux en relation avec une activité volcanique sous-marine depuis la mi-octobre 2022. Une analyse de ces signaux et des données des stations sismiques à Guam et sur l’île de Chichijima (Japon) a confirmé que le volcan sous-marin Ahyi était la source de cette activité. Elle avait fait une pause début avril mais a maintenant repris. Aucun nuage volcanique n’a été observé.
Le volcan sous-marin Ahyi est un grand édifice sous-marin de forme conique dont le sommet se trouve à moins de 75 mètres sous la surface de la mer dans les Mariannes du Nord. Une décoloration de l’eau de mer a été observée à plusieurs reprises. En 1979, l’équipage d’un bateau de pêche a ressenti des chocs en navigant au-dessus de la zone sommitale du volcan sous-marin. L’événement a été suivi d’une remontée d’eau riche en soufre.
Source : USGS, Smithsonian Institution.

Source: USGS

++++++++++

L’activité du Karangetang (Indonésie) s’est intensifiée en mai, entraînant une hausse du niveau d’alerte. Les panaches de gaz et de vapeur sont parfois denses et s’élèvent jusqu’à 250 m au-dessus du sommet. L’incandescence est visible de nuit au-dessus du dôme de lave du cratère nord, mais aussi au-dessus du cratère principal. Des avalanches de blocs dévalent parfois les versants SO et S sur 1,5 km.
Le 19 mai 2023, le niveau d’alerte a été élevé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public doit rester à au moins 2,5 km des cratères sur les versants S et SO et à 1,5 km sur les autres versants.
Source : PVMBG.

++++++++++

L’Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) indique que la lave continue d’être émise par des bouches dans le cratère sommital du Nyamulagira (République Démocratique du Congo). Comme je l’ai déjà écrit, des coulées de lave ont commencé à avancer dans les parties N et NO du cratère le 9 mai 2023. Une intense incandescence sommitale était visible depuis Goma qui se trouve à 27 km au sud. Des images de drones acquises le 20 mai ont montré des coulées de lave étroites se déplaçant sur une centaine de mètres le long du flanc ouest. Les données de la station sismique de Rumangabo indiquaient une tendance à la baisse de l’activité entre le 17 et le 20 mai. Bien que la nébulosité soit dense au-dessus du sommet, de la lave à haute température restait visible sur le flanc nord-ouest sur une image infrarouge du satellite Sentinel-2 acquise le 22 mai.

++++++++++

Une activité éruptive modérée se poursuit sur le Cotopaxi (Equateur). L’activité sismique se caractérise essentiellement par par des séismes longue période associés à des émissions qui se produisent presque quotidiennement. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Instituto Geofisico.

++++++++++

Toujours en Équateur, l’Instituto Geofisico fait état d’un niveau d’activité élevé sur le Sangay, même si les nuages empêchent parfois les observations visuelles. Des matériaux incandescents sont visibles de nuit au niveau du cratère et le long de la coulée de lave qui s’étire sur 1 km le long du flanc SE. Les émissions de vapeur et de cendres montent jusqu’à 2 km au-dessus du sommet. Des retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte est maintenu au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs).

++++++++++

L’éruption du Nevado del Ruiz (Colombie) se poursuit et se caractérise par des émissions périodiques de gaz, de vapeur et de cendres, des anomalies thermiques au niveau du dôme de lave du cratère Arenas et une sismicité élevée. Les signaux sismiques indiquent des événements de fracturation de roche à 3-8 km autour du cratère Arenas, à des profondeurs de 1 à 6 km. Les émissions de gaz et de cendres montent jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère. Une anomalie thermique a été observée dans le cratère le 18 mai 2023. Le niveau d’alerte reste à la couleur Orange, niveau II, le deuxième niveau sur une échelle à quatre niveaux.
Source : Servicio Geológico Colombiano’s (SGC).

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.

°°°°°°°°°°

Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

———————————————-

Here is some news about volcanic activity around the world.

Regarding the recent activity of Popocatepetl (Mexico) and Mt Etna (Sicily), please consult the latest posts published in recent days.

In an update released on May 23rd, 2023, INGV indicates that the eruptive episode observed on Mt Etna in the past days is now over.

The latest CENAPED updates indicate that high-frequency tremor is almost constant on Popocatepetl. Steam, gas, and ash emissions are continuous with occasional ejections of incandescent material short distances onto the flanks. Ash plumes rise as high as 3.7 km above the summit and ashfall is still observed in several municipalities.

++++++++++

In an update released on May 22nd, 2023, HVO indicates that Kilauea (Hawaii) is not erupting but the summit area is currently exhibiting signs of heightened unrest. Seismicity is elevated and has increased over the past week. More than 100 earthquakes were recorded on May 20th, including an M 3.7 event that was felt in Hawai’i Volcanoes National Park and surrounding communities.

Ground deformation rates are also elevated at the summit of Kilauea. Overall, inflation is higher than conditions preceding the January 5th, 2023, summit eruption.

Gas emissions remain low, reflective of the current lack in eruptive activity at the summit.

These observations indicate that magma is accumulating beneath the surface of Kilauea’s summit region.

In the conclusion of its bulletin, HVO writes that « an eruption at Kilauea’s summit does not appear to be imminent, although heightened unrest suggests that an eruption might be possible with little or no warning. »

Despite all the instruments set up on the volcano, nobody can say whether or when an eruption will occur. A similar update was already released by the Observatory several weeks ago. Only Madame Pele will decide when an eruption will occur !

++++++++++

Increased underwater volcanic activity was detected at the Ahyi Seamount (Northern Mariana Islands) on May 21st, 2023 . As a consequence, the Aviation Color Code was raised to Yellow and Volcano Alert Level to Advisory.

The early signals were observed through underwater pressure sensors at Wake Island, located 2 270 km east of Ahyi. Following these signs, a plume of discolored seawater was noticed above the previously active vent in a satellite image.

Hydroacoustic sensors at Wake Island have recorded isignals n line with activity from an undersea volcanic source since mid-October 2022. A combined analysis of these signals and data from seismic stations located at Guam and Chichijima Island (Japan) confirmed Ahyi Seamount as the source of this activity. This activity paused in early April but has now resumed. No volcanic cloud has been observed.

Ahyi Seamount is a large conical submarine volcano that rises to within 75 meters of the sea surface in the Northern Marianas. Water discoloration has been observed, and in 1979 the crew of a fishing boat felt shocks over the summit area of the seamount, followed by an upwelling of sulfur-bearing water.

Source : USGS, Smithsonian Institution.

++++++++++

Activity at Karangetang (Indonesia) intensified in May, leading to a change in the Alert Level status. Gas-and-steam plumes are sometimes dense and rise as high as 250 m above the summit. Incandescence is visible at night above the North Crater lava dome and also above Main Crater. Occasional rock avalanches travel as far as 1.5 km down the SW and S flanks.

On May 19th, 2023, the Alert Level was raised to 3 (on a scale of 1-4) and the public was asked to stay 2.5 km away from the craters on the S and SW flanks and 1.5 km away on the other flanks.

Source : PVMBG.

++++++++++

The Observatoire Volcanologique de Goma (OVG) reports that lava continues to erupt from vents in Nyamulagira’s summit crater (Democratic Republic of Congo). As I put it before, lava flows began moving into the N and NW parts of the crater on May 9th,2023. Intense incandescence from the summit was visible from Goma, 27 km to the south. Drone footage acquired on May 20th captured images of narrow lava flows traveling about 100 m down the W flank. Data from the Rumangabo seismic station indicated a downward trend in activity between May 17th and 20th. Though weather clouds were dense over the summit, hot lava on the NW flank could still be seen in a Sentinel-2 infrared image acquired on May 22nd.

++++++++++

Moderate eruptive activity continues at Cotopaxi (Ecuador). Seismic activity is mainly characterized by long-period earthquakes and tremors associated with emissions that occur almost daily. The Alert Level is kept at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : Instituto Geofisico.

++++++++++

Still in Ecuador, IG reports a high level of activity at Sangay, though weather clouds sometimes prevent visual observations. Incandescent material at the crater and along the lava flow extending 1 km down the SE flank is visible nightly. Steam-and-ash emissions rise up to 2 km above the summit. Ashfall is reported in several municipalities. The Alert Level is kept at Yellow (the second level on a four-color scale).

++++++++++

The eruption at Nevado del Ruiz (Colombia) continues and is characterized by periodic gas, steam, and ash emissions, thermal anomalies at the lava dome in Arenas Crater, and elevated seismicity. Seismic signals indicating rock-fracturing events that are located 3-8 km around the Arenas Crater at depths of 1-6 km. Gas-and-ash emissions rise as high as 1.5 km above the crater. A thermal anomaly was observed within the crater on May 18th, 2023. The Alert Level remains at Orange, Level II, the second level on a four-level scale.

Source : Servicio Geológico Colombiano’s (SGC).

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes.

°°°°°°°°°°

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm