Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde :

L’éruption effusive continue sur l’île Fernandina (Galapagos/Équateur), avec plusieurs coulées de lave sur le versant SSE du volcan. Des observations par les gardes du parc les 4 et 5 mars 2024 ont révélé que l’activité avait diminué et que les coulées de lave n’avaient que légèrement avancé. Les données satellitaires ont indiqué que les émissions de SO2 continuaient à diminuer et étaient d’environ 2 228 t/jour le 5 mars. Les panaches de gaz s’élèvent de 370 à 970 m au-dessus du sommet. Des centaines d’anomalies thermiques ont continué d’être détectées les 5 et 6 mars, parfois élevées à très élevées. Les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 7,9 km sur la base de données satellitaires et de cartes.
L’éruption fait suite à une forte sismicité dans la seconde moitié de l’année 2023, avec une déformation du sol qui a atteint 80 cm.
L’éruption actuelle pourrait être plus importante que celles observées en 2017 (VEI 2), 2018 (VEI 1) et 2020 (VEI 0).
Bien que certains rapports indiquent qu’une ou plusieurs coulées de lave ont atteint l’océan, il ne semble pas que cela soit exact, ou que les entrées en mer sont de très faible ampleur.
Source : Instituto Geofisico.

Crédit photo: Parc national des Galapagos

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Après le raté du 2 mars 2024, une éruption est toujours prévue à court terme sur la péninsule de Reykjanes (Islande). Le magma continue de s’accumuler sous le secteur de Svartsengi et les volcanologues locaux pensent qu’une éruption pourrait se produire entre le mont Stóra-Skógfell et le mont Hagafell. La ville de Grindavik et le Blue Lagoon ont été évacués lors de l’alerte du 2 mars, mais ce dernier a rouvert quelques heures plus tard. Le Met Office ne cesse de mettre en garde qu’une éruption pourrait commencer avec un préavis très court, de seulement 30 minutes.
Source : Met Office.

La centrale de Svartsengi reste sous la menace de la lave (Crédit photo: Iceland Monitor)

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L’éruption du Lewotolok (Île de Lembata / Indonésie) se poursuit. Les panaches de cendres continuent de s’élever jusqu’à 900 m au-dessus du sommet. La coulée de lave sur le flanc SE est longue de 2 km et celle sur le flanc S atteint 600 m. Leurs fronts n’avancent pas, bien que l’émission de lave continue à la source ; lde nouvelles coulées ont peut-être recouvert les plus anciennes. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 2 km de la bouche active et à 3 km de celles sur les flancs S et SE. Selon un article de presse, il a été demandé aux habitants de conduire leur bétail dans les villages.

Toujours en Indonésie, l’Ibu (Halmahera) continue d’être actif avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 200 à 1 500 m au-dessus du sommet. Des retombées ont été signalées dans les zones habitées à l’ouest le 2 mars. Le niveau d’alerte reste à 2 sur une échelle de 1 à 4,

L’activité éruptive se poursuit sur le Marapi (Sumatra/Indonésie) avec des panaches de cendres qui s’élèvent de 200 à 500 m au-dessus du sommet. On observe encore de l’incandescence au niveau du cratère certaines nuits. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de rester à 4,5 km du cratère actif.
Source : CVGHM.

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L’activité éruptive se poursuit dans le cratère Minamidake du Sakurajima (Japon) avec une incandescence observée la nuit dans le cratère. Les événements éruptifs génèrent des panaches de cendres qui s’élèvent généralement à 1 km au-dessus du cratère. Une explosion le 2 mars 2024 a éjecté de gros blocs à 300-500 m de distance. Une autre explosion, le 3 mars, a éjecté d’autres blocs à 600-900 m de la bouche active. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 5) et le public est prié de rester à 2 km des deux cratères actifs.

Source : JMA.

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Une lente émission de lave se poursuit probablement dans le cratère sommital du Great Sitkin (Aléoutiennes / Alaska). Quelques petits séismes d’origine volcanique sont enregistrés quotidiennement par le réseau sismique. La plupart du temps, les nuages masquent en partie les images fournies par les satellites et celles des webcams. Le niveau d’alerte volcanique reste à Watch – Vigilance – le troisième niveau sur une échelle de quatre niveaux, et la couleur de l’alerte aérienne reste à Orange (niveau 3 sur une échelle de quatre couleurs).

Source : AVO.

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Il convient de noter que le 5 mars 2024, le PHIVOLCS a abaissé le niveau d’alerte du Mayon (Philippines) à 1, sur une échelle de 0 à 5. En effet, l’activité a régulièrement diminué au cours des deux derniers mois. Les données montrent que le volcan reste globalement en phase d’inflation, bien qu’une déflation ait été détectée sur certaines parties des flancs nord et sud. L’incandescence au sommet est faible et visible uniquement à l’aide d’un téléobjectif. Malgré la diminution de l’activité, la population est priée de rester à l’écart de la zone de danger permanent d’un rayon de 6 km.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch. Elle reste en Jaune pour le Bezymianny.
Source : KVERT.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans.
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

The effusive eruption at Fernandina volcano (Galapagos / Ecuador) continues, with several lava flows on the SSE slope of the volcano.Observations by park rangers on March 4th and 5th, 2024 indicated that activity had decreased and the lava flows had only advanced slightly. Satellite data indicated that SO2 emissions continued to decline and were about 2,228 t/day on March 5th. Gas plumes rose 370-970 m above the summit. Hundreds of thermal anomalies continued to be detected during 5-6 March with a few being characterized as high to very high. The lava flows had traveled as far as 7.9 km based on satellite data and maps.

The eruption follows increased seismicity detected in the latter half of 2023, culminating in 80 cm ground deformation.

Data suggests it is likely that the current eruption will be larger than those observed in 2017 (VEI 2), 2018 (VEI 1), and 2020 (VEI 0).

While some reports mentioned one or more lava flows reached the ocean, it does not seem they were correct or were very small.

Source : Instituto Geofisico.

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After the failure of March 2nd, 2024, an eruption is still predicted in the short term on the Reykjanes Peninsula (Iceland). Magma accumulation is still observed in the Svartsengi area and local volcanologists think an eruption might occur between Mt. Stóra-Skógfell and Mt. Hagafell. The town of Grindavik and the Blue Lagoon were evacuated during the alert of March 2nd, but the latter reopened a few hours later. The Met Office keeps warning that an eruption might start with very short notice, as little as 30 minutes.

Source : Met Office.

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The eruption of Lewotolok (Lembata Island / Indonesia) continues. Ash plumes keep rising as high as 900 m above the summit. The lava flow on the SE flank is 2 km long and the flow on the S flank 600 m long. Their fronts do not advance, though lava effusion continues ; new flows possibly overlapped the older flows. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4) and the public is asked to stay 2 km away from the active vent and 3 km from the vent on the S and SE flank. According to a news article residents were asked to bring their livestock into the villages.

Still in Indonesia, Ibu (Halmahera) continues to erupt with ash plumes that rise 200-1,500 m above the summit. Ashfall was reported in residential areas to the west on 2 March. The Alert Level remains at 2 on a four-level scale,

Eruptive activity continues at Marapi (Sumatra / Indonesia) with ash plumes that rise 200-500 m above the summit. Crater incandescence can still ne observed some nights. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 4.5 km away from the active crater.

Source : CVGHM.

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Eruptive activity continues at Minamidake Crater of Sakurajima (Japan) with nighttime crater incandescence. Eruptive events generate ash plumes that usually rise 1 km above the crater. An explosion on 2 March 2024 ejected large blocks 300-500 m from the active vent. Another explosion on 3 March ejected more blocks 600-900 m from the vent. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and the public is asked to stay 2 km away from the two active craters.

Source : JMA.

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Slow lava effusion likely continues in Great Sitkin’s summit crater (Aleutians / Alaska). A few small daily volcanic earthquakes are recorded by the seismic network on most days. Most of the time, clouds partly obscure satellite and webcam views. The Volcano Alert Level remains at Watch (the third level on a four-level scale) and the Aviation Color Code remains at Orange (level 3 on a four-color scale).

Source : AVO.

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It should be notes that on 5 March 2024, PHIVOLCS lowered the Alert Level for Mayon (Philippines) to 1 (on a 0-5 scale )as activity levels had steadily declined over the past two months. Data show that the volcano remains inflated overall, though deflation is detected on some parts of the north and south flanks. Incandescence at the summit is weak and only visible with the aid of a telescope. Despite the decrease in activity, residents are asked to stay away from the 6-km-radius Permanent Danger Zone.

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In Kamchatka, the aviation color code is kepet at Orange for Ebeko and Sheveluch. It remains at Yellow for Bezymianny.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes.

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Interférogramme d’une intrusion magmatique // Interferogram of a magma intrusion

Du 31 janvier au 3 février 2024, une intrusion magmatique sur le flanc du Kilauea, au sud-ouest de la caldeira sommitale, a attiré l’attention du HVO. Des centaines de séismes ont annoncé l’arrivée d’un nouveau magma. L’intensité de l’activité sismique était semblable à celle qui a précédé les récentes éruptions sommitales du Kilauea,. En conséquence, le HVO à fait passer le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne respectivement à Watch (Vigilance ) et à la couleur Orange. Après la diminution de l’activité sismique le 3 février, les niveaux d’alerte sont revenus à Advisory (surveillance conseillée) et à la couleur Jaune.
Outre la forte sismicité, une déformation significative a également été enregistrée lors de l’intrusion. Un interférogramme fourni par l’Agence spatiale italienne COSMO-SkyMed satellite a confirmé que la dernière intrusion était plus importante que les précédentes en octobre 2023 ou août 2021. Le modèle de déformation de l’interférogramme était celui d’une intrusion « classique » avec ouverture d’un dyke.
La morphologie du corps magmatique qui ouvre le dyke affecte le modèle de déformation du sol. Par exemple, une chambre magmatique sphérique provoque un mouvement vers l’extérieur et un soulèvement lorsqu’elle est en phase d’inflation. Le schéma de déformation provoqué par l’ouverture d’un dyke est complexe et consiste en un mouvement vers l’extérieur et vers le haut, tout en s’éloignant des côtés du dyke.
La visualisation de l’ouverture de dyke dans un interférogramme est compliquée à cause de la manière dont les interférogrammes enregistrent le mouvement du sol. Les franges (qui représentent un cycle arc-en-ciel) dans un interférogramme correspondent au mouvement entre le sol et le satellite (changement de portée) dans la « direction de visée » de l’instrument radar. Pour le satellite COSMO-SkyMed, une frange équivaut à 1,5 cm de changement de portée. Le satellite ne vise pas le sol à la verticale; au lieu de cela, il envoie les impulsions radar avec un angle d’environ 40 degrés par rapport à la verticale. Cela signifie que les mouvements horizontaux et verticaux se mélangent pour créer un « changement de plage ».
Dans l’interférogramme du 31 janvier au 1er février, les mouvements vers l’extérieur et vers le haut en direction du sud-est s’additionnent pour créer des franges denses. Les mouvements vers l’extérieur et vers le haut en direction du nord-ouest s’annulent quelque peu et donnent naissance à des franges moins denses. En effet, le mouvement vers le nord-ouest augmente le changement de portée, mais le mouvement vers le haut le diminue.
Si l’on regarde attentivement, les franges au sud-est progressent du rose au jaune puis au bleu, à mesure que l’on s’éloigne de la « cible » centrale. Les franges du côté nord-ouest progressent du bleu au jaune puis au rose, en s’éloignant de la cible dans cette zone. Cela signifie que le changement de portée augmente dans ce quadrant.
Entre les lobes colorés du sud-est et du nord-ouest, se trouve au milieu une zone de franges denses et discontinues. Il s’agit de la portion de terrain qui s’est affaissée au-dessus du dyke. C’est aussi une zone avec de nombreuses fissures en surface, c’est pourquoi il y a parfois un fort décalage dans les motifs des franges.
Pour un géophysicien, il s’agit un bel interférogramme. Non seulement à cause des motifs intéressants des franges arc-en-ciel, mais aussi parce que cela illustre parfaitement la manière dont les interférogrammes capturent le mouvement du sol via un changement de portée. C’est également une illustration classique de la déformation provoquée par l’intrusion d’un dyke, l’un des principaux processus liés à la migration du magma dans les volcans du monde entier.
Source : USGS HVO.

Interférogramme formé à partir des données collectées par l’agence spatiale COSMO-SkyMed satellite entre le 31 janvier à 18 heures et le 1er février à la même heure. Les franges colorées indiquent des zones de déformation du sol, avec un plus grand nombre de franges pour une zone de grande déformation. Chaque cycle de couleur représente 1,5 cm de mouvement du sol en approche ou en éloignement du satellite. En plus du modèle d’ouverture des dykes décrit dans le texte ci-dessus, cet interférogramme montre que le sommet du Kilauea s’est affaissé lorsque du magma a été envoyé dans l’intrusion.

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Autre nterférogramme fourni pat COSMO-SkyMed (CSK) et couvrant, en Islande, la période du 3 au 11 novembre 2023. Il montre le champ de déformation lié à l’intrusion d’un dyke dans l’après-midi du 10 novembre au sein du système volcanique Reykjanes-Svartsengi. (Source: IMO).

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From January 31st to February 3rd, 2024, a magma intrusion into Kilauea’s flank, southwest of the summit caldera, was the focus of attention at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). Hundreds of earthquakes announced the influx of new magma. The intensity of the seismic activity was similar to what preceded recent summit eruptions at Kilauea, prompting HVO staff to raise the volcano alert level and the aviation color code to Watch and Orange, respectively. After seismic activity decreased on February 3rd, the alert level was returned to Advisory/Yellow.

In addition to the large number of earthquakes, high rates of deformation were also recorded during the intrusion.

An interferogram acquired from the Italian Space Agency’s COSMO-SkyMed satellite confirmed that the recent intrusion was larger than previous ones in October 2023 or August 2021. The pattern of deformation in the interferogram had a “classic” dike-opening intrusion pattern.

The shape of the opening magma body affects what the pattern of ground deformation will be. For example, a spherical magma chamber will cause outward motion and uplift when it inflates. The deformation pattern from dike-opening is complicated and consists of outward and upward motion away from the broad sides of the dike.

Seeing a dike-opening pattern in an interferogram is made even more complicated by how interferograms record ground motion. The fringes (one rainbow cycle) in an interferogram represent motion between the ground and satellite (range change) in the “look direction” of the radar instrument. For the COSMO-SkyMed satellite, one fringe equals 0.6 of an inch of range change. The satellite does not look straight down at the ground; instead, it sends the radar pulses out at an angle about 40 degrees off-vertical.

This means that horizontal and vertical motion get mixed together to create “range change.”

In the January 31st to February 1st interferogram, outward and upward motion to the southeast add together to create dense fringes. However, outward and upward motion to the northwest cancel each other out somewhat and result in fewer fringes. This is because motion to the northwest increases range change, but upward motion decreases it.

If one looks carefully, the fringes to the southeast progress from pink to yellow to blue, as one proceeds away from the central “bullseye.” The fringes on the northwest side progress from blue to yellow to pink, away from the bullseye in that area. This means that range change is increasing in that quadrant.

In between the colorful lobes to the southeast and northwest, there is an area of dense and discontinuous fringes in the middle. This is the portion of ground that subsided above the dike. It’s also an area with lots of surface cracks, which is why there is sometimes a sharp offset in the fringe patterns.

To a geophysicist, this is a beautiful interferogram. Not just because of the interesting patterns of the rainbow fringes, but because it beautifully illustrates the unique way that interferograms capture ground motion via range change. It’s also a textbook illustration of deformation from a dike intrusion, one of the fundamental processes for magma migration at volcanoes around the world.

Source : USGS HVO.

Super éruptions et refroidissement de l’atmosphère // Super eruptions and atmosphere cooling

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Climate explique qu’en entravant la lumière du soleil, les particules émises lors d’ une super éruption ne refroidissent probablement pas la température à la surface de la Terre aussi fortement qu’on l’avait estimé précédemment. La super éruption du volcan Toba (Indonésie) il y a environ 74 000 ans a déployé une énergie 1 000 fois plus puissante que l’éruption du mont St. Helens en 1980.

Image satellite du Lac Toba (Source: NASA)

S’agissant des éruptions les plus puissantes, les chercheurs se demandent depuis longtemps quel niveau de refroidissement causé par ces éruptions, et souvent appelé hiver volcanique, pourrait potentiellement constituer une menace pour l’humanité. Les études déjà effectuées s’accordent pour dire que notre planète subirait un refroidissement, mais elles divergent sur son ampleur. Les estimations varient entre 2 et 8 degrés Celsius.
La nouvelle étude, réalisée par une équipe du Goddard Institute for Space Studies de la NASA et de l’Université Columbia à New York, a utilisé une modélisation informatique de haute technologie pour simuler des super-éruptions comme celle du Toba. Les chercheurs ont alors constaté que le refroidissement post-éruption ne dépasse probablement pas 1,5 degré Celsius, même pour les événements les plus puissants.
Pour mériter le titre de « super éruption », un tel événement doit libérer plus de 1 000 kilomètres cubes de magma, avec un VEI 8, le maximum sur cette échelle. Ces éruptions sont extrêmement puissantes ; heureusement, elles sont rares. La super-éruption la plus récente s’est produite il y a plus de 22 000 ans au niveau du Lac Taupo en Nouvelle-Zélande.

Le Lac Taupo vu depuis l’espace (Source: NASA)

L’événement le plus connu est la super éruption qui a eu pour cadre le cratère de Yellowstone il y a environ 2 millions d’années.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs de l’étude ont tenté de comprendre quelle était la cause de la divergence dans les estimations de température fournies par les modélisations. Il faut savoir que « les modélisations sont le principal outil permettant de comprendre les changements climatiques survenus il y a trop longtemps pour laisser des traces de leur impact ». Les scientifiques ont étudié plus particulièrement une variable qui peut être difficile à cerner : la taille des particules microscopiques de soufre injectées à des kilomètres de hauteur dans l’atmosphère.
Dans la stratosphère (entre 10 et 50 kilomètres d’altitude environ), le dioxyde de soufre gazeux émis par des volcans subit des réactions chimiques pour se condenser en particules de sulfate liquide. Ces particules peuvent influencer la température de surface sur Terre de deux manières : en réfléchissant la lumière solaire entrante (ce qui provoque un refroidissement), ou en piégeant l’énergie thermique sortante (ce qui génère une sorte d’effet de serre).
Au fil des années, ce phénomène de refroidissement a également suscité des questions sur la manière dont les humains pourraient inverser le réchauffement climatique, un concept baptisé géo-ingénierie. Il consiste à injecter volontairement des particules d’aérosol dans la stratosphère pour favoriser un effet de refroidissement.
Les chercheurs ont montré dans quelle mesure le diamètre des particules d’aérosol volcanique influençait les températures post-éruption. Plus les particules sont petites et denses, plus leur capacité à bloquer la lumière du soleil est grande. Mais estimer la taille des particules est extrêmement difficile car les super éruptions du passé n’ont pas laissé de traces physiques fiables. Dans l’atmosphère, la taille des particules change à mesure qu’elles coagulent et se condensent. Lorsque les particules retombent sur Terre et sont conservées dans des carottes de glace, elles ne laissent pas de traces physiques claires en raison du mélange et du compactage.
En simulant des super-éruptions sur une gamme de tailles de particules, les chercheurs ont découvert que les super-éruptions sont probablement incapables de modifier la température globale davantage que les plus grandes éruptions des temps modernes. Par exemple, l’éruption du mont Pinatubo aux Philippines en 1991 n’a provoqué qu’une baisse d’environ un demi-degré Celsius de la température sur Terre pendant deux ans.

Eruption du Pinatubo en 1991 et nuage d’aérosols (Source: Wikipedia)

La compréhension du refroidissement causé par les super-éruptions nécessite davantage de recherches. Selon les chercheurs de la NASA, la voie à suivre consiste à comparer des modèles de manière exhaustive, ainsi qu’à effectuer davantage d’études en laboratoire, en insistant sur les facteurs déterminant la taille des particules d’aérosols volcaniques. Compte tenu des incertitudes dans ce domaine, le recours à la géo-ingénierie via l’injection d’aérosols dans la stratosphère ne semble pas la meilleure solution.
Source : NASA.

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A new study published in the Journal of Climate. suggests that sunlight-blocking particles from a super eruption would not cool surface temperatures on Earth as severely as previously estimated.

Some 74,000 years ago, the Toba volcano in Indonesia exploded with a force 1,000 times more powerful than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

When it comes to the most powerful volcanoes, researchers have long speculated how post-eruption global cooling – sometimes called volcanic winter – could potentially pose a threat to humanity. Previous studies agreed that some planet-wide cooling would occur but diverged on how much. Estimates have ranged from 2 to 8 degrees Celsius.

The new study, by a team from NASA’s Goddard Institute for Space Studies and Columbia University in New York used advanced computer modeling to simulate super-eruptions like the Toba event. They found that post-eruption cooling would probably not exceed 1.5 degrees Celsius for even the most powerful blasts.

To qualify as a super eruption, a volcano must release more than 1,000 cubic kilometers of magma, with a VEI 8, the maximum on the scale. These eruptions are extremely powerful and rare, fortunately. The most recent super-eruption occurred more than 22,000 years ago in New Zealand’s Lake Taupo. The best-known example may be the eruption that blasted Yellowstone Crater about 2 million years ago.

The authors of the study tried to understand what was driving the divergence in model temperature estimates because “models are the main tool for understanding climate shifts that happened too long ago to leave clear records of their severity.” They settled on a variable that can be difficult to pin down: the size of microscopic sulfur particles injected kilometers high into the atmosphere.

In the stratosphere (about 10 to 50 kilometers in altitude), sulfur dioxide gas from volcanoes undergoes chemical reactions to condense into liquid sulfate particles. These particles can influence surface temperature on Earth in two ways: by reflecting incoming sunlight (causing cooling) or by trapping outgoing heat energy (a kind of greenhouse warming effect).

Over the years, this cooling phenomenon has also spurred questions about how humans might turn back global warming – a concept called geoengineering – by intentionally injecting aerosol particles into the stratosphere to promote a cooling effect.

The researchers showed to what extent the diameter of the volcanic aerosol particles influenced post-eruption temperatures. The smaller and denser the particles, the greater their ability to block sunlight. But estimating the size of particles is challenging because previous super eruptions have not left reliable physical evidence. In the atmosphere, the size of the particles changes as they coagulate and condense. Even when particles fall back to Earth and are preserved in ice cores, they don’t leave a clear-cut physical record because of mixing and compaction.

By simulating super-eruptions over a range of particle sizes, the researchers found that super-eruptions may be incapable of altering global temperatures dramatically more than the largest eruptions of modern times. For instance, the 1991 eruption of Mount Pinatubo in the Philippines caused about a half-degree drop in global temperatures for two years.

The mysteries of super-eruption cooling invite more research. The NASA researchers say that he way forward is to conduct a comprehensive comparison of models, as well as more laboratory and model studies on the factors determining volcanic aerosol particle sizes. Given the ongoing uncertainties, geoengineering via stratospheric aerosol injection is a long way from being a viable option.

Source : NASA.

Le Met Office islandais croit toujours à une nouvelle éruption // The Icelandic Met Office still believes in a new eruption

Après l’éruption ratée du 2 mars 2024, le Met Office indique que le niveau de magma sous le secteur de Svartsengi continue d’augmenter. Cela pourrait déboucher sur une nouvelle éruption qui pourrait démarrer dans un délai très court, peut-être moins de 30 minutes. Il est également très probable qu’une éruption se produise entre Stóra-Skógafell et Hagafell.
Le Met Office indique également que les calculs de probabilité montrent que le volume de magma qui s’est déplacée le 2 mars entre Svartsengi et la chaîne de cratères de Sundhnúkagígar était de 1,3 million de mètres cubes.
Les scientifiques avaient précédemment calculé qu’environ 500 000 mètres cubes de magma s’accumulaient chaque jour sous Svartsengi. Si cette donnée reste inchangée, le volume total de magma sous Svartsengi atteindra environ 9 millions de mètres cubes d’ici la fin de journée du 5 mars 2024.
Par ailleurs, le Met Office rappelle que lors des événements précédents, une éruption s’est produite lorsque le volume total accumulé était compris entre 8 millions et 13 millions de mètres cubes. Il est donc très probable qu’une nouvelle éruption se produise une fois ce volume atteint.
La question est de savoir si l’intrusion magmatique, qui est un phénomène naturel, confirmera les prévisions des modélisations qui appartiennent à la science exacte.

Le Met Office accepte mal son échec de prévision du 2 mars 2024…

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After the failed eruption of March 2nd, 2024, the Met Office indicates that magma levels under the Svartsengi area are continuing to increase, which could end in a new eruption that could start with very short notice, even less than 30 minutes. It is also most likely that an eruption will occur between Stóra-Skógafell and Hagafell.

The Met Office also says that probability calculations show that the amount of magma that ran on March 2nd from Svartsengi to the Sundhnúkagígar crater row was 1.3 million cubic meters.

It was previously calculated that about half a million cubic meters of magma accumulates under the Svartsengi channel every day. Unchanged, the total magma level under the Svartsengi channel will reach about 9 million cubic meters by the end of March 5th, 2024.

Furthermore, the Met Office reminds that in previous events, an eruption occurred when the total volume accumulated was between 8 million and 13 million cubic meters. There is therefore an increased chance of a new volcanic eruption once this amount has been reached.

The question is to know whether the magma intrusion, which is a natural phenomenon, will confirm the predictions of model calculations which belong to exact science.